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Nouvelles Du Front   

Linkin Park est arrivé à maturité


Jusqu’à présent dans les cercles de discussion metal, on évoquait le nom de Linkin Park pour blaguer. Au mieux comme un groupe « djeunz mais super efficace » à écouter de temps en temps. A l’instar d’un Nickleback ou d’un Offspring. A partir d’aujourd’hui, à partir de ce A Thousand Suns tout fraîchement sorti, c’est fini : Linkin Park devient sérieux.

Quand on aimera pas, on ne sortira plus l’éternel argument de la nostalgie de nos années lycée. On dissertera dessus de manière chiante. Quand on n’aimera pas, on n’en rira plus comme on pourrait rire des ballades de Nickleback. On parlera démarche artistique, on argumentera, on s’engueulera.

En 2003 lorsque Meteora est sorti, à l’époque où Linkin Park se concentrait encore avec brio sur des titres immédiats aux mélodies faciles, le groupe avait eu une récompense pour « Session », un titre instrumental et expérimental. Frustré, Chester Bennington (chant) s’était déclaré déçu que Linkin Park soit récompensé pour un instrumental plutôt que pour ses tubes. Jusqu’à présent, Linkin Park n’était jamais allé jusqu’à expérimenter sur un véritable album studio et ne le faisait que par le biais d’opus de remix intermédiaires comme Reanimation. Comme pour dire « bon, si vous aimez c’est cool, mais si vous n’aimez pas, c’est pas vraiment nous hein, pas de panique, c’est juste des remix ! ». Il faut croire que Linkin Park tâtait le terrain en utilisant, par sécurité, ses hymnes reconnus pour tenter des choses.

Soyons honnête, on n’aurait jamais imaginé un tel revirement sur la simple base d’un Reanimation ou de ce très intéressant « Session ». Et pourtant, c’étaient bien des signes avant coureurs. Dans A Thousand Suns, « When They Come For Me » – avec son ambiance, ses rythmiques industribales, sa construction en crescendo et ses vocalises orientales – est à ce titre l’aboutissement artistique des timides tentatives évoquées plus haut.

Un titre comme « Burning In The Skies » montre aussi la délicatesse du groupe avec un triptyque piano-guitare-voix qui rejoint la magie de ce splendide « The Requiem » qui plante le décor avec ce féminin à la Goldfrapp. Avec A Thousand Suns et ses morceaux diversifiés (« Waiting For The End », “Blackout” etc.) n’a-t-on pas devant nous l’album le plus intense et le plus abouti du groupe ?

Force est de constater que, les années passant, la formation s’est mise à assumer cette facette plus créative, dangereuse et bien moins immédiate dans les compositions. Linkin Park a appris à s’aimer. Le groupe passe avec ce nouvel album à l’âge adulte, comme un homme qui tire un trait sur sa jeunesse, qui arrête de coucher à droite à gauche et qui rencontre cette fille, pas un canon de beauté, mais avec qui il sait qu’il pourrait construire quelque chose de vraiment sérieux. Comme cet homme à qui, de temps en temps, les coups d’un soir manqueront, les tubes de Linkin Park vont nous manquer. Mais pour rien au monde on ne reviendrait en arrière, sacrifiant ainsi ce charme unique que l’on a trouvé.

Nous avons hâte de voir ce que cet album de Linkin Park donnera en live à Paris le 25 octobre prochain d’autant plus que le groupe est, à juste titre, très fier de son album.



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  • Requiem : « messe pour le repos de l’âme d’un mort ». Voilà comment se définit ce mot en langue française. C’est aussi le titre du premier morceau de ce nouvel album des Linkin Park. Faut-il y voir un double sens ? En tout, le LP des débuts est bel et bien mort à travers cet opus. Si le groupe a le mérite d’annoncer, dans la jaquette intérieure, la couleur concernant le côté expérimental de cette oeuvre, n’y a-t-il pas tout de même un petit côté « travail bâclé », limite « foutage de gueule » ? C’est en tout cas mon sentiment après quelques écoutes, car ça ne parvient toujours pas à me faire décoller, tant cette navigation entre morceaux électros, électro-rap, électro-pop et rock-balades façon « séries pour teenagers américains » manquent de consistance. Alors non, définitivement non, je n’aime pas cet album et finalement seul le morceau « Wretches and Kings » sort légèrement du lot et redonne cette énergie linkinparkienne que l’album Live in Texas avait su sublimer !
    LP s’est définitivement éloigné de la sphère métal, mais n’était-ce pas finalement inexorable…

    P.S. : à vendre cd, album « A Thousand Suns » de LP, très bon état, car très peu servi 🙂

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  • Si vous voyez des avis positifs sur cet album hors chez nous, hésitez pas à mettre un lien ici comme ça on verra si la gars a ressenti la même vibe que nous !

    Musik Universe, Metalorgie, VS : y trouvent tous que c’est de la merde !

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    Margoth/RM

    Tiens, en voilà un… Et justement, cela ne vient pas forcément des sites qu’on peut penser en premier lieu…

    http://www.musiquemag.com/chronique-cd-linkin-park-a-thousand-suns-3621.htm

    Takk

    Compliqué de trouver une bonne chronique…

  • D’après ce que j’en est entendu, ça me donne bien envie de l’écouter… Dire que ça fait depuis la sortie de Meteora que j’écoute les nouvelles offrandes de Linkin Park à contre-cœur (car Hybrid Theory reste pour moi un bon album dans son style). C’est un bon point, c’est peut-être le signe que j’arriverai à me rabibocher avec LP ^^

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  • Merci Radio Metal pour cette ouverture d’esprit !!!!

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  • Wow. Ce « When They Come From Me » est une grosse claque.

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  • J’avoue que la première écoute a été surprenante… Je ne m’attendais pas à ce genre d’album, avec ces interludes, ces expérimentations… Mais après plusieurs écoutes, je trouve le résultat vraiment excellent ! LP m’a surpris (dans le bon sens du terme), et je l’en remercie…

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