ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Machine Head vise toujours plus grand


Pendant des années on a pu les voir partout, à l’affiche des plus grands événements metal dans le monde : Machine Head a écumé les scènes et occupé les charts avec des disques toujours plus énervés. En 2018, le groupe prend un virage avec Catharsis, un album plus nuancé, mais aussi à la fois dense et constitué de chansons plus concises, qui s’accompagnera d’une nouvelle tournée sur le concept « une soirée avec Machine Head », le groupe campant sur sa décision de ne plus faire de festival.

L’occasion pour l’iconique chanteur-guitariste de Machine Head, dans sa sempiternelle quête de perfection, de pousser davantage son expression vocale, en particulier mélodique. Un disque épique que le frontman compare volontiers à un blockbuster d’héroïc fantasy. A l’occasion de la sortie de Catharsis, Robb Flynn nous raconte sans langue de bois, et non sans fierté (ou orgueil, c’est selon), ce nouveau projet, qu’il veut « plus grand que Machine Head ».

« Cet album transcende Machine Head et nombre de ces chansons paraissent plus grandes que le groupe. Elles paraissent plus importantes que le groupe. »

Radio Metal : Votre nouvel album s’intitule Catharsis. La catharsis est utilisée comme thérapie pour externaliser un traumatisme. Il n’est pas nécessaire de voir plus loin que la première chanson « Volatile » pour comprendre la colère qui t’anime à l’encontre du monde actuel. Du coup, l’état du monde et de nos sociétés est-il ton traumatisme et cet album ta thérapie cathartique ?

Robb Flynn (chant & guitare) : Je pense que la musique a toujours été très cathartique pour moi, même avant que je ne sois dans un groupe, comme lorsque j’allais à des concerts. J’ai atteint ma majorité au tout début de la scène thrash metal, donc je me rendais à des concerts, j’allais dans le pit pour headbanguer, et c’était vraiment une thérapie pour moi. Ensuite j’ai intégré un groupe et je suis devenu chanteur, et c’est devenu vraiment cathartique, cette purification, cette purge pour se purifier et se sentir à nouveau entier. Et cet album est tellement éclectique ! Il y a tant de choses différentes qui poussent à la catharsis que ça semblait être le titre parfait.

En art dramatique, une catharsis décrit l’effet de la tragédie sur le public, où ils libèrent leurs tourments. Y a-t-il un groupe, un album ou une chanson, en particulier, qui en l’écoutant te permet de te sentir mieux, en purgeant tes émotions négatives ?

[Réfléchit] Un tas de chansons me viennent à l’esprit, pas des chansons de Machine Head mais des chansons d’autres groupes qui ont cet effet sur moi. Lorsque je veux libérer de la colère, Slayer est ce qu’il y a de mieux. Mais j’adore The Cure, j’adore évidemment tout Metallica. Et parfois je veux juste me faire plaisir et écouter les Rolling Stones ; pour moi, c’est la musique ultime pour faire la fête, se défoncer et partir en vrille, et ça aussi c’est une catharsis, d’une certaine façon. Pour moi, pour ce qui est des chansons un peu cochonnes, Guns N’ Roses ou les Rolling Stones ont toujours ma préférence, mais surtout les Rolling Stones, comme « Honky Tonk Women » ou ce genre de choses.

Musicalement, tout ce que tu as fait par le passé semble converger sur cet album, et avec cette idée de catharsis vient aussi celle de la transcendance et du renouveau. Penses-tu qu’avec cet album, vous transcendez ce qu’est Machine Head ?

J’aime la façon dont tu dis ça. Je n’y avais pas vraiment réfléchi en ces termes mais ouais, je pense que tu as complètement raison. De bien des façons, je pense que cet album transcende Machine Head et nombre de ces chansons paraissent plus grandes que le groupe. Elles paraissent plus importantes que le groupe. Je pense que c’est quelque chose que nous avons réalisé très tôt dans le processus de composition et il fallait que nous allions jusqu’au bout dans cette voie, il fallait que nous nous sentions à l’aise avec ça.

Et justement, peux-tu nous parler de ce processus de composition ?

