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Nouvelles Du Front   

Le malaise Dream Theater


En ce moment, la communication de Dream Theater est loin de faire l’unanimité. Mais il y a une chose sur laquelle les Américains ont mis tout le monde d’accord dans ce contexte : la dimension addictive de la série de reportages « The Spirit Carries On » façon télé-réalité consacrée aux auditions de sept batteurs en vue de remplacer Mike Portnoy. En traînant sur les forums, nous avons même pu trouver la phrase suivante d’un internaute : « J’en avais rien à foutre de savoir qui serait le prochain batteur, mais avec ces vidéos j’ai absolument envie de savoir ! ». Et ceux qui hurlaient au scandale, parlant de « Loft Theater », sont comme d’habitude les premiers à actualiser la page Facebook de Dream Theater tous les deux jours.

Et ils ont bien raison ! Ces reportages, certes intrusifs (les sept batteurs ont cependant donné leur accord) constituent une intéressante représentation du déroulement d’une audition ainsi que l’atmosphère tendue qu’il s’en dégage. Autant pour l’auditionné que le groupe demandeur, d’ailleurs. Chacun gère son stress différemment : quand Mike Mangini se cache derrière son exubérance, Marco Minneman, qui semble être d’une nature timide et nerveuse, utilise l’humour. Quant à Derek Roddy, Thomas Lang et Virgil Donati, ils utilisent la carte du détachement, voire de l’indifférence. Réelle ou non, nous n’en savons rien.

Le reportage soulève également le dilemme de la ré-interprétation des titres. « Dois-je jouer les titres exactement comme ils ont été écrits ? Ou bien dois-je montrer ma personnalité ? ». Une audition, c’est le risque de se planter en choisissant l’une de ces deux options : chaque groupe appréhende la chose différemment. Ici, Jordan Rudess, qui semble s’être affirmé en tant que dirigeant au sein du groupe, a très clairement manifesté sa gêne quant aux ré-interprétations de Thomas Lang et de Virgil Donati (dont l’originalité semble avoir autant amusé que dérouté le groupe). Ce que le claviériste a pourtant fait allégrement avec les parties de claviers de ses prédécesseurs.

Dream Theater auditionnant Thomas Lang

Bref, un reportage, à la mise en scène certes surfaite et « hollywoodienne », mais intéressant pour avoir soulevé toutes ces questions. En tant que fan, il est aussi intéressant de voir le groupe appréhender, en tant que débutants dans le domaine, le fait de devoir, pour la première fois de son histoire, auditionner des batteurs ! Cerise sur le gâteau, le groupe jamme sur quelques nouveaux riffs que l’on espère entendre sur le prochain disque. Fin du suspense avec le dernier épisode ce vendredi à 17h.

Une émotion surjouée

Mais plus que tout, ce qui est particulièrement dérangeant dans ce reportage, c’est son introduction rappelant les faits ayant mené à ces auditions : le départ du fondateur et leader du groupe Mike Portnoy. Difficile de marcher à cette mise en scène larmoyante (noir et blanc, membres du groupe qui baissent la tête en se remémorant les moments forts passés avec leur ancien collègue) et aux « une telle nouvelle vous brise le cœur, nous n’avons pas voulu cette situation » de John Petrucci au regard des événements des derniers mois. Que le groupe laisse partir un élément emblématique, un ami d’enfance par refus de trouver un compromis sur le rythme de sorties d’album est tout de même étrange. Tout comme le fait de couper tout contact avec Mike Portnoy et de ne dialoguer avec lui que par avocats interposés. Il ne s’agit certes que d’accusations du batteur, mais le fait que Dream Theater n’ait pas pris la peine de nier ou de s’expliquer ne joue forcément pas en leur faveur. Bref, on ne sait pas encore tout sur ce clash, qui semble cacher, qui sait, peut-être quelques frustrations liées à un leadership.

Le montage de la vidéo introductive n’est pas très sport. Prendre un bout de phrase, l’isoler de son contexte pour lui faire dire autre chose, c’est un peu facile. En l’occurrence, il s’agit d’un extrait du DVD Chaos In Motion dans lequel Mike Portnoy déclare quelque chose du genre « Quand on fait ce boulot depuis des années, on peut devenir blasé. Mais ce n’est pas notre cas ». Phrase qui se retrouve amputée de sa seconde partie dans le reportage en question. Ajoutez à ça quelques piques discrètes visant à présenter Dream Theater comme la victime de la lubie d’un illuminé irresponsable (« Seul Mike pourrait vraiment répondre sur les raisons de son départ », « Avant que cela n’arrive, j’aurai dit que Dream Theater était un groupe responsable », « Il voulait que l’on s’arrête et que l’on revienne dans cinq ans pour une glorieuse reformation ou un truc dans le genre ») et on obtient un tableau peu flatteur.

