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Interview   

L’effet Devon Graves


« Je vais essayer de vous donner des réponses courtes mais me tenir à ça est la chose la plus difficile au monde pour moi ! » Nous affirme Devon Graves en début d’entretien. Nous voilà prévenus ! Qui plus est les questions que nous avions à poser au guitariste/chanteur/flûtiste étaient nombreuses. Résultat : un entretien particulièrement riche et dense. Devon Graves (Buddy Lackey de son vrai nom, mais il n’aime pas qu’on l’appelle ainsi), fait preuve d’une profonde passion tout au long de cette discussion mais également d’une stupéfiante et presque effrayante sincérité. C’est ainsi qu’on apprend tout sur le cheminement qui l’a poussé à passer de Psychotic Waltz à Deadsoul Tribe, puis de ce dernier à son tout nouveau groupe, The Shadow Theory, une sortes de dream team pour laquelle il ne cache pas sa fierté et sur laquelle il pose un énorme espoir. Mais plus frappant encore sont ses paroles sur la carrière de Psychotic Waltz, leurs espoirs irréalistes, leur déception de ne jamais avoir eu l’occasion de saisir leur chance et finalement la stupéfaction de voir le groupe gagner un statut culte.

Devon en profite pour dresser un tableau plutôt négatif de la scène progressive, scène dont il a paradoxalement bien du mal à se détacher. Devon fait également sa propre autocritique et dévoile ses doutes autant que ses joies.

Terminons cette introduction par une petite anecdote : en 2004 Deadsoul Tribe jouait en première partie de Rage au Transclub à Lyon. Je me souviens précisément d’une demoiselle, pleine de charmes, mais là n’est pas le sujet. Au beau milieu de la fosse alors que le groupe jouait sur scène, elle se tenait là, droite, isolée dans la foule, immobile comme si son corps ne signifiait plus rien pour elle. Des larmes coulaient sur sa joue, des gouttelettes lourdes de vie et de passion. Ce que vivait cette personne semblait tellement fort qu’il m’était difficile de détourner mon regard d’elle, comme si un halo de lumière blanche entourait tout son être. Ça, précisément, c’est ce que l’on appelle l’effet Devon Graves.

« Je crois que beaucoup de ces groupes souffrent en concert car les musiciens ne se focalisent pas sur la performance scénique mais davantage sur leur technique. Ils restent obnubilés par leurs lignes de guitare et en gros montent sur scène mais restent statiques. C’est pourquoi je n’aime pas trop les groupes de progressif. J’aime la passion du jeu de scène. »

Radio Metal : Il y a un an, tu annonçais la séparation de Deadsoul Tribe. Les raisons données étaient assez floues mais cela laissait transparaître une certaine déception malgré la fierté que vous pouviez retirer de ce que vous avez accompli. Cela donnait l’impression que vous étiez déçus de ne pas avoir réussi à obtenir plus de reconnaissance pour votre musique. Est-ce que la reconnaissance est quelque chose que tu recherches en musique?

Devon Graves : Je n’ai jamais vraiment annoncé que le groupe se séparait, je n’ai jamais dit ça. Ce que j’ai dit est que je mettais ce groupe de côté pour quelques temps. Je savais que je voulais me lancer dans The Shadow Theory pour essayer quelque chose de nouveau et je savais que j’aurais besoin d’y accorder toute mon attention. En réalité, The Shadow Theory m’a attendu pendant au moins quatre ans, le temps de faire deux albums avec Deadsoul Tribe et de partir pour trois ou quatre tournées. C’était toujours une question de priorités. Je gagnais ma vie avec Deadsoul Tribe alors je ne pouvais pas réellement me permettre d’arrêter comme ça. Mais en même temps, je voulais vraiment démarrer quelque chose de nouveau. Ma frustration ne vient pas de la « reconnaissance » mais plutôt du fait que Deadsoul Tribe était un moyen d’emprunter une voie un peu plus commerciale et de se lancer dans un style plus moderne dans le rock que j’aimais et essayer de faire quelque chose de moins technique. J’aurais aimé que des labels importants s’investissent mais ce n’est pas ce qui s’est passé. J’ai été signé par un label de progressif et, peut-être à cause de ça, et peut être à cause de mes associations passées, je suis resté dans la branche progressive de la musique. Par conséquent, le groupe a été assez sévèrement critiqué. C’était inévitable car, que cela soit d’un point de vue musical ou technique, nous n’étions pas au même niveau que les groupes progressifs parmi lesquels nous jouions. J’ai commencé à me dire : « bon, c’est ce que je suis, peu importe ce que je ferai, je resterai progressif alors je ferais sûrement mieux de m’entourer de musiciens qui seraient prêts à relever le défi. » C’était pour, dans un premier temps, répondre à ce changement mais aussi pour répondre aux critiques et pouvoir faire quelque chose de complètement différent. J’ai donc dit aux gars de Deadsould Tribe que j’allais prendre une pause pendant, je ne sais pas, deux ou trois ans car je voulais démarrer ce nouveau groupe, me consacrer à la conception de l’album et partir sur les routes sans interruptions pour voir jusqu’où nous pourrions aller.

