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Interview   

La magie hivernale de Sonata Arctica


Il n’y a rien de plus rassurant que de savoir que les artistes responsables de certains de vos meilleurs souvenirs de concert sont des gens comme les autres. Des gens qui regardent Stranger Things, par exemple, et qui ne sont pas prêts à laisser des détails du genre « journée promo » les empêcher de télécharger la saison 3 le jour de sa sortie. C’est ainsi que nous entamons la conversation avec Tony Kakko, chanteur, compositeur et parolier de Sonata Arctica, alors que celui-ci est penché sur sa tablette pour s’assurer que ses précieux épisodes sont bien arrivés entre deux interviews. « Cette série est tellement bien faite », nous confie-t-il avec un grand sourire. « Ça me renvoie aux années 80, qui sont un peu ma décennie. Je suis assez vieux pour en avoir gardé des souvenirs, et ça m’y transporte directement. Mais je ne vais pas commencer à regarder maintenant ! » Tant mieux, parce que nous avons pas mal de choses à lui demander !

Flanqué de son guitariste Elias Viljanen, le très volubile Tony s’est prêté au jeu des questions concernant le nouvel album du groupe, Talviyö – un titre à faire grincer les dents des moins Finlandais de leurs auditeurs, ce que les deux musiciens assument jusqu’au bout.

« Les lignes mélodiques sont assez rapides, donc ça prend un peu de temps pour arriver à faire les phrasés comme il faut. […] Je regarde mes doigts et je ne sais pas où ils vont, donc c’est toujours assez marrant ! Ça fait un peu penser à Spinal Tap ! »

Radio Metal : Tout d’abord, comment allez-vous ?

Elias Viljanen (guitare) : Plutôt bien !

Tony Kakko (chant) : Ouais, plutôt bien. Occupé, occupé, occupé ! Nous prenons l’avion pour retourner en Finlande demain. Nous avons deux concerts à donner là-bas, ensuite nous prenons l’avions pour nous rendre à Barcelone où nous avons un autre concert à donner, et ensuite nous poursuivons vers Madrid pour une autre journée promotionnelle. Ensuite nous pourrons rentrer à la maison. C’est dur d’aller en Finlande et d’être proches de chez nous mais sans y aller. Mais Elias pourra passer chez lui, et je vais l’accompagner.

Elias : Oui, nous allons passer une nuit chez moi.

Tony : C’est déjà pas mal. C’est comme être à la maison sans être à la maison !

Votre album précédent, The Ninth Hour, a été réalisé sous pas mal de pression en raison d’un planning assez serré. Etait-ce plus détendu cette fois ou avez-vous besoin de pression pour travailler sur un album ?

C’était plus détendu, en tout cas pour moi. La fin du processus de The Ninth Hour était un cauchemar. Cet album a également été une sorte de cauchemar, mais les diamants se créent sous pression. Ce qui a fait que ce processus était bien plus facile cette fois était que nous avions un mec supplémentaire en charge de la production. Notre producteur Mikko Tegelman, c’est notre ingénieur du son live, donc il sait comment nous sommes censés sonner. C’est d’ailleurs une chose que nous recherchions : apporter dans l’album une part de magie de nos concerts. J’ai encore trop la tête dans le processus pour dire quoi que ce soit de définitif, mais il est clair que ça sonne plus organique, et c’est comme ça que ce doit être, selon moi. Je suppose que ça a assez bien marché !

Elias : De mon côté, en tant que musicien, nous avons enregistré toutes les chansons ensemble, pour ainsi dire. Ça nous a pris environ six semaines.

Tony : C’était en grande partie comme en live : la batterie, la basse et partiellement les guitares, jouées live en même temps.

Elias : En dehors de Mikko qui était là, c’était identique pour moi. Mais Mikko a assurément apporté quelque chose, comme des idées et…

Tony : De la sérénité !

Elias : Oui, de la sérénité. Il nous a également encouragés à jouer d’une certaine façon et à utiliser différents types d’approche. C’était amusant au début, jusqu’à un certain point, car nous avons fait de longues journées de travail, et il n’arrêtait pas de nous pousser encore et encore.

