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Interview   

L’émancipation réussie de BlackRain


BlackRain 2015 by Dean Karr

Trois ans après It Begins, BlackRain est de retour avec Released sorti le mois dernier via UDR Music. Un disque avec lequel le groupe s’est libéré et beaucoup investi, aussi bien constitué de ruptures que de continuités. Car si l’histoire récente du groupe a été marquée par un changement de label et de management, BlackRain a choisi d’aller de l’avant en continuant sa collaboration avec le célèbre producteur Jack Douglas qui avait déjà apporté sa pierre à l’édifice sur It Begins. Enregistré pour une large part à Los Angeles – véritable terre du hard/glam et autres joyeusetés manucurées – ce Released propose à l’auditeur un patchwork d’influences indéniables mais dont le groupe français parvient tout de même à s’extirper pour laisser libre court à sa personnalité musicale. Cette dernière étant composée de multiples facettes.

Nous avons eu l’occasion d’en discuter longuement en direct sur notre antenne avec le chanteur Swan, évoquant les changements, l’actualité bouillonnante du groupe en pleine conquête de l’international, l’escapade américaine pour aller travailler avec Jack Douglas, la campagne Pledge, etc. Nous vous proposons ci-après la transcription de nos échanges.

BlackRain 2015 by Dean Karr

« Pour un groupe français comme le nôtre […] par rapport à la culture et la mentalité françaises, il valait mieux qu’on parte à l’étranger pendant quelques années, faire nos preuves là-bas, aux States ou n’importe où on aurait plus de chance qu’ici, et revenir ensuite. »

Radio Metal : Salut Swan, comment vas-tu ?

Swan Hellion (chant/guitare) : Super cool ! Un peu fatigué parce qu’on rentre d’Angleterre mais ça va !

Effectivement, vous avez fait une belle série de dates là-bas…

Oui, on a fait une petite semaine. C’était très sympa mais c’est vrai que, comme on est en pleine promotion, on est un peu occupé et on accuse un peu le coup de la fatigue. Mais ça va ! La patate quand même !

Et du coup, comment avez-vous été accueillis ?

Eh bien, écoute, c’était super positif. On a commencé avec le festival Hard Rock Hell, au Pays de Galles. En fait, c’était la première fois qu’on s’y produisait, il y avait vraiment beaucoup de monde, beaucoup de groupes. L’endroit était sympa, c’était en quelque sorte un parc, c’était donc vraiment original. On a ensuite continué à travers l’Angleterre. Les dates de début de semaine on été un peu calmes mais ensuite, le mercredi il y a vraiment eu du monde, dont beaucoup qui nous ont découverts. C’était très positif. On a vendu beaucoup de CDs, beaucoup de monde l’a commandé, à vrai dire. Donc on est très content de la réponse et de tout ce qui s’est passé. Et puis ça nous a aussi permis de rencontrer des personnes du label avec qui on vient de signer et passer du temps avec eux. Donc on est vraiment contents de notre semaine.

Vous avez joué des nouveaux morceaux ?

Ouais. En fait, on avait commencé à jouer quelques nouveaux morceaux déjà lorsqu’on avait fait quelques dates en club en France en novembre. Donc on a continué et on en a joué un peu plus cette fois. Ça marche très bien, donc on est super contents ! C’est sûr qu’on va en apprendre d’autres pour de prochaines dates et voir comment le public réagit. En tout cas c’était aussi très positif, les gens ont beaucoup aimé.

Tu parlais de rencontrer en Angleterre des personnes du label avec qui vous venez de signer (UDR). Est-ce que justement aujourd’hui la conquête de l’international est la priorité pour vous ?

C’est complètement la priorité. C’est ce qu’on aurait souhaité déjà pour l’album précédent mais qui ne s’était pas passé, malheureusement. C’est d’ailleurs en partie ce que symbolise le titre de l’album Released : on se libère, on se sentait un peu prisonnier de la France et là on est vraiment heureux de voir que les portes s’ouvrent et qu’on arrive enfin à s’exporter. Là, vraiment, cette petite tournée a été la confirmation de ce à quoi on s’attendait, le fait que le public ait vraiment bien réagit et donc qu’il y a vraiment une place pour nous ailleurs.

Comment ça se fait que cette conquête de l’international ne s’était pas faite pour l’album précédent malgré les moyens que vous y aviez investis ?

Je n’ai pas vraiment de réponse à ça. C’est vrai qu’on était content de signer avec un label comme Sony, malheureusement ce n’était que Sony France. Le CD était supposé sortir à l’étranger mais ça ne s’est pas passé. Je t’avoue honnêtement qu’on n’a jamais vraiment su pourquoi. Il faut aussi savoir qu’on n’était jamais vraiment en contact direct avec eux. Mais on ne sait vraiment pas pourquoi l’album n’est pas sorti à l’étranger, compte tenu de ce qui était prévu au départ.

Est-ce que ça signifie qu’aujourd’hui vous avez une meilleure prise en main de l’aspect business ?

Oui et non parce qu’on est toujours entouré mais en tout cas, on a beaucoup plus la main mise sur tout ce qui se passe au niveau du groupe. Notamment parce que finalement, on était à un moment contraint de changer d’entourage, de management, et du coup on s’est retrouvé à reprendre les rênes en main, ce qui s’est révélé être assez stressant au départ mais ensuite quelque chose d’encore très positif pour le groupe. Donc oui, maintenant, il y a moins d’intermédiaires et on est plus au courant de ce qui se passe directement avec le groupe, entre le groupe, le label, le management, etc.

Est-ce que selon toi, un groupe français est un peu obligé de compter sur l’international pour faire décoller sa carrière ?

Je pense que pour un groupe comme nous c’est indispensable. Maintenant, on est un exemple un peu spécial du fait qu’on chante en anglais, probablement, et par rapport au style qu’on fait aussi, tout simplement. Je pense que ce n’est pas forcément indispensable pour d’autres formations comme, j’allais dire Trust mais ce n’est plus un exemple pertinent, mais je peux citer Mass Hysteria par exemple. Je pense qu’eux peuvent y arriver, même si c’est quand même très dur. Je pense qu’ils ont quand même une chance de pouvoir vivre de la musique, même si… Enfin, non [petits rires], je pense quasiment que c’est indispensable de percer à l’étranger si tu veux vivre de ta musique aujourd’hui en étant Français.

Je posais cette question parce qu’on a des exemples avec nos groupes français rock et metal qui ont fonctionné : Gojira, d’une part, qui a explosé à l’internationale avant d’avoir une vraie notoriété en France et dans un autre genre très différent, Shaka Ponk qui s’est expatrié en Allemagne et qui sont revenus en France une fois qu’ils ont eu du succès…

Ça c’est vraiment l’exemple typique. Nous, on a commencé comme ça aussi, après on s’est concentré sur la France, en espérant faire vraiment quelque chose de concret ici. On a fait tout ce qu’on a pu ; on a quand même fait beaucoup de choses, on a été jusqu’à passer à la télé, quand même. On a gagné énormément de fans, on a gagné énormément en visibilité mais c’est vrai qu’au final, ce n’est pas ça qui a fait la grosse différence et qui a été un déclic pour nous envoyer sur l’engrenage du dessus. C’est une réalité, des professionnels nous l’on conseillé : pour un groupe français comme le nôtre, de toute manière, par rapport à la culture et la mentalité françaises, il valait mieux qu’on parte à l’étranger pendant quelques années, faire nos preuves là-bas, aux States ou n’importe où on aurait plus de chance qu’ici, et revenir ensuite. Parce que dans les yeux et la tête des gens, ici en France, on serait mieux accepté et on aurait plus de chance de passer à l’engrenage du dessus en France. C’est un peu triste quelque part mais c’est une réalité et c’est comme ça.

