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Metalanalyse   

Les (véritables) premières amours de Sonata Arctica


« Je pense que nous sommes allés trop loin dans le progressif. » nous disait Tony Kakko il y a quelques semaines, évoquant les deux précédents albums de Sonata Arctica. Analyse qu’il ne faut pas prendre comme un reniement de ces disques mais comme un simple constat de départ à l’aube de l’écriture du nouvel album Stones Grow Her Name, à paraître le 18 mai prochain.

Au-delà de considérations purement stylistiques et même si, de son propre aveu, Kakko écrivait les premiers albums groupe en tant que fan de Stratovarius, c’est pour ses qualités d’accroche que s’est faite la renommée de Sonata. Sans renouer avec un speed metal mélodique qui n’était à l’époque que le témoignage d’une admiration jeune et passagère, Tony Kakko a souhaité retrouver cette accroche. Il suffit à ce titre de regarder les dernières setlists de concert du groupe, où les titres des premiers albums sont quasiment absents. La notion de retour aux sources est cependant présente dans la mesure où le chanteur affirme que ce nouvel album se rapproche de ses toutes premières influences rock, antérieures à ses influences speed metal : « Stones Grow Her Name est en fait plus proche des origines du groupe que notre premier album, Ecliptica ! ». Dans ses riffs de guitare, cet album est donc plus percussif et plus hard rock, notamment avec les titres « Shitload Of Money » ou « Somewhere Close To You », que le guitariste Elias Viljanen décrit comme le plus lourd et sombre du groupe. Les guitares ne sont pas pour autant centrales comme cela est le cas la plupart du temps dans le metal, mais sont intégrées d’une manière plus homogène à l’ensemble. En effet, côté production, le résultat est équilibré. Il y a moins de couches de claviers et les guitares, au rôle franchement mineur en termes de mixage et de composition sur le disque précédent ont été remises à niveau afin de gagner en puissance.

Les atmosphères à la fois féeriques et inquiétantes (telles que peut les produire Danny Elfman dans les films de Tim Burton) et la richesse vocale ouvertement inspirée de Queen, développées sur les deux, voire trois précédents albums restent donc présentes. La structures des titres et les mélodies ont été considérablement simplifiées. A plus forte raison, le premier single « I Have A Right », écrit au dernier moment et très spontanément insiste particulièrement sur son refrain mémorable. Pas de titre particulièrement rapide ni très exigeant en termes d’aigus vocaux. L’approche de ces titres, ne dépassant pas – à l’exception du duo épique final – les 4 à 5 minutes, est essentiellement mid-tempo.

Plus qu’une réaction purement antagoniste par rapport aux albums précédents, cet album est tout simplement spontané. Spontané dans sa simplicité mais également parce que le groupe ne s’est pas retenu de faire ce qui lui passait par la tête pour respecter un quelconque postulat de base, d’où la présence de deux titres épiques, « Wildfire Part.2 » et « Wildfire Part.3 », écrits en s’amusant à partir du thème du morceau originel, sorti sur l’album Reckoning Night. C’est d’ailleurs ce moment qui a été choisi pour inclure des éléments speed et épiques. Mis à part ce clin d’œil, l’esthétique naïve et kitsch que peut inspirer ce courant musical est absente, bien que le titre de la ballade « Don’t Be Mean » puisse faire sourire. A ce titre, justement, les ballades sont bien moins fleur bleue que pouvait l’être « Tallulah » sur Silence. « Cinderblox », le titre le plus léger du disque, est une chanson festive beaucoup plus proche de ce qu’on pourrait appeler du « Western Rock ».

Pour cela, on pouvait légitimement être surpris, après avoir entendu Sonata Arctica parler de retour aux sources, d’écouter ce résultat. Mais retour aux sources il y a bien, un retour aux sources véritable, aux influences premières du groupe. S’il propose des aspects nouveaux qui n’avaient jamais été concrétisés dans sa discographie, ce nouvel album est une synthèse de sa carrière, mélangeant les atmosphères des disques récents et des sonorités rock issues de ce qu’aurait pu être un véritable premier album de Sonata Arctica.

Stone Grow Her Name, sortie le 18 mai 2012 via Nuclear Blast Records.



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