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Conférence De Presse   

Lumière sur le Hellfest 2012… et au-delà


« Que l’on déplace le festival à 500 mètres ou à 500 kilomètres, ça ne représente aucune différence » : cette phrase résume à elle seule les conséquences logistiques de l’ambition du Hellfest de s’agrandir et de changer le site. A titre d’exemple, le coût des travaux, notamment en ce qui concerne les sanitaires et l’hygiène, représente 500 000 euros. « L’an dernier, on s’ennuyait presque » s’amuse Yoann Le Nevé, bras droit de Benjamin Barbaud, avec qui nous discutions quelques minutes avant le début de la conférence de presse donnée hier, 29 mars, par l’organisation du Hellfest. Lorsqu’on lui demande si, malgré l’augmentation de la notoriété et des moyens possédés par le festival d’année en année, la situation en 2011 n’était finalement pas plus confortable, celui-ci répond évidemment par l’affirmative.

Et Ben de confirmer quelques minutes plus tard au cours de la conférence : « Cette édition est la plus stressante ». Et fatigante de l’aveu de l’équipe. Tout réaménagement implique par définition une importante notion de risque. Et malgré la quantité de travail en amont, il est impossible de tout prévoir. Néanmoins, Ben semble confiant. « On va tout faire néanmoins pour éviter une situation comme celle de l’édition 2007. […] Ce n’est pas une année zéro. […] Quand tout va s’allumer, je pense qu’on aura malgré tout une très bonne surprise ».

Ce stress mis à part, le festival ne s’est jamais porté aussi bien. L’équipe est composée de 10 salariés et approche des 2000 bénévoles. Côté préventes, c’est également un carton : « Nous avons fait en sorte d’accueillir 35 000 personnes par jour. Et au vu des préventes (NDLR : avoisinant les 20 000 pour le moment), ce sera 35 000 personnes par jour ». Un évènement qui bénéficie par ailleurs d’une sympathie des fans étrangers, puisqu’il semble drainer beaucoup d’Anglais et d’Espagnols. Conséquence directe de ce succès grandissant : la plus grande couverture médiatique. Ce sera donc d’autant plus l’enfer pour les photographes, déjà près de 300 l’an dernier, qui seront plus nombreux. La droit de shooter les têtes d’affiche sera donc accordé après un tri préalable. Pour l’anecdote, aucun photographe ne sera autorisé à aller dans la fosse aux photographes durant le concert de Mötley Crüe, suite à une directive donnée par le groupe. Couverture médiatique par ailleurs large, dépassant depuis quelques années le cadre de la presse metal : d’après Yoann, « il est plus facile pour nous d’obtenir des partenariats grand public tels que Direct Star ou 20 Minutes. […] Direct Star sera présent et vous pourrez par conséquent voir des concerts du Hellfest dans quelques mois sur [la chaîne]. […] Arte va revenir également enregistrer et diffuser des concerts. Ils vont également réaliser un documentaire ». Quant à la possibilité d’enregistrer les concerts (en audio ou en vidéo) et les diffuser tout de suite après le show, ou les distribuer sur clé USB : « On nous avait proposé cela il y a trois ans. […] Honnêtement, nous n’avons pas le temps de nous occuper de ça pour l’instant ».

Cette popularisation soulève dans l’assemblée le débat de la démocratisation du style auprès des médias. « Nous ne souhaitons pas non plus aller jusque là. Nous souhaitons évidemment que le style soit plus respecté, mais il ne s’agit pas non plus de démocratiser ou d’institutionnaliser le style, sinon cela perdrait un peu de son charme ». Et, de toute façon, cela n’est pas prêt d’arriver en France. Malgré ses efforts, le Hellfest reste la cible de critiques intégristes. Yoann s’amuse du fait de voir que le zombie représentant l’affiche de 2010 était perçu « comme un pédophile, le Jedi de l’an dernier comme un christ et le soldat de cette année comme un nazi, alors qu’il n’a rien à voir avec un nazi et qu’il porte une guitare ». Quant aux critiques internes au public metal, que l’on sait parfois injustes, virulentes et gratuites, surtout sur internet, à tel point qu’on finit par en rire sans lui donner aucun crédit, Ben Barbaud indique avec mesure que « même ces critiques qui peuvent être injustes ou sévères – sur Facebook c’est encore pire, ça va très vite [rires] – incitent à la remise en question. […] Selon les sites, on sait à quel type de public on s’adresse. »