Il y a peut-être un peu de vérité dans ce que tu disais sur le fait de chercher une certaine reconnaissance. Bien sûr on veut tous réussir, on veut tous avoir un maximum de fans. Oui, j’espère certainement cela et surtout maintenant en ayant un tel groupe à mes côtés. Le fait est que Deadsoul Tribe était un projet solo. Tu vois ce que je veux dire ? Il y a eu deux Deadsoul Tribe : le Deadsoul Tribe des albums que j’ai fait pour ainsi dire tout seul – mon ami Adel a joué les parties de batteries – et puis il y avait le groupe live, composé simplement de certains de mes amis. Ils étaient tout juste capable de jouer mais ils avaient l’air très cool alors je me suis dit : « OK, je leur apprends comment jouer mes chansons et on se met en route. » Je voulais monter sur scène et j’avais besoin d’un groupe. Mais c’était moi qui écrivais tout, qui composais tout, produisais, qui assumais seul l’intégralité du projet. The Shadow Theory s’éloigne vraiment de cela, je suis juste un membre parmi les autres, je ne fais que composer mes parties vocales. Le claviériste et le guitariste sont les compositeurs principaux. Je me comporte plutôt comme un producteur dans la création musicale, choisissant les chansons que j’aime, les morceaux de chansons que j’aime, les assemblant pour rendre un titre aussi puissant que possible, faisant beaucoup d’arrangements mais, en gros, je n’ai pas à porter le même fardeau créatif qu’avec Deadsoul tribe et c’est très rafraichissant. Je peux concentrer toute mon attention, toute mon énergie et tous mes efforts uniquement dans mes lignes vocales.

Pour mettre les choses au clair, Deadsoul Tribe n’est donc pas vraiment fini ?

Pas forcément. Il y a cinq ans, j’annonçais la fin de Psychotic Waltz, aujourd’hui je suis de retour avec ce groupe. Cela tend à prouver que rien n’est vraiment permanent. Cela dépend uniquement des demandes qui seront formulées dans le futur. Si dans cinq ans les gens me supplient de reformer Deadsoul Tribe, je le ferais certainement. Mais en même temps, pour être honnête, j’imagine que je serai un peu trop occupé avec The Shadow Theory. Je me disais qu’il n’y aurait pas beaucoup d’appels pour Deadsoul Tribe, je ne pensais pas avoir beaucoup d’offres pour des concerts de ce groupe aussi longtemps que The Shadow Theory existerait. En réalité, c’est ce qui avait tendance à m’effrayer : créer un groupe alors que je vivais de Deadsoul Tribe. Je croyais objectivement que les promoteurs seraient plus intéressés par The Shadow Theory. J’avais ça en tête alors je me suis dit que j’allais laisser Deadsoul Tribe en stand-by pour le moment. Maintenant que je suis aussi de retour avec Psychotic Waltz, je pense que cela risque de rendre encore plus impossible la programmation de concerts avec Deadsoul Tribe. Mais on ne sait jamais, je ne suis sûr de rien, c’est seulement ce à quoi je m’attends.

Qu’est-ce qui te fait penser que les promoteurs seraient plus intéressés par The Shadow Theory que par Deadsoul Tribe?

C’est seulement grâce aux musiciens avec lesquels je joue. Je trouve que ce groupe est simplement mortel ! J’ai rencontré ces gars alors que j’étais sur les routes, je les ai vu jouer sur scène et cela a suffit à me convaincre. Ils avaient d’un côté cette capacité technique qui manquait chez Deadsoul Tribe et de l’autre, ils avaient cette passion qui, pour moi, manque à la plupart des groupes de metal progressif. Je crois que beaucoup de ces groupes souffrent en concert car les musiciens ne se focalisent pas sur la performance scénique mais davantage sur leur technique. Ils restent obnubilés par leurs lignes de guitare et en gros montent sur scène mais restent statiques. C’est ce que j’ai remarqué. Il ne s’agît pas de tous les groupes mais on dirait que c’est, en quelques sorte, l’état d’esprit des groupes prog, c’est pourquoi je n’aime pas trop les groupes de progressif. J’aime la passion du jeu de scène. Alors quand j’ai trouvé ces mecs, ils avaient les deux, ils avaient tout ! Je m’attends à ce que cela divertisse le public et, si c’est le cas, j’imagine que ça peut pousser les promoteurs à faire monter ce groupe sur scène. C’est uniquement ma façon de penser, je ne sais pas si cela va devenir un fait avéré, c’est seulement mon opinion.

« Par le passé beaucoup de mes chansons étaient philosophiques et au bout d’un moment ça ne semblait être plus que du blabla. J’en ai ras le bol d’entendre mes propres sermons. »

Lorsque The Shadow Theory s’est formé, le batteur Mike Terrana faisait partie du line-up mais ça n’est plus le cas aujourd’hui. Que s’est-il passé?