Tu mentionnais les passages à la télé. Ça n’a pas eu les résultats escomptés au départ ?

Je t’avoue qu’à l’origine on ne savait pas trop à quoi s’attendre parce que quand on y a été, on ne s’attendait même pas à faire plus d’un passage. Après, ça a été tout bénéf et on ne regrette rien. Si c’était à refaire, on le referait à l’identique. Ça nous a quand même permis de signer avec Sony parce que c’était l’argument définitif pour que la direction nous signe. Après, au-delà de ça, ce qu’on en a vu, c’est que ça nous a ramené dix fois plus de « likes » sur les réseaux sociaux, donc une grosse promotion et visibilité, mais en termes de vente d’albums et de places de concerts, je ne pense pas que ça a fait une énorme différence par rapport à ce qu’on faisait avant.

Du coup, vous n’êtes plus chez Sony aujourd’hui…

Non, on n’est plus chez Sony, on a signé chez UDR. C’est vrai que ça n’avait pas très bien fonctionné et il y avait le fait qu’on n’était sorti qu’en France alors que ce n’était pas ce qu’on recherchait. Et puis à un moment donné on s’est séparé de notre management et on a tout repris depuis le départ à tout point de vue. Je pense de toute manière que Sony n’était plus intéressé pour bosser avec nous parce qu’un groupe comme nous, ça ne vendait pas assez par rapport aux vieilles pointures dont ils s’occupent, qui fonctionnent déjà et qui rapportent beaucoup d’argent. De toute manière ça ne marchait pas comme nous on le voulait, ça ne marchait pas comme eux ils le voulaient, donc c’était inévitable. Je pense que c’était mieux pour tout le monde et qu’à la fin, tout le monde était content. Ça a été assez facile de partir de chez Sony. Je sais qu’on a eu de mauvaises expériences par le passé et c’était assez agréable de pouvoir se défaire de ce contrat aussi facilement. Donc oui, aujourd’hui, on a autre chose. On a fait un nouvel album et on a pris notre temps pour démarcher de nouvelles signatures. Aujourd’hui, on se retrouve avec UDR qui nous propose des choses formidables. On est super contents !

BlackRain 2015 by Dean Karr

« De toute manière que Sony n’était plus intéressé pour bosser avec nous parce qu’un groupe comme nous, ça ne vendait pas assez par rapport aux vieilles pointures dont ils s’occupent. »

Tu disais que Released, c’est en référence à cette libération, le fait que vous avez l’occasion de vous exporter hors de France, et puis il y aussi tous ces changements que vous avez eu, la maison de disque notamment, mais aussi du management. Pourquoi avoir voulu changer de management d’un seul coup ?

C’est une question sur laquelle je vais essayer de ne pas trop donner de détails parce que ce n’est… Ce n’est pas ce qu’on veut mais disons que ce n’était pas forcément notre choix au départ. C’est la même chose qu’avec Sony : les choses n’avançaient plus comme on voulait, que ce soit par rapport au management ou par rapport à nous. Et je pense que ça devenait assez pesant pour tout le monde et qu’à la fin il était préférable de cesser de travailler ensemble et aller autre part. De toute manière, il me semble que c’est quelque chose d’assez commun dans la vie d’un groupe.

Je te posais cette question parce que vous aviez un manager assez connu dans le milieu et qui semblait beaucoup vous soutenir. Et cette séparation entre lui et Blackrain a surpris pas mal de monde.

C’est vrai que les médias nous posent beaucoup la question et j’essaie toujours d’éviter au maximum le sujet, pour la simple raison que le peu qui a déjà été dit, ça a été un peu comme mettre de l’huile sur le feu pour nous. Donc on préfère éviter. Je suis complètement conscient que si on me pose la question, c’est parce que cette personne se mettait beaucoup en avant, donc les gens ont envie de savoir, ce que je comprends. Le fait est que je préfère éviter le sujet aujourd’hui. C’est vrai que c’est nous qui avons voulu travailler avec ce management au début, c’était très bien, ça nous a amené beaucoup de choses. Moi, personnellement, j’ai même beaucoup appris au niveau de la musique, on a tous évolué dans la bonne direction par rapport à ça. Après, le fait est qu’à un moment ça a moins bien fonctionné et ça nous a conduits à nous séparer. Comme je te l’ai dit avant, c’est quelque chose de très commun dans la vie de n’importe quel groupe. Donc voilà, maintenant, c’est du passé, on est tout à fait satisfaits de la manière dont ça se passe aujourd’hui. Je pense qu’il n’y a aucun regret de la part de quiconque, que ce soit au niveau de ce management ou à notre niveau.

Un autre changement auquel peu faire référence ce titre Released, c’est même vous qui en parliez, c’est le fait que vous avez voulu vous éloigner de l’image glam rock. Pourquoi ?

Ce n’est pas vraiment qu’on a voulu s’éloigner de cette image. C’est qu’il y a un moment, justement dans le cours de la vie du groupe, où l’image a été un peu trop loin… Moi personnellement, je n’étais pas d’accord avec la direction que ça prenait. Je pense que ça a été trop exagéré, on va dire, et moi je préférais l’image qu’on avait au départ, un peu plus classique, un peu moins extravagante. Là, avec tous ces changements, avec tout ce qui s’est passé, c’était l’occasion de vraiment tout reprendre en main : la musique, la direction, ce qu’on voulait faire, aller à l’étranger ou pas, de quelle façon on voulait faire ci ou ça, et l’image faisait aussi partie de ça. Après, si tu regardes vraiment l’image du groupe, je t’avoue que je ne pense pas depuis le départ avoir vraiment changé de style. Après, avec tous ces changements, chacun a fait vraiment ce qu’il voulait. En fait, chacun s’est fringué comme il le sentait. Finalement, les autres, le bassiste, le batteur et le guitariste – Matt, Frank et Max – ont fait ce qu’ils voulaient et c’est vrai qu’au final, il y a eu un grand changement entre l’album précédent et celui-ci. En plus, je t’avoue que l’image qu’on avait sur It Begins, ça nous a posé quelques freins. Il y avait des labels qui nous ont envoyé des réponses comme quoi Mötley Crüe, on les a déjà, on n’en veut pas deux. Ça a été une motivation pour nous, pour changer un peu et retourner à des choses qui nous plaisaient plus.

Est-ce que ça veut dire que vous n’aviez pas forcément la main là-dessus, sur votre image, auparavant ?

