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Live Report   

L’épopée française de Metallica


Difficile de considérer Metallica comme un groupe normal de metal. Aujourd’hui, le nom des quatre cavaliers de l’apocalypse résonne bien plus que comme une simple formation thrash ; Metallica ayant brisé la limite entre le courant mainstream et celle des fans de metal. Difficile d’imaginer qu’un groupe de metal puisse atteindre une telle envergure aujourd’hui. Depuis Kill’em All (1983), le groupe a tout fait, tout tenté, tout essayé. Avec leur dernier album Hardwired… To Self Destruct, les Américains étaient comme de coutume attendus au tournant. Huit ans après Death Magnetic, que pouvait-il bien réserver à leur audience ? Attendu aussi bien par ses haters que par ses fans, ce disque n’aura en tout cas pas déçu notamment par son énergie du début à la fin, mais aussi sa diversité.

L’actualité du groupe s’accompagne d’une série de date à travers le monde, dont trois passages en France prévus mi-septembre – deux dates à l’AccorHotels Arena de Paris et une à la Halle Tony Garnier de Lyon – qui afficheront complets. Avant ces concerts, on avait l’impression qu’il n’y avait que le nom de Metallica sur les réseaux sociaux ! Le signe d’un événement majeur. D’ailleurs, ce ne sont pas les critiques sur les prix des places qui feront reculer les fans ou curieux. Alors impatients, excités, heureux et intrigués, nous avons suivi le groupe pour observer son retour.

Artistes : MetallicaKverlertak
Date : 8, 10 et 12 septembre 2017
Salle : AccorHotels Arena – Halle Tony Garnier
Ville : Paris [75] – Lyon [69]

The Four Horsemen

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, parlons du jeudi 7 septembre à Paris car dans la salle du backstage se tenait un concert tout particulier en l’honneur de Metallica. En effet, le groupe de reprises français The Four Horsemen a joué plus d’une heure et demi des titres des premiers albums de Metallica. Pour ceux n’ayant pas pu avoir de places pour les concerts parisiens, l’initiative est très louable. Surtout que la soirée proposait une tombola afin de gagner des places de concerts et autres lots, organisé par le fan club français officiel : Metallica Whipping Dancerz. Alors préparez-vous pour une séquence karaoké avec au menu un best of nostalgique dans une ambiance très conviviale ! Ça démarre avec « Blackened », ça enchaîne sur « Master Of Puppets » puis sur des petits bijoux comme « The Frayed Ends Of Sanity », « Wherever I May Roam », « Holier Than Thou » ou encore « Orion ».

La voix du chanteur (officiant également au rôle de bassiste) se rapproche des premiers albums du groupe, et les guitaristes tiennent la cadence sur ces morceaux sur lesquels ils se sont probablement entraînés depuis leur jeunesse. On notera que le groupe réussit l’exploit de faire un set de reprises de Metallica sans jouer « Enter Sandman » ou « Nothing Else Matters », ce qui est plutôt rare dans une setlist traditionnelle de Metallica. Une soirée pour les fans des titres les plus violents des Mets, ces fans « old-school » qui sur le principe aiment pousser leurs voisins dans la foule. Sur le principe seulement car même si le chanteur invective la foule lors du dernier morceau « Seek And Destroy », le public ne fera que sauter gentiment. Si tout le monde a le sourire et chante avec enthousiasme « For Whom The Bell Tolls » ou « Creeping Death », l’ambiance n’est pas à la sauvagerie. Le poing et les cornes levés, la soirée se terminera tranquillement et on aura même le droit au morceau instrumental « Orion ». The Four Horsemen est une bien belle manière de profiter des morceaux de Metallica en live, et de se rafraîchir l’esprit avec certains de leurs meilleurs titres.

