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Nouvelles Du Front   

Lemmy devrait être un verbe


« Il n’y a pas de mot pour parler de Lemmy. Lemmy devrait être un verbe. » C’est la première chose qu’arrive à dire l’un des plus grands fans – ou au moins le plus célèbre – de Motörhead, Lars Ulrich, quand on lui demande de parler de Lemmy dans le documentaire dédié au renégat du heavy metal réalisé par Gregg Olliver et Wes Orshoski.

Quand Lemmy est né, le rock n’existait pas. Il n’était pas même en gestation. A croire qu’il attendait Lemmy. Quand, suite à un holocauste nucléaire, il ne restera rien d’autre sur Terre que les cafards et Lemmy, Lemmy leur fera aimer le rock. Serait-ce le début de la définition du verbe « Lemmy » ? Voyons voir déjà la définition qu’en donne le film qui sortira par chez nous le 2 décembre directement en DVD et que Radio Metal a déjà vu pour vous. Un entretien avec Lemmy himself sera d’ailleurs en ligne à la fin du mois sur le site.

Dans nos contrées le 2 décembre

Un petit mot d’abord au sujet des réalisateurs. Gregg Olliver est avant tout connu comme réalisateur de clips pour Joan Jett comme pour Snoop Dogg ou Motörhead mais aussi pour son documentaire sur le musicien de reggae Burning Spear. Même si on ne doit jamais trop faire confiance à un réalisateur de clip qui passe à une forme de pellicule « plus noble », au moins en voilà un qui ne s’improvise pas réalisateur. Quant à Wes Orshoski, il a été photographe (on le soupçonne donc d’avoir un œil exercé) et rédacteur dans des magazines et journaux prestigieux comme The Wall Street Journal, Rolling Stone, Billboard, NME, etc. autant dire qu’il s’y connaît en matière de rock.

Alors, que nous ont mijoté ces deux lascars ? Autant y aller franco, ce documentaire, plus qu’autre chose, relève de l’hagiographie (prenez un dictionnaire !) mais sans pour autant transformer l’histoire en légende dorée. Au contraire, on est dans une réalité crasseuse (Lemmy n’est pas vraiment un saint non plus) ; principalement parce que la poubelle de Lemmy déborde… au sens propre ! Si d’abord ce documentaire ressemble à un grand éloge du mec à la moustache en guidon de Harley, c’est d’abord parce que, comme dans tout documentaire sur un musicien, outre les extraits de live – passages obligatoires -, les réalisateurs obéissent à la règle grammaticale de ce genre de pelloche : la succession de témoignages de personnes qui l’admirent ou ont croisé sa vie.


Mais force est de reconnaître que c’est aussi le premier signe de l’importance du personnage principal du film car, de toute évidence, ça s’est bousculé pour rendre hommage à celui-ci. La preuve, c’est qu’on voit rarement plus d’une ou deux fois chaque témoin tant il y en avait à placer tout au long de ces deux heures. De Dave Navarro à Joan Jett en passant par le rappeur Ice-T, de ses anciens partenaires d’Hawkwind à ses plus grands fans, les gars de Metallica, en passant par le catcheur Triple H, ils avaient tous une bonne parole à prononcer sur lui. Il n’y avait vraiment que les gars d’Hawkwind pour lui reprocher quelque chose (comme par hasard…). Grand absent tout de même : Phil Taylor, le premier batteur de Motörhead, dont le silence résonne tout au long du film.
Lemmy à domicile

Mais ce n’est pas ce qui fait le sel de ce documentaire. Bien au contraire ! C’est même ce qui m’a le plus conduit à zieuter par instant le compteur de temps de mon lecteur de DVD car après les premières minutes de film, ce n’est vraiment pas ce qu’on a envie de voir. Avec un peu de culture lemmiesque, on sait déjà que tous ces gens-là aiment sincèrement Lemmy. Alors, à part pour faire comprendre aux néophytes à quel point Lemmy est un type formidable, ces passages peuvent parfois être assez ennuyeux et nous nous en serions bien dispensés.

Et justement, quelles sont ces premières minutes que l’ont préféreraient voir développées ? Le documentaire est abordé en nous amenant directement chez Lemmy, dans son appartement de Los Angeles, véritable capharnaüm où la poubelle déborde tellement que son salon semble en être le véritable prolongement, Lemmy joue à un jeu vidéo et enchaîne clope sur clope. A un autre moment, on suit notre homme chez un disquaire où, en parfait beatle-maniaque, il recherche les œuvres en mono des Fab Four et la directrice du magasin lui vend carrément son propre coffret « au nom du rock’n’roll » et s’incline littéralement devant ce dalai-lama en cuir noir.

Lemmy en parfait beatle-maniaque

Ce sont tant d’autres instants comme ceux-ci qui rendent Lemmy plus attachant qu’il ne l’est déjà. Lemmy chez lui, en compagnie de son fils Paul, nous déballant une partie de sa collection d’objets hérités de l’histoire militaire et du Troisième Reich en particulier. Lemmy accroché à sa passion pour le bandit manchot ou accroché au bar du Rainbow, son deuxième foyer. Lemmy bavardant avec Dave Grohl et discutant des origines du rock’n’roll. Au bout d’un moment, on aimerait que le film ne fasse que suivre le quotidien de la voix la plus inimitable du heavy metal (James Hetfield s’y cassera même la gorge en quelques secondes en voulant tenter le coup) et de cet historien amateur mais non moins érudit.

Alors, même si on reste un peu frustré de n’avoir pas plus de « Lemmy en privé », je ne saurais trop vous conseiller de mettre la main sur « Lemmy », le film ; ne serait-ce que pour le présenter ainsi à votre mère afin qu’elle comprenne que le metal est aussi chargé de personnages proprement charmants et pleins d’humour. Un gros reproche à formuler enfin : une conclusion morbide dans laquelle on prépare déjà la nécrologie d’un type qui ne semble pas fait pour mourir. Puisqu’on vous dit qu’il est increvable, le Lemmy !

Au final, quelle est donc la définition que ce documentaire taille pour le verbe « Lemmy » ? Sans doute quelque chose comme :

« Lemmy : (du gallois, Lemmy) verbe intransitif du 1er, du 2e et du 3e groupe (Lemmy ne peut tenir dans une seule case) mais surtout du groupe Motörhead, vivre une vie d’excès que peu d’élus parviennent à tenir plusieurs décennies durant, voire quelques années seulement, le tout dans un amour sans défaut pour le rock et dans le respect et l’admiration immenses de ses pairs. »

Mais surtout il est Lemmy et il joue du rock’n’roll !

Site officiel du film : http://www.lemmymovie.com/



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