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Interview   

L’intégrité de Nightrage


Marios Iliopoulos - NightrageNightrage tient bon. Autant le groupe gréco-suédois a avec le temps bénéficié de la participation à sa musique d’une quantité impressionnante d’invités (presque tout le fleuron de la scène suédoise, à vrai dire), autant il n’a jamais su stabiliser son line-up avec un turn-over de musiciens tout aussi important. C’est en trio que revient aujourd’hui Nightrage avec son nouvel album The Puritan, dont le nouveau chanteur Ronnie Nyman, et toujours fidèle à ses principes, élevant l’intégrité comme vertu première.

Mais l’histoire de Nightrage c’est d’abord celle de la persévérance d’un homme, le guitariste Marios Iliopoulos, passionné par son death metal mélodique et qui a quitté sa Grèce natale, sans un sou et sans savoir ce qui l’attendait, pour vivre son rêve suédois en déménageant au début des années 2000. Travailler dur, croire en soi, ne pas céder aux modes, etc. Voilà tous les préceptes qui ont guidé et guident encore Marios dans son aventure musicale. Une aventure qu’il a d’ailleurs débuté en compagnie d’un autre guitariste grec, son ami Gus G, que l’on commence à bien connaître aujourd’hui pour avoir rejoint les rangs du Prince Des Ténèbres lui-même.

Nous parlons donc de tout ceci ci-après avec Marios.

Nightrage

« Parfois, avec le genre de musique que nous jouons, les gens veulent des choses différentes, recherchent le succès… Ici, nous recherchons l’intégrité musicale, tu sais, plutôt que l’argent. »

Radio Metal : Le chanteur Antony Hämäläinen et le batteur Johan Nunez ont quitté le groupe, apparemment sans rancœur, pour poursuivre d’autres projets. Ensuite vous avez accueilli Ronnie Nyman en tant que nouveau chanteur. Comment l’as-tu rencontré ?

Marios Iliopoulos (guitare) : C’était via un ami commun, Jesper Strömblad (The Resistance, ex-In Flames). Lorsque nous recherchions un nouveau chanteur, il m’a suggéré Ronnie. Il s’est avéré être la personne que nous recherchions parce que ça a très vite collé. Il joue depuis tellement longtemps maintenant. Il a le même genre d’expérience. Nous l’avons donc testé sur les tournées russes et japonaises, et il a en quelque sorte mérité sa place ; il voulait vraiment être le chanteur du groupe. En fait, nous avons écrit l’album ensemble, les paroles et la musique, et nous travaillons vraiment bien tous les deux.

Vous n’avez donc pas envisagé de faire passer des auditions ?

Non parce qu’à ce stade j’ai eu cette suggestion de Jesper et je lui faisais confiance, tu sais, parce qu’il sait de quoi il parle. Il se trouve que c’était la bonne personne ! Nous n’avons donc même pas perdu de temps à essayer d’autre gars, pour être franc.

Et qui a enregistré les parties de batterie sur l’album ?

C’est Johan Nunez qui a joué la batterie cette fois-ci en tant que musicien de session parce qu’il a décidé de ne plus être dans le groupe, parce qu’il joue avec mon pote Gus G, Firewind et aussi Marty Friedman, du coup il est très occupé à faire ça. C’est difficile, tu sais. Avec un groupe comme Nightrage, nous aimons avoir une bonne équipe autour de nous et parfois, avec le genre de musique que nous jouons, les gens veulent des choses différentes, recherchent le succès… Ici, nous recherchons l’intégrité musicale, tu sais, plutôt que l’argent. C’est donc un peu difficile de trouver les bonnes personnes. Mais désormais, avec le line-up que nous avons en trio, ça marche plutôt bien, en fait, et nous pensons travailler avec un batteur de session et un guitariste de session pour nos concerts à venir.

Vous ne recherchez donc pas de nouveau batteur ?

Nous avons quelques idées. Là tout de suite, nous sommes en discussion avec des gens. Bien sûr que nous sommes toujours en train de chercher mais c’est difficile de trouver un mec permanent, tu sais. Du coup on va se contenter d’un mec de session pour le moment.

En 2011 Olof Mörck a quitté le groupe, il a simplement disparu des concerts et des photos de groupe. Que s’est-il passé ? Est-ce que ça à voir avec son autre groupe Amaranthe ?