Nous avons commencé à composer en septembre de l’année dernière. Nous avons décidé de procéder différemment cette fois : nous écrivions trois chansons, et ensuite nous allions les enregistrer, et ressortions du studio très rapidement. Donc nous faisions par petits bouts plutôt que de tout faire en une fois. D’une certain façon, en faisant ça, nous ne savions pas vraiment où nous allions avec l’album, car nous l’assemblions pièce par pièce mais je pense vraiment que c’était pour le meilleur. Je veux dire que nous avons immortalisé des prestations sensationnelles, et beaucoup d’inspiration et d’énergie brutes. Je pense que ça se ressent à l’écoute de l’album ! Surtout quand tu joues… Tu sais, dans certaines chansons de l’album, tu entends littéralement la première journée où nous avons joué pour la toute première fois la chanson ensemble en tant que groupe, et nous l’avons enregistré, et c’est la prestation qui s’est retrouvée sur l’album. Je pense que ça en dit long ; j’ai l’impression que de nos jours, plus que jamais, tu peux tout parfaire sur l’ordinateur. Alors que le cachet de cet album vient du fait que nous avons laissé les imperfections, les plantages, les larsens, les fêlures dans la voix, la batterie qui accélère… Parce que c’est ce que font les humains !

« C’est la quête de la prestation vocale ultime, c’est la quête du son de guitare ultime. C’est une recherche sans fin… Tu sais, je veux me maintenir à un niveau très élevé. »

L’une des toutes premières descriptions que tu as données de cet album était : « Revoyez vos attentes à la baisse sur le côté heavy et sur la vitesse. » Ce qui va à l’encontre de la mode dans le metal où les groupes essaient d’être toujours plus heavy, plus brutaux, plus rapides… Consciemment ou inconsciemment, essayais-tu de faire remarquer que dans le metal, tout n’est pas qu’une question d’extrêmes mais qu’il y a toute une plage de dynamique à explorer ?

La raison pour laquelle j’ai dit ça est que j’ai le sentiment que c’est une évaluation assez honnête. Comme tu l’as dit, la plupart des groupes… Je pourrais être là à te dire « oh mon Dieu, c’est le truc le plus heavy qui soit » et essayer de t’en convaincre, mais ce n’est pas le cas ! Ce n’est pas le truc le plus heavy qui soit. Il y a beaucoup de mélodie dans cet album, il y a beaucoup de groove dans cet album. Il n’y a pas beaucoup de trucs thrashy dans cet album. Il y a même quelques éléments pop dans cet album. Pour moi, la pop renvoie toujours aux Beatles. Les Beatles est la première musique que j’ai écouté. Mes parents étaient assez sévères par rapport à la musique que je pouvais écouter, donc je pouvais écouter le Beatles « joyeux », mais je ne pouvais pas écouter le Beatles de « hippy », donc des trucs du genre « I Wanna Hold Your Hand », « Help »… Ce sont des supers chansons avec de supers accroches, des mélodies pop géniales ! Plutôt que de se dire « oh, je ne sais pas pour ça », c’était le bienvenu, nous l’avons adopté. Il y un tas d’harmonies vocales sur l’album. C’est cinquante-cinquante. Il n’y a pas juste ma voix et ensuite des accents harmoniques. Non, c’est à égalité, il y en a beaucoup.

Il est clair que c’est l’album le plus mélodique que vous ayez fait, surtout au niveau du travail vocal. Vous avez été parmi les premiers à avoir ce genre de contrastes vocaux, et tu as vraiment commencé à développer le côté mélodique de ta voix avec Unto The Locust et Bloodstone & Diamonds, mais là avec ce nouvel album, tu vas bien plus loin. Est-ce une quête perpétuelle pour toi d’ouvrir ton expression vocale et ta tessiture ?