A vrai dire, j’avais d’abord choisi Johanne James mais lorsque je lui ai demandé juste après la tournée si ça l’intéresserait de faire partie du groupe, il a décliné mon offre en disant qu’il était trop occupé et qu’il n’aurait pas le temps. L’année suivante, Deadsoul Tribe faisait la première partie de Rage et je suis devenu un vrai fan de Mike Terrana. J’admirais vraiment sa façon de jouer alors je lui ai demandé et il a accepté. Ainsi, pendant les trois années qui ont suivi, alors que le groupe n’était encore qu’une sorte de concept et non une réalité, Mike Terrana était notre batteur. Cependant, lorsque le groupe a commencé à se trouver une place dans le monde réel et que cette réalité devenait un peu trop réelle, je me suis rendu compte de ce qu’allaient être les honoraires de Mike Terrana… (Rires) C’était vraiment trop ! Je ne voulais pas payer autant et j’étais très préoccupé car on le retrouve sur à peu près tous les autres albums de la scène metal. Il est, au sens littéral, un musicien professionnel. C’est ainsi qu’il gagne sa vie. Il passe son temps à enchaîner les groupes les uns après les autres. Il prend très cher pour ce qu’il fait et il va sans aucun doute là où se trouve l’argent. Je ne peux pas garantir que ce sera avec moi, tout particulièrement lorsque cela concerne les concerts. Sachant qu’il joue avec Tarja, Masterplan et des tas d’autres groupes, il n’aurait certainement pas le temps de partir en tournée avec The Shadow Theory, surtout lorsque nous essayons de trouver un moyen de grimper dans ce business incertain. J’étais plus intéressé pour trouver quelqu’un qui serait plus comme un vrai membre du groupe. Alors ensuite j’ai demandé à Edward (Warby) de Gorefest. Il a accepté la proposition de faire un album mais il ne pouvait pas s’engager pour une tournée. A ce moment-là, mon bassiste Kris (Gildenlöw) m’a suggéré : « Hey pourquoi ne demandes-tu pas à Johanne James? J’ai toujours voulu faire un album avec lui ! » Je lui ai expliqué qu’il y a deux ou trois ans de cela, il avait déjà refusé ma proposition. J’ai également essayé de négocier avec le label pour qu’ils augmentent le budget afin de pouvoir éventuellement s’offrir Mike Terrana – sûrement avant que je ne contacte Edward – et là Thomas Waber (directeur du label Inside Out) m’a dit : « Hey pourquoi tu ne demandes pas à Johanne James? » (Rires) Et là je me suis dit : « OK, ça doit être une sorte de présage, peut-être que je devrais le recontacter ». De l’eau avait coulé sous les ponts et je lui ai donc envoyé un mail ainsi que quelques démos. Il a vraiment apprécié la musique et cette fois il m’a répondu que oui, il serait enchanté de participer. Il m’a aussi répondu qu’il était prêt à tourner avec nous et devenir membre du groupe. J’étais aux anges. J’étais vraiment heureux de l’avoir enfin avec nous et je suis vraiment content de la façon dont les choses ont évolué. En effet, quand il était en studio en train d’enregistrer ses pistes… Tu sais, j’avais oublié à quel point j’aimais son jeu avant de l’avoir ici en train d’enregistrer. J’étais tellement époustouflé par ses interprétations, sa concentration et la manière dont il est venu si préparé, sa maîtrise des chansons et à quel point c’était facile de faire les sessions avec lui. J’étais incroyablement fier de l’avoir ! Alors oui, c’est en ayant un gars comme lui, un bassiste comme Kris, un guitariste comme Arne que je me dis que nous aurons probablement beaucoup plus de succès sur la scène progressive qu’avec un groupe comme Deadsoul Tribe.

D’ailleurs, Kristoffer Guildenlöw, fut un temps, jouait avec son frère dans Pain Of Salvation. Cela lui manque-t-il parfois de ne pas jouer avec son frère ?

Je ne sais pas, peut-être, j’imagine… Mais pour être honnête, je crois qu’il en a un peu marre du metal. Je crois que Kris veut suivre sa propre voie et faire des trucs plus mélodiques. J’avais aussi ce genre d’envies, j’aurais aimé faire ça mais, d’une certaine manière, dès que j’ai commencé à jouer de cette musique heavy, elle s’est mise à couler dans mon sang. Mais Kris est aussi un autre professionnel, il joue avec beaucoup de monde. Je pense que ça lui manque de ne plus jouer avec son frère mais je crois qu’il a plus envie de partir à la découverte de ses propres talents. Il fait ses propres compositions, il travaille sur un album solo. Il est vraiment doué ! Il joue vraiment très bien de la guitare acoustique, il fait du piano, c’est un bon chanteur et je pense qu’il a une forte richesse intérieure à exprimer. Je crois qu’il veut probablement explorer un peu cette piste.

Apparemment l’album raconte une histoire d’horreur sur un homme qui passe d’un cauchemar à un autre jusqu’à ce qu’il ne puisse plus distinguer le rêve de la réalité… Quel est donc concrètement l’histoire raconté sur cet album ?

C’est une histoire de fantômes. Le personnage principal est une rock star accro à la drogue, c’est un mec très riche mais qui a, pour faire simple, raté toute sa vie, il a été marié mais n’était jamais là, il se prenait en quelque sorte pour le centre du monde. L’histoire débute avec lui allongé dans sa chambre d’hôtel devant la télé, il a une piqûre d’héroïne dans le bras, il est à moitié conscient. Il fixe une table basse sur laquelle est posé un billet de train, il essaie de se rappeler où est-ce qu’il est censé aller ce matin-là. Il ne parvient pas à se souvenir du lieu mais il sait que c’est important. Puis il passe à autre chose et commence à rêver et petit à petit le rêve se transforme en cauchemar, il se réveille de ce cauchemar et la réalité dans laquelle il se réveille commence en quelque sorte à être altérée en quelque chose qui doit être un autre rêve et ainsi de suite. C’est la première chanson qui se termine avec une alarme de réveil. Ensuite vient le deuxième titre. Il se trouve maintenant à la gare et il repense à ce qui lui est arrivé dans le train, c’est le thème de ce morceau. Il se dit: « en aucun cas cela n’a pu m’arriver, j’ai dû m’endormir, cela devait être un rêve. » Ensuite il monte dans un taxi et le conducteur lui dit qu’il sait déjà où il va, qu’il n’a pas à s’inquiéter, que la course est déjà payée. Il se retourne méchamment l’esprit et à chaque fois que commence une nouvelle chanson, c’est une nouvelle étape de l’histoire qui commence. Et à chaque fois qu’il se trouve dans un nouvel endroit, comme lorsqu’il atteint la maison, il se rend compte que le lieu lui est familier et il a le sentiment qu’il est encore en train de rêver et ça continu encore et encore jusqu’à la dernière chanson où ce qui est en train de lui arriver est dévoilé. Cette chanson se termine sur la sonnerie d’un réveil pour créer l’interrogation finale. Je ne veux pas te donner trop de détails sinon ça serait comme raconter un film en entier mais pour que tu puisses en avoir un léger aperçu, c’est une histoire de fantômes.

