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Nouvelles Du Front   

Led Zeppelin : les dinosaures sont encore sacrément vivants !


Il y a quelques trente-cinq ans, Londres voyait débouler les punks sur le devant de la scène musicale, lesquels filèrent quelques coups de rangers dans la gueule des dinosaures du rock de l’époque, englués dans des prestations virtuoses et des morceaux étirés à l’envi. Parmi eux Led Zeppelin. One, two, three, four ! Retour à du rentre dedans, au placard les guitar-heros et leurs archets !

A croire que les rangers même coqués n’ont pas été assez solides pour détruire du plomb. Pour preuve, il y a cinq ans, Londres voyait Led Zeppelin envahir l’O2 Arena pour un concert évènement, filmé et aujourd’hui présenté à la presse avant projection unique en salle et lancement en DVD. Mais tout fondateur qu’il est, qu’est-ce que le Dirigeable a à proposer en ce début de XXI° siècle ? L’âge de la retraite s’allonge manifestement pour tout le monde mais voir des papys du rock – aussi illustres soient-ils – se trémousser sur scène peut être pathétique parfois.

Parfois seulement et certainement pas cette fois. Il est 10h15 quand la projection démarre et les quelques journalistes présents sont confortablement installés au cinéma Gaumont Opéra pour deux heures de concert filmé.

Projection Presse : Led Zeppelin – Celebration Day
Date : 3 octobre 2012
Salle : Gaumont Opéra Capucines
Lieu : Paris

Côté setlist, pas de surprise, elle est connue depuis quelques temps maintenant. Que des classiques – facile vu le répertoire – et un « For Your Life » inédit sur scène. L’objet du concert aussi : hommage à Ahmet Ertegun, co-fondateur d’Atlantic Records, avec lequel le groupe avait des liens forts. C’est Ahmet qui a fait entrer le Dirigeable chez Atlantic. A noter que l’homme, âgé de 83 ans, est décédé en décembre 2006 à la suite d’une mauvaise chute qui l’a plongé dans le coma. Chute qui a eu lieu dans les coulisses du concert de charité donné par les Rolling Stones et immortalisé par Martin Scorcese dans le film « Shine a Light ». Le concert de Led Zep reste dans la charité puisque les bénéfices iront à la « Ahmet Ertegun Education Fund ».

Voilà pour le rappel du contexte, entrons donc directement dans le vif du sujet avec « Good Times Bad Times » qui ouvre ce concert exceptionnel après la projection de quelques images d’époque. Et quand on dit exceptionnel, il ne s’agit pas d’un simple effet de style : cela fait quasiment vingt sept ans que le groupe ne s’était pas produit sur scène. Avec « Good Times Bad Times », les spectateurs de l’O2 Arena ont d’ailleurs dû connaître une belle émotion. Il s’agît en effet du premier titre du premier album de Led Zep sorti en 1969 ! Premier titre de l’histoire du hard-rock ? Tout un symbole. Son exécution n’est pas la meilleure qui soit mais « Ramble On » ou « Black Dog » qui suivent nous rassurent bien vite sur la qualité générale du show. Un autre titre ne sera pas restitué de la meilleure des manières : « Whole Lotta Love » en premier rappel. Le groupe se rattrapera sur la fin du morceau mais le fameux break avec les gémissements de Plant est plutôt loupé. « Dazed & Confused » souffrira quant à lui d’un léger manque de fluidité dans les changements de rythme. C’est sur ce titre que Page sort son emblématique archet pour quelques minutes d’exercice de style, encadré pour l’occasion – comme à la grande époque – de lasers verts tombant du haut de la scène.

A part ces quelques hics, le reste est splendide, magique, magnifique. « Stairway To Heaven » est évidemment un beau moment qui ravit le public et à la fin de laquelle Plant dit : « Ahmet, nous l’avons fait ! » (il faut savoir, là, que les membres de Led Zep se sont lassés il y a longtemps de jouer cette chanson). La prestation de toute beauté atteint des sommets sur « Since I’ve Been Loving You » ou sur le monumental « Kashmir », à l’exécution magistrale rehaussée d’un splendide habillage lumineux sur l’écran géant qui couvre entièrement le fond de la scène. Écran géant utilisé tout au long de la prestation avec beaucoup de réussite, renforçant l’impact des titres, tantôt paré d’un blanc éblouissant, tantôt d’effets tâches de cuivre / vitrail ou encore diffusant des images des musiciens.

Parlons des musiciens justement. En grande forme, tout sourires, ils font plaisir à voir et participent évidemment à la réussite de la fête. On sent un réel plaisir d’être là, une complicité dans leurs incessants échanges. Ils sont sobres, classes, légendaires. Magnifiques. Jason Bonham est totalement intégré et fait honneur à son cogneur de père avec une frappe monumentale. Il accompagnera même Plant au chant sur « Misty Moutain Hop ». Et que ce soit Page et ses moues bien à lui, Jones tout en discrétion ou Plant en maître de cérémonie, il irradie un grand charisme de chacun de ces musiciens.

Plant échange sobrement avec le public, introduisant « For Your Life » en disant que c’est la première fois qu’il est joué live, ou encore « Dazed & Confused » en expliquant qu’il est des morceaux qui doivent être dans la setlist. Il fera aussi souvent référence au blues dont ils ont sorti les brulots que l’on connaît, citant Robert Jonhson ou les Blind Boys Of Alabama, des légendes oubliées dans la nuit des temps. Et pourtant sans eux, pas de Led Zep, et sans Led Zep… point de black metal (on vous taquine) !

Côté son, là aussi, c’est du lourd. Énorme, digne de la puissance de la légende. Cette batterie ! Après, l’histoire ne dira pas les retouches apportées post-concert même si, lors de leur conférence de presse, le groupe en avouera uniquement un minimum. En tous les cas, dans la salle de cinéma le plaisir est maximum.

Vous l’aurez compris, côté musique, quasiment rien à jeter de ces deux généreuses heures de concert. Surtout que le groupe évite les égarements de type solo de basse, de batterie, de claviers et donne dans l’efficace. Mais quid de la captation de la prestation ? Car nous parlons d’un film. Là non plus, rien à redire. Les caméras – dix-sept dixit le dossier de presse – nous plongent au cœur de l’évènement, sans effet superflu, nous entrainant dans une dynamique de plans qui mettent en valeur chaque musicien, d’autres plans plus larges montrant l’immense scène ou encore l’O2 Arena blindée jusqu’au dernier siège. Le plus gros effet visuel est l’insertion d’images à la qualité dégradée où le grain est marqué, effet qui fonctionne plutôt bien.

Image, son, retranscription, tout est bon dans ce beau concert filmé. Il ne vous reste plus qu’à aller constater vous-mêmes le 18 octobre que le Led Zep de 2007 vaut sacrément le coup. Rien à voir avec ces prestations ampoulées de la fin des années 1970 que l’on peut voir dans le DVD sorti vers 2003. Le changement est impressionnant. Et même si de nos jours, l’omniprésente technologie apporte dans les foyers des systèmes audio de plus en plus performants et des écrans plats de qualité, rien ne remplacera le plaisir jouissif de voir sur un grand écran Plant et Page, rayonnants, côte à côte, exécuter « Stairway to Heaven ». Avoir été sur place à Londres ? Même pas sûr d’avoir cette qualité de visibilité du fin fond des gradins de l’O2 Arena.

Enfin, pour l’ambiance dans la salle, on souhaite que pour les projections au grand public ce sera plus chaleureux que lors de cette présentation à la presse… Avec seulement une trentaine de personnes dans la salle, les levées de briquets étaient plus que discrètes…



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