Exactement. Le mec était perdu. Nous ne parvenions pas à le joindre. Il ne s’est pas pointé à la tournée. Il ne répondait pas aux emails. Il était comme perdu, alors nous l’avons laissé faire sa vie, tu sais. Les gens changent de direction, comme je le disais, ils recherchent d’autres choses, et nous recherchons… Nous voulons juste jouer la musique que nous aimons jouer ! Du death metal mélodique. C’est difficile pour certaines personnes, j’imagine que c’est trop exigeant. C’est le problème : les gens changent d’avis et ils veulent accomplir d’autres choses, alors ils se détournent vers d’autres buts. Mais le fait est que nous ne changerons pas le but de Nightrage, qui est que nous devons jouer la musique que nous adorons jouer.

Le groupe a connu un grand nombre de changements de line-up dans son histoire. Comment es-tu malgré tout parvenu à garder une cohésion dans le groupe ?

C’est l’énergie et l’inspiration que j’ai qui n’ont jamais changées. J’ai le sentiment que si ça n’avait tenu qu’à ces gens, Nightrage serait mort aujourd’hui, mais ils n’ont pas d’importance, ce qui importe c’est la musique, les chansons et la connexion que nous avons avec nos fans. Si je me sens toujours inspiré et si je pense toujours avoir quelque chose à offrir en retour, je continuerais à faire Nightrage parce que, en dehors du fait qu’être dans un groupe est pour moi une vie idéale, ça me rend vraiment heureux de partager ma musique avec les gens.

Sur les albums précédents – hormis A New Disease In Born – tu avais toujours un autre guitariste qui composait à tes côtés. Aujourd’hui tu es seul à la guitare, du coup, est-ce que ça t’as mis une pression supplémentaire ?

Pas exactement. Je veux dire que ça a été peut-être un peu difficile pour moi d’écrire ces chansons pour d’autres raisons, parce que je voulais attendre un moment, jusqu’à ce que je me sente inspiré et d’avoir les bonnes chansons. Et c’était aussi un grand défi pour moi parce que je ne voulais pas me répéter. Je voulais faire quelque chose de plus rafraîchissant. Mais il se trouve que je suis toujours la source principale d’inspiration du groupe, le compositeur et parolier principal. Mais sur cet album, Ronnie m’a beaucoup aidé. Nous avons écrit les paroles ensemble et il m’a aidé sur les arrangements des chansons. Je ne peux donc pas récolter tous les lauriers pour ça, tu sais. Je n’aurais jamais pu écrire cet album sans l’aide de Ronnie, mon bassiste Anders [Hammer], Daniel Bergstrand et George Neranzis du studio Dug Out Productions… Je considère donc ça comme un effort collectif. Je ne veux pas avoir le sentiment que Nightrage est mon projet solo, parce que c’est un groupe. C’est un travail d’équipe avec des gens qui travaillent pour un même but.

Nightrage - The Puritan

« Si je voulais avoir plus de possibilités pour ma musique et mon futur musical, il fallait que j’aille ailleurs et la Suède était le bon endroit. C’était un bon choix, je suppose, même si c’était un peu risqué pour moi. »

Mais est-ce que ça a changé quelque chose artistiquement de n’être qu’un guitariste ? Je veux dire que vous jouez du death metal mélodique, et l’une des caractéristiques de ce genre, ce sont souvent les mélodies à deux guitares…

Nous jouons toujours la musique que nous jouions avant. Nous n’avons pas changé radicalement, tu sais. Peut-être que le son que nous avons eu de la part de Dug Out Productions était un peu neuf et que c’est un peu une évolution pour nous. The Puritan est une évolution pour Nightrage. Nous voulons toujours être aussi metal que possible. Nous n’avons pas honte d’être un groupe de metal. Nous essayons d’apporter ces riffs et toutes ces mélodies pleines d’émotions, parfois nous jouons des chansons très calmes comme l’instrumentale « Lone Lake ». Et d’un autre côté, nous jouons des chansons comme « Son Of Sorrow » qui est presque une chanson black metal. Nous essayons de combiner toutes ces différentes émotions et atmosphères sur un album de Nightrage.

Le premier single de l’album était « Kiss Of A Sycophant », qui est la dernière piste de l’album. C’est assez inhabituel de placer un single, qui est généralement la chanson la plus accrocheuse de l’album, à la fin. Pourquoi ce choix ?

