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Live Report   

Les portes de la Cathedral




Artistes : CathedralThe Gates Of Slumber
Lieu : Paris Psychédélique
Salle : Divan du Monde
Date : 20-11-2010

Il est de ces groupes dits cultes qui font le bonheur de la scène underground, mais qui ne sont pas très écoutés. Dans cette catégorie je voudrais pour preuve les Américains de The Gates Of Slumber qui roulent leur bosse depuis dix ans et qui ont atteint une renommée certaine auprès des connaisseurs du genre heavy/doom. Embarqués sur le label Rise Above de Lee Dorian, chanteur de Cathedral, l’affiche de ce soir fait sens. La dernière date de la tournée européenne 2010 de Cathedral atterrit donc à Paris dans la désormais prisée salle du Divan du Monde.

La tradition veut que la dernière date soit un peu plus spéciale que les autres. Le groupe de première partie pouvant découvrir une surprise sur scène ou pouvant également préparer une surprise au groupe de tête d’affiche. Il n’en a rien été pour ce soir à ce niveau-là. Cela dit, il y a fort à parier que ce concert restera dans la mémoire de la plupart des fans venus ce soir remplir le Divan du Monde jusque dans son balcon.

Jason McCash (The Gates Of Slumber)

Le trio The Gates of Slumber commence son set à 19h30 tapantes. A les voir débarquer sur la scène, on a l’impression d’observer une version physiquement plus musclée de ZZ Top. Les champignons agiraient-ils déjà ? Toujours est-il que le concert débute sur le penchant heavy tendance stoner du groupe avec le dynamique morceau « Chaos Calling » de l’album Hymns Of Blood And Thunder (2009). Le sens du riff et la voix appropriée au style (claire et légèrement rêche à la fois) plaisent d’emblée à l’audience, même si cette dernière se contentera la plupart du temps d’applaudir poliment.

The Gates Of Slumber dans la brume

Proche de Grand Magus ou, justement, de Cathedral, The Gates of Slumber navigue entre du Black Sabbath avec un son américain et un doom à la Saint Vitus. Le mélange est pertinent et les parties les plus rock font mouche (« Chaos Calling », « Ice Worm ») tandis que les passages doom se noient trop facilement dans l’inactivité. Chaque musicien est concentré sur son instrument, le bassiste, Jason McCash, lâchant un peu de headbanging sur la fin. Le fait qu’il s’agisse de la dernière date explique peut-être la relative fatigue qui semble régner par moment sur scène. Il n’empêche que le groupe semble être content d’être à Paris et nul doute qu’une assistance consistante les attendra l’année prochaine au Hellfest. D’ici là, le nouvel album sera peut-être sorti avec des nouveaux morceaux joués ce soir, dont le titre « Scourges Of Drunkness », passent bien l’épreuve de la scène.

Cathedral en tournée européenne

Jusque-là le public était relativement calme. A peine les lumières sont-elles baissées que le réveil s’opère et ne redescendra pas jusqu’à la fin. L’intro du magnifique dernier album, The Guessing Game, est jouée entièrement et le show débute sur le sublime « A Funeral Of Dreams ». Ça pousse dans les premiers rangs et les passages plus calmes sur lesquels la guitare double la mélodie du clavier (à la différence de la version studio) ne font que renforcer la tension ; et la force du public et du morceau de reprendre de plus belle à chaque occasion.

Le même schéma se reproduira durant la soirée, et ce grâce à une setlist pertinente. En soi, les morceaux possèdent déjà des passages dichotomiques (« Cosmic Funeral ») et, au vu de sa discographie imposante, le groupe peut se permettre des blocs entre l’enchaînement de morceaux accrocheurs et énergiques et des morceaux typiquement doom (« Ebony Tears »), comme si la liaison entre les deux était évidente et nécessaire. (cf. setlist).

Lee Dorian (Cathedral)

A l’occasion des vingt ans du groupe, Cathedral sort donc ses plus beaux atours avec des morceaux inspirés comme « The Casket Chasers » ou plus spécifiques et laissant libre cours à l’improvisation, notamment à la guitare, comme sur « Night of The Seagulls ». Les albums The Carnival Bizarre et The Ethereal Mirror sont à l’honneur, ce qui n’est pas pour déplaire aux aficionados du combo.

Avec un line-up stable depuis 1994, on notera cependant la présence d’un claviériste. Ce dernier apporte sa touche 70’s discrètement et avec finesse notamment sur le subtil « Funeral Of Dreams » ou encore sur une improvisation avant le premier rappel, « Vampire Sun ». Il prend également les photos souvenirs (du groupe et/ou du public) qui vont bien. La complicité entre les membres du groupe n’est pas à remettre en cause et elle fait plaisir à voir. Lee Dorian (et sa gestuelle unique) sait faire de la place pour ses collègues lors d’un solo de guitare ou d’une partie de basse relevée (« Midnight Mountain »). Il reste agenouillé pendant le long solo de « Night Of The Seagull » mais il est tout aussi capable de s’étrangler avec le micro ou de l’avoir en bouche et de scruter le public avec ce regard habité et lointain.

Garry Jennings (Cathedral)

Garry « Gaz » Jennings à la guitare, lui, ne regarde pas beaucoup le public mais son travail est immense et certains de ses riffs classiques (« Ebony Tears », « Ride » pour ne citer que ceux-là). Leo Smee, à la basse, en impose autant par sa taille que par son jeu hyper efficace. De plus, le son, très bon, met bien en valeur les subtilités de sa section. En tout cas les fans du premier rang ont apprécié le partage de la « jolie » cigarette sur le premier rappel ! Quant à Brian Dixon, il reste assez absorbé par son jeu mais les quelques rictus qu’il crée nous laissent à penser qu’il prend également du plaisir.
Lee Dorian fire !

Le concert s’écoule ainsi entre riffs pachydermiques et dynamiques, quelques pogos bien sentis et un public qui chante les refrains. A noter ce moment assez drôle où un fan quelque peu imbibé au premier rang tente de rythmer le morceau doomy à souhait, « Ebony Tears », par des « Hey ! Hey ! Hey ! » mais il est gentiment calmé par un Lee Dorian concentré. Alors que la setlist laisse entrevoir le classique « Hopkins (Witchfinder General) », le premier rappel voit le claviériste improviser un solo avant l’excellent « Vampire Sun » (comme évoqué plus haut) suivi de l’incontournable Hopkins.

La foule est plus que ravie et c’est sur cette note que Cathedral fête ses vingt ans. On aurait aimé un set plus long mais les plus fans d’entre vous savent très bien qu’il faudra être à Londres le 3 décembre prochain. Cathedral y jouera l’album Forest Of Equilibrium en entier avec le line-up du dit-album puis un deuxième set avec le line-up actuel avec une liste de titres qui couvre la carrière prolifique, originale et personnelle des maîtres du genre.

A Londres, le 3 décembre prochain,
Cathedral jouera l’album Forest Of Equilibrium en entier !

Setlist de Cathedral :

Funeral Of Dreams
Enter The Worms
Upon Azrael’s Wings
Midnight Mountain
Cosmic Funeral
Carnival Bizarre
Night Of The Seagull
The Casket Chasers
Ebony Tears
Corpsecyle
Ride

Rappels :

Impro Clavier + Vampire Sun
Hopkins (Witchfinder General)



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