C’est ton premier album concept. Pourquoi maintenant ? Pourquoi n’en as-tu jamais composé avant?

Je ne sais pas pourquoi je n’en ai pas écrit un plus tôt. J’imagine que j’ai juste écrit chansons après chansons, je n’ai jamais vraiment pensé à faire un album concept… OK, ce n’est pas vrai. J’avais une idée en tête pour faire un album de ce style, j’avais l’histoire mais cette histoire était tellement longue que je n’ai même pas encore fini de l’écrire. Je l’avais seulement en tête, je savais où je voulais aller. D’ailleurs maintenant mon projet est de me servir de cette histoire pour le prochain album de The Shadow Theory car j’aimerais continuer dans ce genre de « rock cinéma » ou de metal cinématique. Nous aimerions aller quelque part entre la musique metal et la bande originale de film, ça se prête bien au récit d’histoires et on aimerait poursuivre sur cette voie. Mais je l’ai fait maintenant simplement parce que j’en suis à mon onzième album alors je crois que c’était ma façon à moi d’essayer quelque chose de nouveau, tu vois? Par le passé beaucoup de mes chansons étaient philosophiques et au bout d’un moment ça ne semblait être plus que du blabla. J’en ai ras le bol d’entendre mes propres sermons, si tu vois ce que je veux dire. C’était simplement l’occasion de me lancer dans quelque chose que je n’avais encore jamais fait, essayer d’apporter un peu de nouveauté, pour que je puisse entretenir mon intérêt et le défi à relever pour moi est de continuer une histoire d’un titre à l’autre en créant des épisodes, etc. Je n’ai pas commencé cet album avec un concept, d’ailleurs cette expression « album concept » ne me convient pas car il est question d’une histoire et le terme d' »album concept » est pour moi un peu prétentieux. Si l’on prête attention au concept qui se cache derrière ce projet, mon idée était d’écrire des histoires de fantômes et chaque chanson serait une sorte de nouvelle mais ayant pour thème l’histoire d’horreur classique, de la vieille école. Mais peu après, peut-être après quatre ou cinq chansons, j’ai fini par trouver une façon de lier certaines de ces chansons entre elles. Je suis tombé par hasard sur un fil conducteur et, par conséquent, j’ai réécrit complètement certaines paroles de chansons pour avancer dans l’histoire. Alors que j’en étais à la moitié, que je savais quelle histoire j’étais en train de raconter, j’ai sélectionné des chansons pour mettre en avant certains passages de cette histoire. Je n’ai pas commencé cet album avec ce méga projet en tête, je suis plus ou moins tombé dessus par hasard.

« Il est important pour moi que la musique change. Cela vient de l’influence des vieux groupes de rock du passé. Si tu écoutes du Led Zeppelin, leurs albums suivent cette idée : leur musique change, un titre sera du rock lourd, un autre sera plus dans un blues tranquille, une autre aura des sonorités folk. C’est simplement l’univers musical dont je suis issu, j’en fais juste une version plus moderne. »

L’album dans son ensemble est relativement sombre. S’agit-il de l’orientation musicale et de l’identité à laquelle nous devons nous attendre de la part du groupe ou était-ce juste pour être en accord avec l’histoire ?

Eh bien, je crois que cela vient simplement de mes goûts musicaux. Comme je l’ai dit, l’histoire vient en second. La musique est arrivée en premier, les paroles ont été écrites après pour être en phase avec cette musique. Je crois que j’ai toujours eu des goûts musicaux sombres, je ne sais pas si je continuerai à faire de la musique ainsi mais pour l’instant je ne peux pas m’en empêcher. C’est uniquement ce qui me plaît, c’est ce que je suis. Peut-être que je suis une sorte d’Edgar Allan Poe du rock, si tu n’as rien contre cette comparaison. (Rires) J’ai simplement un penchant pour les musiques sombres. En revanche ma personnalité est différente de cela. N’importe qui me connaissant pourrait te dire que j’adore plaisanter, que les films qui me plaisent le plus sont généralement les comédies, je suis quelqu’un de très optimiste. Le fait est que, lorsqu’il s’agît de musique, mes goûts son plus sombres, c’est ce que j’aime.

L’album offre une grande diversité. Il y a des passages très heavy, d’autres sont psychédéliques, un peu symphoniques, certains moments sonnent un peu folk… Est-ce vraiment important pour toi la diversité ? Ou cela est-il le résultat des vastes influences des membres du groupe ?

