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Interview   

Maïeutiste : dialogue en salle d’accouchement


Maïeutiste - EheujeSept ans, c’est long pour une première grossesse, même si ce temps est partagé entre six hommes. C’est pourtant la durée qui a été nécessaire au groupe de black metal Maïeutiste – nom faisant référence au philosophe Socrate et à sa méthode maïeuticienne consistant à accoucher les âmes des idées qu’elles contiennent – pour mettre au monde son premier album sorti en septembre dernier chez Les Acteurs de l’Ombre, label qui héberge déjà certaines des sensations extrêmes du metal français de ces dernières années tels que Regarde Les Hommes Tomber ou The Great Old Ones.

Succédant à une démo, Socratic Black Metal, qui avait fait entrer en 2008 Maïeutiste sur le territoire d’un metal extrême varié, aux origines black metal à chercher, selon les chroniqueurs, du côté de Darkthrone ou Silencer, mais explorant des territoires aussi bien ambiant et doom que jazz ou folk-rock, ce premier né est à déguster longuement, à la hauteur du temps qui a été alloué à sa conception.

Le 8 décembre dernier nous recevions Eheuje, chanteur du groupe, pour un entretien en direct à la radio au cours duquel nous avons tenté de délivrer quelques vérités concernant le groupe, son art et son histoire, mais aussi évoqué de façon plus générale le black metal, à la fois son côté traditionnel et celui plus expérimental que la France semble avoir largement embrassé.

Maïeutiste

« On a enregistré, assez classiquement, dans des caves mais aussi dans une cuisine en marbre, dans un grenier, en plein air en plein milieu de la forêt, sous la pluie, on a posé des micros dans les arbres… Ce sont d’assez bons souvenirs ! »

Radio Metal : Vous avez sorti votre démo Socratic Black Metal en 2007, sept années se sont donc écoulées pour enfin voir sortir un premier album, d’autant que l’album a apparemment été conçu en cinq ans. Pourquoi autant de temps ?

Eheuje (chant) : Sept ans, effectivement, ça a été assez long. Il n’y a pas eu sept années non-stop. On a un peu travaillé au compte-gouttes et on a essayé de faire des choses assez différentes au niveau du studio. On a par exemple fait en sorte d’enregistrer chaque instrument, chaque prise, dans différents lieux pour avoir une reverb naturelle, donc des fois des lieux complètement insolites. On a enregistré, assez classiquement, dans des caves mais aussi dans une cuisine en marbre, dans un grenier, en plein air en plein milieu de la forêt, sous la pluie, on a posé des micros dans les arbres… Ce sont d’assez bons souvenirs ! Donc effectivement, ça a pris beaucoup de temps parce qu’il faut arriver à se synchroniser pour faire ces enregistrements. Le mix a pris, je pense, un an et demi, à peu près, puisqu’on avait énormément de prises et de pistes. Et puis on n’était pas non plus hyper pressé. On voulait faire les choses bien. C’est vraiment de l’artisanat, on n’est pas sur de la production industrialisée. On a voulu y passer beaucoup de temps, on voulait faire quelque chose qui correspondait à ce qu’on attendait et qui soit un peu différent. Voilà, essentiellement, pourquoi ça a pris du temps.

Le fait d’avoir enregistré dans ces lieux un peu insolites, ça a vraiment changé quelque chose, concrètement, au niveau sonore ?

Oui, effectivement. Par exemple, une des guitares, celle de Grey – qui était le guitariste soliste puisque il a quitté le groupe il y maintenant deux mois – qui a été enregistrée en plein air, a un son qui est très, très différent. On a essayé en plus d’avoir du matériel à chaque fois complètement différent. La guitare de Grey est enregistrée sur un type d’ampli avec un type de baffle particulier. Une autre guitare est enregistrée sur un autre type de matériel. Mais oui, ça apporte vraiment quelque chose. Unitairement, lorsqu’on écoute chaque piste, on voit vraiment la différence. Et bien évidemment, le mix s’en ressent. On voulait avoir un panel de sonorité suffisamment large pour avoir un résultat intéressant.

J’avais cru lire toi ou un de tes collègues qualifier cet enregistrement d’éprouvant. Est-ce que c’est pour cette raison ?

