ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

CR De Festival    Live Report   

Le Rock d’Ay a dépoussiéré la bannière française


De la poussière, du sable et du pogo. Voilà comment il aurait été possible de titrer ce live report tant ce Rock d’Ay 2012 aura, une fois de plus, imposé la loi du metal au petit village de Sarras (prononcé « Sarra ») en Ardèche. Il est inutile de jouer les hypocrites et il faut bien reconnaître que le Rock d’Ay n’est pas le premier nom qui vient à l’esprit quand on parle d’un festival metal, et ce même français. Cependant, avec son affiche franco-française et surtout grâce à la présence en tête de celle-ci de Lofofora et Hypno5e, ce Rock d’Ay 2012 a satisfait tout passionné ou simple néophyte de metal, rappelant également que la curiosité n’est pas un péché. Car, en effet, c’est bien la curiosité qui nous a poussé au bord de la rivière d’Ay. Et si le festival a plus commencé comme une simple fête de village, le constat final est incontestable : c’était bien un fest, c’était bien un fest de metal et tout le monde en a pris plein les mirettes.

Morgan Lévêque, organisateur du fest, n’en n’est pas à son premier coup d’essai. L’édition 2011 du fest voyait déjà la présence de Tagada Jones en tête d’affiche. Cependant, cette version 2012 du Rock d’Ay élève le niveau d’un cran. Qui plus est, il est toujours appréciable de savourer un moment musical live. Plus encore quand l’évènement est à taille humaine et à un prix des plus abordables : 12 euros (10 en pré-vente) pour voir sept groupes, jouant chacun une bonne heure – inutile de préciser que c’est plus que respectable et honorable. Ainsi, comme précisé plus haut, sept groupes, deux scènes, du sable, de la poussière, de la bière et de la fumée pour un festival qui fut une quasi totale réussite.

Après les compte-rendus du Power Prog And Metal Fest, du Sonisphere Espagnol, du Nancy On The Rocks, du Download, des Métallurgicales, du Hellfest, du Graspop, du Main Square et du Sonisphere France, Radio Metal vous propose son live report illustré du Rock d’Ay 2012.

Festival : Rock d’Ay 2012
Date : 21 juillet 2012
Lieu : Sarras

Home Taping : du punk en guise d’apéro.

Malheureusement tout n’a pas spécialement bien débuté pour le fest qui a vu l’annulation de Civil War, remplacé au pied levé par Home Taping, quelques jours avant l’évènement. C’est donc à ces derniers que revient la dure tâche d’ouvrir les hostilités en cette fin de journée. Mais là encore un petit hic repousse leur prestation d’une heure. Et malgré ce recul sur l’horaire initial, le groupe se produira devant un public quasi absent. La rivière et le camping gratuit ont très certainement occupé la foule qui – il était 19 heures – devait très probablement être à l’apéro les pieds dans l’eau. Malgré cela le groupe ne se sera pas dégonflé. Fournissant un punk à la Bérurier Noir, lorgnant de temps en temps sur du Noir Désir en un peu plus costaud, le groupe offrira un set assez carré. Quelque peu linéaire dans ses compos, l’énergie de celles-ci rattrape correctement ce show entrecoupé par des prises de paroles contées, racontées, donnant un côté très littéraire au concert le rendant atypique et assez appréciable bien que la démarche puisse paraître prétentieuse. Une musique qui se dégustera – notamment pour les paroles françaises qui lui sont associées – avec les derniers rayons de soleil.

Si Home Taping a ouvert le bal sur la première scène, c’est au tour de Henri Et Les Flammes De L’Enfer d’inaugurer la scène deux. Les Toulonnais livrent un concert inégal. Produisant un hardcore à tendance post-punk, l’inégalité des compositions gâchera grandement le plaisir auditif alors que, paradoxalement, le groupe démontre une présence et une énergie scénique irréprochables. De plus, et ce constat ne variera pas pour les autres groupes, le son est parfait. La prestation du combo laisse donc un goût amer en bouche : à la fois emballé par ce concert plein de hargne et de violence avec notamment le guitariste du groupe en totale transe, et à la fois déçu par ces compos tantôt bien pensées et finement amenées au niveau de l’intensité, tantôt brouillonnes, se perdant en complexité ou manquant un poil de singularité. Le concert reste malgré tout appréciable, l’expérience scénique est déjà là et c’est déjà un énorme point de pris. La foule se fait d’ailleurs un peu plus nombreuse, avec quelques pogoteurs et headbangers qui commencent à pointer le bout de leurs nez

Water Pipe Cult : une très bonne surprise.

