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Loudblast : quelque chose de plus


« Franchement, j’aime pas trop le thrash/death en temps normal, mais c’est vraiment un bon album » nous disait en début de semaine notre bien-aimé chef d’entreprise à propos de ce disque de Loudblast. Normal : ce disque a quelque chose en plus.

Loudblast : voilà un groupe français qui a le vent en poupe en ce moment ! Ils font en effet partie des élus qui accompagneront le Big Four, Dream Theater et Slipknot au Sonisphere d’Amnéville. Plus particulièrement, le leader Stéphane Buriez sait être partout : en studio avec Allan Theo (!), invité à une table ronde pour représenter le public metal auprès des représentants de l’Eglise Catholique… Et pour être tout à fait honnêtes avec vous, nous avons même été (agréablement) surpris de voir les retours que générait l’imminente sortie du prochain album du groupe. Un premier album depuis sept longues années.

Et ça valait le coup d’attendre. Frozen Moments Between Life And Death est exceptionnel. Difficile, d’ailleurs, de lui rendre justice avec un Track By Track. Ce n’est, en effet, pas un album extrêmement varié. Côté atmosphères, sa couleur est au contraire très homogène. Ce qui complique le renouvellement des adjectifs et du vocabulaire à utiliser pour décrire tour à tour les chansons. Mais essayons tout de même. Car, en eux-mêmes, les titres de cet opus sont d’une impressionnante richesse. Chacun révèle au fil des écoutes une multitude de détails qui font toute la différence : arpèges, contrastes, harmonies à deux guitares…

Savourez !

1. Frozen Moments Between Life And Death – 4’29 :
Loudblast démarre l’album le bruit du vent, des pêches de guitare et un charley qui annonce le tempo. Vient alors un riff, mid tempo et guerrier, puis la voix de Stéphane Buriez. De temps à autre, le groupe saupoudre le titre de discrètes mélodies (on ne les remarquerait probablement pas si l’on n’était pas attentif) par le biais de quelques suites d’accords. Un titre qui, pour son aspect martial et sa mélodie, pourrait faire office d’hymne de guerre. Par sa structure (plus on avance, plus le débit de la batterie et de la guitare augmente) et la progression des parties de guitare, ce « Neverending Blast » présente une montée en puissance épique, presque narrative, admirablement orchestrée.

2. Neverending Blast – 5’15 :
Loudblast souhaite petit à petit nous faire atteindre le point de non retour. On se sent de plus en plus dans un champ de bataille crasseux, sous un ciel totalement voilé, sans aucun espoir de voir le soleil réapparaître un jour ou de voir se terminer ce conflit au sein duquel il n’y a plus de camps. Chacun pour sa peau. Avec ce titre, on monte ainsi d’un cran en termes d’agressivité. Le titre présente lui aussi une alternance bien gérée entre la lourdeur de riffs mid tempo presque martiales et la frénésie de parties plus rapides. Le guitariste lead se fait ici particulièrement plaisir, mais toujours avec intelligence et souci de progression au sein de la trame.

3. Emptiness Crushes My Soul – 3’49 :
Plus que jamais Loudblast joue avec les débits sur ce « Emptiness Crushes My Soul ». A une intro lente suit une cassure frénétique puis un retour à la lourdeur avec un complet mid tempo digne d’un South Of Heaven (Slayer). Mention spéciale aux arpèges de guitare qui subliment cette partie à la manière des suisses de Coroner. Une bonne illustration de ce qu’aurait été le jeu d’Alex Lifeson (Rush) s’il avait été fan de metal extrême. On retiendra également le refrain, de loin le plus jouissif de l’album tant il est impossible de ne pas headbanguer. Tout comme il est impossible de ne pas se laisser à la folie sur les parties plus frénétiques du morceau.

4. Cold Blooded King – 3’15 :
C’est un court fill de caisse claire qui introduit ce titre à la rythmique en shuffle et au lead de guitare inquiétant. Celui-ci s’efface de temps à autre pour laisser la place à un gros riff. L’un des morceaux les plus mélodiques de l’album, qui offre même une petite pause ambiante sans pour autant raviver un quelconque espoir. Cette cloche lugubre et ces mélodies froides ne font que complaire l’auditeur dans le désespoir en lui donnant une beauté artistique.

5. Towards Oneness – 5’35 :
On rentre rapidement dans le vif du sujet, ici, avec une rythmique percutante. Ce titre est le plus fou de l’album, mais une folie maîtrisée et jouissive, le groupe prouvant à nouveau sa capacité à alterner de manière judicieuse, ici entre des parties anarchiques presque déstructurées avec des passages plus catchy. On retiendra également un très bon solo de guitare et des parties de chant rappelant par moments Abbath (Immortal).

6. The Bitter Seed – 4’37 :
La fulgurante descente de toms introductive annonce la couleur : ce morceau est le plus rapide de l’album, un festival de vélocité d’autant plus jubilatoire qu’il est malgré tout ponctué de quelques parties plus lentes, de riffs pachydermiques. La complémentarité entre les deux guitares (harmonies, alternance entre parties lead et parties rythmiques, échanges…) atteint ici des sommets.

