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Nouvelles Du Front   

Les temps changent


La semaine dernière nous nous demandions si le retour du bel objet – et tout particulièrement du vinyle – dans la production des supports musicaux ne serait pas la voie de secours des industries du disque face à la dématérialisation des œuvres. Mais voilà que cette dématérialisation tend tout de même à faire disparaître un autre objet : le single.

Nous apprenons via le site Dailymail.co.uk que Mercury Records (Metallica, U2, Mark Knofler, etc.) va cesser la production de single « sauf en de rares occasions […] quand ils auront la garantie de réaliser un profit. » Comme le souligne le Dailymail, c’est un comble pour la compagnie qui détient un record historique de vente de singles avec, en 1997, le « Candle In The Wind » d’Elton John à la mémoire de Lady Di. Mais les chiffres sont là : depuis 2006, les ventes de ce type de produit ont baissé de 85% !

La faute, bien évidemment, au téléchargement. Mais non pas au versant illégal du phénomène (pour changer) et c’était bien inévitable. Car quel était encore l’intérêt de vendre un CD 2 titres (le second étant souvent un morceau de remplissage) dans un simple emballage carton ? En 2011, quand le « consommateur » de musique – celui qui paie, donc – aime particulièrement un titre – et un seul – d’un artiste, il lui est souvent plus simple de l’acheter directement, à n’importe quelle heure et à un prix défiant parfaitement la concurrence du format physique, sur n’importe quelle plateforme de téléchargement en ligne. Pas besoin d’attendre l’ouverture de son disquaire (des disquaires dont les rayons « singles » se sont justement réduits comme peau de chagrin ces dernières années), il l’a immédiatement sur son ordinateur.

Le gratuit (et toujours légal) est aussi à inclure parmi les causes de cette « fin » du single. Rien que dans le metal, on voit chaque jour des groupes mettre leur titre en écoute sur leur site, leur Myspace, etc. ou offrir littéralement un titre en téléchargement gratuit. Il s’agit même le plus souvent d’une stratégie du label. Les clips suivent souvent, précédant la sortie de l’album, et peuvent être vus (et donc écoutés) à l’envie, sans débourser un sou.

Les méthodes de promotion ont changé – car le single n’était jamais qu’un accessoire de promo dans bien des cas, un mini-satellite de l’album. Un groupe a de moins en moins besoin de cet héritier du 45 tours pour se faire connaître. Nous n’allons peut-être pas pleurer sur la « mort » (ce qui est un très grand mot) de ce format qui fera maintenant les belles heures de certains collectionneurs. Les albums, eux, ne seront sans doute pas menacés avant longtemps par ce type d’évolution puisque la tendance semble même s’inverser grâce à la redécouverte du plaisir de posséder un disque et non un dossier rempli de fichiers musicaux.

Animalement vôtre.



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