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CR De Festival    Live Report   

Le metal a fait le printemps à Nancy


Il y a des gens qui innovent, et il y a les autres.

Il y a des gens qui font se mouvoir le monde qui nous entoure, et il y a le reste du monde.

L’association Metal Ride organise depuis 2008 un festival au format sympathique (sur une journée) truffé de groupes aux styles aussi riches que variés : death, metalcore, industriel ou thrash. La cinquième édition du festival ne fait pas exception ; avec huit groupes tous prêts à en découdre avec le public nancéen (ou presque), 1200 personnes s’étant déplacées pour l’occasion. Et pour cause.

La Horde, Expect Anything, Melechesh, Hypno5e, Vader, The Ocean, The CNK, Gojira.
Tout est dit.

Ladies and gentlemen, entrez dans l’arène de cet Autre Canal bondé et laissez-vous aller à vos pulsions les plus souterraines. La soirée va être chaude.

Artistes : GojiraThe OceanVaderHypno5eMelecheshExpect AnythingLa Horde
Date : 13 avril 2013
Salle : L’Autre Canal
Ville : Nancy

Avec Melechesh, Nancy n’a jamais été aussi près de l’orient.

Chaude déjà, cette journée d’un printemps trop longtemps espéré qui a introduit l’évènement le plus attendu de ce début d’année en Lorraine : le Metal Ride Fest. Le public est venu en masse et ne s’y est pas trompé. Arrivés un peu tard (il y avait du monde à Nancy avec ce soleil !), nous n’avons malheureusement pas pu voir La Horde, dont le public présent nous a assuré le plus grand bien. Découvrez ces frappadingues sur leur site.

Mise en bouche, donc, avec Melechesh ! Les Israéliens sont particulièrement en forme, certainement galvanisés par l’encens disposé sur la scène par les techs (qui a gazé bien des photographes…). Ashmedi, frontman impeccable, mène son show avec une aisance et un charisme évidents. Melechesh nous livre une prestation sans concessions mais classique ; c’est probablement le seul reproche que l’on peut faire à ce groupe d’envergure. Un set un peu enlevé mais énergique, les influences orientales plantant le décor admirablement. Le public apprécie tout particulièrement « Sacred Geometry » qui déclenchera officiellement les hostilités pogotiques. Le guitariste avec un turban fera aussi son effet en début de set.

Changement de décor. Petite salle, grosse ambiance. Les locaux d’Expect Anything nous attendent pour nous servir un metalcore des plus remuant ! Mobiles, parfois aériens, ces petits jeunes nous confirment rapidement qu’il faut en effet s’attendre à tout. Sautillant, hurlant, dégoulinant de sueur, le combo ralliera à sa cause un public massé dans la petite salle de l’Autre Canal. Malgré un show un peu répétitif, tout le monde sortira heureux (et trempé) après un petit wall of death des familles. Bien joué, les gars.

Dans l’ambiance bleu profond de The Ocean.

The Ocean. Le mystère reste entier. Le collectif protéiforme peut laisser perplexe, totalement fan ou complètement opposé, mais ne donne aucune chance à l’indifférence. A l’écoute de Pelagial, leur dernier album à paraître, on peut légitimement se demander ce que pourrait donner un live d’un album aussi conceptuel de The Ocean… Et effectivement un gros premier tiers du set laissera filer des morceaux instrumentaux issus de cet album, devenant de plus en plus metal, la lumière étant de moins en moins en fond de scène. Ce jeu de lights crée une ambiance très « sous-marine » (un véritable exercice de patience pour les photographes) qui colle parfaitement à la bande son. Et enfin Loïc pourra donner de la voix. Parfaitement habité par l’énergie de la musique, ce dernier laissera libre cours à l’expérimentation lui aussi, tentant également de tuer un photographe à coup de chaussures. Non, plus sérieusement, une telle pêche, même si elle peut être fatale aux premiers rangs, c’est un gage de passion avant tout. Et de la passion, il y en a chez ces Allemands. Une sorte de furie raisonnable, l’histoire de la Vie racontée à grands coups de tronçonneuse ; c’est l’impression que laisse le groupe à son public. Une vraie expérience auditive, visuelle et scénique.

Hypno5e tente un pari : rendre les auditeurs complètement fous. C’est lent, rapide, ça envoie du gros, puis plus rien, puis c’est planant, puis déstructuré… Fantômas rencontre My Own Private Alaska rencontre Meshuggah rencontre Tool rencontre Opeth. Alors, c’est sûr, présenté comme ça, c’est extrêmement prometteur. Mais à voir en live, il faut être dans de sacrées bonnes dispositions pour capter la subtilité de ce metal… particulier. Assez plaisant et curieux à écouter chez soi, Hypno5e laisse un arrière-goût d’incompréhensible en live. Ou peut-être ne sommes-nous pas prêts à recevoir ces sons dans nos cortex ?

The CNK galvanise ses légions.

La soirée se poursuit, entre douceur (printanière, donc) et sueur (aérienne). Le temps de se restaurer – en resquillant, pas de quoi être fier, hein, mais il y avait un peuple métallique extrêmement conséquent et affamé – et on recharge les batteries (ainsi que les cuves) pour aller se frotter à Vader ! Les Polonais infernaux ne feront pas dans la dentelle, livrant le show le plus classique mais surtout le plus efficace de la soirée, il faut bien l’avouer… Peter étant presque possédé, et ses acolytes répondant au quart de tour. Rien de très inventif, hélas – comment Diable pourrait-on réinventer le death ? – mais surtout une vraie ambiance, une fureur démoniaque, et un public de plus en plus réceptif aux ondes métalliques propagées dans l’Autre Canal. Un petit « Reign In Blood » ? Avec plaisir ! Pas de finesse, pas de bonheur. « No Guts, No Glory », disait Boltthrower.