Tony : Et je ne suis pas la personne la plus facile avec qui travailler ! Je suis assez borné avec mes propres chansons. Donc on peut me suggérer des idées, mais il y a très peu de chances qu’elles soient retenues ! [Rires] Mais Mikko avait de super idées, et il se concentrait sur le côté des choses que je ne connais pas trop, dont je me fiche et qui n’est pas important à mes yeux. C’est ce dont nous avions principalement besoin. Je m’intéresse plus à savoir si telle note est au bon endroit. Je suppose que Mikko ne s’en soucie pas tant que ça, alors que pour moi, en tant que compositeur, c’est important. Nous avions donc deux personnes se chargeant de deux aspects de l’album : je dirigeais et étais très ferme sur la façon dont certaines choses devaient être, et Mikko s’assurait que les choses sonnaient comme elles devaient sonner.

Elias : Principalement, le son global. Mikko était là pour combiner tous les éléments, tous les instruments et ce genre de truc.

Tony : Aussi, j’adorais le fait que, quand Mikko mixait l’album avec Pasi [Kauppinen, bassiste], il mettait en avant dans le mix plein de choses qui, d’après mon idée originelle, allaient se retrouver quelque part dans le fond. Mais il trouvait que ça sonnait super bien et les as levées pour que ce soit au-dessus. Au départ, j’étais là : « Whoa, c’est quoi ce bordel ?! » Mais ensuite j’ai réalisé que ça sonnait vraiment super bien. Donc oui, il a eu des idées fantastiques sur la production. Il a rendu l’album bien meilleur que ce que nous aurions fait sans lui.

Ce que l’on peut remarquer dans le mix, c’est la basse. On peut bien l’entendre, ce qui est souvent le signe d’un bon mix.

C’est ça le truc : Pasi a participé au processus de mixage, donc… [Rires]

Donc évidemment, il va mettre la basse assez forte ! Elias, Tony compose toutes les chansons de Sonata Arctica. Qu’est-ce que ça te fait, en tant que guitariste, que ton chanteur crée toutes les chansons et riffs que tu vas ensuite enregistrer ? Est-ce que tu contribues quand même ou bien, comme il l’a dit, il ne t’écoutera pas, quoi qu’il arrive ?

Elias : Je m’occupe au moins des solos. Les solos sont ma marque de fabrique ! D’une certaine façon, c’est plus facile pour moi, mais à la fois, je dois beaucoup m’entraîner sur les trucs de Tony au lieu de créer mes propres parties.

Tony : Ça te donne plus de travail. Tu dois répéter mes idées bizarres au lieu de faire quelque chose qui te viendrait naturellement.

Elias : Exactement. Et bien sûr, les lignes mélodiques sont assez rapides, donc ça prend un peu de temps pour arriver à faire les phrasés comme il faut. C’est un challenge.

Tony : Oui, mais c’est une bonne chose – tout du moins, je l’espère !

Elias : C’est le cas. Je regarde mes doigts et je ne sais pas où ils vont, donc c’est toujours assez marrant ! Ça fait un peu penser à Spinal Tap !

« Le cadre général que j’avais au tout début, en fait avant-même de commencer à composer les chansons, était que je voulais poursuivre la série d’albums qui a commencé avec Pariah’s Child. […] Nous n’allons plus prendre d’étranges chemins de traverse, mais plutôt rester cohérents. »

Vous avez une chanson très progressive dans l’album, intitulée « The Raven Still Flies With You », et de nombreux éléments progressifs, comme la partie centrale de « Storm The Armada ». Est-ce des réminiscences de l’époque Unia et The Days Of Grays ?

Tony : Peut-être. Je vois Talviyö comme un album qui englobe toute la carrière de Sonata Arctica, de la même façon que The Ninth Hour englobait toute notre carrière jusqu’à ce stade [petits rires]. C’était pareil avec Pariah’s Child. Reckoning Night est différent ; il n’englobe rien du tout, c’est presque un truc étrange à part. Mais je crois que nous avons atteint un point où chaque album a un peu de tout ce que nous avons fait par le passé. Il est donc certain qu’il y a des idées et réminiscences d’albums antérieurs. En tant que compositeur, je ne le vois pas forcément, ni le comprends, ni y pense en ces termes. C’est juste quelque chose qui vient de quelque part en moi. Je ne fais qu’écrire des chansons qui me paraissent bien et me viennent naturellement. Nous n’avons jamais eu de plan en commençant à travailler sur un album, c’est juste : « D’accord, créons un album. » Le cadre général que j’avais au tout début, en fait avant même de commencer à composer les chansons, était que je voulais poursuivre la série d’albums qui a commencé avec Pariah’s Child et continué avec The Ninth Hour, et maintenant Talviyö. Ces albums sont dans la même lignée stylistiquement parlant, et nous n’allons plus prendre d’étranges chemins de traverse, mais plutôt rester cohérents. Même si la méthode de production change et que les chansons sont différentes – et elles sont évidemment différentes, car qui voudrait réécrire ses vieilles chansons ? –, ça reste dans la même veine, je pense.