Il y a un moment où on était influencés, ouais. Oui, complètement, même si on l‘a fait consciemment. Ce n’est pas comme si on nous avait forcés à le faire. Il ne faut pas non plus exagérer là-dessus. Mais c’est vrai qu’à un moment, quand vous êtes entourés et qu’il y a plein de monde qui vous donne des conseils, on essaie de suivre les conseils de tout le monde et de faire au mieux, parce que tout le monde veut avancer. Donc des fois, on met nos envies de côté et on se dit que peut-être cette personne-là a plus raison que moi, donc on va essayer ça au lieu de faire exactement comme on l’aurait entendu. C’est simplement ce genre de choses, je pense.

Une chose en revanche n’a pas changé entre l’album précédent et celui-ci, c’est que vous avez à nouveau fait appel à Jack Douglas pour la production, et j’ai l’impression que c’est une collaboration assez fructueuse car elle a évoluée. Est-ce que tu peux nous en parler ?

Disons qu’il y a une évolution très simple, c’est qu’on a contacté Jack parce que c’est quelqu’un de très cool, très simple, c’est très facile de travailler avec lui et on se sentait bien avec lui. Comme on était un peu perdu, on ne savait pas trop où aller, on lui a demandé ce qu’il en pensait, si ça l’intéressait. Lui, il était au top, par contre, par rapport à l’album précédent, il y avait des choses qui nous déplaisaient, notamment du fait qu’on n’avait pas pu suivre le mixage jusqu’à la fin, par exemple. On avait enregistré tout l’album à Paris, Jack avait pris les bandes et était parti aux Etats-Unis. Donc on n’avait pas eu… Tu sais le travail à distance, comme ça, je pense que, définitivement, ce n’est pas bien. Le problème, c’est qu’à la fin, lorsque tu reçois le produit fini, tu n’es jamais totalement satisfait. Donc là, on a discuté avec Jack et on lui a dit que nous, ce qui nous intéressait, c’était de vraiment suivre le processus jusqu’à la fin et d’être là à les faire chier… Enfin, d’être là au mixage à leur casser les couilles et c’est comme ça qu’on voulait travailler. Lui, ça ne lui a pas posé de problème, donc c’est la manière dont on a fonctionné. A partir du moment où il nous a donné son feu vert, on est parti à Los Angeles et on a fait ce qu’on avait à faire. Moi, je suis resté tout le temps des sessions de mixage jusqu’à la fin. En tout cas, nous quatre, on est très content du résultat. Je pense que la production est l’une des meilleures qu’on n’ait jamais eus dans Blackrain. On est très contents de ce qu’on a fait.

Ça a l’air assez simple comme tu en parles mais dans ma tête, un producteur comme Jack Douglas doit être beaucoup demandé et ne doit pas avoir beaucoup de disponibilité. Comment ça se passe à ce niveau-là ?

De toute manière, Jack, on a eu la chance de l’avoir par rapport à notre management précédent, parce que c’est eux qui avaient travaillé avec lui et qui nous l’avait présenté. Après, je t’avoue qu’on ne connaissait même pas Jack Douglas à l’époque. Nous, les producteurs et ce genre de choses, on n’en avait jamais entendu parler, on ne savait pas ce que c’était ! Ça c’est l’expérience, tu apprends, tu vois ce que c’est, ce qu’il fait, ce qu’il a fait, quelle est sa place au studio. C’est vrai que c’est quelque chose de très intéressant. C’est un regard extérieur qui amène beaucoup à un groupe sur un CD. Après, le problème, c’est que Jack Douglas, il est cher et ce n’est pas parce que tu as des ronds qu’il va accepter de travailler avec toi. Le premier truc à faire, c’est de lui envoyer tes chansons, c’est ce qu’on a fait. Les démos, il doit bien les aimer pour accepter de travailler avec tel ou tel groupe. A partir de là, une fois que tu as son feu vert et qu’il est d’accord, par contre, c’est très simple. Tu vas au studio, il y a Jack et l’ingé son, et ça va très vite parce que, vraiment, de par son expérience, il n’y a jamais de problème. Tu lui dis ce que tu veux, comment tu veux que ça sonne, et il le fait. Il s’arrange pour satisfaire tout le monde. Quand tu demandes des trucs un peu chiant, il sait comment faire, il te dit « oui, oui » et puis voilà, à la fin tout le monde est satisfait. C’est vraiment agréable. Je t’assure que c’est vraiment simple de travailler avec quelqu’un comme lui. Ce qui est dur, c’est juste de le convaincre. Mais si le gars est chaud, c’est comme sur des roulettes.

Vous avez été à Los Angeles pour enregistrer l’album, par contre vous avez quand même enregistré la batterie et la basse à Paris…

Oui, complètement. Premièrement, c’est une question de budget parce qu’aller aux Etats-Unis et enregistrer au studio comme ça, tous les jours, ça prend du temps, c’est très cher et on n’avait pas les moyens. C’est pour ça qu’on a fait appel à une campagne Pledge, notamment. Et puis aussi, c’est le fait qu’on a un ingé son ici sur Paris qui s’appelle Bryan Pachaud qu’on aime beaucoup, qui nous a toujours beaucoup aidé et qui est très bon. Il nous a donc bien arrangés pour nous donner un studio pour enregistrer et faire la batterie et la basse. Donc voilà, on est parti avec les bandes et ça a très bien marché. Je pense qu’on retravaillera avec cette personne dans le futur. D’ailleurs on travaille constamment avec lui pour les démos.

Tes collègues batteur et bassiste ne sont pas un peu déçus de ne pas avoir collaboré avec Jack Douglas ?

Non mais ce n’est pas comme s’ils n’avaient pas collaboré parce qu’ils étaient au studio comme nous tous. Tout le monde contribue, tout le monde était là. Donc tout le monde a travaillé avec lui, finalement. Tout le monde a eu son mot à dire. Ce n’est pas comme s’ils avaient enregistré à Paris et qu’ils étaient restés là et qu’on y avait été tous seuls sans eux [petits rires]. Il n’y a pas de frustration de ce côté-là. Je pense que tout le monde était assez satisfait de ce qui s’est passé.

Blackrain - Released

« Je n’étais pas d’accord avec la direction que [notre image] prenait. Je pense que ça a été trop exagéré et moi je préférais l’image qu’on avait au départ, un peu plus classique, un peu moins extravagante. »

Comment on se prépare quand on entreprend d’enregistrer en studio avec un tel producteur ? J’imagine qu’on n’y va pas les mains dans les poches…

Non, on n’y va surement pas les mains dans les poches. Comme je te disais avant, le studio, ça coûte très cher, surtout qu’à ce moment-là, on n’avait pas de label pour payer derrière et de toute manière les labels, si on en a, aujourd’hui, ce n’est pas pour ça qu’ils vont payer. Donc on y va préparé, avec des démos qui sont très, très proches du résultat final, si ce n’est que le son du résultat final sera globalement beaucoup mieux sur tous les instruments ; c’est ce qui fait que ce sera un album. Autrement, tout le monde sait exactement ce qu’il va jouer et ce qui va se passer. Après, du fait qu’il y a Jack Douglas, il y a des petits changements su les arrangements, des instruments qui viennent se greffer ici et là, des paroles qui changent, mais c’est le genre de petit détails qui, certes, font beaucoup sur le résultat final mais par rapport aux démos, c’est vrai que des fois, il n’y a pas beaucoup de différence. C’est donc très important de beaucoup travailler en amont et d’être sûrs de ce qu’on veut et de ce qu’on apporte. Et lorsqu’on arrive en studio, on n’a juste à trouver le matériel avec lequel on va enregistrer et le son qu’on choisit. C’est simplement là-dessus qu’on passe du temps mais après, le reste, quand on commence à jouer et enregistrer, ça va très, très vite. Personne n’arrive sans savoir trop ce qu’il va faire ou quoi. En général c’est du « one shot » et c’est tout.