7. Nosce Te Ipsum – 3’53 :
Un titre aussi créatif qu’accrocheur qui contient autant de riffs simples et percutants que de subtilités moins communes : harmonies dissonantes, changements de tempo… Le guitariste lead fera même sonner sa guitare comme une alarme pour un résultat orignal et toujours aussi mélodique. A 3’15, le morceau s’arrête, laissant place à un larsen. L’auditeur a droit à un final lent et solennel : gros accords d’un côté, arpèges de l’autre, descentes de toms… Le titre s’éteint progressivement, les instruments s’effaçant petit à petit du mix et laissant la guitare seule jouer l’arpège puis s’éteindre à son tour. Ca sent la fin.

8. Hazardous Magic – 5’37 :
L’album aurait très bien pu s’arrêter là, mais Loudblast souhaite que cette violence et ce désespoir vivent dans un dernier sursaut. Le couplet présente un riff percutant tandis que le refrain, sur lequel Stéphane Buriez prend à nouveau un ton solennel et arythmique, est bien représentatif du malaise global qu’inspire cet album. Le paroxysme est atteint avec un final martial, répétitif et obsédant. L’auditeur est ensuite libéré grâce à un ultime couplet.

9. To Bury An Empire – 5’15 :
Excellente surprise que cet instrumental mid tempo – qui pu être un intéressant et original prélude à l’album – très mélodique, libéré de toute contrainte de composition. Pas vraiment de couplet ni de refrain, si ce n’est deux thèmes de base que le groupe se fait plaisir à faire tourner comme pour jammer et sur lesquels il aime revenir régulièrement entre deux bridges. Une ultime fois, on note une guitare lead très inspirée en leads mélodiques pas forcément très techniques mais débordants de feeling. Les soli, très heavy, sont tout aussi constants dans la qualité. Une constante sur l’album, vous l’aurez compris. Vers la fin du titre, un court interlude basse/batterie, accalmie bien sentie au sein de ce crescendo de 4 minutes 30, précède le retour du thème principal, qui continue jusqu’au fondu, qui sous-entend que le morceau aurait pu durer éternellement.

Frozen Moments Between Life And Death n’est pas un album de thrash/death comme les autres. Et d’ailleurs, tant qu’à parler de style, notons une légère sensibilité black/thrash old school remise au goût du jour. On pense parfois à Immortal ou, plus récemment, à Sarke. Ce disque peut être apprécié, comme tous les autres de ce registre, pour sa violence libératrice. De ce point de vue, rien à dire : riffs, rythmiques, refrains, plans de batterie sont excellents. Néanmoins, au même titre qu’un album de prog, je ne saurai trop vous conseiller d’aller plus loin et de l’écouter à plusieurs reprises, attentivement, en ne se concentrant sur rien d’autre. Car la somme de détails qu’il révèle en font bien plus qu’un simple album de thrash/death efficace.

Le dialogue remarquable entre les deux guitares y est pour beaucoup. Drakhian et Stéphane Buriez ne jouent jamais ou alors très rarement la même chose. L’évolution des parties lead au sein d’un même morceau lui donnent une dimension narrative hors du commun. Et vous l’aurez compris en lisant le détail des titres, Loudblast joue sur la diversité intra-morceau, passant à merveille de la lourdeur à la frénésie ou de la virulence à la mélodie. S’il ne saute pas immédiatement aux oreilles, Loudblast fait pourtant preuve d’un grand sens de la mélodie. Pas de la mélodie accrocheuse, sucrée ou larmoyante. Mais de la mélodie noire, du mal-être, de la peur et du désespoir.

En réalité ce qui frappe à l’écoute de Frozen Moments Between Life And Death c’est le bonheur de retrouver un Loudblast sur un terrain qui rappelle, par bien des égards, la pierre angulaire Sublime Dementia. Le virage power/thrash de Fragments, bien que de qualité, en avait déçu certains et le death metal de Planet Pandemonium manquait trop de subtilité. Ce nouvel album est celui attendu par les fans. C’est, à n’en pas douter, la première réflexion que ces derniers se feront en le savourant pour la première fois.

NB : Le CD promo qui nous a été envoyé en vue de la réalisation de la présente chronique présentait des erreurs dans l’ordre des pistes. En conséquence de quoi, nous venons de corriger ce track by track avec le bon ordre.



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  • Tout à fait d’accord avec la chronique. Loudblast renoue avec son passé glorieux par la réalisation de cet album bourré de subtilités qui sont encore à découvrir après chaque écoute.

    Note: 9/10 (à remarquer le solo de guitare à la Metallica sur le dernier titre)

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  • mercenaire47 dit :

    On a visiblement pas écouter le même album …..ok les gouts et les couleurs de chacun c’est une chose mais l’inspiration en est une autre .
    Et la Loudblast n’en a pas , c’est ennuyeux a l’écoute , très mou et on ne retiens aucun titre.
    Seul une chose est bonne , le son ce qui fait bien peut au final , pas assez en tout cas pour que j’achète l’album de mon coté .

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  • Article édité avec le bon ordre des morceaux : nous avions reçu un CD promo avec les pistes dans le désordre. Track By Track corrigé !

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