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Interview   

Les Devil Rollmops : la relève de Vaginal Purulence


Les Devil Rollmops sont le Gojira français. Proposant une musique speed/mid-tempo/lente à la fois révolutionnaire et traditionnelle, les filets de hareng roulés et marinés dans du vinaigre aigre-doux de l’enfer sont les dignes successeurs de Mayhem et de Within Temptation. Tout en s’affranchissant totalement de leurs influences, ils leur restent particulièrement fidèles.

A l’occasion de la sortie de leur exceptraordinaire première démo, Radio Metal, en partenariat avec notre partenaire 1000% Metal Frenchcore dont l’expertise en interview et la pertinence des questions ne sont plus à prouver, vous propose une interview de l’interviewé. Un musicien qui n’a pas sa langue dans sa poche qui, lui, ose dire que Justin Bieber, c’est de la merde et qui n’a pas peur de se lancer en croisade contre le diktat des musiciens qui réfléchissent. Une interview fédératrice que nous dédions à tous nos confrères, à tous les musiciens et à tous les fans de metal.

« Je ne crois pas exagérer en affirmant que ça ne ressemble à rien : très agressif et, en même temps, extrêmement mélodique, excessivement malsain et dépressif, tout en étant joyeux et entraînant, un tempo très élevé à la limite de la crise de tétanie, mais très lourd et pesant avec de vraies innovations et particularités, mais ancrées dans la tradition stricte. « 

Radio Metal et 1000% Metal Frenchcore : Tout d’abord peux-tu présenter ton groupe pour ceux qui ne le connaissent pas encore ? Tout d’abord quel est le nom de votre groupe ?

Devil Rollmops : Ben… (NDLR : hésitation)… euuh, ben (NDLR : réflexion profonde et regard fuyant), on s’appelle les Devil Rollmops. Le groupe s’est formé en 1986 et après quelques changements de line-up pour diverses raisons personnelles, on est plutôt fier de sortir notre première démo officielle cette année.

Faites-vous des reprises ou plutôt des compos ?

En fait, on fait principalement des reprises de nos compos : le groupe Devil Rollmops ayant déjà quelques années d’existence, on reprend les titres des débuts du groupe, qui n’ont jamais vu le jour sur un vinyle, une cassette ou un CD, malheureusement, mais dont les partitions traînent encore dans le local de répet’. Et franchement, y a de la vraie bombe de titre qui déchire tout, notamment un qu’on a retrouvé écrit au verso d’un poster de Trust en le décrochant pour mettre un calendrier de Clara Morgane à la place. Mais je vous en dis pas plus. On s’inscrit à la SACEM avant tout et ensuite on pourra parler plus tranquillement de ces petits bijoux de création.

Comment décrirais-tu votre style à nos lecteurs ?

Je ne crois pas exagérer en affirmant que ça ne ressemble à rien : très agressif et, en même temps, extrêmement mélodique, excessivement malsain et dépressif, tout en étant joyeux et entraînant, un tempo très élevé à la limite de la crise de tétanie, mais très lourd et pesant avec de vraies innovations et particularités, mais ancrées dans la tradition stricte. Si vraiment il fallait comparer à un groupe plus conformiste sur la scène existante, je dirais qu’on est à cheval entre Mortician et Marcel Amont.

Il y a de ça huit ans, vous avez fait un concert en première partie de Elu Vessie, le cover band hongrois officiel d’Eluveitie. Ça fait quoi ?

Ça fait mal au cul ! J’veux dire : c’était vraiment incroyable pour nous, et je crois qu’il y a vraiment eu un « avant » et un « après » dans l’existence du groupe Devil Rollmops. D’autant qu’il faut savoir qu’on s’est retrouvé dans cette extraordinaire aventure par hasard. On est arrivé au café concert, avec tout le matos, vendredi au lieu de samedi. Et comme Elu Vessie n’avait pas de première partie pour son show… Le soir même, on avait vraiment du mal à réaliser ce qui nous arrivait et le fait qu’il n’y ait pas eu de clients au bar ce soir là n’y a rien changé : ça restera la soirée du basculement de Devil Rollmops dans la cour des grands.

Est-ce qu’une première partie aussi prestigieuse a eu des répercussions sur votre carrière ?

Pour sûr ! Et ça ne s’est pas fait attendre : dès la fin de notre show, le patron du bar nous a servi un demi à chacun et nous a laissé entendre à demi-mot qu’on pouvait venir rejouer quand on voulait. Malheureusement, il a fermé entretemps. Ce même soir, un bonheur n’arrivant jamais seul, Pjiötr lui-même (chanteur d’Elu Vessie) nous a félicités pour notre prestation. C’était hallucinant. Un gros moment, vraiment.