Water Pipe Cult sera la première surprise de cette soirée. Mené par Karo au chant, le groupe délivre un rock énervé teinté d’un metal alternatif barré. La prestation déborde d’énergie et les musiciens s’amusent sur scène, entraînant une sorte d’euphorie au sein de l’audience qui commence à se lâcher. La musique du groupe très « in your face » – appuyé par la voix cassée et torturée de sa chanteuse – déboule sans temps morts. Le groupe démontre une très belle précision instrument en main. Il devient automatique de taper du pied sur cette musique très écorchée. La nuit étant tombée, les lights apportent également un aspect visuel non négligeable au show qui se déroule désormais dans une totale ambiance de festival. En effet, la foule est bien plus conséquente, la buvette est prise d’assaut, la poussière vole devant la scène en raison des pogos devenus incessants et les nombreux sourires sur les visages démontrent indéniablement la bonne humeur présente en terre ardéchoise pour cette soirée metal. Water Pipe Cult s’en sort donc avec bien plus que les simples honneurs et termine son concert qui, reconnaissons-le, fut une réelle découverte surprenante, mais une totale réussite malgré quelques soucis pour la voix des fois trop faiblarde car mal mixée. Mais cela n’était qu’un souci qui n’a d’égal qu’un infime grain de sable.

Retour sur la seconde scène (un regard suffit pour passer d’une scène à une autre, les deux étant adjacentes), qui, bien que plus petite a permis un enchaînement sans temps morts entre les groupes et qui permettait ainsi de tenir le public en haleine. Parenthèse close, revenons à ce qu’il y a d’essentiel en concert soit : le groupe. Les Grenoblois de Gravity Falls arrivent donc sur scène avec un metal pure souche. Incontestablement, les riffs sonnent très heavy et se marient relativement bien au côté psyché entretenu par une musique très saccadée et syncopée par instants. Le groupe cite dans ses influences Muse, Avenged Sevenfold, Radiohead, Red Hot Chili Peppers, Pantera, Korn ou encore Disturbed et bien que l’on entende vraiment ses diverses influences, c’est le côté Disturbed qui ressort le plus. Sans forcément être définitivement retourné par cette prestation, cela reste malgré tout un très bon show qui là encore fera du mal à plus d’une cervicale.

Lofofora : un maître de cérémonie du nom de Reuno !

Lofofora n’a plus rien à prouver. Véritable machine de guerre en live, le groupe impressionne par son charisme et son aisance scénique. Reuno (chant) arrive à tenir tout un public entre ses mains, déchaînant les passions et poussant les corps dans leurs derniers retranchements. Inutile d’éviter un pogo sur Lofo, celui-ci vient à vous. La poussière est épaisse et colle aux poumons, provoquant chez certains des quintes de toux interminables. Les tubes défilent sans relâche et malgré deux petits soucis techniques le groupe arrive, non sans humour, à meubler. Le professionnalisme du groupe saute aux yeux. L’expérience live devient éprouvante (difficile de faire tout le show dans la fosse sans ressentir le besoin de respirer un peu). ‘Les Gens’, ‘Mémoire De Singes’, ‘Alarme Citoyen’ remue nos carcasses alors que ‘Histoire Naturelle’ rappelle le talent littéraire de son chanteur. Toujours bien installé dans son style musical, Lofofora ne bouge pas d’un iota et c’est ce qui fait sa force première. Cette capacité à rappeler l’aspect primaire et animal de l’être humain. Un concert béton qui aura vu la plus grosse affluence du public, principalement venu – on s’en doutait – pour Lofofora.

