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Chronique   

Long Distance Calling – Trips


Long Distance Calling - TripsCeux qui ne connaissent pas Long Distance Calling seront sans doute déroutés à la première écoute, les Allemands n’offrant pas réellement de repères. À l’origine groupe instrumental, avec seulement des featurings épisodiques (l’ex-The Haunted Peter Dolving, Jonas Renkse de Katatonia et John Bush d’Armored Saint sur chacun des trois premiers albums), ce dernier intégrait un chant pour The Flood Inside (2013) en continuant de se reposer sur un noyau de fans bien établi depuis Satellite Bay (2007). Trips, leur nouvel opus sorti en partenariat avec le célèbre label de prog InsideOut Music, perpétue cette alternance entre titres instrumentaux et chansons, cette fois ci portées par l’arrivée de Petter Carlsen qui remplace Martin Fischer à la voix. Long Distance Calling ne renouvelle pas sa formule : elle évolue simplement dans un contexte différent. Trips conjugue au final une pléthore d’éléments communs à la musique progressive actuelle.

Le titre d’ouverture « Getaway » ne manquera pas de rappeler le dernier effort d’Haken, Affinity, par ses sonorités résolument années 80 que le synthé reproduit si facilement. Difficile de ne pas tomber sous le charme de ce qu’on associe souvent au kitsch et qui pourtant captive sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, à l’instar de l’électro venimeuse pratiquée par Carpenter Brut ou encore Pertubator. Ceci dit, Long Distance Calling n’est pas devenu un groupe d’électro. Le synthé prend par la suite un rôle plus discret au sein de compositions résolument plus rock telle « Reconnect » ou le single « Lines ». La voix de Petter Carlsen a de légers accents d’Einar Solberg (Leprous) avec cette faculté à transformer un refrain en mélodie entêtante. Ce qui est certain, c’est que Trips accroche à chaque fois qu’il a recours à une voix. Pas de démonstration technique outrancière ou de structure alambiquée incompréhensible (en témoigne le riff brutal de « Trauma »). Lorsque Long Distance Calling veut écrire un tube, il le fait sans ambages. Les Allemands n’ont d’ailleurs pas besoin de recourir à la structure traditionnelle couplet-refrain. « Plans » n’a rien de linéaire et emprunte dans sa seconde partie extatique des arrangements de violon que The Pineapple Thief ne refuserait pas et qui lui donne des airs de « Kashmir » (Led Zeppelin). Long Distance Calling n’oublie pas ses bases.

La véritable réussite de Trips réside dans l’espace qu’il s’approprie au sein de chaque titre. La volonté de composer une musique plus accrocheuse et directe que les longues tirades instrumentales des premiers albums n’a pas altéré l’envie de sortir des sentiers battus. « Rewind » illustre suffisamment le propos : plutôt qu’une répétition de structures, Long Distance Calling privilégie une narration qui n’a rien de prévisible, capable d’osciller entre plages atmosphériques et passages rock sans incohérences. La conclusion de l’opus, « Flux » et ses douze minutes, rappelle que le groupe cultive toujours un goût prononcé pour l’expression instrumentale. « Flux » apparaît comme le résumé de ce qui fait le succès de l’album : un excellent esprit de synthèse.

Long Distance Calling n’a pas encore toute la visibilité qu’il mériterait. Rares sont les groupes à cultiver autant d’influences sans se perdre en chemin. Le mérite est d’autant plus grand lorsque l’on constate l’intégration réussie du chant. Trips délivre une musique très riche et pourtant très simple à écouter, critère de premier ordre lorsqu’on apprécie la musique progressive.

Le clip vidéo pour la chanson « Getaway » :

La lyric vidéo pour la chanson « Lines » :

Album Trips, sorti le 29 avril 2016 chez InsideOut Music.



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  • annoying orange dit :

    Je viens tout juste de découvrir ce groupe et j’adore. Cet album est tout juste excellent. Avec Haken et Katatonia, on a un trio gagnant cet année!

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