Nous ne voulons pas faire ce que les autres groupes font. Nous avons le sentiment que chaque chanson sur l’album est intéressante. Ce n’est pas comme si les trois premières chansons étaient les meilleures et ensuite les autres seraient là pour remplir l’espace. Nous pensons que chaque chanson est une bonne chanson. Peu importe où elle se trouve dans la tracklist. Voilà la raison.

La première chanson de l’album est la chanson éponyme, « The Puritan ». Que mets-tu derrière ce terme pour l’avoir choisi comme titre d’album ?

The Puritan est un genre de titre symbolique. Nous voulions décrire par ce biais le désir de créativité et la pureté de notre musique, par le fait que nous ne changeons jamais et que nous ne voulons pas nous décevoir nous-mêmes en tant que compositeurs, nous ne voulons pas décevoir nos fans. Nous croyons qu’il y a une lumière au bout du tunnel. Aussi, d’un point de vue des paroles, nous avons essayé cette fois-ci d’atteindre l’essence de l’âme humaine et creuser un peu plus profond, je suppose.

Est-ce important, en fait, de ne pas trop changer lorsqu’on fait de la musique, particulièrement pour les fans ?

Nous n’accordons pas vraiment d’importance à ce genre de choses. Nous ne planifions pas les choses. Nous ne voulons pas changer ou ne pas changer… C’est juste une question d’être honnête, tu sais, de jouer de la musique avec notre cœur, en jouant de ma guitare, l’enregistrer sur mon enregistreur cassette poussiéreux et ensuite aller voir Ronnie pour écrire les paroles… Ce n’est pas comme si nous avions des plans particuliers. Nous sommes juste nous-mêmes. C’est ce qui importe le plus dans Nightrage. Je crois qu’avec la musique, en tant que compositeur et musicien, tu dois être aussi honnête, à cent pourcent, que possible.

On peut entendre au milieu de l’album un interlude très calme et presque acoustique intitulée « Lone Lake ». Dans la mesure où c’est là un album très intense, souhaitais-tu que l’auditeur fasse une pause, pour respirer un moment avant de repartir ?

Ouais exactement. L’une des raisons était que je ne voulais pas que nous sonnions unidimensionnels, genre on reste rapide et joue de manière très intense. Parfois nous avons des atmosphères différentes et nous aimons mettre ces atmosphères dans un album de Nightrage pour qu’il y ait un bon équilibre. Nous aimons ce côté doux et calme, nous n’avons pas peur de sortir ça et provoquer un joli contraste avec les autres chansons.

L’album précédent Insidious était apparemment autoproduit – si ce n’est qu’il a été mixé et masterisé par Fredrik Nordström – alors que cette fois-ci vous avez embauché le producteur Daniel Bergstrand. L’expérience de l’autoproduction n’a-t-elle donc pas été concluante ?

Cette fois nous avons changé de studio et avons enregistré avec Bergstrand et George Neranzis. Daniel est un producteur incroyable, il a travaillé avec tellement de super groupes et a bossé comme un dingue, mec ! Ces mecs ont travaillé tellement dur ! C’était la première fois que nous avions le sentiment d’avoir trouvé des mecs qui appréciaient vraiment la musique que nous faisions et qui investissaient énormément d’efforts dedans. Ca fait toute la différence. Le son qu’ils nous ont donné est tellement énorme et brutal. Nous avons principalement travaillé auparavant avec Fredrik Nordström au Studio Fredman, donc je suppose qu’il était temps pour nous de changer, d’aller ailleurs et au bout du compte, avec le producteur Daniel Bergstrand, je pense avoir trouvé le gars que je recherchais. Nous nous traitions comme des amis, il apprécie la musique que nous faisons et il a travaillé à fond. Il ne regardait pas sa montre, genre : « Il est quelle heure ? Quand est-ce que je quitte le studio ? » Tout ceci fait toute la différence pour moi, personnellement. A mon sens, il faut investir cent pourcent de son temps et de ses efforts là-dedans, et c’est ce que les gars ont fait pour Nightrage. C’était une chouette collaboration. En fait, j’ai trouvé le studio que je recherchais et nous aimerions y retourner pour notre prochain album.