C’est toujours une quête ! [Rires] C’est la quête de la prestation vocale ultime, c’est la quête du son de guitare ultime. C’est une recherche sans fin… Tu sais, je veux me maintenir à un niveau très élevé. Je maintiens le groupe à un niveau très élevé. Je maintiens notre prestation à un niveau très élevé. Et que ce soit sur album ou en live, je veux tout déchirer ! Je veux y aller et tuer. Je veux scotcher les gens, et je veux être le meilleur. Avec celui-ci, j’ai simplement ressenti que j’avais… Il y a des chansons sur Bloostone qui sont probablement mes prestations les plus heavy qui soient et je ne voulais pas essayer de battre ça. Je voulais juste aller ailleurs, sans raison précise, simplement parce que la musique que nous composions groovait plus et était plus mélodique. Pour certaines chansons, nous nous demandions : « Ça ne pose pas de souci d’être aussi mélodique ? Ça ne pose pas de souci de sortir une chanson comme ‘Bastards’ ? » En gros, c’est une chanson folk, quatre accords qui ont été joués un million de fois. Je pense que nous en sommes arrivés à un stade où, lorsque tu regardes tout l’album… et c’est un gros album. Ce sera un album énorme. Quinze chansons, soixante-quinze minutes : c’est un engagement fort pour les gens de l’écouter. Dans le cadre de l’album, ça avait du sens. Il y avait un équilibre auquel chaque chanson contribuait. Même les chansons qui étaient un peu sur le billot, pour ainsi dire, pendant un moment, ont toutes apporté quelque chose, et sans elles, l’album aurait été différent. C’est vraiment un album. Je le vois comme un film. Pour moi, c’est un film. Il a une super scène d’ouverture, et il a une fin triste, ou peu importe comment tu qualifies ça, une fin heureuse, je ne sais pas ce que c’est, mais c’est très cinématographique pour moi, et j’aime ça. J’aime que la musique puisse être cinématographique, et il y a des chansons très cinématographiques sur cet album, comme « Heavy Lies The Crown » ou « Catharsis ».

Construis-tu tes albums comme un réalisateur construirait ses films ?

Oh ouais, absolument ! C’est certain. Ceci est la version du réalisateur ! [Rires] Mais c’est vraiment ça. Je voulais qu’il y ait un arc narratif, il faut que ça raconte une histoire comme n’importe quel film.

Quel film serait cet album ?

Le Seigneur Des Anneaux [Rires]. Les Tours Jumelles (sic). Je suppose que maintenant, nous devons faire Le Retour Du Roi, ou peu importe ce que c’est.

« Machine Head a été assimilé à un truc super heavy, alors que nous sommes probablement le groupe qui a toujours eu un penchant pour les chansons mélodiques. »

Comme tu l’as dit, cet album contient quinze chansons pour soixante-quinze minutes de musique, ce qui en fait l’album de Machine Head le plus long à ce jour. N’est-ce pas un risque à notre époque, où les gens ont un niveau d’attention très bas, de sortir un album qui soit aussi long ? Ou bien est-ce justement une déclaration pour toi de faire ça ?

La plupart des gens n’écouteront pas l’album en entier, point barre. Il y aura deux ou trois chansons vers lesquelles tout le monde sera attiré, et ces chansons sont très directes, immédiates et elles ont été écrites à cet effet. Mais si ces chansons motivent les gens à aller plus loin et voir ce que Machine Head a à proposer, ils trouveront quelque chose d’extraordinaire, et pourront poursuivre dans un incroyable voyage. Est-ce que tout le monde embarquera dans ce voyage ? Non. Je vois nos statistiques sur Spotify, je vois les statistiques d’albums. Les gens écoutent « Halo » et « Aesthetics Of Hate » sur The Blackening. Les gens écoutent « Now We Die » et « Game Over » sur Bloostone & Diamonds. Est-ce qu’ils écoutent tout l’album ? Putain non ! Mais il y a des gens qui le font. Donc il y a un peu de tout là-dessus pour tout le monde. Si vous voulez seulement les putains de hits, il y en a. Si vous voulez plus que ça, si vous voulez voir un film, si vous voulez voir Le Seigneur Des Anneaux [petits], c’est là aussi pour vous.

En dehors de deux ou trois titres épiques, cet album est rempli de chansons plus concises. As-tu d’une certaine manière redécouvert les vertus des chansons plus directes, offrant peut-être un message plus percutant ou passant plus facilement ?

En grande partie, ça vient juste d’un désir de simplifier. Je ne sais pas si c’était une réaction contre les longues chansons compliquées que nous avons eu dans le passé, mais les deux premières chansons que nous avons écrites étaient simples, quatre minutes, et nous étions là : « C’est super ! » [Rires] C’était une super chanson et c’était heavy et différent, et je pense que nous avons poursuivi sur cette voie. L’idée de simplifier les choses et avoir les bons passages aux bons moments, c’était très attrayant, surtout avec les paroles, surtout avec les idées vocales, juste essayer de vraiment trouver des idées simples, fortes et puissantes. Ce n’est pas trop dans nos habitudes de faire ça parce que nous avons naturellement tendance à tout charger. Donc nous avons un peu dû nous poser et dire : « Attends, prenons un peu de recul. Nous avons cinquante ans, c’est notre neuvième album, on n’est pas obligé de jouer un million de putain de notes. On peut juste jouer ça, et c’est cool. »

Pour la première fois vous avez une chanson entièrement acoustique, « Behind The Mask », ce qui t’a poussé à exposer ton côté sensible comme jamais. Ce contexte épuré n’est-il pas déstabilisant quand on est habitué à avoir un mur de guitare électrique ? Comment c’était pour toi en tant que chanteur ?

