Est-ce que le succès de The Blackening va influencer votre orientation musicale pour les albums à venir?
C’est difficile Ă dire parce que Through The Ashes a Ă©tĂ© un album très important pour nous et la chose Ă faire aurait Ă©tĂ© de continuer cette formule… vu que c’Ă©tait un succès. Mais on n’a pas voulu le faire parce que le groupe avait dĂ©jĂ commencĂ© Ă Ă©crire pour le prochain opus et les vibes n’Ă©taient pas les mĂŞmes. Il faut toujours attendre pour voir oĂą l’album va nous emmener. Donc The Blackening a fini par ĂŞtre très diffĂ©rent de Through The Ashes et je pense que notre prochain album sera Ă©galement très diffĂ©rent de The Blackening.
On dirait que chaque album de Machine Head est diffĂ©rent et qu’ils partent tous dans une nouvelle direction musicale. Est-ce que j’ai raison de penser que vous en ĂŞtes conscients dès que vous commencez un album ?On savait que l’on voulait faire un album de metal qui serait Ă©pique et grandiose mais on n’avait aucune idĂ©e de comment le faire ! (rires) J’aimerais pouvoir dire qu’on avait tout prĂ©vu et que l’album est simplement tombĂ© juste mais ça ne marche pas comme ça. On a eu de la chance tous les quatre parce qu’on a su combiner nos idĂ©es et c’est Ă la fin de tout ça qu’on a pu voir comment l’album allait ĂŞtre en gros, avec les huit chansons qui collaient le mieux ensemble.
Tu as mentionnĂ© une fois que le groupe Rush Ă©tait une grande source d’inspiration pour toi, est-ce que ça fait une diffĂ©rence pour votre musique et est-ce que c’est une nouveautĂ© pour toi ?J’aimais beaucoup Rush Ă l’Ă©poque, mais j’ai toujours eu une relation un peu Ă la « je t’aime, moi non plus » avec ce groupe. Je les adorais quand j’Ă©tais plus jeune et ensuite je les ai dĂ©testĂ©s parce que je n’aimais plus leur cĂ´tĂ© trop technique. Mais avec le temps j’ai quand mĂŞme commencĂ© Ă apprĂ©cier ce cĂ´tĂ© travaillĂ© et je suis rentrĂ© dedans plus vite en Ă©coutant les vieux albums. Donc oui, Rush a Ă©tĂ© une grande influence musicale sur le dernier album…et sur Through The Ashes aussi.
Est-ce que vous avez rĂ©cemment dĂ©couvert d’autres musiques qui peuvent apporter un changement Ă celle de Machine Head ?Pas vraiment. Juste avant cette interview, je regardais jouer Terror sur scène et ces mecs sont tellement putain de brutaux (sic) et mĂŞme limite neandertal que ça m’a donnĂ© envie d’Ă©crire des riffs plus simples genre « pah pah pah… pah pah pah » comme eux ! (rires) Parce qu’au fond, c’est vraiment ce que j’aime.
The Blackening contient des chansons qui sont assez longues avec des structures progressives. Pendant les trois dernières annĂ©es les groupes de metal progressif comme Dream Theater ont tentĂ© de diminuer leurs tendances progressives. Est-ce que vous vous sentez plus proches de cette scène prog Ă prĂ©sent ?Non. Nous sommes un groupe de metal et eux sont des musiciens phĂ©nomĂ©naux qui sont Ă un niveau complètement diffĂ©rent que mon cerveau n’arrive pas Ă comprendre (rires). Quand j’Ă©coute les trucs qu’ils font je me dis que c’est incroyable mais je ne le comprends pas. Et je m’y perds Ă cause de tous les changements de tempo que mon cerveau n’arrive pas Ă capter. Par dĂ©faut, je nous vois plutĂ´t comme un groupe orientĂ© riffs qui se balade dans le territoire progressif. Alors que Dream Theater est rĂ©ellement un groupe progressif mais qui se balade dans le territoire orientĂ© riffs.
Est-ce que tu penses que vous pourriez faire un truc avec eux un jour ?
