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Song For The Deaf   

Le jazz adoucit la douleur de Nine Inch Nails


« Tandis que se fait attendre les temps des cerises – celui de la chanson (selon vos opinions politiques), ou celui des bons bigarreaux écarlates (si vous n’êtes pas allergiques) – le temps des reprises est bien installé. Deux semaines après l’éclosion de la beauté cachée dans les chansons de Cannibal Corpse, le cerisier asiatique fleurit à son tour. »

Voilà ce que pourrait bien siffloter un Animal désirant se plonger, à nouveau, en hibernation pour les mois à venir. Du doom à fond dans les oreilles, car le doom, c’est bien pour hiberner. Pendant ce temps là, d’autres, en effet, observent l’arbre des reprises fleurir. Le printemps est là, quelque part sur l’une de ses branches. Il faut, pour le trouver, creuser dans sa mémoire. Loin en arrière, époque où, le printemps, on le tenait entre nos mains. Mais, peut-être, l’avons-nous oublié après l’avoir égaré ? Peut-être l’avons-nous retrouvé !

Le « Enter Sandman » d’une certaine Youn Sun Nah, jeune chanteuse coréenne de jazz s’étant expatriée sur Paris, avait à une certaine époque, bercé de nombreux cœurs. Sa reprise des Mets avait dépoussiéré ce titre en y posant un léger voile de soie. Une voix sublime en guise de léger souffle afin de faire disparaître – ou presque – ce que l’on connaît de ce titre. La ré-interprétation était de taille et ne manquait pas de savoir-faire. Une méticulosité propre, finalement, aux jazzeux qui contrastent avec la face abrupte des chevelus (bonjour l’cliché !).

Et la voilà, de nouveau émergeant par un matin frais, comme d’un bourgeon, de ce monde vaste et sauvage de la reprise, avec, cette fois-ci, portée par ses pétales : « Hurt », titre originalement écrit par Trent Reznor pour Nine Inch Nails, qui s’est depuis exporté dans l’esprit collectif à travers sa reprise par Johnny Cash. Dans les deux cas, ce morceau reste une chanson oppressante. Certains y entendent comme une lettre de suicide écrite par Trent Reznor en raison de sa dépression de l’époque, d’autres prétendent qu’il décrit le processus difficile qu’est de trouver une raison de vivre en dépit de la dépression et de la douleur. Cash, lui, ne fait qu’apporter (par son timbre vocal grave) une certaine mélancolie, face à sa vieillesse et la mort de plus en plus présente (la sienne approchant, et celle de sa femme June ayant frappé entre temps). Mais Youn Sun Nah, une fois encore, balaie tout ça en se réappropriant le tout.

Issu du dernier opus en date de la demoiselle, Lento sorti en mars dernier, flirtant dès sa sortie avec les hauts des classements jazz dans de nombreux pays (dont la France), ce « Hurt » voit définitivement plus loin que le sentiment de douleur. Le titre respire la personnalité de son interprète. Aérienne et apaisante, cette chanson s’engouffre dans les oreilles, en prend possession et y pose un baume. Là est la véritable drogue : la musique elle-même. Car jazzeux reprenant du rock et du metal ou bien metalleux s’essayant au jazz, au final seul le plaisir musical domine. Au même titre que de voir, année après année, éclore à nouveau cette douce fleur au parfum de printemps.



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  • C’est juste magnifique, aérien, planant, au dessus de la pourriture environnante, c’est le genre de musique que j’écoute dans des moments spéciaux, au delà de tout, je pense que sa version pourrait même être meilleure avec un timbre de voix plus pur.

    [Reply]

  • C’est juste magnifique, aérien, planant, au dessus de la pourriture environnante, c’est le genre de musique que j’écoute dans des moments spéciaux, au delà de tout, je pense que sa version pourrait même être meilleurs avec un timbre de voix plus pur.

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  • hinanyello dit :

    Une chanson peut être douce et véhiculer efficacement de la souffrance.
    Cette chanson pour moi y parvient, mais suivant un certain contexte. Elle peut aussi très bien passer comme berceuse jolie et mignonne, tout dépend de mon humeur en fait.

    En tous cas, c’est du beau boulot !

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  • Twisted Brother dit :

    N’étant pas du tout amateur de Nine Inch Nails et ne connaissant pas la version originale, je me contenterai d’écrire que la demoiselle a beaucoup de talent.

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    Papy Wired

    Tiens, voici la version originale par NIN. C’est du live, ça date de pratiquement 20 ans mais ça envoie toujours autant, surtout à l’époque avec les projections vidéo sur un écran devant la scène à travers lequel les musiciens apparaissaient chacun leur tour suivant l’éclairage. C’était magnifique comme effet !
    !
    http://www.youtube.com/watch?v=fb4qyuR7_cc

    Et la très belle reprise de Johnny Cash : http://www.youtube.com/watch?v=SmVAWKfJ4Go

    Twisted Brother

    Merci Papy, après écoute de ces 2 versions supplémentaires, j’en conclu que c’est une très bonne composition car elle me plait dans tous les cas 🙂

  • Hello,

    Je vais me faire l’avocat du diable, mais est-ce que le but d’une reprise n’est pas justement d’y apporter quelque chose de différent et de personnel? Parce que si c’est pour essayer de reproduire exactement l’original autant ne rien faire…

    Ensuite, je te l’accorde, on adhère ou on adhère pas… Moi, j’ai bien aimé, mais cela n’engage que moi… ;o)

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  • Papy Wired dit :

    Je n’aime pas du tout cette reprise.
    En fait, ce n’est pas du tout sa voix et sa qualité de chanteuse qui sont mis en cause là mais simplement que, pour moi, l’esprit original n’est pas « respecté ». en effet, ce titre doit respirer la souffrance, le vécu… et là, contrairement à le reprise de Cash, on dirait une berceuse tellement c’est propre, lisse.
    Alors, c’est joli, c’est gentil, c’est bien chanté… mais ce n’est pas Hurt ! Nà !

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