Les deux. La diversité est assurément intentionnelle car tout au long de ces années, j’ai reçu du groupe environ deux cents chansons parmi lesquelles je devais faire mon choix. J’essayais de faire un certain type d’album qui est en gros cet album très sombre et heavy. Je sélectionnais les titres qui étaient en accord avec ça en me disant : « tiens, je vais prendre celle là qui est rapide, et puis celle là qui est plus lente et heavy, et celle là plus mélodieuse », mais elles gardaient toutes entre elles un point commun. Pour moi, les contrastes sont primordiaux, c’est ce qui fait qu’un album reste intéressant. Il y a une chose que je n’aime pas tellement – et c’est un problème pour beaucoup de groupes – c’est qu’ils ont tendance à n’avoir qu’une seule manière de sonner et ils conservent ça sur l’ensemble de leur album. En fait, c’est comme ça que l’on définit la musique, lorsque tu t’intéresses au black metal ou au death metal ou n’importe quoi d’autre, ces groupes, ces styles de musiques se caractérisent par les rythmes de batterie alors en général ils se limitent à l’usage de ces rythmes sur l’ensemble de l’album mais aussi sur l’ensemble de leur discographie. Selon moi, c’est intéressant pour quelques titres mais au bout du troisième, quatrième voire cinquième cela perd en intérêt. Je suis incapable d’écouter un album entier comme ça. Il est important pour moi que la musique change. Cela vient de l’influence des vieux groupes de rock du passé. Si tu écoutes du Led Zeppelin, leurs albums suivent cette idée : leur musique change, un titre sera du rock lourd, un autre sera plus dans un blues tranquille, une autre aura des sonorités folk. C’est simplement l’univers musical dont je suis issu, j’en fais juste une version plus moderne.

Il y a également sur cet album un grand éventail d’approches sur le plan vocal. On peut entendre des murmures, quelques voix rauques ayant presque des sonorités black metal. Es-tu maintenant impatient d’expérimenter davantage avec ta voix et d’essayer de nouvelles choses ?

Absolument. Mais c’était aussi un moyen pour moi de faire comprendre que ce personnage principal était encerclé par de nombreuses entités, qu’il y a énormément de personnes différentes qui lui parlent, le bousculent, se moquent de lui et essaient de l’entrainer avec eux. C’est pourquoi j’ai ces différentes voix et même différents accents et différentes sortes de contrastes pour donner le sentiment que les choses vont très vite, passant d’un locuteur à un autre avec plein de mouvements en stéréo. Je ne sais pas si je continuerais à faire les choses de cette manière, peut-être que oui, mais il reste encore de nombreuses choses à explorer que je n’ai pas encore eu l’occasion de tester. Des trucs dans le même genre que ce que tu disais, cette espèce de façon un peu black metal de chanter. J’essayais de reproduire quelque chose que j’avais entendu dans ma tête qui avait l’air de correspondre à la musique et j’ai donc dû apprendre à le faire. Une fois que je l’avais, j’en étais très satisfait et j’ai pris goût à ça. Mais encore une fois, tout est question de contrastes, il s’agît de garder les choses en mouvement, de les faire varier, pour que l’intérêt reste entier.

L’album se conclut sur un morceau vraiment remarquable intitulé « A Symphony Of Shadows ». Il dégage une émotion un peu à la Tim Burton. Était-ce intentionnel?

Pas spécialement mais tu es le deuxième journaliste à me parler de Tim Burton. En fait, cela vient de Demi Scott. Il m’a envoyé une centaine de chansons, certaines sonnaient metal, d’autres sonnaient acid jazz, etc. Puis, il m’a envoyé ce CD appelé « Orchestral » et le lien avec le titre « A Symphony Of Shadows » vient de cet album « orchestral » et je lui avais dit : « ce morceau là, si tu prenais des guitares bien metal et que tu les mettais à certains endroits de la partie lourde, en ajoutant de la batterie. Reprends cette chanson et ajoute ce que je viens de te conseiller s’il te plait ! » Je lui ai montré ce que j’avais en tête et lorsqu’il m’a renvoyé cette chanson, c’était grosso modo ce qu’il y a sur l’album sans les parties de chant. Ce titre était aussi à la base beaucoup plus long, je me disais que ça serait LE titre de l’album ! J’ai seulement coupé certains passages que je trouvais un peu trop lent. J’ai réduit le morceau à une longueur plus raisonnable passant d’environ onze minutes à sept. Je trouvais que cela faisait penser à l’album de Queen, A Night At The Opera, contenant le titre “Bohemian Rhapsody ». Je pensais plus à Queen qu’à Tim Burton. (Rires) Mais il y a aussi beaucoup de contrastes créés par mes façons de chanter, notamment lorsque je fais ce genre de… Je ne sais pas si c’est vraiment du black metal mais je pense qu’on peut qualifier ça ainsi pour ce genre de chant vraiment grave. Et comme je le disais, c’est la fin de l’histoire où il est entouré par toutes ces personnes dans une maison. Elles sont toutes plus ou moins en train de chanter, de le rendre coupable de sa vie et de lui montrer ce qui lui est arrivé et lui dire ce qui est en train de lui arriver. C’est donc plein de monde chantant en même temps alors c’était naturellement le bon moyen de rendre cet effet grâce à ces multiples voix et ces arrangements complexes.

(A propos de Psychotic Waltz) « Nous étions au milieu des années 1980 lorsque le metal était en quelques sortes considéré comme la musique pop de l’époque. Il y avait Judas Priest, ensuite est venu Iron Maiden, puis Queensrÿche et je me disais que Psychotic Waltz serait le palier suivant. La dure réalité est qu’il n’y a jamais eu de palier suivant. »

En fait The Shadow Theory est plus proche de ce que tu faisais avec Psychotic Waltz que ne l’a jamais été Deadsoul Tribe. Lorsque tu as fondé le groupe, était-ce pour toi d’une manière ou d’une autre un nouveau Psychotic Waltz, puisque principalement à l’époque tu n’arrivais pas à réunir le groupe?