L’album comprend une instrumentale intitulée « Ismo’s Got Good Reactors », avec des côtés orientaux et celtiques. Comment vous êtes-vous retrouvés avec une instrumentale sur cet album et qu’est-ce que cet étrange titre signifie ?

Je me suis lâché et je m’éclatais, en gros. Je n’essayais pas de faire quoi que ce soit de particulier ; je ne faisais que balancer des idées et essayer de nouveaux sons que j’avais dans des banques de samples, et tout d’un coup, ça a commencé à prendre la forme d’une chanson. J’ai pris une très vieille idée que j’avais, datant d’il y a trente ans, le thème oriental qu’on peut jouer en utilisant uniquement les touches noires d’un piano. J’ai tout réuni, et je me suis demandé si c’était une chanson sur laquelle je pouvais vraiment chanter quelque chose – non ! Pas vraiment ; j’ai essayé. Si ça avait été un morceau avec du chant, ça aurait été bien plus long, car il aurait fallu que j’écrive plus de parties. Donc, tout d’un coup, j’avais une instrumentale. Je ne suis pas sûr si elle faisait partie de l’ensemble de démos que j’ai joué aux gars durant la session d’écoute l’été dernier ; il se peut qu’elle soit apparue plus tard. Mais elle a trouvé sa place ; les gars ont trouvé qu’elle allait bien – surtout avec le nom et l’explication qu’il y a derrière. Ismo, tout d’abord, est un nom masculin en Finlande, tout comme Tony ou Elias. Ça remonte à longtemps. Mon défunt ami avait vingt ans à l’époque. C’était mon meilleur ami, comme un grand frère, en fait, il avait sept ans de plus que nous. Il étudiait pour devenir maître d’école à la maternelle. Il s’appelait Mika, et non pas Ismo – mais l’histoire n’est pas finie ! Dans le cadre de son enseignement, il devait travailler avec des enfants handicapés, genre ayant des problèmes de développement. Une fois, ils sont partis en voyage sur une île, donc ils ont pris un bateau avec un moteur hors-bord, un moteur qu’on soulève. Ils sont arrivés à la jetée, et l’eau était assez peu profonde, donc ils ont dû soulever le moteur pour s’amarrer. Ils étaient là sur la jetée, et tout d’un coup, Mika a remarqué que l’amarrage commençait à sombrer dans l’eau. Il est parvenu à attraper le moteur avant qu’il ne tombe et l’a remonté, et l’un des enfants derrière lui a dit : « Oh, Ismo a de bons réacteurs ! » Evidemment, il voulait dire qu’il avait bien réagi, qu’il avait de bons réflexes [rires]. Mon ami est mort à l’âge de 42 ans, mais cette histoire m’est restée. Donc à chaque fois que quelque chose se passe et que quelqu’un doit rattraper un truc, je dis qu’il a de bons réacteurs ! Ismolla on hyvät reaktorit – c’est comme ça qu’on dit en finnois.

A propos de ce morceau, Elias, j’imagine que c’est là où tu peux te lâcher et t’éclater à la guitare…

Elias : Bien sûr, c’est une chanson assez rapide, et il y a un tas de notes ! Mais c’est extrêmement bien écrit. Il y a un solo de clavier, je crois…

Tony : Il y a un solo de clavier, effectivement.

Elias : … et le solo de guitare n’est pas là ! [Rires] Mais bien sûr, je peux apporter mon style de phrasé, avec toutes les notes, et j’ai ajouté des petits ajustements sur la mélodie que Tony a écrite. Je joue beaucoup sur cette chanson, et j’aime jouer beaucoup !

Le titre de l’album, Talviyö, signifie « nuit d’hiver », et au moins les deux chansons « Message From The Sun » et « Cold » semblent y faire directement référence. Mais comment est-ce que cette idée des nuits d’hiver englobe l’album ?

