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Live Report   

L’immense générosité de The Neal Morse Band


Difficile de parler de musique progressive sans évoquer à un moment donné Neal Morse. Véritable couteau suisse du genre, multi-instrumentiste, compositeur éclectique, cet homme de grande énergie prouve régulièrement son implication dans le genre avec moults albums. Et ces dernières années le projet qui lui a pris le plus de temps est bien le Neal Morse Band. Un nom sobre pour deux albums où se mélangent joliment metal, douceur, histoire et technicité. À l’occasion de la sortie de The Similitude Of A Dream (2016), le groupe a démarré une tournée qui avait déjà fait étape à Paris, au Trabendo, et qui repasse aujourd’hui au Divan Du Monde. Outre Neal Morse, on note la présence toujours appréciée de Mike Portnoy aux fûts.

Durant près de 2H30 (!), The Neal Morse Band va partager sa musicalité dans le cadre de cette tournée nommée The Road Called Home. Une route que des fans venant de la France entière auront prise pour se rejoindre à Paris.

Artiste : The Neal Morse Band
Date : 5 avril 2017
Salle : Le Divan Du Monde
Ville : Paris [75]


Neal Morse

Les places sur ce concert sont vite parties car la demande était grande. On s’attend, comme évoqué ci-dessus, à une longue performance, alors le choix de ne pas nous donner de première partie est fort agréable. Un peu après 20H, les lumières s’éteignent. Un livre apparaît sur l’écran derrière les instruments, et comme un conte, l’ouvrage s’ouvre afin de nous laisser admirer durant tout le concert une série d’illustrations et d’animations. Ce qui donne un cachet visuel à la soirée. Par contre, la scène de la salle étant relativement petite, on imagine les musiciens être forts à l’étroit.

Avec la présence imposante de la batterie de Mike Portnoy mais aussi de deux claviers, un saxophone, deux guitares électriques et une acoustique, ainsi qu’une basse, on s’attend à un concert musicalement fort varié. Pour jouer ce dernier album en entier, le ton est donné dès que Neal Morse entre en scène, vêtu d’une capuche et d’une lampe torche pour éclairer son visage. Un aspect très théâtral, et qui sera présent durant tout le concert, qui donne une âme de comédie musicale à cette soirée. Un aspect qui peut d’ailleurs faire penser au dernier album de Dream Theater, The Astonishing.


Mike Portnoy

On ressent vite dans ce concert un côté très humain. Car même si on ne retirera pas à un Dream Theater ses qualités musicales indéniables, et ses talents de création musicale, on peut sentir dans leur jeu en live une approche un peu plus mécanique, un peu plus froide. Alors que Neal Morse et sa bande se montrent, eux, plus proches de leur public, n’hésitant pas à parler et à jouer avec celui-ci. Le plaisir est palpable et ces deux heures et demi de concert passent au final bien vite. Le groupe est évidemment irréprochable musicalement parlant. Neal Morse ayant une liberté d’action importante grâce à ce micro qu’il porte près de sa bouche et lui permet de pouvoir se laisser aller à ses mouvements de scènes, et ainsi prendre avec beaucoup d’aisance possession de sa multitude d’instruments, même s’il reste majoritairement focalisé sur son clavier.

Chaque membre est lui-même équipé d’un micro afin d’offrir une variété vocale et de mélanger les genres. Car même si, globalement, Neal Morse reste la voix du groupe, son guitariste Eric Gillette profite de nombreux moments seul au chant. Un guitariste virtuose, n’ayant rien à envier aux meilleurs du genre, et effectuant ses solos avec une aisance presque insultante. Le second claviériste a également le droit à ses solos doux et calmes, contrastant avec cette musique à l’allure baroque et impressionnante qui nous est passé entre les oreilles durant toute la soirée. Le bassiste n’est pas en reste et atteint lui aussi une virtuosité déconcertante. La fluidité dans ses mouvements est réelle, quand bien même il fait usage d’un médiator.

Outre son talent, Mike Portnoy est lui un sacré showman doté de beaucoup d’humour. On le voit ainsi, par exemple, en compagnie d’une peluche de paresseux avec des baguettes à la main (qu’il explosera en fin de concert sur sa batterie) ou faire semblant de dormir sur son instrument. Jouant au chef d’orchestre, il fait valser ses baguettes en l’air à tout bout de champ, quand il n’est pas en train d’en mâcher une. Durant le premier set, on aura le droit de sa part à un énergique : « Bonjour Paris ! »


Un super show

Toute la fosse connait les paroles par cœur et lorsque l’heure du rappel vient, le public chante le riff du morceau sur lequel le groupe vient de le laisser. Un instant volontaire et émouvant qui a dû donner du baume au cœur au groupe qui attendait en backstage. L’audience a en effet de quoi être heureuse devant cette mise en scène fournie. Par ailleurs, Neal Morse porte le concert et est d’une générosité immense avec l’audience. « Je n’ai jamais eu un seul mauvais concert à Paris ! » explique le musicien sur scène. Soulignons tout de même, malgré tout, que l’audience dû attendre le second set pour entendre ses premiers adressés au public. En effet, compte tenu de sa longueur, pour permettre autant aux musiciens qu’à l’assistance de souffler, le concert a été divisé par un entracte d’une quinzaine de minutes, pendant lequel la bande originale de la série Twin Peaks résonnait dans le Divan du Monde.

On aurait pu craindre que la présence de Mike Portnoy obscurcisse le concert, qu’il monopolise l’attention. Mais même si nos yeux se tournent naturellement vers lui, tous les musiciens, de part leur talent, savent susciter l’intérêt. Une soirée qui fut donc dansante, éclectique, mouvementée, charmante, chantante et enivrante. Mais vu l’amour que la formation porte apparemment pour la France, on devrait les revoir assez rapidement. D’ailleurs, on peut déjà prévoir de retrouver monsieur Portnoy au Trianon, début juillet, pour sa tournée de The Shattered Fortress.

Setlist Neal Morse Band :

Set 1 – The Similitude Of A Dream – part 1 :

Long Day
Overture
The Dream
City Of Destruction
We Have Got To Go
Makes No Sense
Draw The Line
The Slough
Back To The City
The Ways Of A Fool
So Far Gone
BReath Of Angels

Set 2 – The Similitude Of A Dream – part 2 :

Slave To Your Mind
Shortcut To Salvation
The Man In The Iron Cage
The Road Called Home
Sloth
Freedom Song
I’m Running
The Mask
Confrontation
The Battle
Broken Sky / Long Day

Rappels :

Author Of Confusion (reprise d’un titre de Neal Morse)
Agenda
The Call

Live report : Matthis Van Der Meulen.
Photos : Aline Meyer.



Laisser un commentaire

  • Maintenant que j’ai absorbé l’album, je regrette d’autant plus d’avoir raté ce concert. Chiasse !
    Par contre j’ai bien ma place pour Juillet et la « suite de 12 étapes sans alcool ». J’ai hâte.

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