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Interview   

Les histoires d’Orphaned Land


Des sujets à aborder avec Orphaned Land, ce n’était pas ce qu’il manquait. Et ça tombe bien, le chanteur Kobi Fahri est un excellent client des interviews. L’homme est charmant et ouvert à toute forme de discussion.

Ainsi, nous avons parlé avec lui d’histoires. De l’histoire avec un grand H évidemment, sujet inséparable de la musique du groupe, mais aussi d’histoires plus précises, telle, par exemple, que celle de Chen Balbus, qui a fini par réaliser son rêve d’enfance en rejoignant Orphaned Land. Kobi nous en fait un portrait élogieux, parlant de ses compétences avec les outils les plus modernes de la musique et évoquant un dévouement et une implication des plus importants malgré son arrivée récente. Kobi nous parle également de l’histoire de Johanna Fakhry, la danseuse qui avait dansé avec Orphaned Land au Hellfest 2011, brandissant côte à côte des drapeaux libanais et israéliens, acte qui lui avait valu les foudres de son propre pays.

Une interview à découvrir ci-après, simplement intitulée « Les histoires », car elle rappelle que, du fait de son éducation, du lieu où l’on a grandi ou simplement de notre manière que l’on a de se documenter sur un sujet, on peut percevoir l’histoire d’une manière différente.

Mais, le plus important restant malgré tout la musique, nous avons évoqué avec le chanteur l’écriture et l’enregistrement d’All Is One, nouvel album du groupe, plus accessible, car ayant vocation à transmettre le message d’Orphaned Land plus simplement.

« Tout commence et se termine par la mauvaise éducation. Si le premier cadeau qu’on offre à un enfant est un faux pistolet, et qu’il se met à tuer des gens sur ordinateur dès six ans… »

Radio Metal : Le titre de l’album, All Is One, fait référence au fait que, « historiquement, les Juifs et les Arabes sont frères, car ils descendent tous d’Abraham. Mais les conflits et les différends sont si énormes qu’on l’a oublié ». Penses-tu que le plus gros problème dans ce monde n’est pas la haine des différences, mais simplement l’ignorance ?

Kobi Farhi (chant) : Bien sûr. Si je devais résumer la cause du problème en un mot, ce serait « éducation ». Tout commence et se termine par la mauvaise éducation. Si le premier cadeau qu’on offre à un enfant est un faux pistolet et qu’il se met à tuer des gens sur ordinateur dès 6 ans… Ça paraît normal aux parents, ils sont fiers d’acheter le dernier jeu vidéo à leur enfant. Les parents sont tout aussi idiots. Donc oui, ça a beaucoup à voir avec l’ignorance. On ne voit pas comment offrir un faux pistolet peut conduire à lire des histoires parlant de mort et de gens s’entretuant dans les journaux ; on ne voit pas le schéma. Moi, je le vois clairement, et c’est un problème d’éducation. Tout ça, c’est à cause de notre ignorance. Il n’est pas dans notre nature d’être ignorants, nous sommes simplement élevés et éduqués pour être stupides. C’est ce que je dis dans la chanson « Fail » : on me lave le cerveau pour que n’importe quel menteur avec un brin de charisme de transforme en berger. C’est ce qui se passe aujourd’hui : n’importe qui avec un peu de charisme débarque et on suit comme des moutons. Les journaux, les leaders, les prêtres… Au final, on prie et rien ne change. L’ignorance n’est pas un bonheur.

Orphaned Land est un groupe très collaboratif, où tout le monde apporte sa contribution. Le titre All Is One est-il également un moyen de symboliser la façon dont le groupe fonctionne ?

Oui, absolument. Cela représente la façon dont le groupe fonctionne et la façon dont la musique rassemble les gens plus que n’importe quoi d’autre. Pendant un concert, on voit des gens de tous horizons qui ont une chose en commun : ils aiment le groupe. Cela n’arrive pas en politique ou dans d’autres aspects de la vie. Le concept « tout est un », je le vois dans nos concerts au Moyen-Orient, où nous avons énormément de fans arabes, bien que le groupe soit israélien. Le symbole sur la pochette de l’album est un rêve, une utopie – et l’album évoque d’ailleurs l’opposé. Il y a une contradiction entre la pochette et le nom de l’album d’un côté et ce qui se passe réellement de l’autre. C’est un rêve, tandis que les chansons représentent une triste réalité. D’une certaine façon, l’unité existe, mais seulement pendant nos concerts et quand nous écrivons de la musique. Elle existe à une toute petite échelle de compréhension entre les peuples.