Nightrage

« N’essaie pas de suivre le mouvement, essaie d’être toi-même et n’en démord pas, c’est ma devise. »

Au début de la carrière du groupe, tu as déménagé de Grèce pour aller en Suède pour trouver des musiciens avec lesquels travailler et un bon environnement. Est-ce si difficile de développer un groupe de metal en Grèce ?

A l’époque où je suis parti, j’avais ce groupe de death metal mélodique grecque qui s’appelait Exhumation et ensuite ce groupe a splitté, je n’arrivais plus à trouver de nouveaux membres, j’avais l’impression d’être dans une impasse, il n’y avait pas de gens sérieux autour de moi. En fait, Nightrage est né à Thessalonique mais ensuite, il a fallu que j’aille ailleurs et j’avais l’impression que la Suède était un bon endroit pour moi en raison de cette scène death metal mélodique qu’il y avait là-bas. Tout ça m’a fait comprendre que si je voulais avoir plus de possibilités pour ma musique et mon futur musical, il fallait que j’aille ailleurs et la Suède était le bon endroit. C’était un bon choix, je suppose, même si c’était un peu risqué pour moi parce qu’à l’époque, je n’avais pas d’argent ou de chez-moi ou quoi que ce soit, mis à part ma passion pour la musique. Je suis vraiment heureux que nous soyons parvenus à faire tous ces albums et être très inspirés, et que je puisse faire encore ça avec Nightrage. Je suis très reconnaissant pour ça.

Avais-tu l’idée avant ça de jouer ce type de death metal mélodique à la suédoise ou bien est-ce la scène en Suède lorsque tu es arrivé qui t’as poussé là-dedans ?

Pour être franc, j’ai toujours joué ce type de musique avec Exhumation, tu sais. Nous avons enregistré trois albums à l’époque. J’avais ces idées avec moi et Nightrage était grosso-modo une continuation de ce que je faisais avec Exhumation. C’était un peu plus professionnel, je pense, et droit au but. Je pense avoir trouvé mon propre type de son avec Nightrage que nous avons développé et que nous essayons encore de développer. Toujours sur le côté metal des choses, même si nous ne voulons pas être un autre genre de Manowar… Nous voulons être nous-mêmes.

Venant de Grèce, comment t’es-tu intéressé à cette scène suédoise et approprié cette touche suédoise en tant que compositeur ?

Je pense que Nightrage est mieux que ça, je suppose. Bien sûr nous sommes influencés par le death metal mélodique suédois mais je pense que nous avons bien d’autres influences, parce que je suis un grand fan du metal des années 80, le thrash de la bay area, le death metal floridien et toutes ces choses. Tout ceci me permet de créer le style Nightrage. Nightrage a son propre style. Ce n’est pas une question d’essayer de copier-coller d’autres groupes mais plutôt d’être soi-même et de trouver sa propre voix en musique. Et je pense que nous avons réussi ça avec Nightrage. Nous sonnons un peu différemment et je suis très content de ça.

Et penses-tu que ce soit ainsi que vous parvenez à ressortir dans cette scène suédoise, dans la mesure où il y a une quantité phénoménale de groupes de death metal mélodiques là-bas ?

Tout est une question de travailler dur, de ne jamais laisser tomber nos rêves, de toujours croire en soi. Il faut juste être soi-même et suivre le chemin qui nous est destiné en musique. Jouer la musique avec son cœur, ne pas essayer de suivre les modes ou ce que les autres te disent de faire. N’essaie pas de suivre le mouvement, essaie d’être toi-même et n’en démord pas, c’est ma devise.

Certaines parties de l’album précédent, Insidious, ont été enregistrées en Grèce. Est-ce que tu avais ressenti le besoin, à l’époque, de retrouver tes racines ?

Ouais. Je pense qu’avec toute la technologie aujourd’hui, même en Grèce on peut désormais trouver des producteurs et des studios de haut niveau, tu peux enregistrer partout. Et si tu t’entoures de gens avec qui travailler qui aiment tes trucs et avec qui tu as une bonne alchimie, je suis persuadé que tu peux accomplir de grandes choses. L’une des raisons pour lesquelles en 2011 je suis retourné en Grèce était sans doute que je voulais retourner dans mon pays natal et enregistrer un album là-bas. Ça a bien marché aussi. Le résultat était vraiment super. De toute façon, nous avons pris tout ça et l’avons ensuite mixé et masterisé au studio Fredman en Suède.

