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CR De Festival    Live Report   

Le Motocultor 2017 : l’édition des fans !


Le Motocultor est l’un des festivals metal les plus importants de France. Sa notoriété ne cesse de grimper et les affiches deviennent de plus en plus alléchantes. Cette année fêtait le dixième anniversaire du festival, néanmoins cette affiche a failli ne pas voir le jour. En effet, le festival a du mettre en place un système de financement participatif afin d’assurer l’édition 2017. L’appel a été entendu car plus que ce qui était nécessaire a été récolté, en conséquence le fest a pu se tenir. Et l’organisation ne s’est pas moquée de son public avec The Devin Townsend Project, Kreator, Opeth, Candlemass, 1349 et tant d’autres groupes pour trois jours de beau temps. Affrontant le froid de la nuit et la chaleur du jour, enchaînant les concerts sous les tentes, on a vécu un magnifique Motocultor avec des moments uniques.

La première journée de cette dixième édition ouvre sur un groupe que l’on aura le plaisir de voir régulièrement dans nos salles : Aluk Todolo. La formation de Grenoble nous avait déjà impressionné en première partie d’Oranssi Pazuzu en avril dernier et on les retrouvera en décembre en première partie de Wolves In The Throne Room. Toujours dans son optique de jouer leur album Voix en entier, l’ambiance du concert est hypnotique et la musique unique. Même si, c’est un fait, on était tout de même mieux dans l’obscurité d’une salle plutôt que sous un simple chapiteau à midi en Bretagne ! L’expérience dans une salle est en fait bien plus marquante que toutes autres expériences, même si dans les yeux du batteur et le jeu du guitariste on retrouve la même passion, les mêmes mouvements du corps et les yeux révulsés.

Evénement : Motocultor Festival
Date : 18-20 août 2017
Ville : Saint-Nolff (56)

Aluk Todolo

Mais ça c’est juste avant d’avoir notre petite déception. On s’avance vers une autre scène pour voir Nocturnal Depression, du black triste, sans vie, pure, (trve diront certains) mais surprise : on se retrouve devant Greyfell et sa musique aux tendances doom qui fait grandement penser à Black Sabbath lors de la période Vol.4, Sabotage ou même Sabbath Bloody Sabbath. Autant dire que beaucoup de regards se sont échangés dans l’assistance. Non pas que Greyfell fasse du mauvais travail, au contraire, mais imaginez à titre de comparatif une foule bondée prête à voir, par exemple, Obscura alors que Blues Pills et son hard rock bluesy des seventies pénètre sur place.

On sortira au moins de la tente avec une bonne découverte, de fait, et on attendra un peu avant de voir Nocturnal Depression. Et quitte à être complètement dans le décalage, le concert d’Evil Invaders nous plongera encore plus dans un autre monde avec du thrash à l’imagerie très clichée, à base de moustache, cheveux longs, cuir et chaines. Car oui l’affiche de cette édition du Motocultor est très éclectique. La scène black est bien représentée, ainsi que les groupes de stoner doom, de heavy, de thrash, de hardcore, de punk, et même de chanson paillarde. Mais ça, on y viendra plus tard. Tomas Nilsson, officiant à la basse dans ce groupe de black metal légendaire qu’est Dark Funeral, sort cette année son projet Zornheym (son pseudonyme à l’époque), du black metal mélodique. Une chance pour le Motocultor qui assiste à son premier concert, avant même la sortie de l’album, donc chaque titre sera une exclusivité. Le chanteur parait un peu trop expressif pour ce genre de musique mais un peu de joie dans ce genre n’aura jamais fait de mal. Néanmoins il est certain que ce type de concerts change des prestations de Dark Funeral, groupe très statique sur scène. Là, le chanteur parle régulièrement au public, affiche un grand sourire, et le beau soleil fait passer une belle journée. Oui on est loin de ce que l’on pouvait attendre d’un show de black metal mais ce projet à l’air plutôt prometteur.

Zornheym

Pendant que le punk celtique est de mise avec The Real Mc Kenzies, on fait dans un genre légèrement plus chaotique. Mantar, groupe qui propose un mélange intriguant de doom, black, sludge, punk, vient donner une leçon de violence. Deux amis d’enfance, une guitare et une batterie : il n’en faut pas plus pour que Mantar terrasse les festivals depuis sa formation. Le guitariste tombe par terre, balance toutes ses tripes dans le micro, joue de sa guitare comme une basse, bouge sans cesse, et le batteur s’explose les mains jusqu’au sang sur sa batterie. Mantar réveille en nous l’énergie primitive et viscérale que l’on peut ressentir grâce à la musique, et respire la sincérité. On ne sait pas comment évoluera cette bête incontrôlable, mais on sera là à chaque moment.

Mantar

Blues Pills avait annulé son passage au Glazart de Paris suite aux soucis de santé de la chanteuse, alors on ne pouvait pas rater ce set. Le concert donné au Metaldays était si dépaysant dans ce florilège de metal extrême qu’entendre à nouveau le combo ne pouvait être qu’appréciable. Et comme toujours l’attention est portée sur la chanteuse Elin, jouant des maracas, des cymbales, et chantant en bougeant de chaque côté de la scène. Un constat qui vient en contraste des autres musiciens très en retrait et peu expressifs.

