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Chronique   

Machine Head – Of Kingdom And Crown


La nouvelle réalisation de Machine Head doit malgré elle répondre à certaines interrogations. La réception critique mitigée de Catharsis (2018) et le départ du guitariste Phil Demmel et du batteur Dave McClain, tous deux essentiels au succès de Machine Head ces dernières années ont fait douter sur la capacité de Robb Flynn à rebondir et, surtout, à gérer un groupe de manière saine. La tournée qui a défendu Catharsis a montré que les fidèles étaient toujours au rendez-vous et que la longévité de Robb Flynn à la tête de Machine Head est suffisamment éloquente et mérite d’être rappelée. Le groupe a accueilli de nouveaux membres et s’est manifesté pendant la pandémie en sortant plusieurs singles dont « My Hands Are Empty » écrit avec Logan Mader. Une composition qui a donné des idées à Robb Flynn, tout comme la tournée anniversaire des vingt-cinq ans de Burn My Eyes. Machine Head allait réaliser un album concept et y introduire la « brutalité » de son premier méfait.

Of Kingdom And Crown est effectivement organisé autour d’un récit impliquant deux protagonistes : Ares, qui a perdu sa femme Amethyst et qui cherche à se venger des coupables dans une débauche de violence, et Eros, dont la mère est décédée d’une overdose et dont le seul remède à la dépression a été de se radicaliser auprès d’un leader charismatique, ce qui l’a justement impliquée dans le meurtre d’Amethyst. Robb Flynn a essayé de placer ce récit dans une dystopie où la terre est dévastée et le ciel rouge en permanence. L’objectif était d’éviter de créer des personnages manichéens et d’accentuer la dimension cinématographique de la musique de Machine Head. Fait notable, Of Kingdom And Crown a été enregistré en partie au Sharkbite Studios, celui qui a vu naître Through The Ashes Of Empire (2003) et The Blackening (2007). Of Kingdom And Crown bénéficie en outre d’un véritable effort collaboratif : Robb Flynn a pu compter sur l’implication du bassiste Jared MacEachern et du guitariste Vogg Kieltyka pour l’écriture. À l’instar de The Blackening, ce nouvel opus s’ouvre par une fresque épique de dix minutes, « Slaughter The Martyr », qui introduit l’histoire d’Ares. Les arpèges dissonants et le chant élégiaque de Robb qui se combine avec celui de Jared rappellent inévitablement « A Farewell To Arms » avant de lâcher les chevaux… au bout de trois minutes de prologue. Machine Head se sert de « Slaughter The Martyr » pour affirmer ses ambitions : Of Kingdom And Sorrow se doit de sortir du lot. Les titres n’excèdent pas tous les six minutes pour autant : intervient l’inspiration Burn My Eyes, où l’efficacité des rythmiques doit prendre le pas sur les développements superflus. « Choke On The Ashes Of Your Hate » s’en veut l’exemple parfait, honorant davantage les racines thrash du groupe que son appétence pour le heavy grandiloquent. « Become The Firestorm » emprunte quant à lui à la violence effrénée du death en multipliant les blasts (le batteur de session Navene Koperweis y est athlétique) et les vociférations avant de profiter des élancées vocales de Jared.

C’est justement l’atout majeur d’Of Kingdom And Crown. Il y a cette capacité à se concentrer sur l’essentiel en conservant ce qui a forgé Machine Head au cours de ses trente ans de carrière. Les refrains mélodiques évitent la caricature tout comme les développements de leads et surtout, ils trouvent toujours leur penchant brutal où un riff tout droit sorti du début des nineties nous attend au tournant. « My Hands Are Empty » donnait les premiers indices de cette formule : Machine Head veut toujours ciseler des atmosphères épiques, à condition de les faire mieux exploser. Il faut néanmoins accepter les développements vocaux parfois excessifs mais indispensables à la narration selon le frontman, à l’instar d’« Unhallowed » ou « No Gods No Masters » (les chœurs diviseront toujours autant) qui peinent à s’extraire de leurs phrasés larmoyants. De quoi accueillir à bras ouverts le riffing hardcore de « Kill Thy Enemies », l’énergie punk de « Bloodshot » ou les dissonances si caractéristiques du riffing de « Rotten ». Burn My Eyes était effectivement incontournable… Machine Head conclut son propos sur l’envolée cathartique « Arrows In Words From The Sky » qui a le mérite de rendre ses grandes effusions sentimentales presque élégantes lorsqu’elles ne sont pas exagérées.

Of Kingdom And Crown est un rappel. Celui que Machine Head est toujours une machine de guerre et un groupe phare de la scène et surtout, qu’il est toujours capable d’écrire une musique pertinente quand il décide de se concentrer sur ses forces sans vouloir emprunter tous les courants en vogue. Of Kingdom And Crown fait partie des grands crus de la discographie du groupe, justement parce qu’il a pris le temps d’étudier cette dernière sans se disperser.

Chanson « Chøke Øn The Ashes Øf Yøur Hate » :

Album Of Kingdom And Crown, sortie le 26 août 2022 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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  • Rrröööaaarrr dit :

    Quel dommage de voir Machine Head se tourne vers l’imagerie satanique imposé.Et coté musique ils se sont éloignés de leur ligne heavy puissante qu’était burn my eyes, mais Rob F surf sur la vague, il suit les directives(tendances satinico/bobo/écolo-gauchiste) comme un bon petit toutou, pour continuer à se maintenir. Et Machine Head devient bien pâle et sans saveur.

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    Mattintxo

    C’est très bien comme ça si les réacs n’apprécient pas.

    Pingu

    Robb Flynn bientôt invité à Davos avec Machine Head en soirée de clôture? :))

    Torion

    Alors satan mange de la salade et vote melanchon ! Si robb flynn est un toutou je vais aller voir Five finger qui revient de L’au-delà!!

  • Fibulwinter dit :

    Rob flynn n’achète plus aucun cd , comme moi concernant machine-head , autant privilégier les groupes comme Protector , etc

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