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Live Report   

Les divans rêvent-ils de combos électroniques ?


Artistes : CombichristMortiis
Date : 2 février 2011
Lieu : Paris
Salle : Le Divan Du Monde

Ce soir, on devient « electrohead » avec Combichrist

Six mois après leur passage en France, les membres de Combichrist reviennent à la charge avec un nouvel album, Making Monsters, et donc avec de nouveaux tubes à nous envoyer dans les oreilles. A l’époque, lors de cette première date au Divan du Monde, le groupe avait joué en exclusivité « Never Surrender », figurant sur ce nouvel opus. Cette fois-ci Andy LaPlegua va nous proposer un show bien différent mais toujours aussi excitant.

Si l’affiche du concert de l’été 2010 était définitivement orientée vers des formations électro-indus (Dismantled et Rabia Sorda), la première partie de cette soirée proposera aux Parisiens un metal industriel relativement simple mais efficace. Mais surtout il s’agit d’un groupe culte qui avait pratiqué il y a fort longtemps un dark ambient bien pensé : Mortiis. Ce projet solo de Håvard Ellefsen, également connu pour avoir été l’un des membres fondateurs du groupe de black metal Emperor, s’est transformé en une machine industrielle soutenue par des rythmiques martiales continues et des guitares énervées.


Les musiciens de Mortiis auraient pu tourner quelques scènes dans Mad Max avec leurs fringues déchirées et couvertes de farine. Cependant, le leader du groupe, malgré son maquillage, ses dreadlocks et son look destroy, ne sera pas grimé en troll ce soir. La formation nous présente leur nouvel album, Perfectly Defect (en libre téléchargement sur leur site internet – démarche plutôt sympathique) après quelques années d’absence. Musicalement les Norvégiens sont en forme : le son est impeccable mais les compositions ont du mal à plaire véritablement à un public venu en bloc pour voir notre cher Andy LaPlegua.

Les titres s’enchaînent et ne sont pas vraiment originaux malgré le punch qui s’en dégage. Ce sera justement le point fort de cette première partie pour ce soir : une puissance qui n’est pas à négliger lorsque l’on précède un groupe qui va envoyer des beats électroniques en masse. En effet, si la foule était peu réceptive au début du set, Mortiis a réussi à faire bouger les têtes au milieu de leur prestation grâce à un titre déclencheur, « Decadent And Desperate », très efficace en live. Impossible de ne pas penser à Nine Inch Nails à leur grande époque (début des années 1990) tant la ressemblance, aussi bien au niveau visuel que musical, est frappante.

Il faut également préciser que le matériel de Combichrist prend beaucoup de place sur scène. On notera donc le professionnalisme des Norvégiens qui investissent très bien les lieux malgé ce handicap. Le set de Mortiis aura duré une petite heure et aura bien échauffé les esprits pour la suite. On regrettera peut-être une playlist mal équilibrée mais qui nous a offert de grands moments.

Combichrist

C’est au tour de Combichrist de prendre le devant de cette scène sympathique et très conviviale du Divan du Monde. Lors de leur dernier passage sur Paris, le groupe avait plus ou moins délaissé le maquillage mais, ce soir, les rois de l’EBM new school ont ouvert les pots de peinture. Cela peut paraître anodin mais le show en sera d’autant plus agréable à regarder. Le dispositif scénique sera le même que celui de leur passage précédent avec les deux batteries sur les côtés et le claviériste posté sur une estrade au milieu, laissant beaucoup de place au leader.

Andy LaPlegua (Combichrist)

Le set commencera très calmement avec « Reclamation » suivi de « Just Like Me » et « Follow The Trail Of Blood ». Le public est bien évidemment réceptif mais ne commencera à bouger dans tous les sens qu’avec l’apparition d’un répertoire un peu plus ancien comme avec les titres « Today I Woke To The Rain Of Blood », « Get Your Body Beat » ou encore « Blut Royale ». Le jeu scénique d’Andy est assez amusant, adoptant des grimaces inquiétantes et occupant parfaitement bien l’espace disponible grâce à un charisme définitivement à l’opposé de celui d’un beignet aux pommes.

L’un des titres que le combo(-christ ; huhuhu !) se doit de jouer, c’est « Electrohead » qui fait sauter les fans comme les simples curieux. L’art de Combichrist est de réussir à faire monter la pression grâce à l’accumulation de sons de plus en plus intenses avec des rythmiques toniques omniprésentes.

Combichrist

Le « véritable » batteur en impose en martelant ses fûts et en ne loupant pas une occasion d’envoyer ses baguettes en l’air alors que le second batteur soutient les morceaux avec ses nombreux roulements. On pourra regretter l’uniformité du jeu de ce dernier qui aurait pu donner plus de basses au concert, mais le visuel était tout de même au rendez-vous. Les membres de Combichrist font preuve de métier en nous proposant une performance à la hauteur des espérances et, forcément, le public n’hésite pas à scander les hymnes des tubes qui retentissent dans cette petite salle de concert tout à fait honorable.

Combichrist

L’endroit s’est transformé en une boîte de nuit underground dirigée par le grand gourou Andy. Le spectacle se terminera par deux rappels très importants puisque les ravissants titres « Scarred », « Fuck That Shit » puis « This Shit Will Fuck You Up » et « What The Fuck Is Wrong With You? » seront joués. Autrement dit des morceaux indispensables pour terminer en beauté cette soirée dédiée aux Norvégiens électroniques d’une durée environ une heure vingt. Un show peut-être court mais efficace, et surtout bien équilibré.

Au final, nous avons assisté à un concert excellent et inattendu avec une bonne prestation de Mortiis qui restera dans les mémoires de bon nombre d’adorateurs d’une des têtes pensantes du domaine électro-indus. Un grand merci donc aux organisateurs pour cette date formidable.

Photos sublimes : Julien Perez.



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