Setlist :

Blackened
Master Of Puppets
Leper Messiah
One
The Four Horsemen
For Whom The Bell Tolls
The Frayed Ends Of Sanity
Creeping Death
Ride The Lightning
Holier Than Thou
Orion
Wherever I May Roam
No Remorse
Fade To Black
Hit The Lights
Seek And Destroy

Kvelertak

Le mélange de punk et black metal de Kvelertak peut a priori surprendre les fans de Metallica. Si aux Etats-Unis les premières parties étaient assurées par Volbeat, Gojira et Avenged Sevenfold, l’Europe pourra se délecter du groupe singulier norvégien qui commence à être reconnu. Récemment, ils ont d’ailleurs fait la première partie de Slayer, détruit la Warzone du Hellfest, rempli une Maroquinerie aux côtés de Skeletonwitch et ont fait trembler les premiers rangs qui attendaient Linkin Park lors de la dernière édition du Download en France… Mais pour ceux n’ayant pas encore eu l’occasion de croiser leur route, il est possible que le choc soit là, en voyant arriver sur scène un chanteur portant sur sa tête un hibou aux yeux rouges brillants dans la nuit. Ouvrant sur « Åpenbaring », on baigne dès le début des concerts dans une mélodie qui ne fait que monter en intensité.

Et même si la plupart des spectateurs resteront passifs face aux concerts, ne bougeant pas vraiment au rythme de la musique, on trouvera quelques petits groupes de dizaines de personnes le poing levés avec des T-Shirts au nom des Norvégiens. Même si la formation mérite un bien meilleur public, elle peut en tout cas être rassurée par le pit accueillant qui s’est formé à Lyon. Le groupe est bien conscient d’être nouveau aux yeux de la plupart des spectateurs, mais cela ne les empêche pas de s’amuser, de demander la participation du public, de sortir le grand drapeau noir lors du dernier morceau « Kvelertak ». Toujours dotés de trois guitaristes, d’un batteur arrivant sur scène en béquille – ce qui ne l’empêche pas d’envoyer ses blasts de batterie -, avec une présence folle sur scène, des compos originales aussi mélodiques qu’entraînantes, sa voix saturée et son énergie punk, Kvelertak fait partie de ces groupes faisant du bien à la scène metal actuelle.

Setlist :

Åpenbaring
Bruane Brenn
Mjød
1985
Berserkr
Evig Vandrar
Ulvetid
Blodtørst
Månelyst
Kvelertak

James Hetfield

Pendant que les concerts du Fall Of Summer subissent les difficultés de la pluie lors de la journée du vendredi, bien au chaud, ce sont 20 000 personnes qui sont présentes à Bercy pour assister au concert de Metallica. Et dès qu’on entre dans les salles pour ces trois dates françaises, on peut voir des lieux en forme d’arène où le groupe jouera au milieu des spectateurs. Au-dessus de la scène, on constate la présence de cubes mystérieux dont on attend beaucoup. Et après s’être dévissé le cou durant Kvelertak, le public attend « patiemment » les quatre cavaliers de l’Apocalypse pendant qu’on nous passe en fond du Slipknot, Rage Against The Machine… Mais soudain un son retenti plus fort que les autres : AC/DC et son éternel « It’s A Long Way To The Top (If You Want To Rock’n Roll) ». Chanté par tout le public, les voix seront encore plus fortes lorsque les lumières s’éteindront lors du traditionnel « Ecstasy Of Gold » du maestro Ennio Morricone pendant que l’extrait du film Le Bon La Brute et Le Truand passe sur ces petits cubes en hauteur. Au fur et à mesure, les membres du groupe se retrouvent autour de la scène, pendant que l’intro de « Harwired » est jouée en fond, sur bande, puis prennent le relais de manière explosive. Ouvrant leur dernier album, ce titre rapide ne laisse aucun moment de répit. Metallica a bien réussi son coup, ne pouvant proposer meilleure entrée en matière pour prouver leur forme du moment et provoquer de violentes poussées dans la fosse. 

