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Live Report   

Machine Head tient la cadence


Commencer un concert à 19H30 et le terminer autour de 23H est donc possible lorsque l’on joue du thrash metal. La dernière partie de la phrase est importante parce que tenir la cadence quand on pratique ce style de metal nécessite, au-delà de la concentration propre à tous les artistes qui se produisent en live, des qualités physiques importantes. Il faut envoyer sur le plan musical et il faut également en imposer sur le volet scénique. Machine Head a beau être Machine Head – d’ailleurs, est-ce toujours autant le cas après les départs successifs d’Adam Duce en 2013 et plus récemment de Phil Demmel (guitare) et Dave McClain (batterie) ? –, parvenir à tenir en haleine une audience pendant près de 3H30 est un sacré challenge. Un vrai défi que le groupe de Robb Flynn (chant/guitare) relève magistralement.

Néanmoins, il n’échappe pas à l’écueil d’une prestation aussi longue, un écueil auquel aucun artiste ne pourrait de toute façon échapper, qui réside dans certaines longueurs présentes au cours du set.

Artiste : Machine Head
Date : 23 octobre 2019
Salle : Radiant
Ville : Lyon (69)

Mais justement, l’exploit des Américains est de parvenir à faire en sorte que ces moments où l’ambiance retombe soient extrêmement limités. L’analyse est subjective mais, en live, des morceaux notamment extraits de l’album « Unto The Locust » manquent, par exemple, d’intensité en comparaison des tubes du groupe que peuvent être « Take My Scars », « Ten Ton Hammer », « From This Day » etc. S’il fallait trouver un seul bémol à cette prestation, ce serait donc le choix de certains titres qui font moins la différence en live, en comparaison d’autres morceaux. Mais analyser ce concert de Machine Head en soulignant avant tout ce ressenti serait clairement chipoter. Car, bien au contraire, ce qui prédomine lorsque l’on sort de la salle est justement le sentiment de s’être bien peu ennuyé lors de ces 210 minutes de show. Les fans du groupe en ont eu pour leur argent, c’est incontestable. Ce concert événement se déroulait en deux parties. La première mettait en avant une setlist issue de la très riche discographie du groupe alors que la seconde était, pour sa part, entièrement consacrée à l’album Burn My Eyes qui fête ses vingt-cinq cette année. Le premier album de Machine Head étant, à cette occasion, joué en intégralité.

Deux line-up étaient proposés pour ces deux parties : le premier proposait autour de Robb Flynn les nouvelles recrues Wacław « Vogg » Kiełtyka (Decapitated, guitare) et le batteur Matt Alston (Devilment), des musiciens talentueux et impliqués, et le deuxième réunissait les musiciens présents sur le disque de 1994, à savoir Chris Kontos (batterie) et Logan Mader (guitare). Jared MacEachern à la basse étant présent sur les deux line-up. Aidé par un son clair et fort, le(s) groupe(s) a(ont) partagé une sacrée énergie. La première partie fut riche en moments forts, notamment sur les titres de The Blackening (2007) qui constitue, avec Burn My Eyes, le deuxième chef d’œuvre du groupe d’Oakland. « Halo » ou « Aesthetics Of Hate » furent par exemple de grands moments, alors que les deux nouveaux morceaux interprétés par Machine Head, « Is There Anybody Out There? » et « Do Or Die », reçurent un bel accueil de la foule.

Le public lyonnais n’est pas étranger à la réussite de cette soirée. Plutôt éteint en début de set, il finira par se lâcher à coups d’énormes circle pits récurrents ayant pour cause les injonctions, nombreuses et répétées, du maître de cérémonie. Tête pensante du groupe, et figure incontournable de la scène metal depuis vingt-cinq ans, Robb Flynn est tout simplement un monstre scénique. S’il reste la majorité du set collé à son micro, ce qui est logique et compréhensible lorsque l’on joue aussi longtemps, il n’hésite toutefois pas à faire des incartades pour aller taper le solo avec ses musiciens qui sont bien mis en avant (solo de batterie pour Chris Kontos, solo de guitare pour son acolyte, etc.) et qu’il n’hésite pas à valoriser en les présentant plusieurs fois à la foule.