Une exécution sommaire, qui aura l’immense mérite de mettre chacun au pas, et en cadence pour l’ouragan martial de The CNK. Poings américains, grenades sur les micros et Croisière Noire en fond de scène… M. Hreidmarr apparaît alors, antihéros colonialiste grimé et taché de sang. Une fort belle entrée en matière ; chacun prend place sur scène et en un battement de cils le tonnerre et les éclairs nous foudroient. Le Klub livre un show tonitruant, mélangeant les reprises de son dernier opus Révisionnisme et les morceaux qui ont fait son succès, ainsi que sa réputation sulfureuse. Des covers aussi variées que celles d’Emperor (“I Am The Black Wizards”), Impaled Nazarene (“Blood Is Thicker Than Water”) ou des Beastie Boys (“Sabotage”). Mention spéciale à ce dernier titre qui non seulement est respectueux en diable de l’original, mais en plus parfaitement imprégné du style indus-martial du combo. Le tout est servi par un frontman méchant, charismatique, showman confirmé (une mitrailleuse sur scène ? Allez, on y va !), et des musiciens dévoués et synchrones qui assureront eux aussi le spectacle à merveille. Le Cosa Nostra Klub peut jouer sur tous les fronts, il assure. C’est d’ailleurs le sentiment qui prédomine dans cette petite salle bondée dans laquelle on rentre (et sort) au chausse-pied. Quinze morceaux flamboyants, du sang, de la violence, et une odeur de soufre qui achèveront de convaincre les novices et rendront encore plus radicaux les initiés. LE show de la soirée, si tant est que Gojira ne soit pas tout à fait votre tasse de thé.

Setlist de The CNK :

Intro
Dinner Is Ready
Vote For Winners
Blood Is Thicker Than Water (reprise de Impaled Nazarene)
Jim Beamed Ahnenerbe TV
Total Eclipse of Dead Europa
Bunkermoon Khaos 3
Cosa Nostra Klub
I Am The Black Wizards (reprise de Emperor)
The Doomsday
Kommando ’96
Political Police
Too Fast For Love (reprise de Mötley Crüe)
Sabotage (reprise de Beastie Boys)
Gadd Ist Gott (Gary Glitter medley)
Get A Gun – Shoot At Random

Gojira : les nouveaux patrons.

Bientôt un an que l’Enfant Sauvage est sorti et Gojira est à une étape de sa carrière. Les petits Basques ont décollé et se sont élevés au rang de superstars du Metal ; en témoigne l’affluence massive du public. Pleine comme un œuf, la grande salle de l’Autre Canal voit trôner un décor reprenant l’artwork de l’album au milieu de la scène, juste au dessus de la batterie de Mario.

Gojira, c’est surtout une affaire de goût. Le fer de lance du metal français, à grand renfort de concepts et de réalisations léchées, se taille une place à part dans le paysage musical national, et international. Et ce soir, qu’on ne s’y trompe pas, c’est bel et bien pour désensabler des portugaises qu’ils sont là. Son époustouflant, lights d’enfer (les meilleurs de la soirée, d’une courte tête avant CNK), Gojira envoie la sauce, et le set laisse le champ largement libre à leur dernier opus. Cela entraîne quelques longueurs que les fans pourraient regretter, mais quand on se prend en pleine poire l’énergie déployée par le combo, on pardonne beaucoup de choses. Interprétation carrée et sans faute pour Gojira, qui, en enlevant le cœur des Enfants Sauvages de Nancy, les a baladés en terre inconnue de Mars à Sirius, longeant la voie de toutes les chairs.

Au terme d’une soirée éreintante à la croisée des styles musicaux, un constat s’impose. Dans le format comme dans l’exécution, et au regard de la dévotion des festivaliers, le Metal Ride Festival est une pure réussite. Animé par des bénévoles au cœur pur, il transpire le beau, le bon, le brutal. Un festoche comme on les aime. Bravo à l’association Metal Ride.

Vivement la sixième édition, donc.

Setlist de Gojira :

Explosia
Flying Whales
Backbone
The Heaviest Matter of the Universe
L’Enfant Sauvage
Liquid Fire
Remembrance
Wisdom Comes
Jam Mario / Joe
Oroborus
Solo Mario
The Axe

Rappels :

Vacuity
The Gift Of Guilt

Photos : Le Duc

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Laisser un commentaire

  • Si, si, j’étais bien là… je m’excuse platement, mais il me semble que Vader a joué l’intro de RIB… pas le morceau entier, tu as raison. Quant à CNK, je me fie à mes notes, mais je ne suis pas infaillible.
    Que je sois maudit sur 8 générations ! 😉

    [Reply]

    Claude

    Pour info Vader a joué « Hell Awaits » ce soir là.

    C’est vrai qu’ils ont l’habitude de reprendre du Slayer, mais cette fois-ci ce n’était pas « Raining Blood ».

    En tous cas, c’était excellent !

    Le Duc

    Re-honte sur moi, donc.
    Merci pour la précision 😉

  • Merci pour ce report. Juste quelques petites choses: Vader n’a pas joué Reign in Blood. Est-ce que le rédacteur a bien assisté au set ou bien ce report a été fait sur la base d’une set-list trouvée sur le net?^^ Aussi la set-list de The CNK est celle qu’ils proposent quand ils jouent en tête d’affiche, ici ils n’ont joué que 45/50 minutes…

    [Reply]

  • Sur Hypno5e, pas d’accent au premier « e » de destructuré, please. 😉

    [Reply]

    Désolé, mais il semblerait bien que la forme soit juste.

    Iadrov

    Autant pour moi, il semble qu’on peut écrire les deux, c’est vrai. ^^

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