Dans un sens c’est possible. Je ne sais pas si j’essayais de créer un nouveau Psychotic Waltz mais je voulais certainement plaire à ce type de public. J’ai perdu à peu près la moitié de mes fans en faisant Deadsoul Tribe. Il est honnête de dire que j’en ai eu de nouveaux mais beaucoup sont partis car les éléments plus complexes, pas seulement dans la musique mais aussi dans la façon de chanter, leur manquaient. Je crois que ce côté Psychotic Waltz vient du fait que Demi et Arne étaient de grands fans de Psychotic Waltz. Demi m’avait demandé si j’envisageais de chanter un peu plus comme avant. Je crois que j’ai essayé de chanter un peu plus comme ça uniquement pour faire sourire Demi, tu vois. (Rires) Je voulais seulement qu’il soit satisfait au moment où il écouterait ce que j’avais fait avec les titres. J’ai en quelque sorte déterrer certains de mes vieux savoir-faire. Si ça n’était pas un effort pleinement assumé de dresser un parallèle avec Psychotic Waltz, c’était sûrement un effort timide. Mais, pour moi, une bonne partie de cette musique me fait plus penser à King Diamond qu’à Psychotic Waltz, pas tout mais une bonne partie.

Tu as récemment annoncé la réunion de Psychotic Waltz. Mais, en réalité, au mois de novembre 2009, tu prétendais dans une interview qu’il faudrait un miracle pour que cela se produise. Alors on dirait qu’après tout les miracles existent !

Oh merci ! Merci ! Merci ! Mon bon ami, tu es la première personne qui me cite correctement. Tout le monde me raconte que j’avais dit que ça n’arriverait jamais ou que c’était impossible. Non ! J’ai dit qu’il faudrait un miracle et je suppose que les miracles sont possibles. (Rires)

Tu as également confié dans cette interview que tu n’avais jamais cessé de faire en sorte que cette réunion se produise. Que l’on t’avait même proposé jusqu’à vingt mille euros pour un concert unique. Pourquoi étaient-ils aussi réticents à l’idée de reformer le groupe?

Tu sais, quand j’ai quitté le groupe j’étais un peu amer surtout après Dan. Vers la fin, Dan et moi ne pouvions simplement plus nous entendre. Cela devenait impossible à vivre. Il y avait plein de raisons à cela mais je me suis déjà exprimé sur le sujet, je n’ai pas envie de revenir là-dessus. Nous avions des différends et pourtant, ironiquement, c’est lui que j’ai contacté en premier pour se reformer. La première fois que l’on m’a proposé une somme non-négligeable pour faire un concert, je me dis que si j’avais commencé par en parler avec Norm, ça aurait bien plus favorisé la réalisation d’une réunion. Mais Dan a balayé ça au loin et il ne voulait même pas que les gars soient au courant. Il n’était simplement pas prêt et il savait que si Norm était au courant, il passerait ses journées et ses nuits au téléphone pour le pousser à le faire et Dan ne voulait pas avoir à vivre avec ça. Mais je savais que Dan serait le membre le plus difficile à convaincre. C’est pour cette raison que c’était le seul et unique membre que j’irais contacter. Ce qui m’a poussé à le faire c’est simplement que, au moment où nous nous sommes séparés, nous étions aussi vraiment déçus de ne pas être devenus riches et célèbres, de ne pas se déplacer en limousine et être les grandes rock stars que nous pensions devenir. Lorsque que le groupe s’est formé, le plus jeune avait seize ans et moi j’étais l’aîné, j’avais dix-neuf ans (rires) alors j’imagine que nous avions des espérances plutôt irréalistes. Il faut dire que nous étions au milieu des années 1980 lorsque, comme je l’ai dit précédemment, le metal était en quelques sortes considéré comme la musique pop de l’époque. Lorsque j’affirme que « je l’ai dit précédemment », il faut que tu saches que j’ai eu deux autres interviews avant celle-ci, donc il se peut que je ne t’ai pas encore dit ça ! J’ai tendance à oublier à qui je dis quoi ! (Grand rire) Mais le metal était l’une des premières formes de musique pop, tu sais. Ozzy Osbourne et Iron Maiden remplissaient des stades à travers le monde. J’étais alors convaincu que ce groupe serait l’étape suivante. Il y avait Judas Priest, ensuite est venu Iron Maiden, puis Queensrÿche et je me disais que Psychotic Waltz serait le palier suivant. La dure réalité est qu’il n’y a jamais eu de palier suivant. Le metal en tant que musique pop s’est éteint et a été remplacé par le grunge et ensuite par… Peu importe quoi. Une quantité de formes musicales sont apparues et ont disparu depuis lors et nous n’avons jamais vraiment eu l’occasion de saisir notre chance. Alors nous, nous voyions ça comme un échec. Nous étions vraiment frustrés. Peut-être que le fait de partir pour créer Deadsoul Tribe était ma façon de me réconcilier avec cette idée, de faire quelque chose de différent pour voir s’il y avait de bonnes choses à essayer ailleurs. C’est au cours de mon expérience avec Deadsoul Tribe que je me suis vraiment rendu compte à quel point Psychotic Waltz comptait pour les gens. C’est comme ça que j’ai pu constater que la valeur de ce groupe ne cessait de grandir encore et encore. Lorsque je travaillais sur un des albums de Deadsoul Tribe, j’ai eu une proposition pour un concert de Psychotic Waltz dans un festival, on nous offrait cinq mille euros, ce qui n’était vraiment pas mal, on n’avait jamais atteint une telle somme avant. Mais bien évidemment j’ai tout de suite décliné leur offre car je n’avais pas l’envie de reprendre Psychotic Waltz à cette époque. Puis une autre offre est venue, celle-là s’élevait à quinze mille euros. J’en ai parlé à Dan, il m’a dit que ça ne valait pas le coup de se donner autant de mal pour un seul concert mais ensuite l’offre est montée à vingt mille euros ! J’étais impressionné de voir combien la valeur n’arrêtait pas d’augmenter ! C’est vraiment très inhabituel pour un groupe qui n’a jamais vraiment été célèbre d’avoir une telle longévité. Cela faisait peut-être dix ou quinze ans et nos albums étaient toujours édités. Nous avions encore nos fans dont certains s’étaient fait tatouer la pochette du premier album sur le bras. C’est à ce moment là que j’ai réalisé que ce groupe voulait vraiment dire quelque chose pour les gens. C’est à ce moment là que j’ai réalisé que nous n’avions peut-être jamais été aussi célèbres que nous l’espérions mais nous avions assurément atteint quelque chose et c’était quelque chose de vraiment unique et spécial. J’ai commencé à vouloir honorer cela, faire de nouveau partie de cette aventure et revenir tous ensemble et, plutôt que d’être déçu de ce que nous n’avions pas, apprécier ce que nous avions parce que nous étions véritablement face à un phénomène inhabituel.