Tout à l’heure tu disais qu’un producteur comme Jack Douglas est un regard extérieur qui amène beaucoup. C’est à ça que tu faisais référence, c’est-à-dire des petits ajustements sur les arrangements, les textes, etc. ?

Ce sont des choses comme ça et puis aussi un regard extérieur par rapport aux chansons. Je t’avoue que c’est quand même réconfortant que quelqu’un comme Jack Douglas te dise : « Ouais, la chanson, c’est bien, ça va marcher, c’est réussi ! » Parce qu’on pourrait y aller comme ça, seuls, la tête dans le guidon, en étant sûrs de ce qu’on fait mais au final, on est tellement dedans qu’on ne se rend plus compte, on n’a plus de recul alors qu’en fait on va enregistrer de la merde. Donc c’est important. Après, il faut s’avoir qu’on arrive au studio à dix heures du matin, on repart à huit heures le soir, et à huit heures du soir, ils sont tous là-bas et ils restent jusqu’à minuit et là, par contre, ce n’est pas de notre ressort. Ils travaillent sur le son, donc nous on n’a pas notre mot à dire là-dessus parce qu’on n’est pas ingénieurs. Nous, on donne notre impression le lendemain par rapport à ce qu’on pense être bien ou pas. Comme je t’avais dit, je pense que c’est notre meilleure production par rapport à n’importe quel album qu’on ait fait. Je pense qu’ils font un travail considérable à chaque fois lorsque nous on n’est même pas dans le studio. Après, c’est du travail de professionnel. Moi, je suis musicien, je ne suis pas ingé son et ce sont des choses dont je ne peux pas vraiment parler. Mais en tout cas, la différence, je l’entends sur le résultat final.

Il t’a aussi apparemment pas mal aidé sur ton chant, ton accent, des problématiques liées à l’anglais, etc. Il a joué le rôle de prof d’anglais donc ?

Disons qu’il ne joue pas le rôle de prof d’anglais mais je suis vraiment français, haut savoyard, et même si je parle très bien anglais aujourd’hui, il y a forcément des mots et autres que je ne prononce pas bien. Principalement, le problème qu’on a, c’est l’accent tonique. C’est-à-dire, par exemple, tu ne dis pas « SENsation », tu dis « senSAtion ». Et parfois je fais des fautes sur ce genre de choses. Donc c’est important de les corriger parce que même si les pays qui ne sont pas concernés, comme la France ou l’Italie, ne feront jamais la différence, si tu sors le CD en Angleterre, ça va prendre un côté très marrant et ce n’est pas bon pour nous. Ce sont vraiment des choses à corriger que je ne peux pas corriger moi-même. C’est vrai que d’avoir quelqu’un comme ça derrière, c’est super important si on veut être sérieux dans ce qu’on fait et dans ce qu’on va vendre aux pays étrangers.

Est-ce que tu penses qu’en France on n’a pas forcément conscience de l’importance de cet aspect-là, la crédibilité par rapport à l’anglais, etc. ?

Complètement. Je l’entends tous les jours. Personne n’y prête attention, enfin, c’est très rare. Il y a quand même quelques personnes mais les lyrics, en France, c’est quelque chose de totalement secondaire. Et parmi les groupes, ils y prêtent attention mais tout le monde pense qu’ils sont à la hauteur mais en fait, personne ne l’est. Ça c’est un problème qu’on a tous. Les premières démos et les premiers albums de Blackrain, je ne peux pas les écouter, c’est impossible ! J’ai honte quand j’entends mon accent. Je n’ose même pas imaginer ce que les Anglais pensent quand ils écoutent ça.

Au-delà des textes, qu’est-ce que ça t’as appris, en tant que chanteur, de travailler avec Jack Douglas ? Parce que lorsqu’on écoute l’album, on a l’impression que tu as quand même mûri au niveau vocal, que tu as travaillé ton grain, etc.

Ouais, j’ai appris à mieux chanter ! [Rires] Non mais disons que j’ai fait beaucoup d’efforts et j’ai essayé de faire résonner la voix autrement. Mais ce n’est vraiment pas Jack qui m’a donné des conseils par rapport à ça, c’est vraiment moi qui me suis démerdé pour essayer de sonner mieux. Tu sais, c’est assez simple, j’enregistre les démos du groupe tous les jours, donc du fait que je m’enregistre tous les jours, je m’écoute tout le temps et je me dis : « Là, c’est chiant. Là, c’est un peu mieux. Là, ça résonne plus sur le nez, ça ne va pas. » C’est avec des choses comme ça que j’apprends.

Ça ne doit pas être évident de s’autocritiquer et d’avoir une vision objective de son propre chant…

C’est quelque chose de très important, je pense, le fait d’avoir du recul, se dire « là, c’est vachement bien mais quand même ça pourrait être mieux. » C’est comme ça qu’on progresse. Si on est là, qu’on arrive avec son produit et qu’on dit « c’est moi le meilleur, c’est moi la star, il n’y a pas moyen de faire mieux », je pense que là c’est mort. Nous, on a toujours eu assez de recul, je pense, on a toujours reconnus quand les choses étaient pas top, quand c’était bien et quand ça ne l’était pas. Ce n’est pas un problème. Et je pense que c’est vraiment important pour avancer dans le bon sens.

Quels sont selon toi, les plus grands enseignements que vous avez retiré de cette collaboration avec Jack Douglas ?

Alors là, je t’avoue que tu me poses une colle ! En fait, ce qui était très agréable avec Jack Douglas et qui était la chose sur laquelle on s’est très bien entendu, c’est sur le fait que ce n’est pas important si c’est parfait ou s’il y a des erreurs. Parfois, c’est mieux de faire des petits « pains » que tu seras de toute façon seul à entendre mais qui contribueront à faire vivre le morceau, donner un peu plus de vie à tout ça, plutôt que de faire des choses… Tu sais, ils avaient tendance à toujours se moquer des Allemands : quand il y a des Allemands qui enregistrent au studio à côté, ils le savent tout de suite parce qu’on dirait que c’est programmé et fait par des robots ! Je t’avoue que nous, on est aussi dans cette optique-là de se dire : « Bon, la prise n’était pas parfaite, mais quand même c’est assez honorable, ça s’écoute plutôt bien et ça donne un peu de charme. » Je pense que c’est un truc américain sympa qu’on aime bien. C’est une leçon qu’on a retenu.

J’imagine que vous avez eu l’occasion de discuter avec lui. Est-ce qu’il a partagé des anecdotes sur ses travaux passés avec Aerosmith, Alice Cooper, etc. ?

