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Chronique   

Lucifer – Lucifer II


Les amateurs se souviennent encore du premier effort de Lucifer orchestré par la chanteuse Johanna Sadonis et l’ex-Cathedral Gaz Jennings, qui avait surpris son monde par la qualité d’une musique hybride, entre doom et rock des années 70. Quatre années ont passé et le groupe a complètement changé de visage, ou presque. Exit Gaz Jennings, remplacé à la composition par le batteur et multi-instrumentiste Nicke Andersson (Entombed, The Hellacopters, Imperial State Electric). Quant au guitariste Robin Tidebrink, il est toujours présent bien que peu impliqué dans l’écriture des chansons. C’est donc un Lucifer new-look qui propose son deuxième opus, sobrement intitulé Lucifer II. Un nouveau membre et partenaire créatif a amené une nouvelle façon de travailler et une orientation musicale revisitée. Les accents doom passent au second plan, l’esprit est totalement ancré dans le rock occulte d’une décennie mythique, comprenant Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple et consorts.

Selon Johanna Sadonis, Lucifer II se rapproche du son souhaité à l’origine lors de la création du groupe. Il y a une volonté de revenir aux guitares tranchantes, granuleuses et dénudées d’il y a quarante ans en arrière, aux lignes de basse ronflantes ainsi qu’à une batterie aux cymbales perçantes. Pourtant Lucifer ne veut pas entendre parler de « rétro », il pense fermement que le son était meilleur dans les années 70. Quoi qu’il en soit, l’excellente production de ce Lucifer II réalisée au Honk Palace de Nicke Andersson (qui est bassiste, batteur et guitariste sur cet album) avec le producteur Ola Ersfjord est à créditer. Les premières notes du riff tranchant de « California Son » donnent très vite le ton : un rock classique, énergique, avec une importance conséquente apportée à la basse qui pour une fois ne se trouve pas reléguée en instrument de background. « Dreamer » démontre tout de suite la capacité du groupe à alterner les tempos, avec une basse toujours aussi omniprésente. Le titre a des faux airs de ballade avant d’exploser lors du refrain langoureux scandé par Johanna Sadoni, avec quelques accords de piano en arrangement pour apporter une lourdeur dramatique, puis une partie instrumentale que Tony Iommi n’aurait pas renié. Le groupe joue de ces « fausses ballades », « Before The Sun » imprime l’auditeur par une forme de sensualité qui vole en éclats dès que la guitare s’envole. En réalité, la musique de Lucifer a une capacité intrinsèque à illustrer une pléthore d’images, avec une véritable attention portée aux atmosphères. Ainsi le pont orientalisant de « Phoenix » donne une dimension mystique au titre, cet aspect de Lucifer se perçoit en outre sur « Faux Pharaoh » (qui reprend la fascination qu’a Johanna Sadonis pour les civilisations antiques), le titre de ce Lucifer II aux accents doom les plus prononcés. « Reaper On Your Heels » et ses arrangements de cloches et piano derrière un rythme binaire plombé prend des airs malsains et grandiloquents. Lucifer cultive non seulement une forme d’exubérance dans son image, il n’y a que peu d’inhibition dans ses compositions.

Celles-ci doivent évidemment beaucoup au talent de Johanna Sadonis, car derrière le travail (pharaonique…) de la section rythmique et des arrangements de guitares, il y a une variété de registres vocaux qui donnent toute la teneur aux morceaux de Lucifer II. Johanna Sadonis alterne voix suave, presque susurrée (« Eyes In The Sky », « Before The Sun »), plages très mélodiques à l’instar du pont de « Phoenix », travail rythmique sur « Aton » et énergie sauvage sur « California Son » voire disco/soul sur « Dancing With Mr. D ». La force de Lucifer réside indéniablement dans le talent et l’attitude de sa frontman, ce qui démarque la formation d’un énième et sempiternel revival du rock typé 70’s.

Moins doom, lorgnant davantage du côté du rock pur que du metal, Lucifer II continue néanmoins ce qui a été amorcé par son prédécesseur. L’évolution est toutefois notable, Lucifer perd en lourdeur et en puissance ce qu’il gagne en dynamique et en efficacité, voire en accroche. Rien n’est trop long ou trop court, et malgré une orientation musicale plus légère, Lucifer conserve une certaine intensité dûe en grande partie à la fougue de sa chanteuse. Lucifer II est davantage qu’une affaire de nostalgie, c’est l’occasion d’apprécier un rock extrêmement vivant et soigneux.

Clip vidéo de la chanson « Dreamer » :

Clip vidéo de la chanson « California Son » :

Chanson « Faux Pharaoh » en écoute :

Album Lucier II, sortie le 6 juillet 2018 via Century Media Records. Disponible à l’achat ici



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