C’est un début, non ?

Oui, c’est déjà ça. C’est un mouvement qui concerne quelques dizaines de gens sur des centaines de millions. On ne fait qu’effleurer la surface, mais c’est peut-être une lueur au bout du tunnel. Donc oui, c’est cool. Je ne sais pas si ça changera de mon vivant, mais c’est cool de savoir que les gens peuvent suivre d’autres chemins si on leur montre la voie et qu’on les éduque.

Matti Svatitzky a été remplacé par Chen Balbus l’an dernier. Apparemment, Chen a joué un rôle important dans l’écriture de l’album. Comment sa contribution a-t-elle changé votre façon de travailler ou votre son ?

Pour commencer, il vient de la jeune génération douée en informatique. Il sait comment faire des démos et comment arranger une pré-production sur un ordinateur d’une façon qui me dépasse. Je suis un vieux des années 90, je suis de la vieille école ! Je suis né à l’époque de la télé pourrie et des cassettes ! Je suis primitif sur ce sujet. On a confié du nouveau matériel à Chen et il l’a arrangé sous forme de chanson, a écrit la batterie et ajouté des claviers. Il en a fait quelque chose de formidable, et il l’a fait tout seul. Il a fait des choses que nous ne savions pas faire. Il permet à Orphaned Land de travailler plus vite. Maintenant, quand nous composons une chanson, il s’en occupe tout de suite. Si nous avons des commentaires – « Change ça, mets ça ici, rallonge ce passage, ajoute un clavier ici » –, quoi qu’on lui dise, il les implémente si rapidement que j’ai le résultat au bout d’une demi-heure. Nous sommes plus rapides aujourd’hui. En termes de démos et de pré-production, nous avons tout fait à domicile, dans sa chambre. C’était vraiment rapide, et il a fait des miracles. J’avais une excellente idée des chansons rien que par son travail. Il apporte une grande contribution, sans parler du fait que c’est un véritable esprit Orphaned Land. Il sait écrire de la musique pour le groupe, et il a même écrit quelques chansons pour cet album.

A propos de Chen Balbus : « Je pense qu’il finira par devenir une part extrêmement importante du groupe. »

Généralement, lorsqu’un musicien rejoint un groupe quelques mois avant l’enregistrement d’un nouvel album, il n’a qu’un petit rôle dans le processus d’écriture. Ce n’est pas le cas ici. L’avez-vous poussé à contribuer autant, ou l’a-t-il fait naturellement ?

Chen se pousse lui-même depuis que nous le connaissons. C’est l’histoire classique du fan qui est devenu un membre du groupe. Plus jeune, il postait des liens YouTube de nos chansons. Je connaissais sa famille, son frère aîné est l’un de mes meilleurs amis. Mais malgré ça, je n’aurais pas engagé quelqu’un parce que je suis ami avec son frère. Il enregistrait tout le temps des vidéos et il jouait bien. On pouvait voir qu’il adorait Orphaned Land. À un moment, il est devenu guitariste remplaçant. On s’est dit : « S’il est tellement bon et tellement engagé, s’il sait jouer les chansons dans leurs moindres détails, il pourrait devenir guitariste remplaçant ». De temps en temps, un guitariste peut être malade ou ne pas pouvoir assurer un concert, donc il faut un remplaçant. Quand Matti a quitté le groupe, c’était naturel pour lui de prendre sa place. Il a toujours été motivé. Quand il a pris la place de guitariste, il m’a demandé : « Comment écrire de la musique pour Orphaned Land ? Quelle est la bonne attitude ? » Je lui ai expliqué. Il se motive toujours pour en faire plus. Tout ce que je peux lui demander, il essaiera de le faire et il ne se plaindra pas. Il est reconnaissant de faire partie du groupe. Je pense qu’il finira par devenir une part extrêmement importante du groupe.

L’album a été enregistré dans trois pays, la Turquie, la Suède et Israël. Comment cela a-t-il affecté la musique ?

