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Chronique   

Lost Society – If The Sky Came Down


Lost Society ne peut plus totalement se reposer sur les lauriers de ses trois premiers albums et le public ne peut plus vraiment considérer les Finlandais comme des « jeunes prodiges ». En effet, Lost Society officie depuis douze ans maintenant et s’est démarqué comme l’une des formations les plus importantes pour le « thrash-revival » de ces dernières années, s’il y en a vraiment eu un. No Absolution (2020) démontrait la volonté du groupe de « gonfler » son identité sonore et d’embrasser des penchants moins extrêmes, quitte à ce que les éternels puristes les qualifient de « vendus ». Une pandémie et le départ du batteur Ossi Paananen plus tard, remplacé par Taz Fagerström, Lost Society ne se pose plus aucune question. Ménager les fans de la première heure est hors de question, les Finlandais composent de la musique qui reflète leur état d’esprit et ce qu’ils écoutent eux-mêmes en créant. If The Sky Came Down symbolise pour le groupe ce besoin de ne pas se voir accoler la même étiquette et surtout, cette capacité à faire ce qu’il veut sans se soucier du reste. L’ère Fast Loud Death (2013)-Braindead (2016) paraît désormais bien loin.

Le frontman Samy Elbanna a suffisamment insisté sur le point suivant en présentant le nouvel opus : sans une période particulièrement traumatisante pour lui, où il avait l’impression que « le ciel lui tombait sur la tête », If The Sky Came Down n’aurait probablement pas vu le jour sous cette forme. Tout l’enjeu était de briser une sorte de « boucle infernale ». A vrai dire, selon Samy, l’album a été conçu comme un adieu et le dernier morceau, « Suffocating », comme le tout dernier qu’il écrirait jamais, tout du moins le croyait-il. L’obstination du groupe et le soutien de Nuclear Blast ont permis à If The Sky Came Down de parvenir jusqu’à nous et il entérine ce qu’on pouvait pressentir : Lost Society adore vraiment le groove et le mémorable. Le premier single qui ouvre l’album « 112 » a amusé les auditeurs zélés par les comparaisons possibles avec la vague néo-metal à la Slipknot ou, dans un autre registre, Bullet For My Valentine. Indéniablement, poursuivant la mue opérée sur No Absolution, le riffing de Lost Society se veut plus musclé et moins véloce, davantage à la recherche du mouvement de nuque que du défouloir huileux. Les démonstrations athlétiques laissent vite place à des refrains grand public et leads discrets, le tout ponctué par des accalmies typées nineties et l’usage de samples électro. « 112 » donne un premier aperçu très juste d’If The Sky Came Down : Lost Society est obsédé par la mélodie. « What Have I Done » permet à Samy Elbanna de varier ses accroches vocales et d’emprunter quelques astuces à la pop avant de transformer le tout en rock FM. Le timbre de Chester Bennington n’est pas si loin, ce que le refrain de « Stitches » confirme rapidement. « (We Are The ) Braindead », et son introduction faite de vieux samples, est un bond de vingt ans dans le passé et présente plus de conviction que le Slipknot contemporain dans le riffing. Lost Society retrouve d’ailleurs un temps sa fougue des débuts, assisté d’une meilleure maîtrise de la dynamique.

C’est justement de maîtrise qu’il est question. Pour reprendre les dires du groupe, ceux qui ont conscience de l’honnêteté de la musique de Lost Society comprendront le besoin d’évolution des musiciens. On peut certes déplorer la quasi-disparition des éléments thrash qui ont émerveillé ceux qui ont découvert le groupe il y a plusieurs années. Ce serait réduire l’effort réalisé par les Finlandais. Au terme de l’écoute, If the Sky Came Down n’accuse aucun temps mort et ne contient pratiquement que des tubes en puissance. Quitte à muter, autant le faire avec distinction. « Awake » embrasse pleinement le côté mielleux des arrangements de cordes. Le cinématographique « Creature » profite grandement de la pesanteur de ses parties qui va jusqu’à puiser dans le grunge. Il ouvre la voie à « Hurt Me » qui voit à nouveau Samy s’essayer à des parties plus calmes accompagnées de sonorités industrielles avant de vociférer sur des accords dissonants. La conclusion « Suffocating » n’a donc rien de surprenant. Il s’agit pratiquement d’une élégie poignante au piano qui entérine définitivement les qualités et la polyvalence du frontman.

If The Sky Came Down – presque un hommage aux années 2000 – laissera nécessairement des auditeurs en chemin pour en gagner de nouveaux. Lost Society a déjà proposé son thrash et sa musique suit ses états d’âme. On peut aisément invoquer l’« argument commercial » sans nécessairement avoir tort. Cependant, si on s’exécute, il faut reconnaître une chose : Lost Society le fait bien mieux que pléthore d’autres « grands noms » de la scène.

Clip vidéo de la chanson « What Have I Done » :

Clip vidéo de la chanson « Stitches » :

Clip vidéo de la chanson « 112 » :

Album If The Sky Came Down, sortie le 30 septembre 2022 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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