« Personne n’amène d’idée. C’est un système qui est à la base de la réussite du projet. Les idées ruinent la spontanéité du métal. Donc on se force à venir sans rien. […] Cette idée explique notre séparation avec notre dernier guitariste qui est arrivé un jour avec une suite d’accords à proposer. C’en était trop. »

Peux-tu nous présenter votre première démo ?

Bien sûr ! Démo, je te présente le journaliste ! (rire gras)

Comment s’est passé l’enregistrement de cette première démo ?

Je crois que le plus dur dans cette aventure aura été de récupérer l’enregistreur 4 pistes qui était censé se trouver dans le grenier chez mon oncle Bernard (NDLR : Bernard Brideveau qui fut lui-même bassiste des Devil Rollmops entre 1987 et 1989), que l’on a cherché une après-midi entière. C’était à devenir fou ! (rires) Il y a eu aussi de nombreuses complications relatives aux contraintes de calendrier de chacun : Jean-Luc et Wilfried (NDLR : batteur et guitariste) jouent dans l’équipe municipale de water-polo et ont souvent match le weekend.

Cette démo contient cinq titres. Pourquoi ce choix ?

Ouille, tu mets le doigt sur le principal sujet de discorde au sein du groupe. On a passé quelques soirées sur cette discussion piquante (NDLR : débat ayant entraîné un changement de line-up quasi intégral). Pour ma part j’en voulais trois et j’ai finalement perdu à la courte paille.

Le deuxième titre est placé après le premier. Pourquoi ce choix ?

Ça va probablement te surprendre et faire un peu de bruit dans le milieu, mais c’est un choix délibéré. On a voulu affirmer notre côté direct et sans compromis.  Et si ça gène quelqu’un, je suis prêt à en parler d’homme à homme.

Peut-on dire que c’est l’album de la maturité ?

Absolument, d’ailleurs c’est pas un album mais une première démo. Et il faut déjà une sacrée dose de maturité pour en arriver là. Mes parents sont plutôt fiers de moi, surtout après avoir encore une fois raté le permis de conduire.

Comment composez-vous vos morceaux ? Y a-t-il quelqu’un qui amène une idée ?

(NDLR : air interrogatif) Ah non, personne n’amène d’idée. C’est un système qui est à la base de la réussite du projet. Les idées ruinent la spontanéité du metal. Donc, on se force à venir sans rien. On fait le vide dans nos têtes et on joue. Cette idée explique notre séparation avec notre dernier guitariste qui est arrivé un jour avec une suite d’accords à proposer. C’en était trop.

Quelle est la signification du titre ? De quoi parlent les chansons ?

Il n’y a pas de titre. Nous avons choisi de ne pas en mettre car cela nous associerait à ce fléau du professionnalisme et donc de la dés-intégrité qui touche de plus en plus de groupes. Pour ce qui est des chansons, en fait, « Plastic Bag And Sanitary Towel » (Sac plastique et serviette périodique) est un titre qui milite contre la pollution des océans. Le titre a été composé lors de vacances à Naples de l’ancien chanteur, où l’eau est vraiment dégueulasse. Les paroles sont très profondes et intenses mais violemment anti-italiennes. Dans la démo cinq titres, cette chanson est enregistrée en version studio et deux versions live. Les deux autres titres sont des reprises (NDLR : Plastic Bertrand « Ça Plane Pour Moi » façon porno-grind-core et Bernard Minet « Terre Attention Danger » dans un style plus funeral doom) .

Est-ce un concept album ?

Oui, oui, parfaitement, il faut que tout cela cesse. On peut plus continuer comme ça, et j’espère qu’à notre façon, on arrivera à faire entendre notre message à travers le monde.

La pochette représente un diable en train de tuer le Christ avec ce qui semble être une barre-à-mine. Y a-t-il un sens caché ?

Oh, là, attention, tu fais bien de me le demander car on craint un peu une incompréhension du public et des maisons de disques !!! En fait, en choisissant cette pochette – qui pixelise même pas d’ailleurs en 12X12cm, on a vérifié sur notre imprimante, sachant  que l’image pesait 28Ko sur Google Images – que certains pourraient percevoir comme une provocation,  on voulait simplement… Euh, comment le dire simplement…? (NDLR : air songeur et pénétré) Ben, en fait, on voulait essayer de démontrer de façon allégorique le fait que l’humanisme au sens de la morale universelle porteuse d’une sorte de philologie absolue rejetant la validité de quelconques justifications transcendantales sur le déterminisme individuel se trouve aux prises avec une menace latente de pélagianisme collectif, de recul de la rationalité brute au travers d’un prisme dogmatique qui semble imposer le déterminisme métaphysique de la pensée  humaine. (NDLR : subite odeur de pneu brûlé dans la pièce) Tu vois le truc un peu ? T’aurais un verre d’eau, au fait?