Tony : La signification de « Cold », en fait, est totalement différente. C’est un nom qui n’a rien à voir avec le titre de l’album ! [Rires] Mais la première chanson, « Message From The Sun », parle de toute la mythologie autour des aurores boréales, donc ça c’est en lien avec l’illustration, voilà pourquoi c’est une excellente ouverture pour l’album, malgré le fait qu’elle soit légèrement trompeuse stylistiquement parlant. Elle est un peu à part dans l’album, en penchant plus vers les débuts de Sonata Arctica. C’est bien, évidemment, pour les fans qui adorent le vieux Sonata Arctica. Mais, en fait, j’ai pensé que ce pourrait être un des titres bonus pour le Japon, car son style détonne par rapport au reste de l’album. Le nom de l’album était la dernière chose que nous ayons décidée. Nous avions l’illustration et tout était prêt, et le bébé avait besoin d’un nom. Nous avons envoyé des idées, autant en anglais qu’en finnois. En fait, j’ai cherché différentes traductions du mot « hiver » en diverses langues sur Google Traduction, et le finnois « talvi » commençait à paraître bien, il me laissait un bon arrière-goût. D’une certaine façon, c’est plus exotique que « winter », qui est ennuyeux !

Elias : Et « winter », ce n’est pas « talvi » ! En Finlande, on a le « talvi », c’est autre chose ! Ce n’est pas le même hiver ! [Petits rires]

Tony : Oui, tout à fait ! Nous avons le « talvi » ! Mais « talvi » tout seul, ça faisait un peu trop simple, et il n’avait pas l’approbation inconditionnelle de l’ensemble du groupe. Donc nous avons envoyé d’autres idées, et au final, j’ai dit : « Au moins Talviyö, ça fera un nom difficile à prononcer pour certains journalistes ! »

« Je le jure devant Dieu, j’ai des lumières de Noël dans mon bureau H24, sept jours sur sept, toute l’année ! Je ne les enlève jamais, parce qu’elles créent une atmosphère vraiment magique. »

C’est exactement ce que j’allais demander : vous n’avez pas peur que les gens massacrent ce nom ?!

En fait, c’est très marrant pour nous d’entendre toutes les façons que les gens auront d’essayer de le prononcer. C’est un petit truc rigolo, un sale tour que nous voulions jouer aux gens.

Elias : C’est excitant pour les fans quand c’est en finnois. Je pense que ça apporte plus…

Tony : D’exotisme. D’exorcisme !

Elias : Ouais, plus d’exotisme, le fait que ce soit en finnois.

Tony : Surtout avec le « yö ».

En fait, l’idée et l’imagerie de l’hiver sont récurrentes dans la carrière de Sonata Arctica. Quelle est votre relation à l’hiver ? Qu’est-ce que vous aimez tant dans cette saison ?

C’est ma période préférée dans l’année. J’aime l’été, mais je n’aime pas du tout l’automne ; c’est affreux et je préférerais vivre ailleurs durant l’automne. Ce n’est pas pour moi. Mais quand l’hiver commence, avant Noël – tout du moins là où je vis –, quand on commence à avoir de la neige, que tout devient magnifique, blanc immaculé, et il y a de la neige sur les arbres… En fait, c’est une photo qu’on voit sur la pochette de l’album et dans le livret. C’est à ça que ressemble l’hiver en Finlande au meilleur moment. [Il nous montre la photo originale de la pochette sur son téléphone.] C’est une vraie photo.

Ça a l’air irréel ! On dirait que ça a été photoshopé.

Ouais, exactement. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime l’hiver. Plein de gens pensent que j’adore l’obscurité, mais j’aime l’hiver parce que, pour moi, c’est le moment le plus lumineux de l’année. C’est comme ça que je le vois. Quand on a de la neige, la lune et les étoiles se reflètent dans la neige, et même en pleine nuit en janvier, on peut marcher dans les bois et voir. Evidemment, nos yeux s’ajustent à l’obscurité, mais ça génère quand même de la lumière. J’aime tout particulièrement la fin de l’hiver, au début du printemps, de février à fin avril. On a de longues journées, on a le soleil qui brille, et on a la neige et les arbres comme sur la pochette de l’album, c’est magnifique. C’est une période de l’année qui est magique, et c’est pour cette raison que c’est si inspirant pour nous.