« Je flippe à mort car le monde a changé. Il se pourrait que la majorité de nos fans soient morts à l’heure actuelle ! Diable, je n’en sais rien ! Je n’ai pas la moindre idée de ce qui nous attend là dehors ! »

Pour cette reformation Steve Cox était annoncé dans le line-up à la place de Dan Rock. Mais ensuite Dan est revenu. Penses-tu que l’absence de Dan aurait été ressentie ?

Je pense que ça aurait été désastreux sans Dan ! Mais Dan est de retour ! Maintenant, je peux dormir tranquille, je peux m’attendre à une vraie musique de qualité de la part de ces mecs-là. Le fait est que lorsque j’ai quitté le groupe en 1997, Dan et Steve Cox écrivaient de la musique ensemble et c’était la première fois depuis que j’étais dans ce groupe que la musique ne m’impressionnait pas vraiment. Cela n’avait rien avoir avec Steve car Steve est probablement un meilleur guitariste que Dan ou Brian. Il écrit des compositions incroyables de lui-même mais cela avait plus un lien avec l’alchimie qui existe entre Dan et Brian, c’est seulement comme ça que la magie se produit. J’ai constaté ça à nouveau lorsqu’ils se sont reformés avec Steve. Ils m’ont envoyé certaines musiques, c’était en gros des compositions de Brian et Steve qui jouait et encore une fois, c’était la même chose : c’était bien mais tu vois, ça ne me suppliait pas de reprendre le micro. Au tout début, le sentiment que j’avais lorsqu’ils me présentaient un nouveau morceau ressemblait plus à « oh mon dieu ! Filez-moi un enregistrement de ce truc ! Il faut que j’écrive là-dessus ! » Je ne pouvais simplement pas attendre ! Et après la plupart du temps lorsque je recevais des compositions réalisées par Brian et Steve, je pouvais attendre. (Rires) Il y avait beaucoup de bons riffs et de bonnes idées dans ce qu’ils ont fait mais tu vois, ça manquait de quelque chose et c’est ce quelque chose que tu peux seulement obtenir quand Danny et Brian travaillent ensemble. C’est vraiment ce que je ressens. Alors j’ai supplié Dan lui disant : « il faut que tu reviennes ! Car je ne crois pas que ça pourra marcher sans toi ! » Je pense qu’il était heureux d’entendre ça et je crois que secrètement Brian le savait aussi, il ne voulait simplement pas le dire à Steve car c’est quelqu’un qu’il apprécie beaucoup, tout le monde dans le groupe aime Steve. N’importe qui aimerait avoir Steve dans un groupe. C’est un musicien excellent, un très grand artiste, avec une super attitude, c’est quelqu’un de très agréable, le plus travailleur d’entre nous, alors tu ne peux pas avoir de raison valable pour le mettre de côté. Cependant, au fond de son cœur, Brian voulait voir Dan revenir mais ne voulait pas faire d’histoires et ne voulait même pas dire quoi que ce soit. Lorsque je lui ai demandé : « Brian, qu’est-ce que tu en penses ? », il m’a répondu ; « eh bien, mon premier choix, c’est Dan ». Quand Dan a entendu parler de ce Power Metal Tour, en comparaison de ce qu’on nous a proposé auparavant, ça ne représente pas beaucoup d’argent, malheureusement, mais il trouvait que c’était la parfaite opportunité. La longueur du set est raisonnable: quarante cinq minutes. Ça n’est pas un set de tête d’affiche qui dure deux heures trente. Dan n’a pas retouché une guitare en six ans, il a oublié comment jouer tout ces titres. Il faut qu’il réapprenne tout et ça n’est pas une tâche facile à accomplir. C’est la raison pour laquelle il disait qu’un seul concert était loin d’être rentable comparé à tout le boulot que cela demandait. Je lui ai dit qu’il ne s’agissait pas que d’un seul concert, c’était seulement une offre mais que, s’il y avait celle-là, d’autres suivraient. Il n’était pas non plus prêt à cause de raisons personnelles mais lorsque cette proposition pour le Power Metal Tour est arrivée il m’a dit : « mec, c’est exactement le genre d’événements que j’attendais, j’adorerais y participer » et alors je l’ai dit à Brian et Brian était très content : il voulait que Dan revienne, Dan voulait revenir, je voulais que Dan revienne… Mais nous avions encore le cas de l’éviction de Steve à régler car Ward et Norm adoraient ce gars et en réalité ils ne voulaient pas voir Dan revenir vu combien ils appréciaient Steve. (rires) J’ai simplement usé un peu de ma magie, je suppose que je sais y faire avec les mots. Ils ont fini par être d’accord et maintenant Dan est de retour et la musique qu’ils m’avaient présentée est repartie sur la planche à dessins pour être revue. Ça va être de nouveau Dan et Brian et j’attends avec impatience de voir ce qu’ils vont apporter.

