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Live Report   

Luca Turilli’s Rhapsody, Freedom Call, Orden Ogan : un concentré de bonne humeur


Une fois de plus un concert qui aurait mérité de se dérouler dans la grande salle du Transbordeur se voit investir le Trans-Club, bar attenant à cette dernière. Il faut dire que le compte en termes d’affluence n’y est pas, surtout pour une affiche pourtant aussi alléchante pour le fan de heavy/speed metal. A croire également que la mouture de Rhapsody version Luca Turilli n’attise pas plus que ça la curiosité après la méiose du groupe. Néanmoins, comme à l’accoutumée, les gagnants sont ceux qui sont venus ce soir, gagnant nettement en proximité avec les groupes se produisant sur scène.

Le résultat : un vrai concert pour fans. Alors à concert pour fans, compte-rendu de fans. Nous avons ainsi demandé à l’éminent Shouks, l’un de nos plus fidèles lecteurs/auditeurs, de nous rapporter son propre compte-rendu de la soirée avec, en guise d’interstices, l’avis sur chaque prestation du photographe/reporter de la soirée. Ainsi se complètent deux visions : celle du spectateur fan qui narre son vécu personnel et celle plus détachée et analytique du reporter.

Artistes : Luca Turilli’s RhapsodyFreedom CallOrden Ogan
Date : 26 novembre 2012
Salle : Transbordeur
Ville : Lyon

La parole est à toi Shouks !

« Rhapsody annoncé en concert à Lyon, Freedom Call en première partie, je ne pouvais pas rater cette date. Ni une, ni deux, je profite des avantages d’adhérer à Radio Metal en demandant une place au staff. Mon premier concert de Rhapsody date de quelques années, c’était en 2000 avec Sonata Arctica et Stratovarius dans un Transbordeur plein à craquer. Je me rappelle de l’ambiance de folie de cette soirée. Stratovarius en avait profité pour enregistrer des séquences vidéo pour leur DVD Infinite Visions. C’est avec une certaine excitation que j’arrive au Transbordeur. A ma grande surprise le concert n’a pas lieu dans la grande salle mais au Trans-Club. Apparemment le manque de prévente a contraint l’organisation à revoir son ambition à la baisse.

Vexillum a déjà commencé son set lorsque je descends rejoindre le public. Habillés en kilt – je les aurais davantage vus en armure étant donné qu’un vexillum est un étendard romain -, ils enchaînent les morceaux au style très mélodieux et énergique. La fosse répond systématiquement aux appels de ces Italiens déchaînés qui montrent un réel plaisir à jouer ce soir à Lyon. Leur technique est au niveau de leur musique : rapide, précise et efficace. Cette mise en bouche augure une suite de soirée de premier ordre. »

Setlist :

The Wanderer’s Note
Dethrone The Tyrant
Avalon
Megidd

Orden Ogan : les maîtres du recyclage ?

« En attendant Orden Ogan, je rejoins des potes qui sont en train de discuter avec Dominique Leurquin, guitariste de Rhapsody. Il nous explique qu’il s’est coupé la main avec une scie à onglet en bricolant chez lui… et en a pour 6 mois avant d’en retrouver un usage normal. Il est venu en spectateur dans la mesure où il vit à Annecy, près de Lyon.

Les lumières s’éteignent, les allemands d’Orden Ogan sont sur le point d’attaquer leur set. Attaquer est le bon terme, les membres du groupe arborent une cuirasse et sont prêts à en découdre avec le public. Leur power metal d’excellente facture amène une ambiance de folie dans la fosse, le public est emmené d’un morceau à un autre, d’un riff à un solo de guitare, et en redemande encore. Le chant est à la hauteur du reste du groupe, incisif et démonstratif. »

L’avis du reporter : En effet, pour un groupe que l’on peut qualifier de « seconde, voire troisième zone » dans le grand monde du heavy/speed metal, Orden Ogan aura bien enthousiasmé le public, au moins les premiers rangs. Arrivé avec des accoutrements en semblant vouloir se donner un look « post-apocalyptique » à la Mad Max, les musiciens donnent, dans les faits, plutôt l’impression de s’être habillés dans une décharge publique, avec des bouts de pneus et autres serpillières usagées, sans compter des plaques en plastique pour mettre en exergue les pectoraux. C’est un style. Cela montre en tout cas que le heavy metal serait bien triste sans ses clichés. Clichés dont Orden Ogan use et abuse mais, visiblement, en ayant parfaitement conscience de la situation. Preuve en est lorsque le frontman Sebastian « Seeb » Levermann, en introduction d’un titre, lève le poing, énonce un discours de manière pompeuse et se met à s’esclaffer de rire à mi-chemin, se rendant bien compte du ridicule de sa posture et affirmant « ça fait un peu trop Manowar, n’est-ce pas ? » Une humeur bon enfant qui séduit et un heavy metal, certes déjà maintes fois entendu mais qui a le mérite de divertir.

