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Live Report   

Lynyrd Skynyrd : Toutes guitares hurlantes !


En cette fin d’après-midi de samedi sur la terre, la météo se montre clémente, la pluie laissant un instant place au soleil et à des températures plus agréables. Ce ne sont pas les fans qui attendent dehors d’entrer dans le Palais des Sports de Paris qui devraient s’en plaindre. Fans qui démontrent s’il en était besoin que chaque groupe peut avoir son univers souligné par des codes vestimentaires. Et en regardant les spectateurs, pas de doute possible, l’univers de ce soir est rock sudiste. Santiags, vestes en jean, drapeaux confédérés, la base ne trompe pas.

Rock sudiste ? Pas si fréquent d’entendre parler de ce style qui, effectivement, ne défraie pas franchement la chronique. Pour cause, quelles formations récentes en portent le flambeau ? Question intéressante. En attendant d’y répondre, laissons-nous caresser les tympans par LA référence en la matière, les légendaires Lynyrd Skynyrd qui s’offrent une balade européenne leur permettant de jouer pour la première fois en Pologne ou en République Tchèque et de revenir en France après leur passage au Hellfest 2012. Mais avant de plonger totalement dans l’Amérique profonde, voyons ce que Jared James Nichols, nouveau six-cordistes sur la scène internationale, nous propose.

Artistes : Lynyrd SkynyrdJared James Nichols
Date : 25 Avril 2015
Salle : Palais des Sports
Ville : Paris [75]

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Jared James Nichols

Amoureux de grosses guitares bluesy à la Jimi Hendrix, débridées à souhait, truffées de solo, vous devriez avoir aimé cette déferlante de six-cordes. En formation trio, le jeune guitariste aura proposé une prestation de guitariste aguerri venu directement des années soixante-dix ! Quel déluge sonore ! ‘BlackFoot’ pose immédiatement le propos que des morceaux comme ‘Playing For Keeps’ entérinent à 200%. Sur scène, Jared n’oublie pas de communiquer avec le public qui apprécie la prestation comme en témoignent les applaudissements. Ni ses musiciens qu’il présentera. En termes d’attitude, l’homme aux longs cheveux blonds perpétue la digne tradition des instrumentistes faisant corps avec leur instrument. Comme le prouvent ces moments où, agenouillé, il se colle à son ampli. Les trois – humain, guitare et ampli – ne font alors plus qu’un !

La fin avec ‘Missippi Queen’, reprise de Moutain, montre l’attachement de Jared à ses racines. En effet, proposer une reprise alors qu’il n’a que trente minutes pour présenter sa musique et convaincre est plutôt sympa. Au fait, Mountain, tout le monde situe ? Pour les plus jeunes, il s’agit d’un groupe de (hard-)rock démarré en 1969 avec Leslie West, qui aura rencontré le succès au tout début des années soixante-dix, et qui est connu pour son tube…‘Missippi Queen’. Les moins fans pourront trouver un air de déjà entendu dans cette première partie. Ils n’auraient pas totalement tort. Mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Trente minutes, c’est plutôt court ; Jared aura quand même su les mettre à profit sans ménager sa peine et obtenir une réaction positive du public.

Pour patienter pendant le changement de plateau, reprenons nos livres d’histoire. Impossible de parler de cette soirée sans situer la tête d’affiche, tout le monde peut ne pas connaître. Et sans sa légende, le groupe n’est pas au complet. Donc les Américains démarrent leur carrière au début des années soixante-dix – leur premier album paraît en soixante-treize -, connaissent un succès indéniable avec les opus suivants, gravent dans le marbre des classiques – « Sweet Home Alabama », « Free Bird » -, publient un album live devenu un classique, ‘One More From The Road’. Les voilà bien calés sur les rails du succès quand le destin s’en mêle. Octobre 1977, alors que le groupe a récemment adopté l’avion comme moyen de transport pour ses tournées au lieu du bus, un accident d’avion justement emporte Ronnie Van Zandt et Steve Gaines arrêtant net Lynyrd Skynyrd dans son ascension. Le groupe reprendra quelques années plus tard avec le frère de Ronnie, Johnny Van Zandt, au chant, sans pour autant que la Faucheuse ne les laisse tranquille, nombre de musiciens du groupe étant décédés à des âges où il est encore un peu tôt pour partir. Aujourd’hui, Gary Rossington reste le seul membre d’origine.

Lynyrd Skynyrd est dans la place !

Voilà pour le passé. Mais déjà les lumières s’éteignent et la sono envoie ‘ThunderStuck’ d’AC/DC pour ouvrir le bal. Entame efficace ! Le concert démarre sur ‘Working For MCA’, ‘I Ain’t The One’ et ‘Call Me The Breeze’. Exactement le même enchaînement que celui de leur live anthologique. Le Palais des Sports, très bien rempli, est ramené avec bonheur quelques années en arrière ! Et le sera tout au long d’une « setlist » qui puisera uniquement dans les premiers albums du groupe. Imaginez, neuf des titres joués ce soir l’étaient déjà en 76, immortalisés sur ‘One More From The Road’ ! En fond de scène, un énorme Lynyrd Skynyrd habillé dans la bannière étoilée rappelle s’il était besoin l’origine du groupe.