[Rires] Ouais, écoute, il y a plein de choses. Après ce ne sont pas que des trucs dont je peux toujours parler [petits rires] mais bon, il n’y a rien vraiment que le public ne connaît pas. C’est le fait que quand il va parler d’Aerosmith, oui c’est une réalité que Steven Tyler ne s’entend pas du tout avec Joe Perry, donc ils sont toujours en train de se faire la gueule. Ce sont des choses comme ça. Après, pour les trucs un peu plus fous, on l’entend vraiment souvent parler de Johnny Depp et Marilyn Manson et aussi d’Alice Cooper parce qu’ils répètent ensemble – ils répètent ensemble tous les dimanche matin, si tu veux savoir, chez Johnny Depp, dans son château, on va dire, à Los Angeles. Et puis après on s’est rendu compte qu’en fait c’était les Hollywood Vampires, et Jack dormait là-bas. Ca on en entendait parler tous les jours et c’est vrai que ça faisait assez rêver !

Le fait d’avoir enregistré à Los Angeles, dans ce contexte, avec ce producteur mythique, est-ce que vous avez ressenti une sorte d’énergie voire de poids sur vos épaules, de par l’histoire rock qu’il y a derrière cette ville ?

De poids, non, parce que Los Angeles, ce n’est quand même pas la ville du rock aujourd’hui, je pense. C’est vraiment la ville du business. Si tu veux rencontrer des gens du monde la musique, il faut aller là-bas, c’est important mais au-delà de rencontrer des stars et boire un coup avec eux, ce n’est quand même pas les années 80. Définitivement, si tu vas à Stockholm ou à Londres, ça rock carrément plus ! Donc il n’y avait pas ce poids de ce dire : « Ouh la, la, qu’est-ce que je fais là ? Comment je vais m’en sortir ?! » Par contre il y a un côté super agréable… De toute manière, aux Etats-Unis, qu’on aime ou pas, il y a quand même quelque chose… C’est grand et tu te sens bien là-bas, spécialement quand c’est au mois de décembre et que tu te trimbale en t-shirt dans les rues [rires], c’était un avantage certain. Mais autrement, c’était très agréable d’être à Los Angeles et de fréquenter tous ces endroits, même si ce n’était pas la folie.

Avec Released, vous revendiquez un peu d’avoir trouvé « votre propre façon de faire de la musique. » Concrètement qu’est-ce que ça signifie ? Parce qu’on reconnait malgré tout Blackrain…

Ce n’est pas notre propre façon de faire de la musique mais notre propre façon de composer et faire des morceaux. C’est surtout le fait que… Déjà sur les albums précédents, il y avait pas mal de chansons où on se disait que les gens nous comparent toujours à Mötley Crüe ou Guns N’ Roses, alors que parfois on se dit que ça n’a vraiment rien à voir. C’est une des raisons pour lesquelles on a voulu évoluer au niveau du look parce que je pense que beaucoup de gens nous jugeaient par rapport à ça en premier lieu, avant de nous juger sur la musique. Et donc maintenant, sur cet album, on a vraiment fait ce qu’on voulait. On avait plein de chansons et on a choisi celles qu’on préférait et qu’on estimait être les meilleures. C’est très varié. Du coup, on n’a vraiment pas l’impression d’écouter du glam, du sleaze ou quelque chose soit l’appellation. On a vraiment l’impression d’écouter du Blackrain et c’est une chose dont on est assez fiers.

BlackRain 2015 by Dean Karr

« Si on arrive avec son produit et qu’on dit ‘c’est moi le meilleur, c’est moi la star, il n’y a pas moyen de faire mieux’, je pense que là c’est mort. »

Après, tu parlais du fait qu’avant les gens vous comparaient beaucoup à Mötley Crüe mais dans une chanson comme « Puppet On A String », il y a quand même une grosse filiation avec ce groupe, malgré tout…

Ecoute, moi je ne dirais pas Mötley Crüe mais en tout cas, je te l’accorde sur cette chanson et je ne vais pas le nier. Il y a toujours quelques chansons qui vont te rappeler cette époque-là, parce que c’est ce qu’on aime, il ne faut pas non plus le nier. Je veux dire que c’est pour ça qu’on fait de la musique : on aime Mötley Crüe, on aime cette musique qui nous fait faire la fête et nous tape dans l’estomac. Après, c’est vrai que « Puppet On A String »… Oui, je te l’accorde complètement, c’est une des chansons les plus typiques dans cet album où on peut se dire que c’est influencé années 80. Mais si tu regardes sur l’ensemble de l’album, je ne suis pas sûr que tu puisses dire ça sur toutes les chansons.

C’est sûr. La diversité est d’ailleurs marquante dans l’album, surtout quand on arrive vers la moitié de l’album : il y a des morceaux hard, d’autres heavy mais aussi des choses un peu plus inattendues qui touche un peu au folk, aux années 70 et même 60, j’entends du Beatles dans « Electric Blue », par exemple…

Tu as raison. Le truc c’est qu’on ne le fait pas en se disant : « Il faut qu’on sonne comme si ou comme ça. » On fait par rapport à ce qu’on aime. Après, Blackrain, ça n’a jamais été basé sur la technique ou quoi que ce soit, nous ce qu’on aime, c’est la mélodie et c’est là-dessus qu’on se base. Après, tu peux aller chercher du côté des influences. Nous on est quatre personnes qui écoutent des choses très, très larges et variées mais on a quand même tous une chose en commun, c’est le fait qu’on écoute tous beaucoup de groupes des années 50, 60 et 70 ; les Beach Boys, les Beatles, les Ronnets, tous ces vieux trucs. Et forcément, à un moment, ça va ressortir dans la musique, que tu le veuilles ou non. Mais oui, je pense que c’est vraiment parce que Blackrain, la base c’est la mélodie et qu’après on fait en sorte de faire la musique qui va avec et qui nous plaît. Mais il n’y a rien qui soit vraiment recherché, on ne se dit pas qu’on va faire ça comme ça pour copier telle ou telle personne, ou parce qu’on veut que ça sonne comme ça. Ça vient tout seul.

C’est une diversité qui est à l’image de vos goûts finalement…

Oui, c’est ça. De toute manière, on a déjà commencé l’écriture d’un autre album et tu verras que ce sera encore très différent, tu y verras d’autres influences. Mais, dans tous les cas, quoi qu’il arrive, on se base toujours sur la mélodie. Quand je te dis la mélodie, c’est principalement vocal et je pense que c’est pour ça que ça fait peut-être facilement penser parfois à des trucs comme les Beatles. C’est vraiment la voix et les chœurs qui sont en avant et qu’on entend et écoute en premier.

Est-ce que tu dirais que dans votre discographie il s’agit là de l’album qui vous ressemble le plus ?

Pour moi, c’est l’album où les chansons sont les plus réussies mais aussi, c’est très important, où la production est la plus réussie. Ça, il y a beaucoup de personnes qui ne s’en rendent pas compte mais c’est vrai que si la production n’est pas bonne sur un album, même si les chansons sont bien, on ne l’écoutera pas de la même manière. Quand on n’est pas musicien ou quand on ne comprend pas vraiment on va se dire : « J’sais pas, là il y a quelque chose qui ne va pas mais je n’arrive pas à dire quoi… » Et ça, c’était quelque chose qui nous avait toujours manqué, on n’était jamais vraiment satisfaits à cent pour cent de la production à la sortie d’un album. Et là, c’est vraiment la première fois que ça nous arrive. Et ça a un impact très important sur l’écoute pour tout le monde. Du coup j’ai un peu perdu la question, je suis désolé…

C’était de savoir si vous considérez cet album comme étant celui qui vous ressemble le plus ?