De façon plus générale, est-ce que ton pays te manque parfois ?

J’ai toujours le mal du pays, tu sais. Ça fait partie de moi. J’ai en fait été élevé à Thessalonique, en Grèce, et j’y ai vécu pendant trente ans, donc je suppose que c’est parfois un peu dur, tu sais, mais tu dois suivre tes rêves. Tu dois sacrifier certaines choses que tu prends pour acquis pour pouvoir accomplir tes buts dans la vie, et dans mon cas, mes objectifs musicaux. Tu dois donc prendre quelques risques et être audacieux, alors de bonnes choses finiront par se produire, je crois.

Penses-tu qu’un jour tu retourneras en Grèce, peut-être pour y faire un album de A à Z ?

Bien sûr, ouais, c’est toujours une possibilité. Peut-être que pour le prochain album Daniel Bergstrand viendra en Grèce avec moi parce qu’il aime beaucoup la Grèce aussi. On ne sait jamais. Il y a tant de possibilités.

Que penses-tu de la scène musicale en Grèce et de groupes comme Rotting Christ et Septicflesh qui se sont bien établis ?

Ouais, ceux-ci sont parmi les meilleurs groupes en Grèce aujourd’hui. Il y a en fait beaucoup d’autres groupes qui essayent de grandir. Nous avons une meilleure scène là-bas depuis la décennie précédente et c’est parce que les gens essaient d’être plus ouverts d’esprit, ils comprennent le business maintenant et qu’il faut travailler dur. J’aime ça. Je pense qu’il y a un brillant futur pour la jeune génération de groupes en Grèce, surtout aujourd’hui avec internet et toutes ces choses qui aident vraiment. C’est une sorte de globalisation, tout est connecté. Mais tout est une question de travailler sur, je pense. Ca n’a pas vraiment d’importance d’où on vient. Tu trouves tout type de super groupes partout, du moment qu’ils croient en ce qu’ils font et ont foi en eux-mêmes.

Nightrage

« Tu dois sacrifier certaines choses que tu prends pour acquis pour pouvoir accomplir tes buts dans la vie. »

As-tu déjà été tenté par le fait d’incorporer un peu plus de ta culture grecque dans ta musique comme le font ces groupes et comme certains groupes suédois le font parfois avec leur propre culture ?

Je n’ai jamais pensé à ça. Je ne suis pas certain que ce soit quelque chose qui m’intéresse, pour être honnête avec toi. Bien entendu je respecte et apprécie lorsque les groupes essaient d’être un peu plus audacieux et d’incorporer d’autres types d‘influences. Mais pour être franc, je suis un gars de la vieille école du metal, donc j’écoute toujours mes vieux albums d’Iron Maiden. C’est de là d’où je viens. Mais bien sûr, il est toujours possible d’améliorer, même ça.

Au début, tu as fondé le groupe avec ton ami proche Gus G. Etais-tu déçu de ne pas pouvoir le garder dans le groupe ?

Non, je ne suis pas déçu. En fait, je suis très fier pour ce gars. Je veux dire que de toute façon il n’a jamais été porté sur le death metal mélodique. Il n’aime pas vraiment ce type de musique, pour être honnête avec toi. Donc, je suis vraiment fier qu’il ait pu atteindre tant de supers objectifs. Nous sommes toujours les meilleurs amis. Il fait des choses incroyables avec Ozzy, avec son groupe solo et avec Firewind. C’est un maestro, tu sais. Il mérite d’être où il est aujourd’hui. Je suis vraiment heureux, en tant qu’ami et en tant que musicien, qu’il vive son rêve.

En fait, qu’as-tu pensé lorsqu’il a rejoint le groupe d’Ozzy Osbourne ? Etais-tu surpris ?

Eh bien, j’étais un peu surpris au tout début mais la première fois qu’il m’a parlé de son audition, je savais d’emblée… En fait, je lui ai dit : « Tu seras le prochain guitariste d’Ozzy ! » Il ne pouvait pas le croire lui-même ! Mais je savais parce que j’ai vu qu’il l’avait en lui, qu’il était le gars qu’ils recherchaient. J’étais un peu surpris au début mais ensuite je me suis rendu compte que, ouais, c’est ce gars [rires]. Du coup j’y ai cru avant lui, en fait !