‘What’s Your Name’ voit enfin les choristes monter sur scène, chœurs indispensables à la musique des sudistes qui se consomme par ailleurs toutes guitares hurlantes ! Impressionnants tous ces solos, ces duos ou trios de guitare qui font mouche et caressent agréablement les tympans. Avec un son toutefois un peu fort pour être complétement clair. Sur scène, ca pose – les trois guitaristes et le bassiste se retrouveront à plusieurs reprises de front sur le devant de scène -, ça mutine, ça prend du plaisir. Les musiciens ont un charisme évident, occupent l’espace, l’un allant se poser sur la plateforme du pianiste, l’autre allant du côté des choristes offrant une prestation très vivante. Il fait bien chaud dans la salle et le bassiste, Johnny Colt, n’hésite pourtant pas à revêtir un couvre-chef à la David Crocket. A propos du bassiste, il œuvrait précédemment dans les Black Crowes, un des groupes « récents » avec Gov’t Mule à porter le flambeau du rock sudiste (même si les Black Crowes ne sont plus en activité). ‘Saturday Night Special’ bien lourd est salué par le public qui donne de la voix tout comme sur ‘The Needle And The Spoon’ et sa belle introduction. Le public qui est venu nombreux mélange fans de la première heure et spectateurs plus jeunes. Une jeunesse qui est étonnamment assez bien présente ; on pourrait penser – à tort – que le rock sudiste de Lynyrd Skynyrd n’est a priori pas leur tasse de thé.

Vent du sud sur Paris

Johnny Van Zandt assure son role de meneur de troupes, allant au contact des fans sur les côtés de la scène, répétant à l’envi de très américains « That’s right Paris, France ! », s’écartant pour laisser les guitaristes s’exprimer. « You’re doing good ? » demande-t-il à l’audience avant que le groupe ne lance la ballade bluesy ‘I Need You’. Dans le registre « power balad », il y a bien plus intéressant que ce titre, ne serait-ce que le très beau ‘Simple Man’ qui arrive et remporte un gros succès auprès du public. Son pied de micro paré d’un drapeau français, Johnny dédiera le titre à leurs forces armées qui ont tout leur soutien. De même que les forces françaises, de même que nous Français pouvons soutenir nos soldats. Dans l’absolu, évidemment, soutenons les soldats où qu’ils soient, de quelle que nationalité qu’ils soient. Ils se battent pour nous, pour notre liberté. Reste juste à questionner la position du curseur « liberté » quand il est porté par d’insidieux moteurs comme l’impérialisme ou le colonialisme. Bref, chacun aura son avis sur ces propos. Concernant le morceau, c’est l’unanimité, le public apprécie. Certains spectateurs des gradins se lèvent. Sans aucun doute possible, ce ‘Simple Man’ a fait monter l’ambiance d’un cran. Le morceau est beau, le solo salué par des fans que Johnny n’a de cesse d’haranguer. Normal donc que la soirée s’emballe un peu !

Lynyrd Skynyrd séduit ses fans

‘Mississpi Kid’, morceau très country nous plonge dans l’Amérique profonde et son piano nous emmène directement au saloon. Dépaysement garanti !
‘Tuesday’s Gone’ offre un nouveau beau moment avec les fans qui agitent les bras à l’invitation de Johnny. « We love you guys ! » dira le chanteur encourageant les spectateurs. Et ce morceau de montrer que le piano peut être une belle ressource dans la musique de Lynyrd. Comme la batterie qui démarre ‘Gimme Three Steps’, très applaudi, très américain. Et voilà nos trois guitaristes accompagnés du bassiste qui se postent sur le devant de la scène.

Le drapeau sudiste a remplacé notre drapeau tricolore sur le pied de micro du chanteur. Il est 22h10 et les spectateurs applaudissent le court intermède musical que les musiciens leur offrent. Puis le groupe fait silence. Et Johnny harangue un public qui hurle, se met debout jusqu’au fond des gradins. C’est ‘Sweet Home Alabama’ qui démarre ! Enorme classique du rock, indémodable, énorme succès auprès du public, ce titre est un bijou ! En fond de scène, le drapeau de l’Etat d’Alabama a remplacé le nom du groupe. Les fans reprennent le refrain à gorges déployées ! « Lynyrd Skynyrd loves you ! ». C’est manifestement réciproque.

22h20, la pause rappel intervient sous les brouhahas et les cris. Les fans en veulent encore ! Les gradins qui s’étaient assis un court instant se relèvent comme un seul homme pour accueillir le retour des héros qui concluent avec ‘Free Bird’ une soirée placée sous la bannière étoilée de l’âge d’or du groupe. Quelqu’un pour s’en plaindre ? Non ? Parfait, réjouissons-nous alors sans retenue de ce bon concert donné par des musiciens plus qu’enthousiastes.

Au fait, savez-vous comment se prononce le nom du groupe ?

Une prestation réussie pour un groupe légendaire

Set List Jared James Nichols (source setlist.fm)

Blackfoot
Crazy
Let You Go
Baby Can You Feel It?
Playing For Keeps
Mississippi Queen (reprise de Mountain)

Set List Lynyrd Skynyrd :

Working for MCA
I Ain’t The One
Call Me The Breeze
What’s Your Name
That Smell
Saturday Night Special
The Needle and The Spoon
I Need You
Simple Man
Mississipi Kid
Tuesday’s Gone
Gimme Three Steps
Sweet Home Alabama
Free Bird

Live report : Lost.
Photos : Lost.



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  • l énergie mélodique et l’émotion apportées par ce groupe mythique « sudiste » avec la nostalgie de revoir l’ex guitariste de Blackfoot et son live 1982 au zénith:une musique intemporelle pour des duels de guitares mémorables

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