Ente deux quenelles, Dead Side a fait beaucoup de bruit

Mike, chanteur de Dead Side, nous confiera quelque heures avant l’ouverture des portes du fest que « devant il y a une grosse quenelle, derrière il y a un autre grosse quenelle ». Faisant référence à la place de son groupe, intercalé entre Lofofora et Hypno5e, Dead Side avait pour mission de ne pas laisser retomber l’ambiance. Mission accomplie. Deuxième belle surprise de cette soirée, les Dromois ont fait beaucoup de bruit. Dans un style quelque part entre le metalcore et le neo-metal, leur prestation ne peut laisser indifférent. Alliant brillamment hargne et sauvagerie à une très bonne technicité, on peut cependant remarquer que les compos, malgré tout, peuvent finir par se ressembler. Alors que cette scène metal finissant par la terminaison « core » est plus que florissante, Dead Side arrive à démontrer une certaine identité. Bien qu’encore jeune, le groupe garde une réelle cohérence musicalement et scéniquement. Pour simplifier, on a affaire à une réelle unité. Très belle performance où le dernier titre verra un wall of death (auquel votre serviteur n’a pu résister) fracasser les corps collant et poussiéreux alors que l’alcool fait son effet (un sosie de Brian Johnson d’AC/DC finira couché dans le sable à manger celui-ci pour impressionner la gent féminine…)

Hypno5e : un concert atmosphérique.

Il est une heure du matin et Hypno5e ne devrait plus tarder à fouler la première scène pour clôturer cette édition 2012 du Rock d’Ay. Et quelle clôture. De loin la prestation la plus riche du fest en termes musicaux, Hypno5e a tout simplement « flingué » le public restant. Une mise à mort sans pitié exécutée par ce metal ambiant et expérimental d’une précision d’orfèvre. Les premiers rangs se retrouvent les yeux fermés à planer, littéralement. Tirés de leur corps, le concert devient extra-corporel. Les passages calmes et acoustiques sont à la limite de la sensualité métaphysique, berçant les cœurs et les esprit alors que les passages brutaux sont l’extase, l’orgasme, la déchéance du corps. Le son, devant la scène, assez fort fracasse les tympans et on en redemande. La magie est sans mots car rares sont les concerts où ce sentiment de perfection a autant d’importance. Le concert aurait pu durer la nuit entière que les premiers rangs en auraient encore demandé. Les compos sont pourtant longues, avoisinant régulièrement les dix minutes bien passées, et pourtant tout va vite. Le groupe est en état de transe. Gredin, bassiste du groupe, nous avouera en fin de show que, sur scène, il est dans sa « bulle ». Le groupe n’aura en effet, adressé aucun mot à son public, le regardant à peine et pourtant la communion et l’alchimie marchent. La fin du concert se terminera dans un long larsen après qu’une des guitares ait été jetée au sol alors que le bassiste racle son instrument sur scène pendant cinq bonnes minutes avant, à son tour, de disparaître de celle-ci.

C’est donc emballé par cette soirée que l’on rentre reposer ses jambes bien fatiguées. Un festival petit, certes, mais qui relève d’une très belle initiative de la part de ses organisateurs, passionnés, qui ont décidé d’accorder un peu de violence au village de Sarras le temps d’une soirée. Des festivals comme ceux-ci sont louables et ne peuvent qu’être encouragés, au nom de la culture et un peu de la musique extrême aussi.

Photos Lofofora et Hypno5e : Tony Morra ; Water Pipe Cult : Kris’TyNe GL



Laisser un commentaire

  • Home Taping dit :

    Merci pour cet excellent compte rendu et les commentaires encourageants pour le groupe de dernière minute (avec un set pas prêt) que nous étions ce soir là !
    Lofofora énorme comme d’habitude bien sur…
    Une très belle affiche et un excellent public déchaîné.
    Et un énorme big-up à Caillette Prod pour l’orga aux petits oignons !
    HxT

    [Reply]

  • Walter Pipe Cult, un très bon groupe de stoner ! J’aimerai bien voir ce que ça donne en live tiens ( on a qu’à faire un festival dans mon village de 300 habitant perdu dans la brousse vosgienne, pendant qu’o… Non ok j’me tais. )

    [Reply]

  • Une petite ovation pour Mike « Metal-trash » sans qui (je crois) ce festival serait passé inaperçu aux yeux de Radio Metal 😉

    [Reply]

    Metal-trash

    Merci mon pote 😉

  • Metal-trash dit :

    Excellent report !!!
    Merci d’être venu rdv en 2013 🙂

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Rival Sons + MNNQNS @ Cenon
    Slider
  • 1/3