ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Metalanalyse   

Le patchwork heavy metal d’Avenged Sevenfold


Ha, la recette pour concevoir un classique, le Saint Graal du rock’n’roll… Black Sabbath et son éponyme, Led Zeppelin et son quatrième opus, Deep Purple et son Machine Head, Iron Maiden et son Number Of The Beast, Metallica et son Master Of Puppets ou bien son Black Album, etc. Tant d’albums entrés dans l’histoire, bourrés de hits qui ont traversés et traverseront les âges. Comment en sont-ils arrivés à un tel résultat, quel est le secret de cette réussite ? Voilà qui fascine tant de jeunes formations aujourd’hui comme une sorte de mythe. Mais depuis quand les jeunes s’intéressent-ils aux musiques de grand-père, me direz-vous ? Peut-être depuis qu’on voit de moins en moins d’albums marquer durablement le monde de leur empreinte. Et, après tout, cette fascination n’est peut-être pas tant pour le contenu même de ces œuvres que pour ce qu’elles représentent, pour l’accomplissement de ces groupes qui semble leur garantir la postérité. Car il faut bien le reconnaître, il est parfois difficile de déceler, concrètement, dans les nouvelles vagues de metal, le metalcore en tête, dans ces productions aseptisées et ces performances millimétrées, de véritables et authentiques traits d’héritages, pourtant tant revendiqués à tort et à travers. C’est comme ce jeune homme au look branché que l’on croise dans la rue, portant un t-shirt des Ramones ou de Motörhead : cela a-t-il un sens pour lui, plus profond que le fait d’afficher des couleurs vintage qui lui donne un air « cool » ?

C’est là qu’on en arrive à parler d’Avenged Sevenfold, groupe qui est largement passé des paroles aux actes. D’ailleurs, ça fait bien longtemps que la bande n’appartient plus à la mouvance metalcore à laquelle ils étaient associés à leur début. Voilà un groupe qui a mis au placard les hurlements, remis les solos et duels de guitare au goût du jour et s’est concentré sur des riffs efficaces que leur ont inspiré leurs écoutes des albums de Metallica voire Pantera. Alors c’est sûr, jusqu’à présent leur répertoire tendait à être marqué par l’empreinte d’une certaine fougue juvénile qui poussait les musiciens à charger leurs chansons, comme une sorte de zèle pour montrer fièrement ce dont ils sont capables ou peut-être pensaient-ils – à cette époque de surenchère – que c’était en remplissant l’espace sonore que l’on grossissait le son. C’est surement un peu naïf, mais cela va avec l’âge et, pour autant, c’est ainsi qu’Avenged Sevenfold a offert quelques moments de bravoure qui lui vaut sans doute la reconnaissance dont il jouit actuellement.

Après un Nightmare meurtri par le chagrin causé par la disparition de leur batteur et ami Jimmy « The Rev » Sullivan et qui, en immortalisant les dernières compositions auxquelles ce dernier a participé, marquait la fin d’une époque, vient le renouveau. Les tragédies font souvent grandir en remettant les choses en perspective. Sans doute qu’à l’aube de cette nouvelle ère, Avenged Sevenfold s’est posé pour faire le point et déterminer ce qu’ils voulaient pour leur avenir. C’est en tout cas ce qu’ont laissé entendre les nombreuses déclarations des membres du groupe qui justifient les trois années passés depuis Nightmare par un désir de se remettre en cause. Avenged Sevenfold est plus que jamais en quête du Saint Graal évoqué plus haut, ne cachant pas sa détermination à offrir un nouveau classique au monde du metal. Pour se faire, ils ont justement étudiés les grands classiques du genre pour essayer de comprendre leurs secrets et ce qui leur donne tant de force. Ils ont ainsi compris que leur propos devait être allégé pour gagner en lisibilité et en efficacité, et donc en impact. C’est ainsi que ce Hail To The King, album résultant de cette maturation, respire plus qu’aucune de leurs précédentes œuvres ne l’a fait. La batterie, qui joue ici un grand rôle dans dans cette approche, se fait plus épurée, plus franche, plus directe, met de côté les plans techniques et prend une tournure qui évoquera le Lars Ulrich du Black Album : des frappes sèches et explosives, en symbiose avec les impacts de guitare, avec une mise en place extrêmement précise qui offre ce sentiment de puissance tant recherché, en concentrant l’énergie déployée par la guitare, la basse et la batterie.