Setlist :

To New Shores Of Sadness
We Are Pirates
The Things We Believe In
Masks
To The End
Angels War

Chris Bay est venu pour faire la fête

« La prestation d’Orden Ogan finie, j’attends avec impatience les allemands de Freedom Call, groupe que j’ai découvert il y a quelques années avec l’album Crystal Empire. J’ai juste le temps de saluer Spaceman, photographe RM (et animateur le mardi et jeudi à l’antenne) toujours présent dans les concerts lyonnais et Elovite de Sons Of Metal avant que le show ne commence.

Freedom Call, c’est du power metal à l’état pur, pas de déguisement, pas de chichi, ils vont droit au but. Leur musique est plus rapide que les groupes précédents et plus « rentre dedans ». Le public adhère immédiatement, les musiciens enchaînent leurs morceaux dans une ambiance de malade. Chris Bay fédère la foule pour la faire chanter « Power & Glory ». Le niveau technique de Freedom Call est impressionnant de justesse et de rapidité. Malheureusement leur set ne durera que huit morceaux, c’est court mais assez pour préparer le public au final de cette soirée : Luca Turilli’s Rhapsody. »

L’avis du reporter : Nul doute que Freedom Call a été très influencé par le speed metal de Helloween. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son guitariste Sascha Gerstner, membre originel de la formation, a quitté ses rangs en 2002 pour rejoindre les citrouilles. Mais ce que Freedom Call a emprunté à ses dernières il l’a poussé plus loin encore pour en faire son identité, en particulier la bonne humeur de se que l’on nomme le « happy metal » et qui peut parfois (souvent) le rendre particulièrement exaspérant pour les non-amateurs du genre. Une bonne humeur qui se retrouve entièrement dans les shows du groupe, avec des sourires tirés jusqu’aux oreilles de la part des musiciens, des blagues à répétition du frontman Chris Bay et des mimiques festives. Voilà ce qu’est Freedom Call en live : une véritable fête. A vrai dire il ne manquerait plus que les confettis et le maquillage de clown ! De toute façon et quoi qu’on en pense : aussi horripilés par la bonne humeur véhiculés par nombre de leurs titres que l’on puisse être, il est impossible de ne pas sourire avec sincérité à la vue d’un groupe qui se donne ainsi, avec tant de plaisir, avec devant lui un public qui rentre dans son jeu. Rarement un combo aura autant donné le sentiment de jouer pour son public. Une audience que Chris Bay regarde dans les yeux et n’hésite pas à prendre à parti, et ce même de manière individuelle. Il prendra d’ailleurs le temps – pendant bien cinq minutes – de décortiquer, avec une grande pédagogie, les paroles du refrain de « Power & Glory » pour que l’audience le chante en synchronisation avec ses gestes.

Setlist :

Freedom Call
The Eyes Of The World
Rockstars
Tears Of Babylon
The Quest
Power & Glory
Warriors
Land Of Light

Le maestro !

« L’heure du show final approche. Je pars avec un a priori négatif : je suis fan de Fabio Lione qui m’avait impressionné lors des différents shows de Rhapsody dont j’ai pu assister par le passé et le jeu de basse de Patrice Guers ne me semble pas coller au style très épique du groupe (NDLR : Guers a pourtant fait partie de Rhapsody Of Fire à partir de 2003, participant à quatre de leurs albums, jusqu’à la scission et avant de rejoindre Luca Turilli.). Je suis impatient de voir la prestation d’Alessandro Conti.

Le décor de la scène se résume à un drap blanc, il suffit de tourner la tête pour voir un vidéo projecteur et comprendre que le show sera autant auditif que visuel. L’intro du concert nous met tout de suite dans le contexte : grosse musique symphonique, générique de film présentant les musiciens ainsi que toute l’équipe autour du groupe. Un magistral « Riding The Winds Of Eternity » enchaîné par « Clash Of the Titans » mettent les choses au point : nous allons vivre un show de haut niveau.

Les morceaux se poursuivent, Luca Turilli saute d’un coin de la scène à l’autre, il est survolté ! Je ne connaissais pas Alessandro Conti mais quel talent ! Il est tout bonnement prodigieux. Il est épaulé sur certains morceaux par Sassy Bernet, chanteuse lyrique allemande. Le milieu du show est marqué par un solo de batterie offert par Alex Landenburg qui mettra tout le monde d’accord quant à son niveau technique. « Forest Of Unicorns » nous remet immédiatement dans l’ambiance de feu de la soirée. »

Gestuelles théâtrales entre Alessandro Conti et Sassy Bernet

« Entre 2 morceaux Alessandro invite Dominique Leurquin à monter sur scène afin de saluer un public lyonnais chaud bouillant.