Elias : Et aussi, quand on était enfants, on pouvait aller jouer dehors. Les jeux auxquels on jouait étaient totalement différents par rapport à l’été. Tu peux imaginer toutes les choses qu’on peut faire avec de la neige.

Tony : On peut construire des châteaux et des tunnels…

Elias : Nous avions les deux aspects quand nous étions enfants : l’été et l’hiver.

Tony : Ça offrait des opportunités différentes.

La première chanson de l’album, « Message From The Sun », sonne presque comme un conte de Noël. Et Tony, tu as chanté de nombreuses chansons de Noël, que ce soit à l’occasion du projet Raskasta Joulua ou même avec Sonata Arctica (« Christmas Spirits »). A quel point Noël vous était cher dans votre enfance ou même l’est toujours aujourd’hui à l’âge adulte ?

Elias : J’ai reçu ma première guitare comme cadeau de Noël, quand j’avais peut-être dix ans, donc…

Tony : Il a été traumatisé ! [Rires]

Elias : Et aujourd’hui, bien sûr, nous avons nos propres enfants, donc c’est très spécial.

Tony : C’est le moment le plus sombre de l’année en Finlande, et les journées sont très courtes. Là où nous vivons en Finlande, on a peut-être deux à trois heures maximum de jour en journée. Ça commence autour des onze heures du matin et il refait sombre autour de deux heures de l’après-midi. Donc quand on arrive en décembre… Ou peut-être même qu’ils commencent à allumer les lumières en septembre aujourd’hui, je ne sais pas ! C’est de plus en plus tôt ! [Rires] Mais dans le temps, en décembre, quand les gens commençaient à mettre leurs lumières de Noël, des décorations pleines de couleurs, des arbres de Noël et tout, ça devenait un magnifique parc d’hiver, c’était magique. On sort et on voit des arbres de Noël, et les gens ont des lumières de toutes les couleurs dans leur jardin et tout. C’est vraiment beau ; tout est tellement magique. En fait, et je le jure devant Dieu, j’ai des lumières de Noël dans mon bureau H24, sept jours sur sept, toute l’année ! Je ne les enlève jamais, parce qu’elles créent une atmosphère vraiment magique.

Le titre de l’album est donc en finnois, mais as-tu songé à aller plus loin et à chanter en finnois avec Sonata Arctica ? Est-ce que ça changerait quoi que ce soit pour toi ?

Nightwish l’a fait, je crois qu’ils ont une chanson en finnois – à moins que je sois à côté de la plaque, mais je m’en souviens d’une…

[Brandit trois doigts]

Oh, trois ? [Rires] D’accord, je pensais qu’il n’y en avait qu’une. Bref, nous y avons pensé. Encore une fois, peut-être sur le prochain album ! Il y a deux jours, j’ai d’ailleurs commencé à me demander comment nous pourrions aborder ce genre de chose. Je mets la barre très haut quand il s’agit d’écrire des textes en finnois. C’est bien plus facile d’écrire un texte en anglais qu’en finnois. Evidemment, je connais bien mieux le finnois, mais je ne peux pas écrire les mêmes phrases en finnois que j’écris en anglais. Ça sonne mal, ça sonne creux. J’ai l’impression de devoir être super profond quand j’écris en finnois. Je pourrais tenter un tour de chauffe là-dessus. J’ai déjà fait des chansons en finnois, c’est pour ça que je sais que c’est super dur. Je pourrais faire ça à la japonaise, c’est-à-dire chanter les couplets en anglais, et ensuite avoir un refrain en finnois. Ça pourrait être différent et bizarre !

« Si tu es enchaîné au côté dur de la musique, si tu n’as pas de mélodie forte, c’est… Bon, je préfère notre façon de faire les choses ! Ça offre plus de variété et d’occasions de faire plus ou moins tout ce qu’on veut ! »

Ça pourrait être marrant ! Mais peut-être difficile pour le public à chanter avec toi…

Peut-être une chanson qui apprend le finnois !

Tu as dit que cet album était « le troisième pilier du nouvel étage de la tour qui constitue la carrière de Sonata Arctica ». Quels sont les autres étages ?

