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Chronique   

Light The Torch – You Will Be The Death Of Me


Light The Torch revient de loin. Anciennement nommé Devil You Know, devenu Light The Torch en 2017 suite à des conflits légaux avec son ancien batteur John Sankey, le groupe originaire de Los Angeles a bien failli ne pas être en mesure de proposer le successeur de Revival (2018). Le guitariste Francesco Artusato a dû se remettre d’un accident de voiture, ce qui a fait de l’écriture de You Will Be The Death Of Me une véritable épreuve à bien des égards. Lorsqu’on ajoute les inconvénients d’une pandémie mondiale, Light The Torch a dû redoubler de détermination. You Will Be The Death Of Me est ainsi le résultat d’une fraternité éprouvée entre les membres du groupe, censé entériner la force de leurs liens et augurer un futur radieux.

You Will Be The Death Of Me a été enregistré aux studios Sparrow Sound en Californie profitant de l’expertise de Josh Gilbert et Joseph McQueen (Bullet For My Valentine, As I Lay Dying). Un choix de production qui sied parfaitement à l’essence metalcore de Light The Torch. Surtout, Light The Torch a eu le nez creux en accueillant le batteur Alex Rüdinger (Intronaut, Whitechapel), synonyme de garantie de rythmiques chiadées et parfaitement calibrées. « More Than Dreaming » ne se perd pas en circonvolutions pour présenter le corps de l’opus : la rythmique à sept-cordes de Francesco Artusato occupe l’essentiel du spectre, tout juste à égalité avec le timbre très souple d’Howard Jones. Ce dernier est le gage du cachet singulier de Light The Torch, les accents soul de certains de ses phrasés éloignent la formation des poncifs du groupe de metalcore standard. Pourtant la formule est très respectueuse des codes : une mélodie forte qui permet un déferlement de puissance pour des refrains fédérateurs. « Let Me Fall Apart » s’en veut le représentant parfait, avec cette fameuse alternance voix clean/growl et ces chœurs en arrière-plan devenus un standard depuis le séisme That’s The Spirit (2015) de Bring Me The Horizon. Light The Torch navigue entre deux directions claires : l’une focalisée sur les articulations rythmiques, à l’instar d’« End Of The World » et ses phrasés de guitare syncopés, et l’autre concentrée sur l’accessibilité des mélodies, à l’image de « Wilting In The Light » qui joue la carte fédératrice ou des accents pop de « Death Of Me » dont le refrain presque aérien évoque les heures de gloire de Bullet For My Valentine.

Si Alex Rudinger n’étonne plus par sa capacité à s’adapter à tous types de registres rythmiques et soutient You Will Be The Death Of Me par un son résolument massif, la vraie prouesse appartient à Howard Jones. Ce dernier parvient toujours à transformer un refrain en mélodie entêtante sans provoquer de cassure abrupte avec la gymnastique d’Artusato et du bassiste Ryan Wombacher. « Living With A Ghost », aux couplets pourtant virulents, se paie le luxe d’ajouter quelques nappes de clavier pour accompagner le chanteur dans ses élancées mélodiques : Light The Torch est du genre à ne jamais s’engager en demi-teinte… « Become The Martyr » a ces airs de goth-pop parce qu’Howard Jones est capable de joindre de la sensualité dans ses lignes vocales. C’est justement lorsque Light The Torch profite de tout le potentiel de son frontman qu’il convainc le plus. Le heavy rock de « Something Deep Inside » accuse une construction trop convenue et un riffing téléphoné tandis que « Come Back To The Quicksand » partage une dynamique accalmie/envolée éculée mais rendue consistante par l’interprétation d’Howard. Ce dernier permet à Light The Torch de reprendre le classique de R&B « Sign Your Name » de Terence Trent D’Arby qui, s’il ne sublime pas l’original, a au moins le mérite de conclure l’album sur une note insolite.

Light The Torch démontre une maîtrise absolue de son genre musical, des grandes structures du songwriting en passant par les plus petits arrangements. La puissance de ses compositions dépend de l’inspiration de ses refrains, heureusement portés par un chanteur en état de grâce. Sans jamais atteindre l’exceptionnel, le groupe délivre quelques plages mémorables et parvient à se sortir du magma brouillon de productions similaires. Light The Torch peut souffler, les aléas n’ont clairement pas eu raison de sa musique.

Chanson « Let Me Fall Apart » :

Chanson « More Than Dreaming » :

Clip vidéo de la chanson « Wilting In The Light » :

Album You Will Be The Death Of Me, sortie le 25 juin 2021 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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