Enregistrer en Suède était génial parce que nous étions dans le studio de Jens Bogren. C’est l’un des studios qui produit la plupart des albums de metal actuels. C’était super de nous retrouver là. C’était la première fois que nous enregistrions hors d’Israël. Nous avions reçu un joli budget de Century Media, qui croyait vraiment en l’album – ils m’ont même fait venir ici aujourd’hui ! C’était super d’enregistrer en Suède, c’était une belle aventure. Quand on sait qu’on a la bonne musique, le bon studio et les bonnes personnes pour faire ce qu’il faut, c’est vraiment génial. En Israël, nous n’avons enregistré que le strict nécessaire. On ne peut pas envoyer un chœur de 25 chanteurs n’importe où ! De même, on ne peut faire les guitares acoustiques, les percussions et les flûtes qu’en Israël. Ensuite, je suis allé en Turquie, où il y des groupes de musiciens – violonistes, violoncellistes et altistes – qui jouent d’une façon qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Ils jouent tellement bien, et de façon si différente. C’est très arabisant, très turc, ils font ça parfaitement. Je suis donc allé jusqu’en Turquie pour enregistrer ces musiciens. Et je pouvais me le permettre, c’est ça qui était génial !

Vas-tu nous dire qu’il s’agît d’une coïncidence si ces trois pays (Turquie, Suède et Israël) représentent les trois religions monothéistes du monde ?

J’y ai pensé après coup ! J’ai vu les drapeaux des pays : sur le drapeau suédois, il y a une croix, le croissant islamique sur le drapeau turc, et bien sûr, l’Étoile de David sur le drapeau israélien. C’était une belle coïncidence, étant donnée la pochette de notre album ! Nous avons représenté tout le monde pendant l’enregistrement, et cela s’est fait par hasard !

« Avec nos albums précédents, même nos fans me disaient : ‘J’ai dû l’écouter dix fois pour comprendre ce que vous vouliez dire, et quand j’ai compris, j’ai adoré et je ne pouvais plus arrêter d’écouter’. […] [Cette fois] je voulais toucher les auditeurs dès la première note. »

Pourquoi Shlomit Levi ne chante-t-elle pas sur cet album ?

Pour plusieurs raisons. Elle est enceinte de son deuxième enfant, et elle et toute sa famille vont bientôt déménager aux États-Unis, dans le New Jersey. Et puis je sentais qu’il n’y avait pas beaucoup de place pour du chant féminin sur cet album. Là où il y en avait, j’avais besoin de quelqu’un qui pouvait chanter en arabe. Mira Awad était parfaite pour ça, parce que c’est une chanteuse palestinienne. Ça s’est fait comme ça, c’était probablement la fin de l’aventure entre nous et Shlomit.

Il n’y a pratiquement pas de growls sur cet album, à l’exception du titre « Fail ». Avais-tu le sentiment que les growls ne correspondaient pas à cet album ou es-tu lassé du chant extrême ?

Oh non, j’adore les growls. Pour moi, les chansons de cet album étaient plus tragiques qu’énervées. Je voulais que tout sur cet album soit plus accessible et plus direct. Je ne voulais pas abandonner l’esprit d’Orphaned Land, mais je voulais que les choses soient plus directes. Si j’avais tout l’album pour ça, je me sentais capable de m’exprimer avec le chant clair de façon inédite. Il se trouve que pour cet album, j’ai pensé qu’il serait bien d’opter pour du chant clean. Je ne pensais pas faire de growls, et puis j’ai écrit « Fail ». J’étais tellement en colère quand je l’ai écrit que je me suis dit que je devais ajouter des growls. Ce sera une surprise pour les fans qui ont appris qu’il n’y en aurait pas. Mais à l’avenir, je ne sais pas ce que je ferai. Je peux très bien être assez furieux pour faire un album avec uniquement des growls ! Je n’en suis pas lassé, c’est un bon moyen d’expression. Mais je voulais profiter de cet album pour pousser mon chant clair plus loin.

Cet album comporte un côté très épique grâce au travail impressionnant des vingt cinq choristes et des huit violons, violoncelles et altos. Est-ce un aspect que vous voulez développer plus précisément cette fois-ci ?

Nous avions déjà fait appel au chœur sur Mabool, et aux musiciens classiques sur ORWarriOR, mais pas de façon si épique, ni tout au long de l’album. J’adore quand la musique devient épique et puissante. Ça colle au metal en général, et au metal oriental en particulier. Pour cet album, comme nous avions décidé de tout rendre plus accessible, cela voulait dire que les choses devaient être plus douces. Les paroles sont plus directes, on peut les comprendre dès la première écoute. Les titres des chansons sont plus courts : avant, on pouvait avoir quelque chose comme « Disciples Of The Sacred Oath Part II », mais là, c’est simplement « Brother », « Fail » ou « Children ». C’était voulu. Nous existons depuis 22 ans, et nous parlons des mêmes sujets depuis 22 ans – et rien n’a changé ! Il fallait que ce soit plus direct, c’est ce que je voulais faire en tant qu’artiste. Peut-être que c’est aussi plus doux parce que certaines chansons sont assez tragiques. Mais quand on prend un album d’Orphaned Land, il y a toujours des chansons très variées : quelque chose de très calme comme « New Jerusalem », et quelque chose d’extrême comme « Codeword: Uprising ». C’est le même groupe sur le même album : les gros growls d’un côté et une voix féminine chantant une ballade de l’autre. C’est ça, Orphaned Land, on peut aller où on veut. Cette fois, c’est ça qu’on voulait faire. Tant que l’esprit est là, je trouve ça cool.

