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Live Report   

Dans l’ombre de Katatonia


Ambiance rock/progressive au Trabendo avec le trio nordique Vola, Agent Fresco et Katatonia, soit un son très accessible et de quoi laisser espérer une foule compacte et hétéroclite, prompte à mettre l’ambiance. On est en droit d’attendre au tournant le groupe tête d’affiche, incontournable de la scène metal suédoise, venu soutenir son dixième album The Fall Of Hearts, œuvre riche et sombre à souhait, tandis que les danois de Vola et les islandais d’Agent Fresco suscitent un intérêt curieux.

A l’ouverture des portes, un mince filet de fans serpente aux abords du Trabendo et se fraye un chemin lentement mais sûrement jusqu’à la salle. Pas d’élans précipités donc, ni de premières bousculades enfiévrées à l’entrée et quand Vola entre en scène, le Trabendo peine encore à se remplir. Augures plutôt maussades pour cette soirée, mais celle-ci ne fait aussi que commencer.

Artiste : Katatonia – Agent Fresco – Vola
Date : 18/10/16
Salle : Le Trabendo
Ville : Paris

Une fosse clairsemée accueille néanmoins dignement le groupe danois venu défendre son premier album Inmazes. Transport immédiat, nous sommes instantanément emportés dans une sphère metal moderne : accents rock, résolument progressifs, presque pop, assortis de la voix claire du chanteur et guitariste Asger Mygind, et puissance plus proprement metal, servie par une guitare à sept cordes très efficace. Le public est manifestement sensible à la chaleur un peu timide du groupe et à sa musique de toute évidence neuve et de qualité, et lui fait savoir, certes encore un peu timidement aussi, mais la pluie d’applaudissement est bien là et bien méritée. Parfait avant-goût de cette soirée qui tend à estomper les frontières entre rock (pop) et metal.

Agent Fresco ou la révélation islandaise

Puis vint le temps de la révélation islandaise, voire, n’ayons pas peur des mots, du coup de foudre septentrional. Tandis qu’à son rythme la foule emplit un peu plus le Trabendo, prend place Agent Fresco avec une énergie, une folie et une passion si évidentes qu’elles crèvent les yeux avant même de ravir les oreilles. Ravissement partagé pour ceux qui connaissaient le groupe et ceux qui le découvrent. La voix aérienne d’Arnór Dan Arnarson à la douceur pop, confrontée aux envolées mélancoliques et mélodiques du piano, aux décharges metal des guitares et aux déchaînements véhéments de la batterie, sidère. Et émerveille, accessoirement. Ce contraste entre douceur, grâce et puissance émancipée de cet art rock alternatif, est si brusque et si similaire à la beauté violente des terres natives du groupe, qu’il génère comme une légère transe hypnotique rendue très sensible par les battements sourds très énergiquement frappés par Hrafnkell Örn Guðjónsson. Si ce contraste est déjà perceptible sur des chansons aussi efficaces et entraînantes que Dark Water ou See Hell, où la voix se module à volonté entre fluidité éthérée et saccade caractéristique, il est frappant sur « Angst » où le timbre d’Arnór atteint des sonorités cristallines avant de s’infléchir et s’approcher de hurlements death sur des rythmiques agressives et envoûtantes. A cet éloge déjà bien dithyrambique, nous ajouterons la présence chaleureuse et passionnée des artistes. Outre leur transe sur scène, le dialogue avec le public est ouvert, le chanteur et meneur du groupe n’hésite pas à présenter la genèse de ses créations, comme celle de « Wait For Me », très riche et sensible. Le public est évidemment réceptif à ce show, laisse éclore son enthousiasme et ovationne les Islandais que l’on espère retrouver très vite. La barre est haute, mais comment rêver d’une meilleure première partie pour préparer l’arrivée des Suédois de Katatonia ?

Le mur capillaire de Jonas Renkse

Les rangs de fans se sont étoffés sans que la salle soit pleine à craquer quand le groupe tête d’affiche entre en scène, après un répit un peu trop long. Ce Fallen Hearts Tour porte aussi bizarrement que médiocrement son nom. Trois chansons en tout et pour tout du dernier album The Fall Of Hearts seront jouées ce soir. Bien que « Last Song Before The Fade » ouvre efficacement le show et crée plus ou moins l’unanimité, cette représentation limitée du dernier né de Katatonia est un peu décevante. Après « Serein », « Old Heart Falls » sera un autre temps fort du concert, néanmoins. Sont privilégiées des valeurs sûres, soit des morceaux tirés des opus les plus plébiscités comme The Great Cold Distance. Cela dit, le tour d’horizon est assez large et le show offre une vision relativement panoramique de la carrière du groupe, ce qui n’est pas pour déplaire aux fans qui s’enflamment au son de leurs titres favoris. En dépit de cela, pas de vraie et fabuleuse étincelle lors de ce show qui s’enferme dans une froide obscurité. Dark progressif, doom d’accord, mais peut être plus dans le repli que dans le trip. Un mur capillaire sépare invinciblement les fans du chanteur Jonas Renkse. Noirs sont les cheveux, noires sont les chaussures et noirs les vêtements, de sorte que l’artiste se fond parfaitement dans le décor de cette scène emplie de ténèbres. Heureusement sa voix le trahit et ravit au passage l’assistance. Mais, à présence discrète, enthousiasme modéré… A n’en pas douter, une ambiance est instaurée, mais peut être un brin trop glacée. Les titres s’enchaînent avec des transitions toutes en retenue : quelques mots épars à l’adresse du public. Le talent du groupe est toutefois bien sûr au rendez-vous, de la voix claire plaintive de Jonas Renkse aux rythmiques musclées en passant par les accès mélodiques des claviers. Et les fans peuvent ainsi jouir pleinement de ce show qui, quoi qu’on en dise, est à l’image du groupe, fidèle à son univers sombre, mélancolique et torturé. Une fois encore, un concert tout en contraste pour une musique complexe et brillante.

Setlist :

Last Song Before the Fade
Deliberation
Serein
Dead Letters
Day and Then the Shade
Teargas
Criminals
Saw You Drown
Evidence
Soil’s Song
Old Heart Falls
For My Demons
Leaders
In the White
Forsaker
My Twin
Lethean
July



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