Nous arrivons au second solo de la soirée, celui de Patrice Guers. Mes a priori sont partis en fumée étant donné la prestation qu’il nous a donnée. Je suis resté littéralement scotché sur place tant il est efficace et impressionnant de facilité. Dominique Leurquin me dira en fin de concert que Patrice a beaucoup travaillé sa main droite pour atteindre ce niveau. Le concert continue par « Of Michael The Archangel And Lucifer’s Fall » et finis, du moins pour sa première partie par un monstrueux « Dawn Of Victory ».

Luca Turilli’s Rhapsody nous offrira en rappel quatre titres dont le fameux « Emerald Sword » ainsi que « Ira Tenax » pour finir sur « Warrior Of Ice ».

Vous l’aurez compris, cette prestation de Luca Turilli’s Rhapsody m’a impressionné tant au niveau de la qualité des morceaux joués que du talent des musiciens sur scène. Le jeu de basse de Patrice Guers est incroyablement efficace, Alessandro Conti est un vrai ténor sans oublier un Luca Turilli qui est une véritable bête de scène. Ce concert aurait mérité un public plus nombreux mais le côté intimiste du Trans-Club apporte cette proximité avec les artistes dont les grandes salles nous privent. »

La proximité des petites scènes a du bon !

L’avis du reporter : Luca Turilli n’a jamais caché son amour pour le pompeux et le cinéma hollywoodien. Il n’est donc pas surprenant de voir sa mouture du Rhapsody nouveau intégrer cette composante cinématographique à ses shows. Mais comme d’habitude on se posera parfois la question : « n’est-ce pas un peu too much ? » dans le sens où cela frise, comme bien souvent avec le personnage, le ridicule. D’autant plus que, d’emblée, cette toile trop grande qui tient de justesse sur le fond de scène, paraît bien décalée par rapport à la taille très modeste de la scène du Trans-Club. Mais, dans la mesure où le show était prévu sur une plus grande scène, il est compréhensible que le groupe ait tout fait pour malgré tout conserver les artifices visuels pour en donner le maximum au public présent. Le chanteur Alessandro Conti se posera d’ailleurs la question en cours de prestation sur le pourquoi ils n’ont pu investir la grande salle, comme lui-même l’avait pourtant déjà fait avec son groupe Trick Or Treat en première partie de Helloween l’année dernière. Un écran, donc, qui aura servi aux présentations des musiciens en introduction de concert, avec leurs noms en grosses lettres animées sur fond cosmique ou de planète terre – même George Lucas n’aurait pas osé un tel rendu – et entre certains titres pour exhiber des cinématiques.

Mais ceci, tout comme la danseuse accoutré avec d’immenses ailes transparentes et lumineuses et les très jolies lumières, n’est là que pour enrober le show. Car la force de Luca Turilli et sa bande en concert se sont les musiciens eux-mêmes, incroyablement enthousiastes. Tous naviguent sur scène, de long en large, avec de grands et contagieux sourires. Tous semblent prendre un immense plaisir à être ensemble, avec, notamment, un jeu légèrement théâtral entre Alessandro Conti et la chanteuse Sassy Bernet.

Constat similaire à Freedom Call : aussi exaspérant Luca Turilli puisse-t-il être avec sa folie des grandeurs et ses clichés hollywoodiens pas toujours très fins, le public ne peut qu’adhérer à la bonne humeur dégagée et à une setlist aux petits oignons qui aura assurément comblé les fans.

Setlist :

Quantum X
Riding The Winds Of Eternity
Clash Of The Titans
Tormento E Passione
Demonheart
The Village Of Dwarves
Excalibur
Solo de batterie
Forest Of Unicorns
Warrior’s Pride
Solo de basse
Of Michael The Archangel And Lucifer’s Fall
The Ancient Forest Of Elves
Son Of Pain
Dawn Of Victory

Rappel :

Dark Fate Of Atlantis
Emerald Sword
Ira Tenax
Warrior Of Ice

Photos : Spaceman

A voir également :

Galerie photos du concert de Luca Turilli’s Rhapsody



Laisser un commentaire

  • Je les ai vus à Barcelone : très bonnes premières parties (surtout Freedom Call, vraiment excellents). Un peu déçue par LTRhapsody, j’ai pas adhéré au show « cinematic », assez inutile, et qui morcelait trop le concert.

    [Reply]

  • Rotten-Sushi dit :

    « Luca Turilli n’a jamais caché sonT amour »

    Faute impardonnable :p

    [Reply]

    Doc'

    Merci c’est corrigé.

    Alala, Spaceman : stagiaire un jour, stagiaire toujours…

    😉

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