Vas-tu reprendre le pseudonyme de Buddy Lackey?

Non, non, je pense que je vais garder Devon Graves. Mais, tu sais, Buddy Lackey est mon véritable nom ! L’unique raison pour laquelle j’avais gardé ce nom c’est parce que je n’arrivais pas à trouver quelque chose d’autre ! Même mon propre père – j’ai eu ce prénom après mon père, je suis Buddy Lackey Junior – Buddy Lackey Senior m’a dit: « fils, il faut que tu change de nom ! (rires) Tu imagines un peu… Il était aussi chanteur, il a aussi pris un nom de scène et m’a conseillé de faire de même mais il n’y avait rien qui me venait. Alors, malheureusement, j’ai conservé un nom que je détestais, j’ai toujours détesté ce nom “Buddy”. Si j’avais été comédien, ça passerait, si j’avais été un guitariste de blues ce nom aurait pu convenir. C’est juste qu’il ne m’allait pas vraiment et dès que quelqu’un m’appelle Buddy je n’aime pas ça. Donc, lorsque j’ai créé Deadsoul Tribe, j’ai décidé de changer mon nom pour Devon Graves et je n’ai jamais regardé en arrière. Aujourd’hui, tous mes amis, ma famille, mon père m’appellent Devon. Je ne pourrais simplement pas reprendre Buddy pour une simple question d’orgueil, alors je vais simplement garder « Devon Graves ».

C’est amusant car tout le monde est persuadé que Buddy Lackey est un pseudonyme et que Devon Graves est ton véritablement nom…

(Rires) Si seulement ça pouvait être vrai… Bien que je n’aurais jamais choisi intentionnellement Buddy Lackey.

Psychotic Waltz a produit quatre albums très différents. Le groupe semblait à chaque fois explorer de nouveaux territoires musicaux. Est-ce aussi ce à quoi nous devons nous attendre pour le prochain album, quelque chose que le groupe ne nous a pas encore fait écouter?

Je l’espère bien évidemment mais je ne sais pas à quoi m’attendre, je n’en ai pas la moindre idée. Nous souhaitons en revanche garder l’ancienne formule telle qu’elle était, avec Dan et Brian composant la base de la musique et ensuite j’apporterai un ou deux titres de ma composition comme j’ai pu le faire avec « I Remember » ou « My Grave ». Aujourd’hui j’ai commencé à écrire une chanson pour Psychotic Waltz qui sera dans cette tradition, à la guitare acoustique. Même moi je ne sais pas exactement ce qu’on peut attendre de cette chanson. Je l’aime beaucoup et je crois qu’elle collerait bien. En parallèle, je n’ai pas la moindre idée de ce que ces gars me réservent à vrai dire et c’est ce qui rend la situation si excitante pour moi.

Pour finir, es-tu confiant quant à ce nouveau chapitre avec Psychotic Waltz?

Non, pas du tout ! Être confiant serait vraiment le mauvais terme. Je flippe à mort car le monde a changé. Il se pourrait que la majorité de nos fans soient morts à l’heure actuelle ! Diable, je n’en sais rien ! Je n’ai pas la moindre idée de ce qui nous attend là dehors ! Mais ce que je peux te dire c’est que nous avons déjà commencé à répéter notre set, notre set pour la tournée est déjà prêt. J’ai répété ces titres presque tous les jours et je suis retombé amoureux de cette musique. Je suis tellement impatient de revoir ces gars, de rejouer avec eux, de réinterpréter cette musique. Je ne peux tout simplement pas attendre !

Interview réalisée par phoner le 18 novembre 2010

Traduction : Isa

Site Internet THE SHADOW THEORY : http://www.the-shadow-theory.com/
Site Internet PSYCHOTIC WALTZ: http://www.psychoticwaltz.com/
Site Internet DEADSOUL TRIBE: http://www.deadsoultribe.com/



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  • Rare honnêteté de la part de Devon Graves. Il faut en avoir des couilles pour braver la peur de passer pour un con et avouer qu’il pensait que son groupe serait une révolution dans le monde de la musique et qu’il s’est planté. Tout comme parler de ses peurs. Incroyable ce passage où il dit « Non, pas du tout ! Être confiant serait vraiment le mauvais terme. Je flippe à mort car le monde a changé. Il se pourrait que la majorité de nos fans soient morts à l’heure actuelle ! Diable, je n’en sais rien ! »

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