Ouais, peut-ĂŞtre ! On pourrait faire un truc assez prog Ă un moment donnĂ© parce que j’adore les groupes genre Mastodon qui proposent une version complètement diffĂ©rente du prog, que j’aime, et que je comprends plus facilement. Mais les mecs de Dream Theater sont quand mĂŞme Ă©normes.
Lorsqu’un groupe Ă©volue, souvent les membres Ă©voluent en tant que musiciens et aussi en tant qu’individus. Ils deviennent plus directs et moins nĂ©gatifs dans leurs visions du monde. Est-ce que tu ressens cette Ă©volution ?
Avant Machine Head, je n’Ă©tais jamais sorti d’AmĂ©rique donc mes opinions et la vision du monde que j’avais ont changĂ© parce que j’ai vraiment vu le monde tel qu’il est. La plupart des AmĂ©ricains ne voient le monde qu’Ă travers les infos et ce que leur montrent les mĂ©dias. Mes expĂ©riences m’ont permis de voir les manipulations des mĂ©dias dans leur façon de reprĂ©senter le monde. L’AmĂ©rique prĂ©sente toujours la France de façon nĂ©gative comme ils le font avec le Moyen-Orient aussi. Mais quand tu as l’opportunitĂ© d’aller voir comment ces pays sont rĂ©ellement, ça te change l’image que tu avais. Une fois qu’on est au courant de la manipulation des mĂ©dias et de l’influence qu’ils ont sur les gens, on se met Ă penser diffĂ©remment.
Tu as dit que tu te sentais déçu par le système politique amĂ©ricain d’aujourd’hui. A prĂ©sent, beaucoup de gens mettent leurs espĂ©rances dans les mains de Barack Obama. Est-ce que tu te sens plus optimiste par rapport Ă lui ?
Bien sĂ»r ! C’est le premier prĂ©sident noir et c’est dĂ©jĂ incroyable rien que pour ça ! Je sais pas si le battage publicitaire qui l’entoure n’est pas un peu trop Ă©levĂ© pour qu’il atteigne les attentes de tout le monde mais s’il arrive dĂ©jĂ Ă changer la direction du navire, ce serait un miracle. C’est trop la merde en ce moment (sic) et il a l’air d’avoir la tĂŞte sur les Ă©paules. Il a l’air cool. J’ai vu une photo de lui juste après l’Ă©lection et il Ă©tait assis dans un pub Ă Chicago. Il buvait une bière, et je me suis dit « Excellent! » (rires). C’est marrant parce que George Bush ne buvait jamais de bière. Et je demandais toujours Ă mes potes qui ont votĂ© pour George Bush, parce que moi je ne l’ai pas fait, » mais pourquoi vous avez votĂ© pour lui? » et ils me rĂ©pondaient toujours « parce qu’il a l’air d’ĂŞtre le genre de mec avec qui tu pourrais t’asseoir et boire une bière ! » (rires).
Tu as expliqué sur votre site que Adam et toi avez suivi une thérapie ensemble afin de résoudre vos problèmes personels. Comment cette idée vous est-elle venue ?
J’ai Ă©tĂ© en thĂ©rapie tout seul et avec ma femme avant, et ça a marchĂ©. Après vingt ans d’amitiĂ© et dix-sept ans dans le mĂŞme groupe, on voulait se tuer (rires). Ca fait deux ans et demi qu’on est en tournĂ©e et donc c’est devenu un peu tendu. Alors on a fait une thĂ©rapie et ça a marchĂ©. On n’a pas fait de grande dispute publique en se crachant dessus Ă travers les mĂ©dias, on a juste rĂ©solu le problème nous-mĂŞmes. Une grande partie de mes groupes prĂ©fĂ©rĂ©s n’ont pas su le faire et c’est merdique. Certains groupes ont rĂ©ussi, comme Metallica, qui en ont fait un film d’ailleurs (NDLR : le très bon Some Kind Of Monster) ou encore Mötley CrĂĽe et Aerosmith. Et je suis content qu’ils existent toujours.
Dernière question. Comment se fait-il que tu as l’air plus jeune maintenant qu’avant ?!
Je bois de la vodka française maintenant, genre Grey Goose…c’est pour ça ! (rires).
Interview réalisée le 20 juin 2009 au Hellfest
Traduction réalisée par Izzy
MySpace Machine Head : myspace.com/machinehead
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