Si d’un côté on notera la quasi absence de titres de Death Magnetic, St Anger ou Kill’em All, le dernier album est fièrement représenté. « Atlas, Rise ! », « Halo On Fire », « Now That We’re Dead » et chaque soir un nouveau titre selon les salles : « Dream No More » et « ManUNkind » à Paris, tandis que Lyon aura « Confusion ». Car c’est aussi ça la force de Metallica : la variété des setlists. En allant à deux concerts consécutifs de Metallica, vous ne tomberez jamais sur la même setlist. Bien sûr, le groupe est obligé d’offrir à tout le monde ses classiques comme « Master Of Puppets », « For Whom The Bell Tolls » ou même « One ». Mais selon la date que vous avez choisi, vous tomberez sur « Leper Messiah », « Through The Never » ou « Of Wolf And Man » ; « Creeping Death », « Fuel » ou « Memory Remains ». Tout cela apportant aux ultimes fans du groupe qui les suivent partout beaucoup de variété, et prouvant par la même la richesse de la discographie du groupe. Reste qu’en dehors des nouvelles chansons, les setlists auraient sans doute mérité une ou deux raretés parmi cette avalanche de classiques. Les séquences émotions pour les fans de musique et de Metallica seront nombreuses. Comme lors de la reprise d’ »Antisocial » ou « Les Champs Élysées » par Kirk Hammett durant un duo avec le bassiste Robert Trujillo. Mais aussi un solo de basse reprenant « (Anesthesia) Pulling Teeth » par Cliff Burton pendant que des extraits live de l’ancien bassiste de Metallica passent sur les écrans. Par ailleurs, il est à noter quelques reprises sur ces dates, des Misfits (« Last Caress » et « Die, Die My Darling! ») et « Helpless » de Diamond Head qui aura résonné le dimanche à Paris.

Kirk Hammett

L’aspect scénique n’est pas en reste non plus. En arène, une cinquantaine de cubes dans les airs qui montent et descendent servent d’écran durant le show, affichant sur certains titres des dessins de fans à l’effigie du groupe et de ses membres ou des places de concerts de Metallica en France durant « Seek & Destroy », ou montrant le clip vidéo de « One » durant sa performance. On note aussi la présence (très) sporadique de flammes, de feux d’artifices réduits pour « Enter Sandman » et des mini-drones. Et oui durant « Moth Into Flame », une vingtaines de drones réduits lumineux feront des figures dans le ciel. Donnant une touche unique au concert et une certaine prouesse technique de voir tout cet essaim de drone au-dessus du groupe (dont un qui se sera fait la malle en partant de travers au dessus du public à Lyon). Et pour « Now That We’re Dead » des cubes sortiront du sol, réunissant les quatre musiciens pour une séquence percussion inattendue, Sepultura style ! James Hetfield est très causant avec le public, nous parlant de cette famille Metallica, ciblant des fans dans le public pour leur parler, comme un enfant d’une dizaine d’année sur les épaules de son père à Lyon. Robert Trujillo est toujours aussi concerné, avec cette attitude simiesque très proche du sol qui lui est propre. Lars saute comme à son habitude de sa batterie, fait crier le public et prouve qu’il est toujours aussi dynamique. Et même si Kirk Hammett faiblit sur la date de Lyon (« Nothing Else Matters ») et que son jeu reste néanmoins assez brouillon, il nous fournira malgré tout de bons solos. Si le public parisien pousse fortement, les Lyonnais donnent bien plus de circle pit, notamment sur « Welcome Home (Sanitarium) ». Et très vite au sein de la Halle Tony Garnier, le chaos règne dans le pit.