Une séparation mettant en valeur deux attitudes différentes

C’est un fait : Mike Portnoy a beaucoup communiqué sur son état d’esprit émotionnel suite à son départ. Parfois maladroitement, dévoilant une fragilité presque pathétique. Ce qui peut légitimement irriter. Mais on ne peut pas lui enlever sa respectable volonté de transparence et d’honnêteté, qui lui est d’ailleurs propre depuis le début de l’histoire du groupe. Il a gagné la confiance des médias. Du côté de Dream Theater, il y a une distance malsaine qui inspire peu cette confiance, comme si chaque parole était discutée au préalable en réunion. Et ce documentaire sonne comme si le groupe, fort de sa puissance médiatique et de celle de Roadrunner Records, tentait d’imposer sa vérité.



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  • j’ai vu les videos et je suis tres content que vous ayez fait cet article car je pense pareil.

    perso en regardant les auditions (jai regarder que les parties où ils jouaient et entre x)) je pense que sa n ira pas tres loin a cause du caractere des batteurs (jtrouve qui se la joue pas mal pour une part, mais qui sait peut etre que sa ne derangera pas un groupe avec une telle mentalitée)

    ensuite, c’est tellement beau de voir tout ses batteurs reunis Oo

    et vive mike portnoy! je l’ai vu avec avenged sevenfold,sans hesiter un des meilleurs moment de ma vie…

    [Reply]

    evilcliff

    Cette chance ! Mais je préférait The Reverend.
    Enfin je veut dire que j’ai été assez déçu par la batterie sur le dernier album.

  • UN TRES BON DOCUMENTAIRE

    Le groupe va de l’avant, fait passer des auditions, enregistre ces auditions, diffuse ces auditions, ces auditions sont tres agreables a regarder, la production est tres bonne, ca fait plaisir de voir le groupe jouer, parler lors des interviews, des videos tres agreables a regarder : pourquoi se plaindre ?

    Si ca ne vous interesse pas ne regardez pas ces videos, mais les fans du groupe, c est sur, se regalent. Un tres bon documentaire

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  • C’EST DE LA GROSSE MERDE POPULAIRE !!!!……..DREAM THEATER ont perdu toutes leur crédibilté qui en plus etait tres bonne !!…..pauvres imbeciles !…….couillons !…….MONEYMAKERS !!!….ya une decision d’argent derriere l’idée de pousser PORTNOY dehors……….c’Est sur….l’argent mene tout

    [Reply]

  • mé on sen fou de dream theater cé un group de mairde qui jou de la mairde!!! c chian et il son tous tro pretencieu!!!

    bon plus sérieusement va vraiment falloir que je jette un oeil à ces auditions car un florilège de batteurs de ce niveau reprenant du DT à leur sauce (ou pas) ça doit vraiment valoir le coup d’oeil!
    et ça sort en DVD il parait?
    damned! j’aime pas DT mais je serai capable d’acheter ce DVD rien que pour les démos (et la mise en scène a l’air amusante apparemment, un peu comme celle de « Some Kind of Monster »?)

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  • Je suis assez étonné qu’il n’y a ait pas de comment’ à cet article, à moins que la plume de Metallo ne soit exhaustive dans ses propos?

    En tous cas, l’analyse est bonne, et c’est vrai que si on compare la communication du groupe à celle de son ancien batteur, c’est un peu David contre Goliath.

    La grosse machine de guerre (c’est fou ce que ce groupe excelle dans la mise en scène, ça donne vraiment envie de suivre le truc) face à la simplicité de Portnoy qui veut juste se faire plaisir.

    Après, pour la musique, je pense qu’un nouveau batteur fera énormément de bien au groupe pour renouveler leur son. Ca se voit déjà lors des auditions, ce n’est pas le même train-train, on est surpris par l’énergie et l’enthousiasme de Mangini, la brutalité de Roddy, ou la joie de Minneman.

    Ca n’annonce que du mieux.

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