ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Metalanalyse   

Libérez Perzonal War !


Le cas Perzonal War est une énigme. Cinq bons voire très bons albums sous ce patronyme (pour des questions de droit ils ont changé le « s » de « personal » en « z » après deux albums), pourtant cette formation allemande demeure une illustre inconnue, tout du moins dans l’Hexagone. Leur premier opus, Different But The Same (référence à leur changement de nom), avait déjà tout pour plaire, si ce n’est l’influence de Metallica encore mal digérée. A tel point que certains y ont vu l’album que n’avait pas sorti Metallica après le Black Album. Merci à des hymnes power-thrash classieux, à un sens aigu du riff (comment résister à un titre comme « Our Century » ?) et la voix puissante de Matthias « Metti » Zimmer, guitariste chanteur, au timbre et aux mimiques vocales rappelant, parfois à s’y méprendre, James Hetfield. Un album aux qualités indéniables, sorti malgré tout dans l’indifférence générale.

Un second album a suivi, Faces, maintenant le niveau sans encore se démarquer de l’aura des Four Horsemen. C’est avec les deux suivants que Perzonal War marquera ses coups de maître et s’émancipera. Avec When Time Turns Red, les bases sont posées dès le premier titre éponyme : un refrain qui impose par sa grandeur, un déluge de riffs modernes qui laissent l’auditeur sur le carreau, quelques coups de whammy savamment utilisés dans ces derniers qui leur confèrent une certaine originalité et un final lourd diablement jouissif. Perzonal War dévoile enfin tout son caractère. Bloodline, trois ans plus tard, sera plus abouti encore. Perzonal War s’affirme totalement et accouche d’un des meilleurs albums de power-thrash de ces dernières années, avec, cerise sur le gâteau, la participation d’invités de marque tel que Schmier (Destruction) ou le regretté Gus Chambers (Grip Inc.).

A ce stade, Perzonal War a tout des grands. Non. Perzonal War EST grand.

Et vous savez quoi ? Tout ceci, toujours dans l’indifférence la plus déconcertante. Comment est-ce possible ? Serait-ce ces pochettes d’albums peu folichonnes qui peinent à attirer l’œil ? Ce logo fouillis peu percutant ? Sans doute que cela y contribue. Citons également ce satané « z » qui fait passer le nom du groupe pour le titre d’un mauvais nanar ou d’une série Z, justement. Le plus incompréhensible reste l’absence flagrante de promotion pour chacun de leurs albums en dehors de l’Allemagne. Leur site internet est d’ailleurs uniquement lisible dans la langue de Goethe. Autant dire que cela peut décourager bon nombre de curieux. Qui plus est, en faisant un tour sur la page dédiée aux dates de concert, on remarque, d’une, que le groupe tourne peu, de deux, que la très large majorité des concerts se déroulent en Allemagne ou aux Pays-Bas.

C’est donc parfaitement par hasard, quelques jours avant sa sortie, que nous découvrions que Perzonal War s’apprêtait à donner naissance à un successeur à Bloodline. Panique à bord : où se procurer le disque ? Absent des disquaires de la capitale des Gaules, nous finissons par le commander auprès de notre fournisseur habituel sur les quais du Rhône. Deux semaines plus tard, il était à nous.

Une chose est sûre, Perzonal War a cette fois-ci décidé de soigner son apparence. La pochette avec cette mante religieuse s’avère plus travaillée, plus tape-à-l’œil en fait. Le logo, également, a fait peau neuve, plus percutant avec plus de tranchant. Si ceci peut attirer un peu plus les regards sur le groupe, tant mieux. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel se trouve à l’intérieur.

Habitué à évoluer et monter d’un cran à chaque album, Captive Breeding voit, pour la première fois, Perzonal War faire du surplace. Peut-être que Bloodline représentait une sorte d’accomplissement – il en avait l’allure en tout cas – pour le groupe. Toujours est-il qu’à la première écoute, à la différence de son prédécesseur, ce Captive Breeding peine à créer la surprise. Faute à un genre, le power-thrash, qui aujourd’hui inonde nos oreilles et pour lequel un tri s’impose afin d’éviter l’overdose. Voilà, en définitive, le plus gros défaut de ce Captive Breeding : jouer sur un terrain déjà labouré. Pourtant en quelques écoutes l’album se révèle. Perzonal War n’a clairement pas perdu sa patte : ce power-thrash classieux, d’une élégance rare. Les riffs, désormais caractéristiques du combo (avec quelques discrets coups de whammy ici et là), sont là à foison et montrent que la machine, bien huilée, n’est pas prête à tomber en panne de carburant. Le sens mélodique qui fait mouche également, avec toujours cette petite lueur gothique qui a toujours eu une place dans la musique du combo depuis ses débuts et qui le rapproche à certains furtifs moment d’un Paradise Lost (« The Last Day »). Zimmer est toujours autant en voix, avec ce grain puissant proche de James Hetfield à la belle époque, tantôt hargneux, tantôt mélodique. Et plus important encore, Captive Breeding possède son lot d’hymnes : « Regression Of Art », « Dead Man’s Theory » ou « The Last Day ». Perzonal War s’évertue à faire ce qu’il maîtrise le mieux et place les chansons (riffs, mélodies, refrains) au centre de son attention. En définitive, là est surement sa force face à des combos qui cherchent toujours à faire « plus » – plus loin, plus fort, plus brutal, plus complexe, plus technique, etc. – au détriment, parfois voire souvent, des chansons.

A défaut d’évoluer davantage, comme il avait pu le faire jusqu’alors, Perzonal War prouve qu’il est capable de constance et s’installe décidément comme une valeur sûre dans le paysage du power-thrash. Est-ce que cela – avec le petit lifting visuel – changera pour autant la donne aux yeux du public ? Le groupe saura-t-il se faire remarquer avec ce Captive Breeding ? Difficile à dire dans la mesure où l’album ne bénéficie toujours d’aucune promotion en dehors de l’Allemagne. Ce qui est bien déplorable. Après tant d’années, soit le groupe souffre de malchance, soit il s’agit d’une situation qui leur convient bien. Une énigme disions-nous en introduction…



Laisser un commentaire

  • Salut les gars,

    je viens de découvrir le groupe Perzonal War dans la nuit du Jeudi 20 au Vendredi 21 Sept sur votre webradio avec la chanson Dead Man’s Theories et bon sang elle déchire !

    Je cours à la Fnac, dans 8h pour acheter l’album.

    Rock ‘n’ Roll.

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Trivium @ Villeurbanne
    Slider
  • 1/3