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Live Report   

Leprous : l’obligation de l’envol


Leprous à Lyon n’est pas une nouveauté. Les Norvégiens étaient déjà venus en 2013 dans cette même salle du Ninkasi Kao. Seulement le groupe évolue tellement vite qu’entre deux dates, il est facile de perdre ses repères. The Congregation (2015) démontrait une progression dans la droite ligne de Coal (2013), un poil moins orchestral et plus accessible : de quoi structurer parfaitement un set. On pouvait spéculer sur beaucoup de choses : quelle nouvelle composition se prêterait le mieux au live, quelle part allaient occuper les deux derniers ouvrages de Leprous dans leur setlist, comment allait s’illustrer leur nouveau batteur Baard Kolstad … Leprous y a répondu : toutes ces interrogations sont futiles.

En attendant le groupe phare de la soirée, RendezVousPoint s’est chargé d’ouvrir les hostilités. Peu de gens connaissaient le jeune groupe, justement projet de Baard Kolstad. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est aisé de faire le lien avec la musique de Leprous du moins en live (même batteur et même guitariste en la personne de Petter Hallaråker). Trop aisé même.

Artistes : LeprousSphereRendezvous Point
Date : 12 octobre 2015
Salle : Ninkasi Kao
Ville : Lyon [69]

Bien que davantage mélodique et moins « sombre », Rendezvous Point entretient à de nombreuses reprises une parenté trop forte avec la tête d’affiche, un peu à l’image de l’écueil du premier album de Soen, Cognitive (2012), et de la musique de Tool. Certes, il y a bien pire comme référentiel et le groupe joue excellemment bien, mention spéciale au chanteur Geirmund Hansen. Le problème est qu’avec les compositions proposées, on en vient à douter de la viabilité du projet si ces derniers ne s’éloignent pas des plates-bandes de Leprous.

Sphere

Sphere n’a pas tardé à prendre la relève. Curiosité que ce groupe, auteur du plutôt honnête Primordial sorti en 2013. Oscillant entre de l’indus et du djent, le combo n’a pas peiné à déstabiliser certains membres de l’audience plus enclins à apprécier les mélodies moins abruptes de Leprous. La force de Sphere réside définitivement dans le duo de chanteurs que sont Marius Strand et Isak Haugan, bien que poussés dans leurs derniers retranchements à quelques reprises. Surtout, quelle basse. Oui, une basse incrustée de diodes : Sphere ne recule devant rien pour installer une atmosphère « futuriste », voire « robotique ». Toutefois, lorsqu’on est familier du genre musical, les compositions du groupe paraissent fades, parfois stériles et trop peu de riffs marquants émergent. Il ne faut pas s’y méprendre, Sphere a un potentiel avéré. Mais ce soir, ils ouvraient pour une entité hors-norme.

Le charisme de Einar Solberg (Leprous)

Certes, le public était déjà acquis, en témoigne la distribution bienvenue de flyers illustrant la fameuse mouche, emblème du groupe : initiative fort appréciable. Certes, la qualité de Leprous n’est plus à démontrer, Coal et The Congregation s’en sont chargé de fort belle manière. Il n’empêche que ce 12 octobre au Ninkasi, Leprous a démontré qu’il était au-dessus de nombre de groupes actuels. Le suspense n’a pas tenu longtemps : installations vidéo, chemises noires et prestance quasi-nobiliaire pour une démonstration de classe absolue. Rien de tape-à-l’œil, simplement une manifestation de talent à tous les instants. Le son était parfaitement calibré et il n’a suffi que des premières notes de la voix d’Einar Solberg pour emporter tout le public. « The Flood » a tout du titre d’ouverture parfait : une longue introduction aboutissant sur l’un des meilleurs riffs de The Congregation. A peine huit minutes pour donner le ton. La setlist de Leprous est un petit bijou, composée essentiellement de compositions de Coal et du dernier ouvrage en date : « Chronic », « Rewind », « Foe », autant de titres qui sont exécutés avec une justesse rare et créent une alchimie parfaite entre le groupe et son public.

Entre ombres et lumières

Parfois, on se surprend même à frissonner. « The Cloak » et ses envolées lyriques sont un véritable ascenseur émotionnel. Tout semble à sa place. On l’a dit, Einar Solberg est un parangon de maîtrise, Tor Oddmund Suhrke et Petter Hallaråker ne font aucun faux-pas, Baard Kolstad démoralise les aspirants-batteurs en les renvoyant à leurs rudiments (sans compter que pour Petter et Baard, il s’agissait de leur deuxième set et qu’ils ne se sont pas retenus : grand professionnalisme lorsqu’on a conscience de l’épreuve physique et mentale que représente un set). Le concert va crescendo jusqu’à atteindre l’effervescence avec un titre comme « The Valley ». La salle aura même droit à un second rappel qui témoigne de l’affection réciproque entre le public de ce soir et le groupe. Leprous clôture ainsi par « Forced Entry », titre fou et épique s’il en est.

À l’issue du concert, peu de doutes subsistaient. Leprous venait de réaliser une véritable prouesse. Un set sans fautes, au pire excellent, au mieux exquis. Capable de réaliser de telles prestations, la notoriété du groupe devrait s’envoler. L’inverse serait déprimant. Savoir ce que la formation va jouer, savoir si ils vont assurer… ces questions sont bel et bien devenues obsolètes concernant les Norvégiens. Désormais, lorsque Leprous joue, il n’y a qu’une seule problématique : « comment y aller ? ».

Simen Daniel Børven

Setlist (sous-réserve) :

1. The Flood
2. Foe
3. Third Law
4. Chronic
5. Rewind
6. The Cloak
7. Acquired Taste
8. Red
9. Slave

Rappels :

10. The Price
11. Moon
12. Down
13. The Valley

Second rappel :

14. Forced Entry

Photos : Claudia Mollard.



Laisser un commentaire

  • Du coup si, j’ajouterais juste que, sans manquer de respect au futur grand guitariste qu’est le généreux Petter Hallaråker, le jeux d’Øystein Landsverk m’a quand même beaucoup manqué.

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  • Grand Merci pour ce report, arrivé tardivement, mais arrivé quand même !
    Rien à ajouter.
    Leprous commence enfin à trouver son public, et c’est plus que mérité.
    Mais qui donc c’est qui a distribué les mouches ?

    [Reply]

  • Pas mieux… C’était une pure tuerie (pour Leprous)

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