Non. C’est pas metal. Est-ce que, d’une certaine manière, on ne pourrait pas simplement dire que le diable est en train de tuer le Christ ? Que penses-tu de cette interprétation ?

Ouais, ben ouais, c’est pas con, ça, aussi… En fait… C’est plutôt classe, même, hein ? T’as moyen de le mettre comme tu l’as dit toi dans ton papier ? T’as dit comment déjà ?

« La dernière chose que l’on veuille, c’est vendre des millions d’albums et participer à ce système pourri ! On se méfie beaucoup du succès et de ses conséquences. Pour l’instant on a su l’éviter en faisant très attention, et c’est tant mieux ! »

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

On essaie de pas trop en avoir, sans cela, on peut se faire déborder par les idées. Tous les groupes qui réussissent se sont trouvé victimes d’un excès d’inspiration. Du coup, on essaie de pas trop penser ou se laisser divaguer. On essaie d’être le plus simple possible, on s’efforce de ne jamais réfléchir sur ce qu’on voit et on y arrive, je crois, modestement.

Qu’en est-il de l’avenir ? Avez-vous envie de vendre des disques ou bien préférez-vous être libres artistiquement ?

La dernière chose que l’on veuille, c’est vendre des millions d’albums et participer à ce système pourri ! On se méfie beaucoup du succès et de ses conséquences. Pour l’instant on a su l’éviter en faisant très attention et c’est tant mieux !

(NDLR : à propos du décès de Dimebag Darrel) « Ça fait vraiment trop chier, surtout que Mötley Crüe était vraiment un groupe de référence pour moi. D’ailleurs, il y a plein d’artistes du metal qui meurent ces dernières années et je voudrais en profiter pour dire que c’est vraiment révoltant. On devrait pas laisser faire ça, sans quoi, un jour prochain, il n’y en aura plus du tout. C’est important de sensibiliser les gens là-dessus. « 

Que penses-tu de la scène metal française ?

C’est de la merde… Et tout spécialement dans notre région à nous… Je citerai personne car j’ai pas envie de profiter de la tribune dont je profite pour cracher sur les collègues, mais par chez moi, y a quelques groupes de vrais connards qui se reconnaîtront.

Que représente l’esprit du metal pour toi ?

L’esprit du metal… Ben dans ma tête je me le représente barbu, un peu vieux et avec un Perfecto blindé de patches, vivant sur un nuage noir, genre un peu comme celui de la pub Nespresso mais en plus crade, quoi.

Qu’est-ce que tu as pensé du récent décès de Dimebag Darrel il y a six ans ?

Ça fait vraiment trop chier, surtout que Mötley Crüe était vraiment un groupe de référence pour moi. D’ailleurs, il y a plein d’artistes du metal qui meurent ces dernières années et je voudrais en profiter pour dire que c’est vraiment révoltant. On devrait pas laisser faire ça, sans quoi, un jour prochain, il n’y en aura plus du tout. C’est important de sensibiliser les gens là-dessus.


Interview faite en décembre 2008 par Dark Dickinson, journaliste de haute voltige, acéré et pointu, dans l’exercice d’une profession qui l’exige. Plus connu sous le nom de Dédé dans la rédaction de 100000 méga% Metal Frenchcore.

En partenariat avec : 1000% Metal Frenchcore, « L’incontournable ultime référence, réactive, maléfique et funeste des musiques de l’ombre noire »

Site internet DEVIL ROLLMOPS : Conformément au désir de l’artiste de ne faire découvrir sa musique qu’aux plus méritants, nous n’avons pas publié l’adresse du site internet du groupe, par ailleurs en travaux depuis plusieurs mois.



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  • Lenny_Bar dit :

    C’est con, mais la point de vue duquel on voit le diable sur la pochette me fait penser à… Pokemon.
    (Dracaufeu rencontre Jesus sauvage!
    Dracaufeu utilise attaque PIQUE
    C’est très efficace!)

    [Reply]

  • En quoi ce sont les Gojira français?
    Gojira sont Allemand peut-être?

    [Reply]

    El Molusko

    +1
    J’ai pas été le seul à me poser la question =D

    Jilkaren

    +1 aussi, ils m’ont foutu le doute avec leur article.

    Ouais mais les baleines c’est pas français!!!
    En plus c’est bon les rollmops.

    Moi je vais acheter leur demo, ils ont trop une pochette de winner!

  • Cuthalion DK dit :

    Enorme, tout simplement!^^

    [Reply]

  • IXequilibrium dit :

    j’ai beaucoup aimé leur humour héhé

    surtout le passage entre vous :

    « T’aurais un verre d’eau, au fait? »

    « Non. C’est pas metal. »

    Je vais les découvrir de ce pas !

    [Reply]

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