Blues Pills

Faisons un petit aparté sur l’initiative du Motoc’ pour célèbrer ce dixième anniversaire. Une liste exhaustive de noms de groupes français était proposée, et chaque jour pendant un certain temps, on pouvait voter pour le groupe que l’on voulait voir jouer sur la grande scène du festival. Dans le black metal on peut citer des groupes comme Ende ou Antilife. Ou bien du death avec Deflesher, Gohrgone, et même du brutal deathcore avec Child Of Waste. Des noms que l’on aurait beaucoup aimé voir sur l’affiche du festival, mais le public en aura décidé autrement. Au programme réparti sur les trois jours : AcoD, Toter Fisch et Point Mort.

AcoD

Vendredi les Marseillais de AcoD nous font profiter de leur death metal mélodique abyssal, ayant un thème portant autour des océans et ses mystères. Une belle découverte pour beaucoup de monde dans le festival. Et c’est là qu’on retrouve la bonne humeur des festivaliers qui, même sans forcément connaitre le groupe, déclenchent un grand circle pit qui ne se fera pas attendre vu l’efficacité des morceaux du groupe. Un son ayant cet aspect grandiose, ce brin de mélancolie et surtout cette puissance que le metal recherche dans ce genre.

Toter Fisch

Le samedi, c’est piraterie ! Toter Fisch avait ouvert pour le Cernunnos Pagan fest en février dernier et avait tout de suite fait l’unanimité. Certains verront tout de suite un lien avec Alestorm. Et pour cause, tout l’univers du groupe se base sur le rhum, la piraterie et la mort. Des chapeaux tricornes, des canons à fumées, des bouteilles, des tonneaux, des bandanas, des gouvernails : on n’arrête plus le décor des groupes voulant aller toujours plus loin. Il n’en reste pas moins que la musique du groupe s’éloigne assez d’Alestorm en restant dansante. Un vrai accordéon, un chanteur qui danse ivre sur scène avec un chant lourd, tout ceci semble un peu plus extrême. On espère juste que le groupe ne cédera pas à la tentation de suivre exactement le même chemin qu’Alestorm et parviendra à garder son identité, même si Toter Fisch est tout de même plus violent et brut. On attendra en tout cas la sortie d’un album suite à cette vague de popularité qu’à acquis le groupe suite aux festivals auxquels il a pu participer.

Point Mort

Point Mort sera le seul groupe proposant une chanteuse dans un groupe de hardcore. Mais il ne s’agit pas seulement que de hardcore puisque le groupe se définit comme du atmospheric-hardcore-punk-metal-love-death-black-groove-doom-post. Cela en fait des qualificatifs pour un groupe qui débute ! Mais en effet la musique de Point Mort est très variée, et propose des instants post rock très doux, des moments plus sombres se rapprochant du doom, et du hardcore au chant screamo. Et là où les premiers groupes étaient dans le désir de contact avec le public du Motocultor, la formation de Paris semble dans son monde, concentrée sur la musique qu’elle a à proposer. L’un des concerts uniques dans son approche musical, c’est certain. Le public, beaucoup plus spectateur qu’acteur regarde curieux cette chanteuse tournant le dos aux photographes, faisant les cent pas sur scène avec ses longs cheveux cachant la moitié de son visage. Le groupe ne manque pas de charisme, il faut seulement que les curieux désirant un son nouveau dans le metal franchissent le pas, et aille écouter ce que Point Mort fait.

Ensiferum

La suite de la journée nous annonce des groupes très attendus. Après le thrash de Dust Bolt, on se rend curieux au concert d’Ensiferum. Et suite à un souci de logistique des compagnies aériennes pour ce concert : le groupe n’a pas de tenues. Un peu comme Behemoth en 2014, où les Polonais avaient notamment joué sans leur maquillage, Ensiferum joue ici en short et jogging ! Des lumières très criardes vertes et rouges et un son pas exceptionnel sont de mises. Autant dire que le concert n’est pas celui où le groupe a été le plus convaincant. Le public a tout de même l’air content et saute dans tous les sens devant ce groupe très apprécié dans l’univers metal. Par conséquent, les fans sont au rendez-vous pour chanter les paroles par cœur du groupe, brandissant leur plus belle corne remplie de bière.

Benighted

Le Motocultor ne propose pas vraiment de soucis en termes de concert à couvrir et de choix à faire. Chacun peut voir le concert qui lui plait, sans désespérer de louper quelque chose d’important. Mais malheureusement, un souci est venu se glisser durant la journée du vendredi : Candlemass jouant en même temps que Benighted. « Mais ce n’est pas du tout le même genre ! » allez-vous sûrement dire. Il n’en reste pas moins que ce sont deux excellents groupes sur lesquels il va falloir faire un choix ou partager le temps de set. Ce qui est certain c’est que les deux seront intenses, pour diverses raisons. Benighted est une formation reconnue de brutal death chère aux Français et s’exportant dans les contrés metal d’Europe. On peut notamment annoncer que le groupe sera présent au célèbre Party San 2018, et qu’il fera trembler les eaux durant la croisière qu’est 70 000 Tones Of Metal. Et quelle joie de les revoir en live après leur tournée des salles pour leur dernier né, Necrobreed. Julien au chant est toujours aussi jouissif à voir en live et ses musiciens sont d’une nervosité à toute épreuve. Comme toujours c’est à la foule que revient la palme, en offrant au groupe des constants wall of death, un pit sans fin, une véritable anarchie faisant toute la longueur de la scène. Le public chantant en cœur des titres comme « Let The Blood Spill Between My Broken Teeth », ou encore « Reptilian ». C’est une boule d’énergie constante qui nous met des claques à chaque riff et qui nous fait perdre le contrôle total de notre corps. On ne se lassera jamais d’eux et on espère qu’ils ne nous lasseront jamais tomber. Car dans la scène metal français, Benighted, fait partie des meilleures expériences en live.

