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Interview   

LYR DROWNING : ENTRETIEN AVEC EMMANUEL ET GOULVEN


Radio Metal : Alors avant de commencer, toujours la même et sempiternelle question réservée aux groupes High Hopes, pouvez-vous donner des détails vous concernant pour les lecteurs (honteux!) qui ne vous connaissent pas encore ?

Goulven (Guitare et chant)
: Lyr Drowning est un groupe de death metal progressif de région parisienne. Nous avons autoproduit en 2005 un MCD, « Orchestral March », et venons de sortir notre premier album « Blind from Birth » via le label M Office Records, une division de Pervade Productions.

Le nom du groupe est intéressant: Lyr Drowning. Cela signifie “le dieu celte des océans se noyant”. Cela a-t-il un sens particulier pour vous et pourquoi ne pas avoir gardé votre nom précédent Lycanthropia ? C’est le fait qu’il soit déjà utilisé par plusieurs groupes français ?

Emmanuel (claviers)[/b] : La figure du Dieu des Océans se noyant nous a séduit, tant par son aspect symbolique que ses sonorités. Lir (Llyr en gallois) est une figure du tragique qui a été utilisée plusieurs fois dans le monde de l’Art, notamment avec la pièce de Shakespeare, « Le Roi Lear », adaptée aux cinéma par de prestigieux réalisateurs comme Kurosawa ou Godard. Bien sûr, cette noyade peut avoir plusieurs sens : elle est peut être physique, mais aussi mentale, comme le montre la pièce de Shakespeare. Concernant le nom « Lycanthropia », nous y étions assez attachés, mais il avait un côté trop cliché, trop sombre, et plus impersonnel. Et comme tu le fais remarquer, il y en a bien assez dans ce pays !

C’est vrai, mais votre musique fait la différence. D’ailleurs l’album Blind From Birth est d’une vraie richesse musicale. Ce dernier confirme les influences que l’on pouvait déjà sentir dans votre MCD, Orchestral March, à savoir Opeth, Dimmu Borgir (qu’on perçoit par exemple dans le titre « Dementia ») et peut-être Anathema dans les moments plus atmosphériques. Y a-t-il d’autres groupes qui vont inspirent ? Et quel serait l’artiste qui vous a donner envie de vous lancer dans la musique ?

Goulven : Des groupes tels que Metallica, Immortal, Strapping Young Lad ou Type O Negative nous ont également influencé dans notre manière de ressentir la musique. Personnellement, j’ai toujours baigné dans un univers musical de par mon éducation familiale, et pratiqué la musique bien avant d’écouter du metal. Le fait de créer un groupe a plutôt résulté d’une démarche personnelle que de l a volonté d’imiter d’autres formations.

D’ailleurs, quels changements notez-vous entre Orchestral March et Blind From Birth ?

Goulven : Il y a une réelle évolution entre « Orchestral March » et « Blind from Birth », autant sur le plan de la composition et des arrangements que sur celui de la production. Ce nouvel album est, à mon sens, plus mature et plus personnel. Je crois que, dans l’ensemble, plus nous évoluons et moins nous fixons de barrières à notre inspiration. Le style de Lyr Drowning s’affirme avec ce « Blind from Birth », qui rassemble certes des styles variés, mais garde une identité propre et un fil conducteur dans la composition. C’est une musique riche, épique, émotionnelle, et nous avons réellement essayé de donner un aspect narratif aux morceaux de par leurs structures et leurs nuances. Depuis la démo, un gros travail sur les textes a été fait, qui sont bien plus évolués et servis par des textes plus conséquents et des lignes de chant plus travaillées.

En effet, votre musique exige une oreille attentive et une bonne ouverture d’esprit. Ne craignez-vous pas d’être mis en marge par ceux qui font du metal une simple musique de fond ? En quelques mots, ne craignez-vous pas de recevoir l’appellation “musique d’intellos” ?

Emmanuel : Il est clair que la musique de Lyr Drowning est riche et nécessite plusieurs écoutes. Sans être forcément complexe, je pense qu’elle ne s’apprécie pleinement qu’avec un certain recul, même si nous avons toujours cherché dans nos morceaux à mettre l’accent en priorité sur le côté efficace et accrocheur. Evidemment, il n’est pas impossible que certaines personnes restent insensibles à notre musique, ne serait-ce que par son côté hybride (sûrement trop « soft » pour certains fans de metal extrême, mais trop agressive pour des amateurs d’atmosphérique, par exemple). Ceci dit, de là à parler de musique d’intellos, il y a un pas à franchir. Nous avons (encore une fois !) le cul entre deux chaises : « Blind from Birth » reste assez simple à écouter malgré son côté un peu extra-terrestre, mais ce n’est pas non plus un simple objet de consommation comme le sont malheureusement beaucoup de sorties ces derniers temps.



