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Chronique   

Life Of Agony – A Place Where There’s No More Pain


On ne peut pas dire que la carrière de Life Of Agony ait été des plus confortables pour ses fans. Entre une évolution qui lui donnait, artistiquement, quasiment un nouveau visage à chaque album et deux séparations/reformations, le groupe de Brooklyn a été marqué par les tourments de ses membres, et en particulier de son chanteur Keith Caputo, depuis devenu Mina après une transition transgenre qui couvait depuis son enfance. Mais c’est aussi ça, cette intimité tumultueuse qu’ils partagent de façon impudique et cette hyper-sensibilité qui ont rendu la musique du combo aussi forte et aussi parlante pour le public. Et voilà, après douze années d’absence discographique et avoir remis de l’ordre dans leur vie, Life Of Agony est de retour en forme olympique, comme on avait pu le constater lors de la chaleureuse prestation au Hellfest 2015.

L’une des qualités de Life Of Agony est de n’avoir jamais cherché à forcer les choses ; si cela a pu rendre sa carrière irrégulière, ça garantit au moins une chose : lorsque le groupe conçoit un album, c’est pour de bonnes raisons, parce qu’il a réellement des choses à dire. A Place Where There’s No More Pain est précisément ce genre d’album, plein d’envie et de sincérité. On est d’ailleurs immédiatement plongé dans le vif du sujet avec « Meet My Maker », parfaite introduction, forte d’un riff groovy et punchy à souhait, secondé d’un refrain mélodique entêtant. Simple, ultra efficace. Tout ça fleure bon les années 90 au sommet de leur gloire, et en particulier un groupe : Alice In Chains. Pas étonnant diront les plus perspicaces qui, à la fois, ont posé leurs oreilles sur A Pale Horse Named Death, le groupe formé par Sal Abruscado ces dernières années et dans lequel il s’est révélé en talentueux compositeur-chanteur, et savent à quel point le batteur s’est investi dans ce nouvel album de Life Of Agony, par rapport aux précédents. La bande à Jerry Cantrell, dont l’empreinte avait fortement marqué la musique d’A Pale Horse Named Death donc, est là aussi partout dans A Place Where There’s No More Pain : dans ces riffs d’une lourdeur qui prend aux tripes (« Right This Wrong »), dans ces harmonies sombres, quasi-doom (« A New Low »), et dans le chant de Mina Caputo qui sort ses plus beaux hommages, voire ses plus belles « imitations », de Layne Staley, à l’instar de « Meet My Maker » et surtout du couplet de « Dead Speak Kindly » où ce dernier semble littéralement revenir d’entre les morts.

Mais là n’est pas le seul nom que l’on peut dégager des influences qui marquent l’album. Stone Temple Pilots, par exemple, rejaillit des mélodies ultra-catchy d’« A Place Where There’s No More Pain » et « World Gone Mad », tout comme Type O Negative est rappelé à notre bon souvenir via ce son saturé de basse, caractéristique, le temps de l’intro de « Bag Of Bones ». Alors, A Place Where There’s No More Pain n’est-il en définitive qu’un melting-pot d’emprunts ? Non ! Car Life Of Agony digère toutes ces influences et les conjugue à une énergie bien à lui, relique de ses origines hardcore, résultant en une alliance d’ingrédients redoutable. En témoigne « A New Low » dont le refrain n’aurait pas dépareillé sur le mythique River Runs Red, la voix baryton de l’époque en moins. Car, par ailleurs, quelle transformation de la part de Mina ! Et on ne parle pas ici physiquement, mais bien vocalement, livrant sa prestation la plus panachée et sophistiquée à ce jour, allant parfois chercher certaines notes à des hauteurs étonnantes, toujours au service d’une émotion à fleur de peau – « Bag Of Bones » et son côté mélancolique apaisant, « Song For The Abused » poignant et cathartique, ou encore « Little Spots Of You », minimaliste avec son piano-voix et ses arrangements orchestraux, qui clôt l’album dans une tristesse abyssale.

Le son signé Matt Brown est d’une limpidité, d’une puissance et d’un grain impeccables. Les chansons misent toutes sur un formidable sens de l’accroche. Certes, ce n’est pas avec A Place Where There’s No More Pain qu’il faut s’attendre à un retour aux cultes River Runs Red et Ulgy, et ceux qui l’espèrent encore n’ont probablement pas compris le parcours et l’essence instinctifs et évolutifs de Life Of Agony, et surtout passeront à côté d’un album classieux. Car oui, le réveil de Life Of Agony est redoutable.

Clip vidéo de la chanson « World Gone Mad » :

Clip vidéo de la chanson « A Place Where There’s No More Pain » :

Album A Place Where There’s No More Pain, sortie le 28 avril 2017 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici



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