Candlemass

Et de l’autre côté, du doom. Oui, Candlemass est bien plus reposant, et il ne s’agit pas du légendaire chanteur Messiah Marcolin, mais le groupe n’a jamais été des plus stables en termes de formation et surtout de chanteur. On profitera tout de même de « Bewitched » avec un public qui regardera paisiblement le concert, en finissant en fin de morceau par une ovation particulièrement intense. Le jour et la nuit entre Benighted et Candlemass, à pourtant quelques mètres de d’écart. The Great Old Ones, de son côté, aura proposé l’un des concerts les plus magiques du festival. Si la formation de black metal n’a cessé de monter pour faire aujourd’hui partie des incontournables de la scène française, c’est pour de bonnes raisons. Mettant en musique les récits de Lovecraft, il y a toujours l’emblème de Chtulhu en avant pour appuyer la mise en scène, avec un backdrop à l’effigie du maître écrivain, surveillant ces enfants. L’univers est terriblement sombre avec cette mise en scène sobre où les riffs sont lourds, inquiétants, et les lumières ne laissent rien percevoir de leur visage. Mais on reconnait quelqu’un, trahi par son attitude sur scène et sa basse. En effet, Benoït Claus, bassiste de Gorod, officiera pour ce concert derrière la quatre cordes. Le monsieur n’est pas un inconnu du groupe et à déjà pu faire partie du line-up en dépannage, mais quand on est habitué à le voir sur scène avec Gorod, il est toujours bien particulier de le voir dans un registre tout autre. Ce qui rend ce concert unique est le cadre. Si la Supositor Stage est principalement utilisée pour accueillir du death metal, du hardcore et du punk, les concerts de black metal profitent d’une aura tout autre. Entendre « When The Stars Align » entouré d’une forêt et surplombé d’un ciel rempli d’étoiles brillantes offre une dimension mystique et unique. Malgré le froid saisissant, on restera allongé dans l’herbe à observer les étoiles, pendant que la musique lourde nous transporte dans la nuit. Alors rien que pour avoir profité de ce groupe dans de telles conditions, l’audience peut remercier le Motocultor.

The Great Old Ones

Les deux dernières têtes d’affiches du jour sont des perles du metal. Démarrons avec Bloodbath, célèbre formation de death ayant accueilli à son bord Peter Tägtgren (Hypocrisy, Pain), Mikael Åkerfeldt (Opeth) et qui est maintenant portée à la voix par Nick Holmes (Paradise Lost, que l’on reverra un peu plus tard). Alors évidemment la tente du Motocultor est bondée pour voir une formation si rare dans nos contrées. Nick Holmes arrive avec une soutane gorgée de sang et un chapelet au cou, dans la grande tradition du death metal, pour offrir une heure de concert intense. Concert dans lequel on retrouve « Cancer Of The Soul » même si on aurait aimé plus de titres de The Fathomless Mastery. Et surtout, on aurait apprécié une participation de Mikael Åkerfeldt, chanteur d’Opeth, jouant quelques instants plus tard sur la même scène. Ce dernier dira même durant son set qu’il est venu regarder le concert. On se demande toujours pourquoi de telles opportunités uniques ne se font pas, car elles seraient magiques ! Mais réjouissons-nous du retour de Bloodbath sur scène durant l’été car ceci a permis de retrouver dans plusieurs endroits à la fois Paradise Lost et Vallenfyre, plusieurs membres se recoupant entre les groupes. La voix de Nick Holmes n’a rien perdu de son charme et reste une des plus lourdes du genre et une des plus intenses. Une voix taillée à la fois pour le doom et le death avec une puissance et un gras rarement ressenti en concert. Et c’est aussi l’un des plus grands fous rires du festival, lorsque Holmes, de son plus bel accent anglais sortira « on vient de Suède ». On espère que ce n’est pas la dernière fois que Bloodbath passera en France et que, dans nos rêves les plus grands, ils penseront à un nouvel album.

Bloodbath

Mais pour conclure la journée et enfin rentrer dans nos tentes à deux heures du matin, on fini avec un incontournable : Opeth. Bien que le groupe ait radicalement changé de style durant les dernières années, il pense toujours aux fans en jouant toujours des titres de l’époque où Åkerfeldt servait son growl brutal. Ouvrant sur « Sorceress », enchaînant sur « Ghost Of Perdition », finissant sur « Deliverance », et servant du « Heir Apparent », la setlist aura de quoi réjouir les fans, bien que le concert passe très vite. Åkerfeldt dans ses nombreuses discussions avec le public fait remarquer que leur set sera très court et qu’ils ne sont venus de Suède que pour nous puisqu’ils repartent aussitôt le lendemain. L’humour du chanteur, guitariste, compositeur et tête pensante du projet est toujours présent. Et bien que très sobre, il fait toujours du bien d’entendre un frontman véritablement commuiquer avec son public. Des lumières très sombres et uniformes accompagneront le concert. Les lumières ne seront pas le fort du festival malheureusement même si le son restera de très bonne qualité. Et bien que l’effet de guitare acoustique d’un des membres fut remis en question à un moment donné, ce concert fut une belle manière de terminer la journée dans le froid et la fatigue.