J’ai adoré. Il est clair que c’était étrange d’avoir une chanson sans guitare électrique et sans aucun chant heavy. C’était la première fois, vraiment, dans notre histoire. Mais nous avons eu… Je n’appelle pas ça des « ballades », genre power ballades, mais nous avons toujours eu ce genre de chanson douce, sur chaque album, même en remontant jusqu’à Burn My Eyes. Et d’une certaine façon, je pense que Machine Head a été assimilé à un truc super heavy, alors que nous sommes probablement le groupe qui a toujours eu un penchant pour les chansons mélodiques, comme « I’m Your God Now », ou « Violate », ou « Despair In Red », ou « Descend The Shades Of Night », « Darkness Within »… Nous avons toujours eu ces moments mélodiques. Surtout après avoir fait la tournée « an evening with », ces moments mélodiques sont devenus importants. Ces derniers sont un peu ce qui a rendu ces concerts « an evening with », de deux heures et demi / trois heures, possibles. Si ça n’était que trois heures de brutalité, ce serait trop, mais le fait d’avoir ce genre de chansons, ça nous permet d’offrir une pause au public, ça nous fait nous-mêmes une pause, et ça donne une autre teinte au concert, et les gens adorent ! Ils adorent ces chansons mélodiques. Et c’est grâce au fait que je peux chanter, et les gens veulent chanter, les gens aiment chanter !

Les premiers mots que l’on entend dans l’album, c’est lorsque tu cries « fuck the world » (« j’emmerde le monde », NDT). D’un autre côté, le groupe Prophets Of Rage qui semble s’élever contre les mêmes choses que toi, a une chanson qui s’appelle « Unfuck The World » car, comme Tom Morello nous l’a dit, les problèmes faits pas les hommes peuvent être défaits par les hommes. Es-tu d’accord avec lui ou penses-tu que nous avons atteint un point de non-retour ?

Ouais, c’est cool, c’est une bonne affirmation. Je n’ai pas trop suivi ce qu’ils ont fait donc je ne sais pas trop… Je veux dire que je connais Tom Morello et Rage Against The Machine, et il a raison, c’est sûr. Ces choses peuvent être défaites. Et comment on les défait, j’imagine que c’est à débattre [rires]. Le souci, c’est comment on les défaits.

« Nous avons joué dans des festivals pendant vingt-cinq ans. Ça fait longtemps. J’en ai eu marre ! J’ai détesté. Je déteste jouer dans des festivals. Je déteste jouer sous une putain de pluie battante, quand il fait quatre degrés, regardant un paquet de personnes dans des parkas, debout dans soixante centimètres de boue. »

Après le massacre de Las Vegas, tu as déclaré que tu ne voulais plus jouer la chanson « Davidian » en live, en raison des paroles : « Let freedom ring with a shotgun blast » (« Faites retentir la liberté avec un coup de fusil », NDT). As-tu peur que les gens prennent ça pour argent comptant et pas pour la référence au Siège de Waco ?

Je ne sais pas. Cette pensée me vient un peu à chaque fois qu’il y a un massacre par arme à feu, et d’ailleurs, nous avons retiré cette chanson après plusieurs massacres de ce genre en Amérique. En fait, nous l’avons même retirée pendant une tournée toute entière, une fois, et personne ne l’a remarqué ! [Rires] Tout le monde s’en fichait. Mais ensuite, évidemment, je le dis, les médias s’en emparent et les gens sont là : « Ah n’arrête pas de la jouer ! » Je ne sais pas ce que nous allons faire à ce sujet. Je suis en profond conflit avec cette chanson. J’aime à croire que nous représentons plus que cette simple chanson [rires], que nous avons écrit pas mal d’autres chansons qui, j’espère, suffisent.

Penses-tu que les gens ont dramatisé ?

Clairement, et les médias se sont rués dessus. C’est ce qu’ils font.

Tu as déclaré que ta décision de ne plus faire aucun festival et à la place donner des concerts « an evening with Machine Head » était « le meilleur truc que [vous] ay[ez] jamais fait » et que « de bien des façons, ça a sauvé [votre] groupe. » De quelle façon, selon toi, ça a sauvé le groupe ?