Le premier étage, c’est les premiers albums jusqu’à soit Winterheart’s Guild, soit Reckoning Night. Tout dépend, car Reckoning Night était déjà un petit peu différent. Il allait dans une direction qu’Unia a ensuite empruntée de manière drastique. Donc disons que c’étaient les quatre premiers albums, car Unia était aussi un autre type d’album, qui a lancé cette période de « dérive » avec Unia, Days Of Grays et Stones Grow Her Name. Ça c’était la seconde période. C’était une sorte d’aventure, disons-le ainsi ! Nous avons fait du hors-piste, je suppose. Nous avons voyagé sur une jolie route avec les quatre premiers albums, puis nous avons quitté les sentiers battus, sauté d’un chemin à l’autre, fait un petit détour, et puis nous sommes revenus sur la route avec Pariah’s Child, The Ninth Hour et Talviyö. Je pense que ces trois albums sont sur la même lignée, grosso modo. Pas forcément sur la même petite route, mais suffisamment pour dire qu’on suit la même autoroute. Il y a des différences, bien évidemment, car nous ne voulons jamais nous répéter. C’est plus facile de dire que ces trois albums proviennent du même groupe que si on alignait Ecliptica, Unia et Stones Grow Her Name ! [Rires]

Vous avez effectué une tournée acoustique en Europe plus tôt cette année. Quel était le raisonnement derrière ceci ? Comment ça s’est passé ? Et qu’est-ce que ça a changé, surtout pour un guitariste ?

Elias : Nous avons fait des concerts acoustiques en Finlande, avec un public assis, dans des salles de concert et ce genre de chose, et nous avons décidé d’essayer ça ailleurs en Europe également. Ça s’est super bien passé, certains concerts étaient complets. Bien sûr, c’est très différent de jouer en acoustique par comparaison avec l’électrique, mais ça a été. Nous avons fait de nouveaux arrangements pour les chansons.

Tony : Nous avons dû partiellement recomposer certaines chansons.

Elias : Masi Hukari nous a accompagnés pour jouer une autre guitare, de la flûte…

Tony : Un second clavier aussi, et d’autres instruments bizarres, comme la kanjira et l’œuf rythmique, par exemple ! [Rires]

Elias : Ça changeait, c’était agréable. La raison pour laquelle nous avons fait ça, je n’en suis pas sûr…

Tony : L’idée est venue sur la tournée de Days Of Grays, quand nous avons eu ce petit interlude au milieu des concerts rock habituels, quand nous jouions, je crois, quatre ou cinq chansons acoustiques, et ensuite nous poursuivions le concert. C’est comme ça que toute l’idée a émergé. Et ensuite, il y a deux ou trois ans, il y a eu un été où nous avons joué les concerts de festival en acoustique. Nous avons eu de super retours des fans, et nous nous sommes éclatés à faire ça sur scène. Ça nous a fait dire que nous voulions aller plus loin dans cette voie. Nous avons fait deux ou trois trucs en plus dans ce style en Finlande, et ça a été un grand succès. Nous avons commencé à nous dire que ce serait génial, quand nous aurions le temps et besoin d’une tournée, d’emmener ceci hors de Finlande. Là, c’était le bon moment. Nous avions plus qu’assez de temps pour faire l’album – mais ne nous voilons pas la face, nous aurions aussi pu utiliser ce temps en studio ! [Rires] Mais bref, nous avons réarrangé les chansons contre l’avis des gens ! Nous savions, en gros, que les fans allaient l’accepter et que ça allait être super, mais tous les gens qui étaient impliqués dans le réarrangement des chansons étaient un petit peu sceptiques. Ils se souvenaient de certains groupes de heavy metal qui étaient partis en tournée acoustique, mais leur musique n’étant que des « blam, blam, blam », ça ne se transposait pas aussi bien en acoustique que notre musique mélodique. C’est pour ça que nous savions que ça allait marcher. Les chansons sont belles, peu importe comment on les joue – que ce soit en version reggae ou autre. Il s’agit juste de savoir comment on va jouer les chansons, car elles sont mélodiques. Si tu es enchaîné au côté dur de la musique, si tu n’as pas de mélodie forte, c’est… Bon, je préfère notre façon de faire les choses ! Ça offre plus de variété et d’occasions de faire plus ou moins tout ce qu’on veut !

Interview réalisée en face à face le 4 juillet 2019 par Tiphaine Lombardelli.
Retranscription : Tiphaine Lombardelli.
Traduction : Nicolas Gricourt.
Photo : Kristian Reuter.

Site officiel de Sonata Arctica : www.sonataarctica.info.

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