Opeth

Si le deuxième jour démarre efficacement avec Interment, ce sont plutôt les groupes d’après qui vont nous intéresser. Car bien que du death metal soit toujours une bonne manière de se réveiller, voir des Autrichiens avec des T-Shirts Kellogs verser des macaroni sur la tête des gens, est une autre expérience. Insanity Alert, est le digne héritier de Municipal Waste, mais en encore plus déjanté. Beaucoup d’humour de leur part, avec un chanteur arrivant sur scène avec une camisole de force, et des musiciens qui ne font que bouger. « Why is David Guetta still alive? » un grand titre du groupe, qui chante également la gloire du cannabis. « Fuck this shit, let’s circle pit » nous montre la pancarte du groupe qui propose en fait bien plus qu’un concert de metal : une véritable performance théâtrale. On vient au concert aussi bien pour voir les bêtises du groupe que pour se marrer. Malheureusement, cela nous fait rater Déluge. Mais ce n’est que partie remise pour ce groupe qui est très présent dans les salles françaises.

Wiegedood

On se dirige vers une autre formation d’un style moins brut et plus ambiant : Wiegedood. L’une des créations des membres d’Amenra et d’Oathbreaker regroupé autour d’un collectif appelé Church Of Ra. Trois ambiances différentes et trois envies créatrices bien distinctes. Les lumières sont quasi inexistantes lors de ce set qui se déroule en pleine journée avec aucun backdrop, pas de mise en scène particulière, et un trio le nez sur son instrument. Bref, ici on est là uniquement pour la musique. Cette dernière est sobre et efficace avec un aspect éminemment mélancolique. On pense à Der Weg Einer Freiheit, bien que Wiegedood soit dans un registre bien plus sauvage.

Dommage cependant que les problèmes de file d’attente à l’entrée du fest aient régulièrement fait louper des groupes aux festivaliers. Trop de personnes ? Trop peu d’agents de fouilles ? Trop peu de files ? Probablement que ces trois soucis combinés ont créé de longues attentes de plus de trente minute pour entrer dans le festival. Il fallait donc s’y prendre tôt pour pouvoir voir les premiers groupes chaque jour, et compter également stratégie en misant sur les gueules de bois des autres. En discutant avec les festivaliers, on s’aperçoit que le Motocultor doit encore faire des efforts en ce qui concerne l’accueil des festivaliers. Deux foodtrucks au lieu des quatre prévus, des longues files d’attentes et des bénévoles qui parfois n’aiment pas se presser pour servir les clients ! Mais ne nous plaignons pas : on a eu du beau temps, aucun retard sur le festival n’a été à déplorer, on a profité d’un cidre délicieux pour une belle réussite générale.

Vallenfyre

La scène principale après Wiegedood aura le plaisir d’accueillir le side-project du guitariste de Paradise Lost, Greg Mackintosh. Ce projet, nommée Vallenfyre, touche malheureusement à sa fin et on observe les derniers mois du groupe sur scène, Greg ayant annoncé l’arrêt de cette formation hommage aux racines death metal du musicien, ici chanteur. Et quel dommage, car pour se mettre en chauffe de leur concert parisien, Vallenfyre offre au public un déluge de haine, de rage, dans un concert au son gras et lourd, sombre et vif. On sent derrière une certaine touche du son Paradise Lost dans ses riffs les plus massifs, mais avec une énergie punk indéniable et une voix sortant des enfers.


Providence

Mais il est l’heure de prendre sa dose de hardcore. Avec Alea Jacta Est et Providence, c’est un beau programme qu’on a là. Les premiers cognent du pied par terre et échauffent le public qui ne démarre pas au quart de tour. C’est vraiment lors des seconds que les patates dans le pit vont se donner. Providence, des Parisiens que l’on ne présente plus dans la scène hardcore, avec leur béret et habits noirs. Si Alea Jacta Est n’offrait pas un excellent son, Providence bénéficie lui d’une grande approbation du public. Il faut dire qu’ils sont bavards, peut-être même trop. On se passera des phrases sur la différence entre les Bretons et les Parisiens et de cette « guerre » entre ces deux zones de France. Ce côté communautaire n’est pas des plus plaisant même si cela permet de voir une bonne dose d’énergie dans le pit. A grand coup de drapeau noir sur scène et de violence dans la voix, on a probablement eu cette année au Motocultor le meilleur de la scène hardcore française.