Moi je pense qu’avec Blackrain, il y a eu une évolution constante depuis le départ. Je pense qu’il n’y a aucun album qui se ressemble vraiment, contrairement à deux albums d’AC/DC pour prendre un exemple. Et là par contre, c’est vrai qu’avec cet album, la différence est énorme parce que ça se démarque vraiment la plupart du temps du glam ou du sleaze. Ça sonne vraiment comme un truc… Finalement j’irais presque jusqu’à dire original. Donc oui, j’espère que c’est l’album qui nous ressemble le plus.

Sur It Begins vous aviez déjà commencé à ajouter des arrangements un peu chiadé et là, on retrouve de la percussion sur « Run Tiger Run », du synthé sur « Killing Me », une chorale gospel sur « One Last Prayer »… Comment vous viennent ces idées d’arrangement ?

Ça vient vraiment au fur et à mesure qu’on développe le morceau. En fait, il y a des choses qui manquent et on y réfléchit en écoutant le morceau et on se dit : « Tiens, là, il faudrait ci, il faudrait ça. » C’est assez naturel et logique finalement. Quand on écoute la démo et qu’au bout d’un moment on se dit qu’il faudrait changer tel ou tel passage, et puis là il faudrait du djembé ou des trompettes, etc. C’est quelque chose qui vient vraiment naturellement mais c’est vrai qu’on l’avait déjà beaucoup fait sur It Begins. Mais c’est vraiment en fonction du besoin du morceau.

Est-ce que ce sont des idées que Jack Douglas vous propose parfois ?

Ça arrive, oui, mais là tu me parlais de « Run Tiger Run », on l’a amené comme ça, je l’avais programmé, et lui a ramené ça avec de vrais instruments et fait sonner ça dans les règles de l’art. Jack, il va plus ramener des… Par exemple dans « Puppet On A String », il a mis du shaker à un moment où on ne s’y attendait vraiment pas et en fait, ça change le truc, ça rajoute quelque chose. Autrement, la plupart des choses dans les morceaux, les synthés, les instruments, c’était déjà là.

Justement, en termes de synthé, sur « Killing Me », il y a autant des sons très années 80 et d’autres qui sont très modernes. C’était voulu ce mélange ?

Sur « Killing Me », il y a une réponse assez simple : au niveau des synthés, j’avais un peu de mal à trouver ce dont on avait vraiment besoin. Donc j’avais fait appel à un pote qui joue dans The CNK, Zoé qui joue également dans Herrschaft, qui m’a aidé et donné des sons un peu plus modernes. C’est donc de là que ça vient sur cette chanson. Autrement, on essaie toujours de trouver par nous-mêmes ce qui va. Mais c’est vrai que là, sur « Killing Me », on a eu un peu de mal à un moment où on se disait qu’il manquait quelque chose, que les synthés sonnaient justement un peu trop vieillots, années 80, et que ça n’allait pas avec la chanson, et du coup il nous a bien aidé là-dessus.

Et puis il y a cette chorale gospel, j’imagine que ça a dû être émouvant…

Oui, complètement. Surtout que, bizarrement, il nous est arrivé des trucs un peu fous à ce moment-là. La chorale a été très, très dure à trouver parce que dans les chorales gospel ils sont très peu tolérants et quand ils ont vu… Enfin, ils n’ont même pas vu, je pense quand ils ont juste écouté la première note de la chanson, ils nous ont dit qu’on était satanique [petits rires] et qu’ils ne voulaient rien avoir à faire avec nous. Ils ont été très impolis, très irrespectueux. Du coup ça nous a donné beaucoup de mal pour trouver des gens qui voulaient le faire. En fait, ce n’est pas une chorale gospel, c’est nous qui en avons formé une en trouvant des chanteurs un par un, même si finalement ça s’est fait plutôt rapidement car les chanteurs se trouvent assez facilement. Parce que les vraies chorales gospel, je ne sais pas, on était les enfants du diable pour elles. Je t’avoue qu’on ne s’y attendait pas. Surtout quand tu vois ce que c’est le gospel, ils ont l’air super cool, super sympa, ils sourient, ils chantent, c’est vraiment la super ambiance mais en fait, pas du tout, ils sont très fermés ! C’est encore un aspect très négatif de la religion, je pense. Ils sont intolérants et ont vraiment des préjugés énormes. Surtout que la chanson n’est pas, ni dans les paroles ni dans l’ambiance ou quoi, satanique.

Et puis « One Last Prayer », j’ai l’impression que ça s’y prête plutôt bien. Après, je ne connais pas le contenu exact des paroles…

Les paroles ne traitent pas du tout de quoi que ce soit de satanique. Les paroles traitent du frère de Max qui n’est pas un enfant facile et qui n’a jamais été quelqu’un de très facile, qui a eu beaucoup de problèmes. C’est cette histoire qu’on raconte, donc il n’y avait absolument pas de raison… Une fois de plus, je pense qu’on nous a jugés par rapport au look, avant toute autre chose. Les cheveux longs, les tatouages, etc. ce n’est pas passé, tout bêtement.

BlackRain 2015 by Dean Karr

« Le gospel, ils ont l’air super cool, super sympa, ils sourient, ils chantent, c’est vraiment la super ambiance mais en fait, pas du tout, ils sont très fermés ! »

La diversité qu’on évoquait, on la retrouve aussi dans le ton et les thématiques. Il y a un morceau comme « Rock My Funeral » qui est plutôt humoristique…

Oui, c’est léger, c’est le morceau de la fête.

…et d’un autre côté, une chanson comme « Fade To Black » sonne beaucoup plus grave…

Tu as raison. La chose par rapport à ça, c’est que quand on a une thématique et des idées de textes, on essaie de les faire coller avec la musique. Parfois il y a des lyrics qui viennent et qui ne font pas référence à faire la fête et je trouve intéressant d’essayer de faire quelque chose de cohérent avec la musique elle-même et de faire en sorte que la musique donne un sens ou fasse ressentir la même chose que les lyrics, de mettre dans l’ambiance de ce qu’ils évoquent. C’est quelque chose d’assez intéressant à faire mais aussi d’assez difficile. C’est pour ça qu’il y a certaines chansons qui ont d’autres atmosphères et qui sonnent plus mélancoliques et plus tristes parfois, c’était pour mieux coller aux lyrics.

D’ailleurs, « Rock My Funeral », est-ce que cette chanson correspond à la façon dont tu aimerais voir ton enterrement ?

Ouais, complètement ! [Rires] En fait, ce n’est pas une blague. Je pense que moi, personnellement, et beaucoup de mes potes, c’est comme ça qu’on verrait bien notre enterrement. Je ne vois pas du tout le truc où on va au cimetière et tout le monde pleure et est en noir. Non, je pense qu’au contraire, ça devrait plutôt être joyeux en écoutant Andrew W.K. et buvant beaucoup de bière. C’est comme ça que ça doit se passer.

Quand on regarde les titres des chansons, on a un peu l’impression d’un thème sur l’asservissement ou quelque chose qui s’en rapproche qui se dégage de certaines chansons, comme « Puppet On A String » ou « Mind Control ». Mais il y a aussi des titres comme « Eat You Alive » ou « Killing Me », avec cette idée de quelque chose qui te bouffe de l’intérieur. D’où ça vient ? C’est du vécu ?

