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Live Report   

La Machine à remonter le temps de Prong


ProngEn ce dimanche pas comme les autres, puisqu’il s’agit du dimanche de Pâques, une petite troupe a quand même réussie à se sortir des déjeuners de famille pour aller soutenir les Américains de Prong. Groupe emblématique de la scène metal industriel, c’est avec leur hargne et leur talent que les trois gaillards arrivent aujourd’hui encore à s’exprimer comme bon leur semble. Ils sont accompagnés des Belges de Steak Number Eigh, pur produit de la scène sludge et post rock, ainsi que des Suédois de Man.Machine.Industry qui ouvrent quant à eux le bal.

Superbe promotion pour Man.Machine.Industry que de jouer en première partie de Prong. Formé en 2000, le groupe n’a jamais réussi à toucher le grand public et c’est pied au plancher que les Suédois arrivent pour prendre directement la scène d’assaut. Une bonne mise en bouche avec ce groupe très dynamique dont le son ressort bien. Petit problème notable à noter tout de même : durant deux morceaux le guitariste lead ne parviendra pas à faire fonctionner son instrument et y parviendra seulement après dix minutes de show. Dommage.

Artistes : ProngSteak Number EightMan.Machine.Industry
Date : 27 mars 2016
Salle : Le Divan Du Monde
Ville : Paris [75]

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Prong (Hellfest 2013)

Malgré tout, la basse couvre très bien l’absence de deuxième guitare et les samples ajoutent cette touche si particulière et agréable que l’on voit dans tout groupe d’industriel qui se respecte. Accompagné d’un charismatique leader, qui nous fait un peu penser à Robb Flynn de Machine Head dans l’attitude, les Nordistes enflamment la scène et rendent leur prestation prenante. En conséquence la salle commence à bouger un peu la tête. S’ils n’inventent rien de nouveau, le rendu est très bien exécuté avec cette machine de riffs lourds, percutants et sans concessions. Après plusieurs jets de médiators et un show sérieux et inspiré, MMI sort de scène avec la conscience du travail bien fait car son show aura bien su chauffer le public.

Après ce très bon moment, on voit le Divan se remplir un tout petit peu plus même si la salle n’est pas à guichet fermé pour autant. C’est donc au tour de Steak Number Eight, jeune groupe belge qui s’est fait une jolie petite notoriété grâce à deux concours, de se produire. Extrêmement influencés par des groupes comme Sunn O))) et Amenra, c’est avec un leader aussi bien charismatique que déjanté que le combo va essayer de procurer une émotion très personnelle et peu commune. Ce set sera un chaos total, pendant près de quarante minutes, avec à la clé des riffs hardcore mêlés à une vague post-metal qui fera headbanger toutes les têtes. Avec un Brent Vanneste (chant/guitare) impressionnant de puissance, et ce aussi bien dans sa voix que dans sa présence scénique, les Belges ont de la suite dans les idées.

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Prong (Hellfest 2013)

Le très jeune bassiste fait d’ailleurs un boulot remarquable et se coordonne parfaitement à une batterie puissante. Ce duo laisse du coup une place remarquable à la guitare lead qui peut exprimer tout son potentiel aussi bien techniquement que rythmiquement. Plusieurs fois pendant le show, on en vient à se dire que le chanteur va se casser la figure ou se prendre les pieds dans les câbles tellement ce dernier est en transe. Ce déversement d’énergie se répercute sur le public qui ne comprend pas tout ce qui se passe. Il fallait être accroché et ne pas avoir peur de la démence des Belges pour apprécier ce spectacle. Une superbe prise d’initiative et une identité musicale déjà bien tracées pour ce groupe qui fera sans doute parler de lui dans les années à venir.

Prong avait donc deux groupes avec des univers bien différents pour les précéder mais qui ont fait tous les deux le boulot aussi bien musicalement qu’en termes de performance scénique. Voyons maintenant ce qui reste de ces patrons du metal industriel qui viennent quand même défendre leur nouvel opus, X-No Absolutes sorti en 2016. Et on ne perd pas de temps, avec le rythmé « Ultimate Authority » qui annonce la couleur du set. Un premier extrait du nouvel album déjà bien mémorisé par un public néanmoins un peu calme en ce début de set. Retour vingt-cinq ans en arrière pour le second morceau, « Unconditional », qui nous rappelle que Prong sait envoyer le bois. Déjà bien en place, Tommy Victor couvre extrêmement bien le manque d’une deuxième guitare, tellement son jeu est rapide et appliqué. De plus, sa technique fait l’unanimité sur un morceau comme « Eternal Heat » qui comprend des petits solos bien touchés. Au bout d’un petit moment, le pit s’enflamme enfin et le chaos s’installe, on en oublierait même le dimanche de pâques !

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Prong (Hellfest 2013)

Pas la peine de rajouter que sur le morceau « Turnover », le public bouge aussi bien la tête que les pieds. On note quelques petits réglages pointilleux au niveau de la guitare et du chant pour Tommy qui parvient enfin à trouver le son idéal qu’il cherchait visiblement depuis un moment. De son côté Jason Christopher propose une prestation endiablée. Il faut dire que l’énergie déployée sur scène compense le petit nombre de membres, qui occupent l’espace comme un orchestre. Le nouvel opus du combo est vraiment bien reçu et le puissant « Cut And Dry » met tout le monde d’accord. D’ailleurs ce trop-plein d’énergie s’entend dans les paroles très accrocheuses du groupe qui n’hésite pas à accentuer les refrains ou les mots percutants.

Juste avant le rappel, l’excellent « Snap Your Fingers, Snap Your Neck » en remet un peu plus dans la mâchoire des rescapés du pit. Afin de sonner le rappel, rien de mieux que « For Dear Life », emblème du groupe extrait de Beg To Differ de 1990. Le rythme très thrash, que n’aurait pas renié un Destruction ou un Tankard, rajoute un peu de variété à la musique industriel qu’on nous propose. « Power Of The Damager » scelle avec brio cette soirée et permet à Art Cruz de fracasser une dernière fois dans ce concert ses toms qui auront bien résisté ce soir. Des grands sourires s’afficheront sur les visages de nos trois américains au moment de sortir de scène.

Groupe taillé pour faire de la scène avec une puissance démentielle qui ressort de chaque instrument, Prong est décidément un incontournable du genre.

Setlist :

Ultimate Authority
Unconditional
Eternal Heat
Lost And Found
Beg To Differ
Rude Awakening
Turnover
Sense Of Ease
Cut And Dry
Broken Peace
Another Worldly Device
Whose Fist Is This Anyway?
Snap Your Fingers, Snap Your Neck
Rappels :
For Dear Life
Revenge…Best Served Cold
Power Of The Damager

Live report : Philippe Dory.
Photos : Nicolas Gricourt (Hellfest 2013).



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