Igorrr

Il y a plusieurs mois, Gautier Serre, l’homme derrière Igorrr, sortait Savage Sinusoid. Depuis sa signature chez Metal Blade Records et tout le public qu’il a gagné, chacun de ses concerts est très attendu, aussi bien par les fans que les curieux. Après le Hellfest, l’Opéra de Strasbourg, le Brutal Assault et ayant devant lui une tournée Française affichant complet, il est temps de le voir sur les terres bretonnes. Et comme toujours, Gautier accompagné par son fabuleux batteur Sylvain Bouvier, sa chanteuse Laure Le Prunenec et son chanteur Laurent Lunoir, le quatuor est d’une intensité folle. Improvisant en rallongeant son solo d’accordéon, et assurant les samples de guitares pour la musique, il est le maître de l’univers musical du groupe. Le tout pendant que ses comparses animent le concert en allant faire un bain de foule ou en dansant sur la scène pendant des arrangements que l’on ne verrait que dans un opéra. Car Igorrr propose un savant arrangement entre les styles de metal les plus extrêmes, la musique baroque et l’électro. Une recette qui a porté ses fruits et dont lui seul à le secret, un talent indéniable pour un succès dans la scène metal. Le public sera nerveux bien que divisé. Certains ne comprendront pas et n’arriveront pas à rentrer dedans, toujours pas convaincus par ce nouveau genre musical. Les autres sauteront avec entrain et profiteront comme un concert de metal de cette expérience, avec cette touche de transe en eux.

The Algorithm

Pour rester dans cet univers de musique électronique, on se dirige vers The Algorithm. Un groupe de metal expérimental mêlant Djent et musique électronique. À son bord : Jean Ferry derrière la batterie et Rémi Gallego à la guitare et arrangement électronique. Mais après ce que l’on vient d’avoir avec Igorrr, l’ambiance est différente et la scène un peu plus vide. La musique de son côté offre moins de diversité. Mais dans un fest rempli de punk, de heavy, de thrash de black, il fait bon que la musique électronique vienne pointer le bout de son nez. Même si l’univers musical de The Algorithm a sa touche et permet pour les curieux une bonne découverte, un passage de nuit aurait vraiment pu faire profiter le public des stroboscopes. Au prochain passage en salle il ne faudra pas hésiter pour vivre l’expérience à 100%, avec une setlist un peu plus variée.

Paradise Lost

Il est l’heure que Greg Mackintosh et Nick Holmes se rejoignent sur scène avec ce groupe mythique qu’est Paradise Lost. Les Anglais ont accompagné une génération avec leurs riffs mélancoliques et cette ambiance très sombre. Le groupe ne transpire pas la joie, et est donc dans les meilleures conditions pour jouer ses meilleurs titres, tout en faisant la promotion de leur nouvel album : Medusa. Ce dernier à fuité depuis un certain temps sur internet, c’est ce que nous dit Nick Holmes, mais ça ne les empêche pas de continuer à faire de la musique. Et aux grands plaisirs des fans, les titres cultes « The Enemy », « True Belief » ou « Embers Fire » ne sont pas oubliés. Ouvrant avec « No Hope In Sight », le set de Paradise Lost est sur le plan des lumières sombre et très focalisé sur le bleu. Mais on ne pouvait pas s’attendre à autre chose pour le groupe qui aime jouer dans l’obscurité. Rendez-vous donc au Trabendo le 31 octobre pour un Halloween inoubliable.

Obituary est toujours une valeur sûre du live. Gras, lourd, énergique, rapide et viscéral : tout est là pour passer une bonne soirée. Le public d’Obituary étant nombreux, et celui du Motocultor bien motivé, il n’en faudra pas beaucoup plus pour que le pit du soir s’en donne à cœur joie. Et même si leurs albums sonnent de manière répétitive avec une discographie peu variée, leur véritable force est le live. Mais on doit s’éclipser éclipser car il y a une touche de rock blues des années 70 un peu plus loin…

Radio Moscow

Il s’agit des Américains de Radio Moscow qui sont venus nous échauffer juste avant le début de leur tournée européenne qui passera par chez nous. Un son des États-Unis, émergeant d’un trio très apprécié dans les festivals de stoner. En vérité il s’agit d’enfants de Woodstock ayant décidé de ne pas raccrocher leur guitare et de garder leurs pédales branchées. En découle une musique née d’une passion folle de la musique coulant dans leur veine. Et cela amène évidemment des petits ratés comme lorsque la guitare lâchera une corde que le chanteur devra réparer sous les applaudissements du public. Un festival qui sera l’occasion pour le groupe de se faire de nouveaux fans.

Kreator

Voici maintenant l’une des grosses têtes d’affiches de cette édition, pour évidemment un public qui est là en nombre. Kreator n’est pas mort et est loin de l’être, de retour en force avec leur dernier album Gods Of Violence, les salles françaises sont encore pleines de sueur de leur passage. Pas de meilleur moyen de commencer un concert autre qu’avec « Hordes Of Chaos ». Les titres s’enchaînent comme « Violent Revolution », « Phantom Antichrist », et on finit par évidemment « Pleasure To Kill ». Petroza est toujours maître de son audience, avec cette voix inhumaine qu’il utilise pour réveiller les foules. Même si le groupe semble limité sur scène pour ses déplacements, ils sortent tout pour faire un véritable show grandiloquent. Pluie de confettis et jets de flammes viendront motiver les troupes ! Car Kreator possède probablement l’un des publics les plus dévoués. Lorsque l’on voit une veste à patchs, c’est l’intégralité de la veste qui est couverte du nom du groupe. On regrette l’absence de lumière sur les mainstages, mais rien n’enlèvera le titre que mérite amplement Kreator : celui de dieux de la violence.