(Emmanuel) : « Nous avons (encore une fois !) le cul entre deux chaises : « Blind from Birth » reste assez simple à écouter malgré son côté un peu extra-terrestre, mais ce n’est pas non plus un simple objet de consommation comme le sont malheureusement beaucoup de sorties ces derniers temps. »

Que pensez-vous d’ailleurs de ces modes métalleuses qui vont et qui viennent ? comme par exemple le “death moderne” : à savoir un alliage Gojira/Aborted, le tout saupoudré d’un peu de thrash teuton ?

Emmanuel : A court terme, c’est souvent très prenant ! Ca bouge, c’est puissant, c’est gras. Mais à long terme, l’interêt est malheureusement très limité. Du moins ce n’est pas de cette façon que je conçois le metal. Ceci dit, en live, c’est toujours efficace.

D’ailleurs le chant est un de vos atouts. Chez vous il est très souple; de multiples variations vocales accompagnent vos paroles. Pouvez-vous nous parler des thèmes dont traite Lyr Drowning ?

Goulven : Le fait d’utiliser plusieurs types de chant n’est pas spécialement calculé. C’est une démarche assez spontanée, qui permet de donner plus de relief aux compositions, d’aller plus loin dans la sensibilité, et d’interpréter les textes avec plus de personnalité. « Blind From Birth » traite essentiellement de la place de l’individu dans notre société, sa dépersonnification, son isolement, la manipulation dont il est l’objet à travers une frustration matérielle, le rendant aveugle à sa propre condition. On parlera aussi de prises de conscience, de soulèvements des masses et de renversement des pouvoirs établis. Ceci dit, chacun est invité à lire les paroles qui figurent sur notre merveilleux livret (12 pages!) pour se faire sa propre interprétation.

Parlons maintenant de métal en général: Lyr Drowning est un groupe aux multiples facettes (black/death/doom/heavy/prog). Pouvez-vous conseiller aux personnes non métalleuses (ou fraîchement “converties”) quelques albums qui vous sont chers?

Goulven et Emmanuel : Nous avons été marqués par pas mal d’albums, parmis lesquels on ne peut que recommander « The Silent Enigma » d’Anathema, « Blackwater Park » d’Opeth, « Puritanical Euphoric Misanthropia » de Dimmu Borgir, « City » de Strapping Young Lad, « At the Heart of Winter » d’Immortal, « Bloody Kisses » de Type O Negative… La liste est longue ! En tous cas, c’est une palette d’albums regroupant des facettes très variées du metal, et qui a indéniablement influencé notre culture musicale.

Et comment pensez-vous que va évoluer votre musique ? Plus dans le sens de « Bleak Dance » (un morceau assez acoustique) Ou davantage dans le ton de « Pawn » et ses rythmiques syncopées voire agressives ?

Goulven : Ni l’un ni l’autre ! Une chose est sûre pour l’instant, c’est que les prochains morceaux sont beaucoup plus personnels, plus surprenants. Nous y inaugurons des sons différents, des rythmes différents, des ambiances plus fouillées. Nous sommes vraiment très satisfaits de la tournure que prend ce prochain opus, que nous devrions commencer à enregistrer dans quelques mois maintenant.

On a donc hâte d’entendre ça! Au fait, votre style est si éclectique qu’on est en droit de se demander si vous n’allez pas faire du trip-hop comme Mick Harris (ex-batteur de Napalm Death, NdlR) ou du free-jazz comme Mike Patton… Qu’en pensez-vous? Pourriez-vous sortir radicalement de l’étiquette “métal” ?

Emmanuel : C’est peu probable ! Même si nos goûts musicaux sont larges et dépassent largement le registre du metal, même si nous essayons de donner à notre musique toutes formes de couleurs, le metal est sans conteste le style dans lequel nous sommes le plus à même de nous épanouir et de retranscrire des émotions. Lyr Drowning est et restera un groupe de metal, et si nous sommes un jour tentés de nous ouvrir à un autre genre musical, ça sera dans une autre formation.

Pour finir, quels sont vos projets maintenant qu’est sorti Blind From Birth? Une petite tournée?

Emmanuel: Nous travaillons actuellement sur les maquettes du prochain album, qui sortira probablement à la fin de l’année 2009, et préparons une tournée française qui aura lieu en Mai/Juin. A plus court terme, nous vous avons concocté une petite surprise et vous invitons à visiter notre page Myspace aux alentours de Noël…

Entretien réalisé en Décembre 2008 par email
MySpace Lyr Drowning : myspace.com/lyrdrowning



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