Est-ce que tu lui parles encore parfois ?

Ouais, nous nous parlons toujours et nous sommes constamment en communication. Il vit toujours à Thessalonique, en Grèce. Ils ont récemment joué ici, à Göteborg, avec son groupe solo, du coup on s’est croisé et c’est toujours un plaisir de trainer ensemble. J’apprécie toujours ses concerts. Ce mec est incroyable. Si tu me demande à moi, personnellement, je te dirais qu’il est l’un des meilleurs guitaristes de metal à l’heure actuelle.

En tant que journaliste, lorsque nous le questionnons sur le fait d’être le guitariste d’Ozzy, nous obtenons grosso-modo la réponse habituelle : « C’est super, je fais ce qu’Ozzy me demande de faire. » Mais qu’est-ce qu’il te dit en tant qu’ami ?

Parfois il ne peut même pas le croire lui-même ! Il doit passer après tous ces supers guitaristes comme Tony Iommi, Randy Rhoads, Jake E. Lee, Zakk Wylde, tous ces guitaristes incroyables, et il est le suivant ! On avait pour habitude de blaguer, genre : « Qu’est-ce que ça ferait de jouer avec Iron Maiden ou… » Ce genre de trucs, mais en l’occurrence c’est ce qu’il fait aujourd’hui ! Si tu y réfléchis, c’est fou, mec ! Parfois tu dois te pincer pour savoir si c’est réel ou si c’est un rêve. Mais ils ont choisi le bon gars pour Ozzy.

Tu as joué avec une quantité impressionnante de musiciens prestigieux dans Nightrage : Tomas Lindberg, Nicholas Barker, Jesper Strömblad, Tom S. Englund, Mikael Stanne, etc. comment diable parviens-tu à avoir toutes ces personnes en invités sur vos albums ou à jouer avec vous ?

Je suppose que c’est la qualité de la musique de Nightrage. C’est la seule chose, tu sais. Parce que tous ces gens ont écouté les chansons que nous avions et ils ont aimé ce que nous faisions à l’époque. C’est donc la qualité de la musique et ils ont vu comme nous étions sérieux. Nous n’étions pas des gosses qui traînent à essayer de faire quelque chose. Nous étions vraiment sérieux avec notre truc. C’est ça la raison, je pense.

Je ne suis pas certain : y a-t-il des invités sur The Puritan ?

Il y a en fait un invité : Lawrence Mackrory de Darkane qui fait du chant clair sur la chanson « Desperate Vows ». C’est le seul invité parce que nous ne voulions pas avoir plus d’invités sur l’album. Parce que je trouvais qu’avec Insidious nous en avions trop et ça embrouillait les gens. Cette fois, je voulais qu’on reste entre nous, pour se concentrer sur le nom Nightrage et sur nous-mêmes, pour être franc, parce que je sais aussi que nous pouvons le faire nous-mêmes mais parfois, certaines chanson réclament d’autres gens, comme Lindberg ou Gus G ou peu importe. Et aussi nous avons composé une chanson avec Gus sur le nouvel album. C’est à peu près tout.

Et est-ce que Ronnie sera capable de chanter en live la partie de voix claire que fait Lawrence Mackrory ?

Ouais, nous pouvons tous les deux le faire. Je peux faire des voix claires en live. En fait, je fais du chant clair, donc ce n’est pas un gros problème, tu sais. C’est un incroyable hurleur et de toute façon, nous ne sommes pas un groupe porté sur le chant clair. Qui en a quelque chose à faire ? Il hurlera, tout simplement ! [Rires] C’est la chanson qui importe, pas ce chant clair. Certaines personnes dans le metal ne veulent qu’écouter les riffs. Je ne crois pas qu’ils en aient grand-chose à faire du chant clair, tu sais. Donc, dans ce cas, pas de problème ! [Rires] [Dans le passé] lorsque nous avions des parties en chant clair, je pouvais chanter certaines de ces parties et c’était cool. Je ne suis pas Ronnie James Dio mais tu vois ce que je veux dire.

Interview réalisée par téléphone le 18 mars 2015 par Nicolas Gricourt.
Retranscription et traduction : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Magnus Ewald.

Site officiel de Nightrage : www.nightrage.com.



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