1349

« Pas de photographes, trop dangereux ». Cette phrase est assez intrigante, juste avant que l’on s’apprête à voir 1349. Et en effet le groupe est à peine arrivé sur scène que des cracheurs de feu offrent une ouverture peu conventionnelle à ce concert. Et dès que le groupe arrive pour jouer son black metal, le show continue et s’enchaînent divers jets de flammes, appuyés de fortes lumières rouges. Et la nuit se faisant de plus en plus sentir, on n’était pas contre des flammes pour se réchauffer ! Les Norvégiens sont toujours maîtres dans leur musique et l’ambiance y est parfaite. Si la journée on verrait mal un groupe de black metal y jouer, le lieu semble parfait le soir pour accueillir les musiques les plus sombres. Un grand terrain aéré et un ciel étoilé est tout ce que l’on peut rêver pour les formations de musiques extrêmes. Et 1349 est un choix judicieux pour les amateurs du genre. Leur goût pour la pyrotechnie fera d’eux l’un des concerts les plus marquants du festival. Statique mais terriblement intense et inoubliable.

Primordial

Nous voici devant l’un des groupes les plus attendus par beaucoup, celui soulevant de nombreuses passions parmi les fans. Les Irlandais de Primordial se sont vites imposés comme une référence et un gage de qualité pour les festivals. Un black metal que l’on scande à voix haute au nom de l’indépendance irlandaise. Les musiciens ont une allure assez sobre, le nez sur leur instrument. Alan Averill (aka A.A. Nemtheanga) au chant est toujours transcendant lorsqu’il est sur scène. Avec lui, on se sent tous irlandais durant une heure, à vouloir brandir le poing et crier pour tous les morts du passé. « As Rome Burns » est repris en choeur par le public comme toute cette setlist composée de classiques. Alan s’agite sur toute la scène avec une hargne palpable qui se lit sur son visage. Avec sa capuche et son maquillage blanc, il agite son micro avec le pied dans tous les sens. Un grand moment du festival même si pour une meilleure proximité on préfère voir le groupe en salle.

Breed Machine

Il y a peu de monde en ce début de dernière journée. Entre les soirées au camping et la fatigue du festival, peu de répit pour les festivaliers. Pourtant Breed Machine est déterminé, musclé, nerveux, et le peu de monde ne leur fait pas peur. Jouer au Motocultor est tout de même une aubaine pour les groupes français en recherche de notoriété. Entre Eths et de l’industriel, c’est nerveux et dynamique, avec un chanteur qui se jette dans la fosse pour amener plus de monde à se déchaîner. Et le résultat est là quand enfin le pit se lance. L’effort aura été grand pour faire bouger des festivaliers dès onze heure du matin, mais Breed Machine était peut-être bien ce qui était nécessaire au public pour passer un bon dimanche.

Sangdragon

Il a deux grandes épées et un costume de guerrier, des mages et des prêtres en tant que chœurs et une prêtresse. Non il ne s’agit pas de votre dernière partie de jeu de rôle sur table mais bien du line-up de Sangdragon. Le groupe de metal bien connu des festivals pour ses performances hautes en couleurs. Si le chanteur jonglant avec ses épées semble très impliqué dans ce qu’il fait, le bassiste souriant qui tire la langue parait plus être là pour l’amusement.

À défaut d’avoir Gutalax, il nous fallait notre groupe de goregrind : Rectal Smegma. Visuellement le groupe frappe la rétine avec un chanteur torse nu, à casquette, short orange, très musclé et avec l’intégralité des personnages de South Park tatoué sur sa jambe. Rajoutons à cela sa voix modifiée par effets, lui donnant un vrai air de monstre, et voici ce que le grind peut faire de plus gras. Il y a tellement de vie dans les concerts de gore grind ! Mais pendant que certains crachent sur le genre et s’éloigne de la scène en prétextant qu’il ne s’agit pas de musique, le reste de la foule danse en agitant des frites de piscine tout en criant « le caca » à l’unisson.

Rectal Smegma

Le stoner et le sludge auront également leur place en ce dimanche. Accueillons tout d’abord Monarch!. Chant féminin et chanteur désabusé sont au rendez-vous pour ce concert lourd et détonant sur le reste du festival. Une musique si lourde avec une voix si douce qui nous fait penser à Mammoth Weed Wizard Bastard. Mais les Français de Monarch! semblent plus passionné sur scène que les Anglais. Et avant de les retrouver en tournée française, on enchaîne avec Monkey3, groupe suisse de plus en plus présent sur les festivals. Suite au Hellfest et à l’Alcatraz, le groupe est de retour dans nos contrées avec la fumée qui va avec. Offrant au public, sous l’ovation générale, un stoner planant et principalement instrumental. Sous une scène ornée de leur célèbres triangles, le show reste très sobre sans aucun mot envers le public. Un public toujours aussi scotché par ce groupe et qui se laisse charmer par cette maîtrise de la mélodie qu’on ne retrouve que rarement dans notre univers musical aujourd’hui.