Oui. De toute manière, les paroles dans Blackrain, ça a toujours été comme ça. Ce sont des choses de la vie de tous les jours qui nous influence, ce sont des expériences personnelles. Après, oui, c’est logique que le thème récurrent de l’album ce soit des choses qui ont fait qu’on a appelé l’album Released. Oui, « Puppet On A String », « Killing Me », etc. ça évoque les mêmes sentiments d’enfermement. Ce sont des choses qu’on a vécu. Et c’est ce qui a fait que l’album sonne comme ça, qu’il soit si varié, qu’il ait cette pochette, qu’il ait ce titre, etc. Ce sont des références à certaines périodes de la vie du groupe et ce qu’on a vécu à certains moments.

Apparemment le titre « Run Tiger Run », tu as failli ne pas le retenir pour l’album…

Ouais, j’ai failli le dégagé [rires]. C’est exactement le truc dont je te parlais tout à l’heure à propos du regard extérieur sur la musique. Au bout d’un moment, quand tu as la tête dans le guidon tout le temps, tu as travaillé sur la chanson pendant des mois et tu l’as écouté trop souvent, tu n’as vraiment plus le recul nécessaire pour juger correctement le travail que tu viens de faire. Et c’est vrai qu’heureusement les autres m’ont dit : « Non, non, c’est une de nos préférées, il faut la garder à tout prix ! » Heureusement on l’a gardée et on n’a que des bons retours par rapport à celle-ci. C’est une des chansons que les gens préfèrent.

Dans l’album il y a aussi une reprise des Yardbirds. Apparemment, c’est une chanson que vous ne connaissiez pas avant de la reprendre ?

Disons que la reprise on la jouait pas mal en live et c’était une reprise qui nous avait été suggéré par notre ancien management, justement, et qu’on ne connaissait pas du tout. C’est une chanson qui date de dix à vingt ans avant qu’on naisse, au moins. On a toujours eu l’habitude de faire des reprises dans Blackrain et on s’essaie un peu à tout. Celle-ci avait bien marché, elle se prêtait bien à ma voix et au style de Blackrain, de manière générale, à la manière dont on fait des morceaux. Vu qu’elle marchait bien en live, on l’a gardé. Ce qui était intéressant sur la chanson, c’est qu’on a copié la chanson en amenant ma voix, qui change beaucoup par rapport à la voix originale, mais aussi en y amenant une production très moderne, parce que la production originale, je pense que c’était vraiment enregistré tous en même temps dans un studio. Et donc la différence est énorme et c’est ça qui est intéressant, le fait d’amener ce genre de modernité à une chanson comme celle-ci. C’est pour ça qu’on a décidé de garder la reprise sur l’album : ça amène vraiment quelque chose par rapport à la version originale. Je pense que ça aurait été malvenu de reprendre une chanson de Mötley Crüe ou de Guns N’ Roses que tout le monde connît et qu’on aurait repris plus mal que l’original. Je pense que ça, c’était une bonne idée.

On va maintenant parler de la campagne Pledge Music. Comment en avez-vous eu l’idée et pourquoi maintenant ?

C’est assez simple. L’idée nous a été apportée par notre attaché de presse. C’était une idée qu’on nous avait suggéré il y a déjà quelques années en arrière mais on l’avait jamais utilisée, il n’y avait pas eu l’opportunité pour. Et là, on s’est aperçu qu’énormément de groupes – dont des gros groupes – faisaient appel à ça aujourd’hui, par rapport à la situation de l’industrie musicale, j’imagine. Du coup, on s’est dit pourquoi pas. On arrivait à la veille de l’enregistrement d’un album qui allait nous coûter très cher et qu’on n’avait pas les moyens de payer par nous-même, donc c’était le moment rêvé pour faire appel à Pledge. On a eu la chance que la campagne soit un succès. Ça a marché très vite, beaucoup mieux que ce qu’on aurait osé espérer. D’ailleurs, on est revenus de tournée dimanche et on a passé toute la journée de lundi et toute la nuit d’hier à tout préparer, tout signer, tout dédicacer et on a tout envoyé aujourd’hui.

Est-ce que faire une campagne c’est aussi un moyen de supprimer un peu les intermédiaires et d’aller directement au contact du public, se rapprocher des fans ?

Encore une fois, par rapport à la situation actuelle de l’industrie musicale et au manque d’argent, je crois que ce n’est pas un hasard si autant de groupes, et de gros groupes, font appel à ça. Je pense qu’en fait, on n’a pas le choix. Après, à partir de là, il faut voir les choses comme elles sont et c’est vrai que j’y ai quand même vu quelques avantages. J’ai vraiment eu l’impression que ça permettait d’impliquer beaucoup plus les fans dans le projet. Et au-delà de ça, ce dont je me suis aperçu, c’est que finalement ça permet aussi aux fans de se rendre un peu plus compte de la réalité de la musique, que ça coûte très cher, qu’on n’est pas millionnaires et que les années 80 c’est fini. On ne roule pas tous en Ferrari et on n’habite pas dans des châteaux. Donc il y a quand même beaucoup d’avantages à ça.

Est-ce que ce serait aussi un moyen de se garantir un financement tout en se gardant une certaine liberté, que ce soit par rapport à des labels, un management, etc. ?

Oui et non. De toute manière, aujourd’hui, si on n’est pas un gros nom, si on n’est pas installé, c’est très dur d’obtenir de l’argent d’un label. Donc, à partir de là, tu es obligé de trouver un autre moyen. Après, si tu as une maison de disque qui est prête à te donner des moyens et qui t’aide beaucoup, tu peux bien demander n’importe quoi. Si le projet est valable et que tu ne demandes pas de la thune pour nourrir ton chat ou aller te bourrer la gueule au bar, je ne vois pas pourquoi… C’est tout aussi légitime.

Je pensais plutôt à des labels qui investissent dans des groupes mais moyennant un droit de regard sur la musique…

Ouais, je ne sais pas. Ca ce sont des choses dont le groupe doit discuter avant de signer un contrat, il me semble. Après, si tu signes un contrat, sachant que le label a des mots à dire sur ci ou ça, il faut l’assumer. Et de toute manière, je ne crois pas qu’en faisant une campagne Pledge ça va t’éviter ce genre d’ennui. La campagne, pour moi, elle est là pour t’aider à financer un album que tu ne peux pas financer toi-même, pour financer une tournée, pour financer des clips, pour financer des choses vitales à la vie d’un groupe…

Mais j’imagine que tu es du coup un peu plus indépendant quand même, car ce n’est pas l’argent du label. Car indépendamment du contrat que tu signes, il peut y avoir des pressions. Je pense par exemple à Black Stone Cherry qui nous parlait des pressions que leur faisait subir Roadrunner Records sur leur musique…

Et du coup, un groupe comme ça, qu’est-ce que ça leur aurait amené de faire une campagne Pledge ?

Eh bien, puisque l’argent ne vient pas du label, ça élimine un moyen de pression.