Nous avons joué dans des festivals pendant vingt-cinq ans. Ça fait longtemps. J’en ai eu marre ! J’ai détesté. Je déteste jouer dans des festivals. Je déteste jouer sous une putain de pluie battante, quand il fait quatre degrés, regardant un paquet de personnes dans des parkas, genre [imite la pluie qui tombe], debout dans soixante centimètres de boue. Et si tu en fais un, tu es obligé d’en faire plus parce que financièrement, ça n’a aucun sens de n’en faire qu’un seul. Fut une époque où les festivals étaient très importants pour les groupes ; un grand festival pouvait changer la donne pour ton groupe. Il se peut que ce soit encore le cas, mais ça ne l’est pas pour Machine Head. Nous voyions moins de gens venir à nos concerts parce que nous faisions trop de festivals. Donc lorsque nous étions en tête d’affiche, il y avait moins de monde, et ça ne faisait pas vendre les albums, nous vendions bien moins de merch. Bon, ça payait bien, très bien même. Mais les dépenses étaient aussi très élevées, bien plus élevées que lors d’une tournée normale.

Tout change : ce qui fonctionnait pour toi il y a quinze ans, ou dix ans, ou même cinq ans, ne fonctionne pas forcément aujourd’hui. Nous avons dû longuement réfléchir à notre groupe, notre business, la façon dont nous faisons les choses et comment nous nous présentons face à nos fans, et dire : « Est-ce ce qu’il y a de mieux pour nous ? Je ne ressens pas la connexion avec le public qui… Ça pourrait être n’importe qui là-dehors. » Quoi qu’il en soit, Machine Head pourrait tout déchirer dans un festival si nous le voulions. Nous pourrions donner un putain coup de fouet au public et le déchaîner. Mais souvent, je regarde le public et on dirait juste que tout le monde s’en fiche, ça pourrait être n’importe quel groupe sur scène, et super, cool. Aujourd’hui, n’importe quel groupe peut lancer un circle pit autour de la console de mixage, et tout le monde peut pousser le public à faire : « Hey, hey, hey ! » C’est autre chose qui est devenu important pour moi ; j’ai besoin de ressentir une connexion.

Ouais, nous jouions pour beaucoup moins de personnes durant les concerts « an evening with », bien sûr, nous ne jouons pas pour cinquante ou soixante mille personnes. Nous jouons pour quatre mille personnes, deux mille personnes. Mais tu sais quoi ? Ces deux mille personnes sont des dingues enragés de Machine Head qui vivront et respireront Machine Head, et c’est tellement plus gratifiant. Nous pouvons jouer plus longtemps si nous le voulons, nous n’avons personne qui est là : « Les gars, il faut que vous descendiez de scène. » Ca a été un énorme succès, pour nous et pour les fans qui en sont ressorti aux anges. Pour ma part, j’ai le sentiment que nous avions besoin de viser plus haut. Lorsque Bruce Spingsteen débarque en ville, personne n’est là : « Qui sont les cinq groupes qui ouvrent pour lui ? » Il vient tout seul, et tu sais que tu auras un show qui déchire. Pareil avec U2, pareil avec les Foo Fighters. C’est le statut que nous voulons avoir. Un statut à la Grateful Dead ou Bruce Springsteen, où tu viens et tu as un putain show. Le metal a dérivé vers des affiches à cinq groupes et des putains de festival avec des putains… Certains de ces festivals ont cent-quarante groupes ! Cent quarante ! Lorsqu’au tout début j’ai commencé à faire des festivals, il n’y avait que six groupes. Six ou sept groupes dans un festival ! [Petits rires] C’est fou et j’en suis arrivé à un point où je détestais ça, donc nous avons fait autrement et c’était la meilleure chose que nous ayons jamais faite. Nous avons pu jouer des chansons que nous n’avions pas joué en dix ou quinze ans, et ces chansons calmes que nous ne jouerions jamais en festival, parce que, soyons honnêtes, a un festival il faut balancer la putain de sauce sur tout le set. Ouais, ça a été génial. J’adore.

Interview réalisée en face à face le 24 octobre 2017 par Claire Vienne.
Fiche de questions : Claire Vienne & Nicolas Gricourt.
Retranscription : Claire Vienne.
Traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Albert Tatlock.

Site officiel de Machine Head : www.machinehead1.com.

Acheter l’album Catharsis.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    In Flames @ Lyon
    Slider
  • 1/3