A propos de commentaires, s’il y a bien un sujet inépuisable à propos d’un festival, c’est bien entendu celui de la programmation. Une programmation, en l’occurrence réalisée dans un souci d’éclectisme, mais qui reflète malgré tout certaines préférences personnelles. Ben Barbaud avoue : « Nous ne sommes pas amateurs de prog et de heavy. On nous a fait remarquer que ces styles étaient peu représentés sur l’affiche de cette année. Effectivement, nous ne nous en étions même pas rendus compte ! Nous n’avons tout simplement pas pensé spontanément à ce genre d’artistes en travaillant sur l’affiche ». Mais chaque style ne peut pas toujours être systématiquement bien représenté sur une affiche. Ce détail mis à part, le festival a opté cette année pour une organisation sectorisée avec six scènes spécialisées, « dans un souci de facilité de lecture pour le fan ». Au risque, Ben en a conscience, de nuire à la dimension de mélange.

Côté têtes d’affiche, il est pour l’instant toujours impossible d’envisager la présence d’un AC/DC ou d’un Metallica : « Ce sont des groupes qui sont faits pour jouer dans des stades. D’ailleurs, il me semble qu’AC/DC refuse systématiquement de participer à des évènements comme le nôtre. […] Le prix que demanderait AC/DC ou Metallica et équivalent à celui dépensé pour 170 groupes présents au Hellfest ». Cette année, Van Halen devait être la première tête d’affiche annoncée, mais a finalement préféré se concentrer sur les États-Unis. Pour ce qui est de Mötley Crüe, ce sont eux qui ont « spontanément fait la démarche de nous contacter ». Pour la petite histoire, le groupe a cependant insisté pour jouer plus tôt, n’ayant pas apprécié d’être placé – comme Rob Zombie l’an dernier – à une heure trop tardive. D’où la décision prise par l’organisation de faire jouer les têtes d’affiches un peu plus tôt et de clôturer ces soirées par les concerts de la Mainstage 2. Un journaliste de l’audience demande ce qu’il en est de Tenacious D, ce à quoi l’organisation répond qu’elle n’est pas sûre qu’un tel groupe ramènerait tant de monde que ça, surtout par rapport à l’investissement qu’il faudrait fournir pour le programmer. En plus « personnellement, ce mec (NDLR : Jack Black) ne m’a jamais fait rire [rires] » conclut Ben. La tête d’affiche principale de cette année devait être Black Sabbath. L’annonce de la maladie du guitariste Tony Iommi avait déjà semé le doute au sein de l’équipe. A l’annonce du retrait de toutes les dates (à l’exception de celle du Download), la solution de remplacement, à savoir Ozzy Osbourne, « nous embêtait. Il avait déjà joué l’an dernier ». L’alternative, consistait à proposer un set de Black Sabbath, joué par Ozzy & Friends s’est avérée satisfaisante, pour garantir au public un spectacle différent de celui de l’an dernier.

Quant à Iron Maiden, un groupe auquel Barbaud est fortement attaché et qui n’a jusqu’à ce jour jamais joué au festival : « Un jour ! […] Ce groupe pourrait bien fédérer le public. Mais cela ne sera pas en 2013, car ils ont déjà donné leur accord pour le Sonisphere 2013« .

Le Sonisphere, d’ailleurs, fut l’un des derniers sujets traités au cours de cette conférence se déroulant le jour même où était annoncée l’annulation de l’édition anglaise : « Je n’ai pas grand chose à dire sur le sujet, on se demande évidemment tous de ce qu’il va advenir de l’édition française mais je ne suis pas le mieux placé pour en parler, il faudrait en parler à leur attaché de presse [NDLR : Olivier Garnier], ça tombe bien, c’est le nôtre aussi ». Et Olivier Garnier de lancer : « On en saura plus mardi ». « Il y a de la place en France pour ces deux festivals, ce sont deux états d’esprit différents ». Une phrase qui nous aura fait réagir, notamment au vu de cette déclaration apparue quelques heures plus tôt sur VS Webzine : « J’ai trouvé qu’il y avait certains défauts d’orga qui étaient à la limite du pardonnable mais qui peuvent se comprendre parce que quand t’es pas fan et que tu fais que compter les billets, ce n’est pas la même ». La réponse de Ben sera tout aussi franche : « Oui, il ne faut pas se le cacher, il y a des festivals faits par des fans pour des fans et il y a des festivals faits par des producteurs pour des clients. […] Mais je respecte cela, c’est un état d’esprit différent, il faut de tout pour faire un monde ! »

La conférence s’est terminée comme elle avait commencé, dans le calme, tout le monde s’est levé, on a bu ensemble quelques verres, on a échangé quelques phrases. Malgré le stress dont ils ont avoué souffrir, cela ne transparaissait pas exagérément. On sentait plus un stress positif, qui vous fait anticiper le moindre problème qui pourrait survenir tout en se disant que, de toute manière, tout se passera plutôt bien. « Ce n’est pas une année zéro. […] Quand tout va s’allumer, je pense qu’on aura malgré tout une très bonne surprise » disait Ben Barbaud. On espère aussi. Conclusion donc dans deux mois et demi.