Oui mais le fond est toujours le même : si le label n’est pas content de ce que tu fais, que tu aies l’argent ou pas, c’est eux qui vont décider de te distribuer, de te sortir, de faire ta promotion ou pas. Donc que tu aies de l’argent ou pas, pour moi ça ne change rien.

BlackRain 2015 by Dean Karr

« Ce n’est plus la fête aujourd’hui. Vraiment, à part d’avoir vendu énormément d’albums et à moins d’être déjà installé depuis longtemps, je ne vois pas qui aujourd’hui arrive encore à avoir de l’argent de quelconque label. »

Après, il y a des groupes qui utilisent ces moyens-là pour carrément se passer de labels et être indépendants…

Oui. Et dans ce cas, c’est bien ce que je dis : c’est pour financer des choses vitales au groupe, sans dépendre d’un label qui te donnera son aide ou non. Ça, c’est le futur, malheureusement ou pas. C’est un moyen pour les groupes de survivre aujourd’hui. Moi, je pense que si on pouvait faire sans, ça ne serait pas plus mal. Après, c’est vrai que même en faisant avec, je trouve ça finalement très intéressant avec plein d’avantages.

C’est vrai qu’à un moment donné, un disque il faut bien le financer. Avant les labels investissaient, ce n’est plus le cas maintenant. L’argent, il faut bien le trouver quelque part…

Oui et c’est bien ça le problème. Ce n’est plus la fête aujourd’hui. Vraiment, à part d’avoir vendu énormément d’albums et à moins d’être déjà installé depuis longtemps, je ne vois pas qui aujourd’hui arrive encore à avoir de l’argent de quelconque label. Même si la maison de disque en question est très grosse, tout le monde est dans la même merde aujourd’hui, il me semble.

Par rapport à cette campagne Pledge, une bonne idée que vous avez eue, c’est ce titre bonus où vous remerciez tous les participants…

Là je t’avoue sur le coup, je ne me rappelle plus du tout qui a eu l’idée. Mais je pense qu’à un moment avec notre manager, on a pris exemple sur d’autres campagnes Pledge. Car pour nous, c’était vraiment nouveau. On en avait entendu parler mais c’est tout, on n’avait pas du tout approfondi le sujet. Du coup, on a été regarder les autres groupes sur Pledge, ce qu’ils faisaient, ce qu’ils proposaient et des fois il y a vraiment des choses qui sortent du commun voire complètement folles. Cette idée de ghost track, c’était sympa, et du coup ça nous a permis de faire une chanson entière avec que des noms d’amis et de fans qui ont participé à ça. En plus on aime bien le résultat, c’est assez marrant !

En fait, je viens d’avoir un rappel par rapport à ça, je sais d’où ça vient : notre ingénieur du son sur Paris, Bryan Pachaud, travaille dans un studio d’enregistrement où il y a beaucoup de groupes congolais qui viennent enregistrer et une fois, on avait vraiment halluciné parce qu’un truc qui est à la mode au Congo, c’est que les gens payent les groupes pour qu’ils citent leurs noms dans les chansons. Les gens sont prêts à payer très, très cher pour avoir leurs noms dans la chanson. Ils font donc énormément de chansons avec juste des noms de personnes. Ca nous avait vraiment fait marrer à l’époque et c’est pour ça qu’on a fait cette ghost track.

Une influence congolaise chez Blackrain !

[Rires] Eh oui, une influence congolaise ! Tout est possible, on se laisse influencer par tout. On ne sait jamais ce qu’il peut arriver.

Mais du coup comment vous faites pour concevoir un tel titre ? Car au départ vous ne savez pas combien de noms vous aurez à y mettre…

Non, c’est la surprise mais c’est ça le jeu. Au départ, tu ne sais pas qui va acheter ci, qui va acheter ça, tu ne sais pas si ça va marcher ou pas. C’est pareil, on avait proposé des t-shirts, on ne savait pas si les gens allaient acheter des t-shirts ou pas, on a proposé des guitares, on a proposé plein de choses. Le fait est que ça a marché. De toute manière, tu as un objectif. Le principe était que si on n’atteignait pas les cent pour cent, la campagne n’aboutissait pas. Pour le titre, on a dû attendre que les gens « pledgent » pour ça. Mais ça s’est vite goupillé. Comme je l’ai dit, on a été surpris. On ne savait vraiment pas du tout ce qui allait se passer. Je pense que le plus surprenant, ça a été notre amie fan Jennifer qui nous a acheté une chanson. Là, quand on a vu ça, on s’est dit : « Nan ! Il y a quelqu’un qui nous a acheté une chanson ?! » Ca, on l’avait vraiment mis pour le fun, en se disant : « Qui sait, peut-être que quelqu’un fera ça… » Et du coup quelqu’un a « pledgé » pour ça et en plus, la chanson qu’on a fait, on en est vraiment fiers ! Du coup, on a regretté de ne pas l’avoir faite en studio, tellement elle est cool !

Pour le prochain album peut-être…

[Hésitant] Oui ou pas… La chanson est déjà là, tout le monde la connaît. Ce sera peut-être intéressant de la remettre en bonus avec une super production pour le prochain album, mais l’inclure dans l’album, non je ne pense pas. On aime bien aller de l’avant et ne proposer que des nouvelles choses.

Un petit mot sur les vidéos que vous avez filmées ? Car je crois que c’est Matt votre bassiste qui s’en est chargé…

« Back In Town », la lyric vidéo qui est déjà sortie depuis un petit moment, c’est Matt effectivement qui s’est chargé de tout ça et qui a filmé dans Paris. C’était son idée dès le départ, pour sortir quelque chose où on ne voyait pas le groupe. Dans l’esprit, c’était aussi de montrer quelque chose sans le groupe pour ne pas le juger par rapport à son look mais juste par rapport à la musique. Et sinon, pendant qu’on était à Los Angeles, on a également filmé le clip de « Killing Me ». C’est Matt qui s’en ait chargé aussi. Matt est à fond là-dedans, il adore filmer. Il nous a aussi fait un clip pour « One Last Prayer ». Et il y a encore d’autres lyric videos en préparation qui vont arriver.

Comment il se débrouille pour filmer et se filmer lui-même ?

C’est super chaud [rires] ! Non, mais on est obligé d’embaucher des gens. A Los Angeles, on avait embauché un mec qui nous avait notamment ramené un drone et qui nous avait aidés avec tout ça, c’était lui qui s’était occupé de porter la caméra. Parce qu’effectivement, autrement c’est impossible. Mais Matt s’occupe du montage, de l’étalonnage et tout ce qu’il y a derrière.

Est-ce que c’était un peu un rêve de filmer dans cet environnement désertique ?

Disons qu’aujourd’hui, avec les moyens qu’on a, il suffit de pas grand-chose pour faire un clip. On peut se débrouiller avec peu de moyens pour avoir un bon résultat. Et donc, c’est vrai qu’on se disait que ce serait vraiment trop con de passer autant de temps là-bas sans rien filmer. Car ce sont des paysages qu’on ne retrouve pas ici. Les paysages désertiques, comme ça, avoir le ciel de l’Amérique dans un clip, c’était un truc qu’on voulait faire. Donc voilà, c’est chose faite.

Interview réalisée par téléphone le 22 mars 2016 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Nicolas Gricourt.
Photos : Dean Karr.

Site internet officiel de Blackrain : www.blackrain.fr



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