Après « Battery » pour Lyon, « Blackened » et « Fight Fire With Fire » respectivement pour les dates parisiennes, il est temps de dire au revoir à l’un des groupes les plus importants de l’histoire du metal. « Nothing Else Matters » et « Enter Sandman » closent ces dates, et les adieux se font sur les riffs finaux de « The Frayed Ends Of Sanity ». Pendant que Kirk et Robert jettent dans le public par centaines les médiators personnalisés, James remerciera chaudement la France et les publics qui les auront accueillis après plus de 30 ans de scène. Des publics qui auront droit à plus de 2H20 de concert dans une ambiance explosive et dans des salles pleines à craquer. Malgré les critiques sur le groupe, ou le prix des places de ces concerts, on ne regrette aucune seconde de ce que l’on vient de voir. Bien sûr, on aurait aimé entendre encore d’autres chansons, comme par exemple un petit « Orion », résonner dans les murs des salles françaises, mais pour cela on attendra un prochain passage en France.

Robert Trujillo et Lars Ulrich

Setlists

AccorHotels Arena (Paris) – 08/09/2017 :

Hardwired
Atlas, Rise!
Seek & Destroy
Leper Messiah
The Day That Never Comes
Now That We’re Dead
Dream No More
For Whom The Bell Tolls
Halo On Fire
Last Caress
Creeping Death
Moth Into Flame
Sad But True
One
Master Of Puppets
Rappels :
Blackened
Nothing Else Matters
Enter Sandman

AccorHotels Arena (Paris) – 10/09/2017 :

Hardwired
Atlas, Rise!
Seek & Destroy
Through The Never
Fade To Black
Now That We’re Dead
ManUNkind
For Whom The Bell Tolls
Halo On Fire
Helpless
Fuel
Moth Into Flame
Sad But True
One
Master Of Puppets
Rappels :
Fight Fire With Fire
Nothing Else Matters
Enter Sandman

Halle Tony Garnier (Lyon) – 12/09/2017 :

Hardwired
Atlas, Rise!
Seek & Destroy
Of Wolf And Man
Welcome Home (Sanitarium)
Now That We’re Dead
Confusion
For Whom The Bell Tolls
Halo On Fire
Die, Die My Darling
The Memory Remains
Moth Into Flame
Sad But True
One
Master Of Puppets
Rappels :
Battery
Nothing Else Matters
Enter Sandman

Report : Matthis Van der meulen.
Photo The Four Horsemen : Matthis Van der meulen.
Photos Kvelertak et Metallica : Nicolas Gricourt.



Laisser un commentaire

  • J’ai assisté au concert du vendredi 8 septembre.
    Franchement, rien à redire. C’était un putain de beau concert !
    Je retiens particulièrement la reprise d’Antisocial en instru par Kirk et Robert et aussi « (Anesthesia) Pulling Teeth » par Robert qui m’a fichu un putain de frisson.
    100 € c’est cher mais comme on ne les voit pas tous les ans, ça reste gérable !
    Jean-Luc, Met fan depuis le début des années 90

    [Reply]

  • « Tout cela apportant aux ultimes fans du groupe qui les suivent partout beaucoup de variété »

    La preuve que changer un mot de place change tout 😀

    C’est plutôt « Tout cela apportant aux fans ultimes du groupe qui les suivent partout beaucoup de variété » qu’il fallait écrire 😉

    [Reply]

  • oui Kvelertak , excellent groupe qui mérite clairement plus de reconnaissance , et sinon très peu de retour des gens qui ont assisté aux concerts ?? c’est peut être un autre public lol ?
    La dernière fois que j’ai vu les Mets c’était pour le big 4 et je tiens à rester sur cette bonne note. J’ai laché le groupe depuis pour divers raisons… Ce qui m’empêche pas d’écouter régulièrement les 4 premiers albums et death Magnetic

    [Reply]

  • « Si d’un côté on notera l’absence de titres de Death Magnetic, St Anger ou Kill’em All, le dernier album est fièrement représenté. »
    Et ben et ben, c’est pourtant bien écrit dans les setlists :
    Death Magnetic > The day that never comes, joué le 08/09 à Paris
    Kill’em All > Seek & Destroy, tous les soirs en 3ème.
    Saint Anger > ok là ils ont bien fait de ne rien jouer 🙂

    [Reply]

    Spaceman

    On dira « la quasi absence » alors 😉

    TANA

    One faisait partie de la setlists du 8/09

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