Disert quand il le faut, c’est-à-dire sans être dans le too much, il n’hésite pas à communiquer avec la foule. Ainsi, quand il voit un petit metalleux avec un casque sur les oreilles sur les épaules de son père, il lui demande quel âge il a. Le papa lui répondra « six ans » et le musicien expliquera que le petit a de la chance d’avoir un père pareil car, lorsque Robb était encore enfant, ses parents ne l’auraient pas emmené à un concert à cet âge-là ! Le musicien réfléchira à voix haute en évoquant un premier concert vécu autour de dix ans. Seul avec au bras deux guitares, l’une acoustique et l’autre électrique, il évoquera par ailleurs, dans un très beau discours séquencé par quelques accords de guitare, l’incroyable énergie que peut apporter la musique pour nous tous et la connexion que cela amène, entre les gens et envers soi-même. Plus son discours avançait, plus le musicien parlait fort et plus la foule était captée par la force du propos. Un moment impressionnant qui, là encore, souligne le charisme hors-norme du chanteur/guitariste.

D’autant plus que, sur la question de l’interprétation, Robb Flynn est franchement remarquable. Sur cette question, il parvient à bien manier les variations que requièrent les passages entre chant clair et chant hurlé. Le rendu global des deux groupes est tellement parfait que l’on en viendrait presque à s’interroger sur la présence de bandes ! Mais, fort heureusement, une discussion entre collègues musiciens signalera, à juste titre, quelques pains de guitare ici et là, et quelques fausses notes vocales, qui rendront cette monstrueuse prestation un peu plus humaine. Côté artifices, la présence de flammes et cotillons renforcera l’atmosphère de fête de ce concert du Radiant. Ces éléments visuels contrebalanceront la simplicité des immenses backdrops avec le logo du groupe entourant la scène. Des backdrops qui évolueront au cours du set puisque l’album Burn My Eyes se verra mis à l’honneur derrière la batterie de Chris Kontos pendant le second set.

Lorsque le spectateur pensera dans le futur à ce concert donné par Machine Head, il est fort probable qu’il se rappelle d’un show très dynamique, avec un groupe carré et heureux d’être là, de somptueux jeux de lumière, d’une reprise du hit « Hallowed Be Thy Name » (Iron Maiden) qui fait toujours plaisir et d’une audience ravie. Et s’il a passé un certain âge, il se dira sûrement que 3H30 de set, même lorsque l’on aime un groupe, c’est aussi diablement long !

Setlist :

Partie 1 :
Imperium
Take My Scars
Now We Die
Beautiful Mourning
Do Or Die
Locust
This Is The End
I Am Hell (Sonata in C#)
Aesthetics of Hate
Darkness Within
Catharsis
From This Day
Ten Ton Hammer
Is There Anybody Out There?
Hallowed Be Thy Name (reprise d’Iron Maiden)
Halo
Partie 2 :
Real Eyes, Realize, Real Lies
Davidian
Old
A Thousand Lies
None But My Own
The Rage To Overcome
Death Church
A Nation On Fire
Blood For Blood
I’m Your God Now
Block

Photos : Matthis Van der meulen



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  • j’avais voulu y aller, car je voulais voir jouer Burn my eyes en live, sauf que quand j’ai su qu’il y avait « 2 concerts » je me suis ravisé, d’un je n’aime pas spécialement le « nouveau » Machine Head, de deux 3h30 ça faisait effectivement un peu long, de toute manière le show fut complet donc plus de place. Mon seul regret, de ne pas avoir vu Logan Mader sur scène, un guitariste dont je suis fan depuis tout gosse.

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  •  » Et s’il a passé un certain âge, il se dira sûrement que 3H30 de set, même lorsque l’on aime un groupe, c’est aussi diablement long ! »

    If it’s too long, you’re too old ???? ah ah ah

    [Reply]

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