Monkey3

Uada dénote assez aujourd’hui dans la programmation. Peu de black metal en ce dimanche mais Uada est l’une des perles de ces dernières années. Après avoir joué dans le cadre d’un théâtre à l’In Theatrum Denonium de Denain en début d’année, on les retrouve en plein jour, comme Zornheim quelques jours plus tôt. Oui ce ne sont pas les meilleures conditions pour profiter d’une telle musique mais les Américains sont dans une optique très proche de ce que l’on peut trouver en Pologne avec cette volonté de proposer un black metal chaotique mais très mélodique. Des cris de détresses et une voix pleine de haine et de rage, allant des screams les plus aigus à un registre bien plus grave, sont proposés. Un black metal devant lequel on ne s’ennuie pas et pour lequel on à envie de lever le poing et de laisser son corps partir dans la foule. Sur le plan visuel, le groupe rejoint la grande famille des groupes de black metal à capuches imposantes. Après Batushka, Mgla, Au-Dessus, on attend presque le « hoodie tour » …

Uada

Juste après que Battle Beast ait fini de faire crier la foule, il est temps d’aller voir l’une des grandes attractions de cette année. Le Motocultor n’était clairement pas prêt pour le concert de Giedre. Qui aurait cru que cette jeune femme en robe à fleur et guitare acoustique, créerait la plus grosse ambiance du festival ? Giedre, toute seule, nous parle de sujets variés comme la mort de sa grand mère, les MST et diverses pratiques sexuelles. Beaucoup de naïveté dans son jeu de scène, comme une enfant en découverte de la vie et ravie de voir un tel accueil. Même si elle lance de nombreux clichés sur le monde du metal, on se prend au jeu. Et l’équipe de sécurité n’était pas préparé à cela. Quand ils voient arriver Giedre sur scène, il ne s’imaginait pas devoir réceptionner des slammeurs non-stop durant le concert. Et le pit était bien plus fort qu’à Kreator et Obituary ! (Certains disent même plus que Benighted, mais cela semble difficilement imaginable). Même la chanteuse semble assez surprise de cet accueil. « Grand-Mère », « Comme Tout Le Monde », « Toutes Des Putes », « La Vie c’est De La Merde » : ce concert fut sacrément décalé. Ce qui est sûr, c’est que si vous demandez à quelqu’un ses souvenirs les plus mémorables du Motocultor, il vous citera à coup sûr Giedre.

Giedre

Juste avant leur concert au Trabendo en ouverture de Converge, Revocation et son thrash-death technique fait une halte par la Bretagne. Très sobre sur scène, ce genre musical est assez rare alors profitons-en, même si pour de la technique on pourra se rattraper avec plus de violence plus tard avec Suffocation. Car pendant que Tragedy fait danser son public sur « YMCA » des Village People, les forcenés iront voir les Américains écraser une fois de plus cette scène qui aura bien besoin de repos après le Motocultor. Derek Boyer à la basse prend appui avec son instrument sur le sol et se lance dans un ballet de headbang, et Kevin Muller (le nouvel intérimaire qui remplace Franck Mullen en live) décrasse sa gorge comme il faut. Même si on aimerait bien rester plus longtemps, Devin Townsend nous attend sur la scène principale. On attendra un autre festival ou mieux, un passage en salle pour avoir un véritable chaos sous nos yeux. Car en fin de fest, le pit fatigue.

Suffocation

Pendant Revocation, le maître de la six cordes et du zen, Uli Jon Roth charme les grandes scènes. Avec un set assez court de cinq titres de Scorpions et une reprise de Jimi Hendrix et de Bob Dylan. Un moyen au moins de calmer tout le monde dans ce festival et d’adopter une aptitude zen. L’ancien guitariste de Scorpions a toujours ce grand charisme qui émane de lui. Avec ses plumes et une guitare à la forme si unique, Uli joue avec une telle élégance et simplicité que tous les guitaristes qui le regarde sont remplis d’admiration. Il joue comme il marche, et fait forcément de l’ombre au reste de son groupe qui tente tant bien que mal de se faire une place sur scène, mais tous les projecteurs sont sur lui.

Uli Jon Roth

C’était l’un des concerts très attendus. Car après plusieurs remaniements de line-up, Eluveitie semble enfin dans une formation stable pour sortir son nouvel album, Evocation II : Pantheon, et faire des tournées. Sous des lumières extrêmement vertes, les multiples instruments sonnent de manière douce bien que cette scène soit chargée avec ce grand nombre de musiciens. Et cette nouvelle chanteuse ? Et bien sans transcender totalement ce qui a été fait avant par Anna Murphy pendant dix ans, ni même surprendre, Fabienne Erni à une voix agréable. Nouveau guitariste, nouveau batteur, nouvelle vielle à roue, on repart presque de zéro et on recommence. Un tour de chauffe et on espère que le groupe sera plus en forme lors de son passage en salle pour la tournée approchant à grands pas. Cinq titres du nouvel album seront joués. Des titres qui, bien que répétitifs, feront danser et passer un bon moment à la foule. La musique d’Eluveitie a quelques moments de gloire mais pas assez de profondeur ou de morceaux marquants pour aller au-delà. Ce qui est certain c’est que la passion n’a pas quitté Chrigel continuant malgré vents et marées son projet.