Est-ce que ces éléments ne vont pas compliquer l’interprétation live des chansons ?

Non, c’était déjà compliqué ! (rires) Nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser des samples dans certains cas, mais tout le monde le fait : Turisas, Therion… C’est inévitable. Sinon, il faudrait faire tenir entre quinze et quarante personnes sur scène. On n’écrit pas un album en pensant à ce que ça donnera en live. Mais nous allons essayer de rendre l’interprétation live intéressante avec les vidéos que nous avons. On peut toujours commencer la chanson, et quand le violon arrive, on peut montrer une vidéo du violon en train de jouer. Ce n’est pas du direct, mais c’est un élément visuel. Je pense que c’est faisable ; et de toute façon, tout le monde le fait, même Depeche Mode !

« Je pense que le metal est sans doute le style musical le plus honnête au monde. »

Comme tu l’as dit, les titres sont plus courts et plus accrocheurs que sur vos albums précédents. Penses-tu qu’un message aussi important exige une musique simple et attractive afin d’être entendu et compris par le plus grand nombre ?

Oui. Avec nos albums précédents, même nos fans me disaient : « J’ai dû l’écouter dix fois pour comprendre ce que vous vouliez dire, et quand j’ai compris, j’ai adoré et je ne pouvais plus arrêter d’écouter ». Il y a sans doute beaucoup de gens qui ont écouté un album deux fois et ont trouvé ça trop compliqué, trop complexe. Donc oui, je voulais toucher les auditeurs dès la première note. C’était important pour moi en raison des messages que je voulais faire passer, en raison des sujets dont nous parlons. C’était un objectif dès le départ, avant même que nous commencions à composer : nous voulions que la musique soit plus directe, plus facile à apprécier. Il y a toujours de nombreuses couches différentes, certaines chansons ont 162 canaux. Mais oui, c’était notre intention première.

Penses-tu que des thèmes aussi sombres et complexes méritent une musique plus légère ?

Je pense que le metal est sans doute le style musical le plus honnête au monde. Je ne juge pas les musiciens par leur talent mais par leur capacité à me faire croire en eux. Je crois en la majorité des groupes de metal. Je ne crois pas que ce soit une coïncidence si les musiciens israéliens d’un groupe de metal sont les plus connus du monde arabe – plus encore que les politiciens, les auteurs, les poètes ou les activistes de la paix. Comment se fait-il que des musiciens de metal soient si populaires dans le monde arabe ? Parce que le metal est sincère. J’espère que ça répond à ta question. Je dirais que c’est ça.

Était-ce difficile pour vous d’écrire des chansons plus courtes ? Avez-vous dû vous retenir d’écrire des titres plus longs ?

Non, c’était plus simple ! (rires) Nous avions une approche différente : « on cherche un couplet, un refrain et un pont ». C’était une méthode de travail complètement différente par rapport à la complexité qu’on a connue. Avant, c’était un puzzle géant où il fallait faire tenir toutes les pièces. Cette fois, c’était plus simple.

Suite à votre concert au Hellfest en 2011, Johanna Fakhry, qui dansait avec vous avec un drapeau israélien et un autre libanais, a été considérée comme une criminelle dans son pays. As-tu des nouvelles de sa situation ?

Elle vit ici, à Paris. En fait, elle devrait venir nous rendre visite d’un moment à l’autre ! Elle vit ici et est devenue une artiste active. Elle a joué avec nous en Belgique pour le PPM Festival. C’est une grande âme, un être humain qui inspire. Je sais qu’elle a des problèmes pour retourner au Liban, parce que là-bas, la loi interdit de rencontrer des Israéliens, comme si nous étions la lie de l’humanité. Elle ne peut plus retourner au Liban mais elle vit à Paris et nous continuons à faire des choses ensemble.

« Orphaned Land est plus qu’un groupe de musique. Chaque mot et chaque image fait partie d’un tout et fait partie du message. »

Vos fans ont lancé une pétition en ligne en 2012, afin de nominer Orphaned Land pour le Prix Nobel de la Paix. Comment as-tu réagi ?