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  • Dire que j’ ai connu Yoann alors qu’ il bossait comme saisonnier dans le magasin où je travaillait en ’98 . Chapeau bas , Yoann , pour le parcours accompli !

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  • Je pense qu’il se plante complètement sur Tenacious D. Il y a beaucoup de monde qui attend une date en France avec impatience. Et puis franchement cette réflexion est pas super respectueuse, que ça soit de Jack Black, de Tenacious D, ou du public qui apprécie.

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    chrismach1

    De nos jours il faut toujours être politiquement correct, on ne peut plus rien critiquer, sinon on n’est pas « respectueux ». D’ailleurs que signifie encore cet adjectif galvaudé et employé à tort et à travers?
    Il faut être……ROCK’N’ ROLL!!!!!!!!!!! rire de tout, quand on en a envie, critiquer quand on en a envie, arrêter avec la langue de bois!!!!

    daaamz

    Là, tu fais fausse route. Quand on est organisateur de concerts, ne pas programmer un groupe sous prétexte qu’un des membres ne nous fait pas rire est une faute. Et dénigrer un groupe publiquement, c’est ne pas respecter ses fans. Et quand tu organises des concerts et que tu ne respectes pas les fans, tu vas dans le mûr.

    Il ne faut pas éxagérer. Ben Barbaud a simplement émis une opinion personnelle sur le groupe. Et, pour avoir été présent dans la salle à ce moment là, c’était plus tourné comme une simple boutade qui a d’ailleurs fait rire l’assemblée, ce la n’a rien à avoir avec un manque de respect. Donner son avis sur un groupe n’est pas lui manquer de respect.
    Comme dit dans l’article, la véritable raison de l’absence de Tenacious D est le rapport entre le prix, apparemment très élevé, du cachet du groupe et le public potentiel qu’il pourrait ramener en France. Et encore, il ne s’agissait là, de son propre aveu, que d’un pronostic sur la notoriété du groupe en France.

  • « D’où la décision prise par l’organisation de faire jouer les têtes d’affiches un peu plus tôt et de clôturer ces soirées par les concerts de la Mainstage 2. »

    Ça aurait été bien qu’il y pense tout seul à la base, sans que Motley Crue ou d’autres groupes doivent leur dire.

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  • Encore plus de photographes que l’année dernière ? Si tu n’es pas dans les prioritaires et que tu dois faire la queue, cela ne rime pas à grand chose.
    Quant à Mötley, c’est ce qu’ils avaient fait lors de leur dernier passage. Quelle bande de nazes ! Enfin, au niveau show, cela devrait le faire pour le public, ce qui reste l’essentiel.

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  • Voilà un bon article, dans lequel on note que Ben Barbaud sait rester humble et proche du public.
    Moi, un type comme ça qui vient en conférence et qui avoue qu’il est stressé, que ce n’est pas si facile,…, je trouve que ça change des discours pompeux et prétentieux qu’on peut lire ici ou là.

    Quand au fait qu’il oriente involontairement ( ou pas) la programmation en fonction de ses goûts, c’est simplement parcequ’il est PASSIONNE!
    Donc je dis bravo Mr Barbaud!

    (mno frère qui faisait la sécu l’année dernière au pub Heineken VIP me disait qu’à chaque fois que Ben Barbaud passait il avait un mot gentil pour eux, voilà le genre de type à qui ont a affaire!, bien!!!)

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  • BrocasHelm dit :

    Attention Ben et le reste du staff Hellfest, à ne pas baser la programmation sur vos goûts personnels. Je ne dis pas que c’est le cas cette année, car même un fan de heavy comme moi y trouve son compte. Mais c’est un piège dans lequel on peut facilement tomber (la réflexion sur Jack Black m’a particulièrement fait tiquer: il peut ne pas vous faire rire, mais s’il y a un public qui apprécie il faut prendre ça en compte). Le Hellfest a pour moi une affiche magnifique en termes de prestige et d’eclectisme et j’espère que ça restera longtemps comme ça.

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