The Devin Townsend Project

Difficile d’être objectif en parlant de Devin Townsend. Sa discographie est si variée qu’il est évidemment à sa place parmi les grandes figures du metal progressif comme Steven Wilson ou Neal Morse. La tournée ne s’arrête plus, et même si l’on aurait aimé un show spécial Ocean Machine, qui n’est pas passé par la France, on profitera tout de même d’un grand concert de Devin Townsend. Beaucoup de personnes ne saisissent toujours pas l’engouement autour de ce musicien mais pourtant il suffit de le voir sur scène, d’observer sa générosité, pour comprendre. Un set trop court malheureusement mais qui permettra de voir en live des titres tel que « Rejoice », « Deadhead », « Kingdom », « Supercrush! ». Huit titres du Devin Townsend Project, cela passe bien trop vite. Si le Canadien n’a pas beaucoup le temps pour parler à l’audience, son groupe et lui donnent tout ce qu’ils peuvent pour faire chanter tout le monde. Tout le monde chante car ce metal progressif est fédérateur, entraînant, violent, rempli d’espoir et de joie. À l’origine, ce sont eux qui devaient clôturer le festival et il faut avouer que cela aurait été un grand luxe. On regrettera simplement le manque de lumière évident sur les membres du groupe, un souci très présent pour ce festival.

Insomnium

Deux choix de musique s’offrent à nous, mais avec un objectif : nous transporter. De nuit cette fois-ci, on profite en extérieur d’Insomnium, Ce groupe de death mélodique que l’on ne présente plus, et qui aura toujours été gage de qualité. Aujourd’hui ils joueront en intégralité leur dernier né, l’album concept Winter’s Gate. Et en guise de récompense pour avoir tenu dans le froid, les rappels se feront sur « While We Sleep » et « The Promethean Song » de l’album Shadows Of The Dying Sun. Ce qui frappe surtout lors de ce set est l’éclairage, d’une obscurité intense. Des stroboscopes à certains moments, mais majoritairement des éclairages de dos bleus et violets sans lumière de face. Le cadre va parfaitement avec la nuit et les étoiles mais ce sont les photographes qui tirent une tête bien triste ! Winter’s Gate est un bel album qu’il est bon d’entendre en live, on espère seulement que ce projet de le jouer en intégralité en concert s’arrêtera lorsque toutes les MJC en auront profité, afin de retrouver un beau best-of de leur discographie fournie. Sur la grande scène par contre, c’est un véritable plaisir visuel qui nous met plein d’étoiles dans les yeux.

God Is An Astronaut

God Is An Astronaut a déjà offert de merveilleux albums. Après un show merveilleusement coloré au Brutal Assault, on assiste lors du festival breton à un ciel étoilé en guise de toile de fond. Le groupe de post rock à tendance stoner nous emmène dans un voyage plein de lumière et d’ondes positives. À chacun de ses concerts, le groupe instrumental tente de proposer une expérience visuelle différente et tout aussi impressionnante. Une musique qui charme le public ayant été assez curieux pour profiter du concert malgré la fatigue et l’heure tardive. Comme un Sigur Rós ayant décidé d’amplifier sa musique, tout est doux, simple mais merveilleusement composé. God Is An Astronaut est une pépite.

Possesed

On finit le festival avec une légende du genre : Possessed. Et on ne sait que penser devant le show, entre l’admiration et une profonde tristesse. Le groupe est toujours aussi efficace, Jeff Becerra a toujours cette voix unique, malade et acérée. Mais le voir dans un fauteuil roulant aura de quoi en toucher plus d’un. Pourtant il met toujours la même force dans ses prestations et affiche le sourire. À la fin du concert, il décidera lui-même de qui dans le public aura les médiators et la setlist, il restera pour saluer l’assistance et demandera même quel titre il faudrait pour finir ce festival. C’est ainsi que les émotions finissent avec « Seven Churches ». Si Devin Townsend aurait été un beau moyen de finir cette édition, le show de Possessed fait naître des sentiments mitigés. Avec lui on aura en tout cas retrouvé le death metal qu’on aime, viscéral, créé par passion par un jeune garçon ayant écrit ses premiers morceaux à quinze ans. Beaucoup plus qu’un concert de fin de festival mais une confession du groupe envers ses fans qui sont venus en nombre.

On s’était à peine remis du festival, que la onzième édition du festival était confirmée. Ultra Vomit, Angelus Apatrida, Necrowretch et Perturbator sont notamment les noms qui seront présents durant l’année 2018. Et rien que par ces quatre noms on sait que la diversité sera au rendez-vous, et ce qui est certain c’est qu’on serons présents au Motoc’ pour s’abreuver d’importantes têtes d’affiche mais également découvrir des groupes plus jeunes.

Reportage : Matthis Van der meulen



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  • Un beau live report. Dommage que vous n’ayez pas pu tout rapporter, le festival et les groupes le méritaient bien.
    Merci aussi de vous en tenir principalement à la musique. J’ai encore de l’amertume quand à l’article du rock hard mag sur ce fest. Les mecs étaient utilisent 3 pages pour se plaindre de la bouffe au lieu de parler musique. Certes les problèmes doivent être évoqués pour être corrigés, mais évoquer ne prends pas 3 pages…. Donc merci pour votre sobriété de ce côté là, et j’espère que vous avez bien profité du fest. Moi en tout cas j’y ai passé un super moment.

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  • « qu’il est évidemment à sa place parmi les grandes figures du metal progressif comme Steven Wilson ou Neal Morse »

    Ils font du metal prog, ces deux-là ?

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  • Candlemass (mais sans Messiah et surtout Leif Edling) , Obituary , Uli Jon Roth, Kreator , Vallenfyre, Devin Townsend , Blues Pills et Igorrr la curiosité du moment auraient été les priorités si j’y avais été. La programmation s’oriente vers du plus varié et tant mieux , voir que de l’Extrème me rebute un peu …
    A voir pour cet été , j’habite à 5 km du site .

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