J’étais très flatté de voir nos fans prendre le temps de monter des pétitions et de nous recommander. C’est génial que les gens apprécient nos efforts et ce que nous faisons. Mais c’est aussi un peu gênant. Est-ce qu’on doit vraiment être au même niveau que Barack Obama et l’Union Européenne ? Même si je ne sais pas pourquoi ils ont reçu le prix ! Pourquoi Barack Obama ? Il l’a eu avant de faire quoi que ce soit !

Pourquoi pas un groupe de metal, dans ce cas ?!

C’est vrai ! Je ne dirais pas non si on m’appelle. Mais très franchement, je préférerais… Ce serait super pour mon ego : ouais, j’ai eu le prix ! Mais qu’est-ce que ça changera au Moyen-Orient ? Qu’est-ce que ça changera à cette situation de merde, où, à 70 km de moi, des enfants tombent comme des mouches en Syrie ? Est-ce que ça changera quelque chose ? Je préfère voir un meilleur Moyen-Orient ; je préfère voir la paix. Je préférerais que les gens soient éduqués à l’école dès l’enfance plutôt que de jouer avec des faux pistolets. Je préférerais ça à n’importe quel prix, n’importe quel argent, n’importe quoi. Je n’ai pas besoin de célébrité, de reconnaissance ou de récompenses. Je veux seulement voir les enfants vivre dans un monde meilleur. C’est aussi simple que ça.

Penses-tu qu’Orphaned Land serait Orphaned Land sans ce message de paix ? Orphaned Land pourrait-il être « seulement un groupe de musique » ?

Non, je ne crois pas. Orphaned Land est plus qu’un groupe de musique. Chaque mot et chaque image fait partie d’un tout et fait partie du message. Mais c’est aussi de la bonne musique. Certaines personnes qui aiment Orphaned Land ne se soucient que de la musique. C’est très bien, mais si vous voulez plus, il y a plus. Si ce n’est pas le cas, c’est cool. C’est comme un magasin de glaces : si tu veux de la fraise, très bien, mais on a aussi pistache ! J’adore la glace à la pistache ! (rires)

Dernière question : j’ai remarqué le collier que tu portes sur les photos de promo et que tu portes en ce moment précis. C’est bien le symbole de l’Histoire Sans Fin ?

Oui, c’est l’Aurine. C’est mon film préféré, je l’ai vu tellement de fois. Pour l’instant, ce n’est pas possible parce que je suis très occupé, mais j’ai toujours dit qu’un jour, j’aurais un gros chien blanc et que je l’appellerais Falkor ! (rires)

J’ai revu le film récemment avec mon copain, qui ne le connaissait pas, et tout ce qu’il a vu, ce sont les effets spéciaux très laids des années 80 !

J’ai commencé à sortir avec cette fille qui ne l’avait jamais vu non plus. Un après-midi, on s’est posés avec du pop-corn pour le regarder. Elle a beaucoup aimé. Effectivement, il y a de vieux effets spéciaux, mais ça fait partie du charme. Le message est toujours valable, et la musique reste géniale ! Excellente musique des années 80 !

As-tu lu le livre ?

J’avais commencé, mais j’ai arrêté parce que j’ai appris que le reste de l’histoire était beaucoup plus sombre que le film. Quand j’étais enfant, on ne m’a pas appris à lire beaucoup de livres, donc… Mais je le lirai sans doute un de ces jours.

Interview réalisée en face-à-face le 16 mai 2013 par Saff’
Fiche de questions : Metal’O Phil et Spaceman
Retranscription et traduction : Saff’
Introduction : Metal’O Phil

Site internet officiel d’Orphaned Land : orphaned-land.com

Album All Is One, sorti le 24 juin 2013 chez Century Media Records



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  • Très belle interview ! Ce groupe est vraiment exemplaire à tous points de vue : des albums vraiment originaux, variés et hyper travaillés, et un message de rassemblement des peuples au Moyen-Orient.
    Il le dit si bien : lorsque l’on inhibe le libre-arbitre des populations, n’importe quelle personne avec un tant soit peu de charisme devient un véritable leader suivi de tous… Et lorsqu’on parle de religion ou de politique les conséquences sont catastrophiques…
    L’humanité en connais un rayon dans ce domaine mais n’arrive toujours pas à prendre assez de recul pour dire STOP !
    C’est tellement triste et effrayant…

    Vive Orphaned Land !

    [Reply]

  • Bonded by blood dit :

    Cela prouve encore une fois que le métal est universel et touche toutes les cultures

    [Reply]

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