Mais en cherchant à s’inspirer, Avenged Sevenfold est peut-être allé un peu loin en faisant des emprunts qui ressortent avec beaucoup (trop ?) d’évidence : « Shepherd Of Fire » reprend la batterie tribale à l’identique du « Trust » de Megadeth, on frôle le plagiat du « Sad But True » de Metallica sur « This Means War », l’ombre d’Accept et ses riffs typiques plane sur « Hail To The King », l’âme de Guns N’ Roses est venu se poser sur « Doing Time » avec un M. Shadows qui prend un malin plaisir à singer Axl Rose (façon « It’s So Easy », sans compter cette intro à la « Welcome To The Jungle »), d’aucuns estimeront que le riff principal de « Heretic » possède quelques relents du « Symphony Of Destruction » de Megadeth, etc. Hail To The King en devient un vrai jeu de piste. Fort heureusement, Avenged Sevenfold jouit d’une personnalité bien ancrée qui aidera l’auditeur à faire passer la pilule, tout comme l’originalité d’un titre tel que « Requiem » et ses chœurs lyriques ou de l’inclusion de cuivres sur « Planets ». Après tout, on se souviendra qu’un groupe tel que Led Zeppelin a élaboré nombre de ses plus grands hits sur des emprunts a des bluesmen. Cela ne les a pas empêché de construire une patte unique et marquer le monde du rock.

Maintenant qu’ils ont appris les leçons des pères du heavy metal, il ne reste plus à Avenged Sevenfold qu’à trouver la volonté de s’émanciper de ceux-ci pour effacer ces emprunts bien trop marqués et véritablement atteindre sa maturité. A ce sujet, et quoi qu’on pense du personnage, il y a une chose intéressante que le célèbre Philippe Manœuvre nous a dit lors de l’une de nos rencontres et qui, particulièrement ici, prend du sens : « Je crois qu’une nouvelle génération qui arrive, il faut qu’elle ait envie de dégager les vieux et là aujourd’hui c’est ça qui est gênant, les jeunes qui arrivent ont le respect des vieux. Nous, on l’avait pas. »

Album Hail To The King, sorti le 27 août 2013 chez Warner Bros / Roadrunner Records



Laisser un commentaire

  • Twisted Brother dit :

    Je n’étais pas trop amateur de ce groupe mais je pense que je vais me laisser tenter par cet album. Une très agréable surprise 🙂

    [Reply]

  • Heavybourrin dit :

    Je trouve ça un peu mou pour du avenged sevenfold… (surtout par rapport a Nightmare où ça bougeait plus je trouve)
    ça me fais penser au black album de Metallica… et j’aime pas trop cet album…

    [Reply]

    Arvenger

    Ça te fais penser au black Album ?
    T’es sur ? car la tu compare de l’or(Ba de Metallica) et de la merde (hail to the king)
    Pas sur que tu es déjà écouté le Black album pour dire ça

  • vieillebranche dit :

    Perso c’est justement avec cette évolution progressive vers un son vintage a la Guns etc. qui m’a fait décroché du groupe, et c que j’ai entendu de celui-ci me semble en effet plagier de plus en plus tous ces groupes cultes.
    Bref, je trouve du coup que le groupe a perdu ce qui faisait son intérêt…

    [Reply]

  • cet album est excellent , grosse baffe sonore et rytmiquement extraordinaire , après c’est vrai que j’entends Metallica ou Slash ….

    [Reply]

  • En tous cas cet album à un putin de succée il est numero 1 au E.U et en Angleterre donc chapeau avenged sevenfold, perso ma preferer est doing time

    [Reply]

  • Votre partie sur la batterie est fausse. Arin est juste incapable de faire comme The Rev, et le groupe n’a pas envi qu’il fasse comme lui. Je pense pas que ce soit un choix..

    [Reply]

    MAlak

    Lol ils ont plus ou moins viré Mike Portnoy pour prendre Arin donc le jeune il est loin d’être mauvais. De plus quand ils ont commencé a repéter pour l’album, Arin est arrivé avec des plans bien techniques metalleux, ils l’ont corrigé de siute pour faire quelque chose de beaucoup plus carré qui colle à l’album qu’ils avaient en tête.

    batou

    Ou parce que dans cette album la batterie est en mode rythmique et n’a pas besoin forcement de « super technique ». Puis il suffit d’écouter planets pou s’apercevoir qu’il est bon 🙂

  • Arrow
    Arrow
    Judas Priest @ Vienne
    Slider
  • 1/3