Généralement, c’est moi qui fais les trajets en voiture, donc c’est moi qui balade un peu tout le monde, et effectivement, c’est éprouvant parce qu’on a fait vraiment beaucoup de kilomètres. Que ce soit pour aller chercher, par exemple, du matériel – on a acheté quand même pas mal de matériel au cours de ces sept ans -, rien que pour ça, ça prend du temps. Je me souviens d’une fois où on s’est retrouvé à aller chercher un baffle sur Valence après avoir fait une nuit blanche, c’était très, très dur. On est allé chercher du matériel un peu partout dans la région Rhône-Alpes. Ce qui est très éprouvant aussi, c’est de voir que le résultat avance aussi doucement, c’est très éprouvant pour le mental. Il n’y a pas que le physique. Physiquement, effectivement, ce n’est pas facile mais il y a la nuit pour se reposer et après ça va bien, mais le mental c’est dur aussi parce que ça avance doucement, on se dit qu’on ne va pas y arriver, etc. Mais on y est arrivé.

J’imagine aussi que tous ces lieux ne doivent pas toujours être faciles à sonoriser, c’est un peu de l’expérimentation, j’imagine que vous ne saviez pas si ça allait marcher…

On va dire qu’on a expérimenté, on n’a pas eu toujours ce qu’on voulait mais on a eu un résultat qui nous convient aujourd’hui.

A propos de ces lieux, vous les avez choisis ou bien ils se sont imposés d’eux-mêmes ?

On s’est dit : « Et si on faisait quelque chose là ? » On a eu des idées comme ça, de temps en temps. Quand je disais en plein air, par exemple, on a fait ça dans une forêt pas très loin de Lyon, entre Lyon et Saint-Etienne, disons. On a choisi ce lieu parce que c’est proche de chez mes parents et que c’était beaucoup plus simple.

Mais ça a toujours marché ou parfois vous avez enregistré quelque part et vous vous êtes dit : « Non, ça ne va pas, on va réenregistrer ça ailleurs » ?

Oui, effectivement, il y a eu des fois où ce n’était pas bon ! Ça arrive, c’est le travail. Et c’est pour ça aussi peut-être que ça a pris un peu de temps.

Tu viens de nous apprendre qu’un des guitaristes a quitté le groupe il n’y a pas longtemps. Est-ce que tu peux nous en parler ?

Il n’y a pas grand-chose à dire. C’est un très bon ami qui fait de la musique avec nous depuis le lycée et aujourd’hui, il est professionnel, c’est son métier de faire de la musique. C’est un excellent guitariste, peut-être bien le meilleur guitariste que je connaisse. En fait, il a juste envie de partir sur autre chose, de faire autre chose que du black metal. Il a envie de se consacrer à des projets persos.

Il y a encore peu vous étiez un sextet et toutes les paroles et la musique sont créditées seulement à Keithan. Du coup, quelle est la place des autres musiciens si tout est écrit par une seule personne ?

Keithan écrit effectivement absolument tout, que ce soit les textes ou les compositions. Alors, c’est le cas sur le premier album, ça sera peut-être le cas pour la suite, mais ce ne sera pas forcément toujours le cas. Aujourd’hui, c’est comme ça que c’est venu. Le groupe intervient sur les arrangements, comme très souvent. Keithan fait l’ensemble des compos et nous, pendant qu’on les joue en répétition, on travaille sur les arrangements, on se dit : « Ça pourrait être bien si on le faisait différemment, ou telle partie serait mieux si on ajoutait ci ou ça. » On fait de la cuisine ! Par contre, chaque membre du groupe intervient sur ses parties en termes d’arrangement.

« On avait un fil rouge : le but de l’album, c’était de proposer un ensemble cohérent de musique qui peut paraître incohérente. »

Comme on a dit, sept ans se sont écoulés depuis la démo. Est-ce que vous n’avez pas eu peur de perdre le fil sur une si longue période de temps ?

Oui, certainement. C’est peut-être aussi pour ça que ça a été éprouvant. On s’est beaucoup posé de questions. On s’est demandé si un jour on allait y arriver ! C’est vrai que c’est long sept ans. Mais on y a cru. Les compositions ont vraiment beaucoup évoluées. Les premières compositions qui ont été faites par Keithan datent de bien avant le groupe, puisqu’on se connaît depuis très, très longtemps, on était très jeunes. Et les compositions ont évoluées jusqu’à la fin, y compris lorsqu’on était en train d’enregistrer où des arrangements sont venus d’eux-mêmes au dernier moment. Donc, oui, ça peut effectivement faire peur, on peut perdre le fil mais je pense qu’on avait quand même une base de composition suffisamment solide. On savait où on allait, mine de rien. Donc on n’a pas eu de problème de perte de fil rouge. On avait un fil rouge : le but de l’album, c’était de proposer un ensemble cohérent de musique qui peut paraître incohérente. C’est vrai que beaucoup de gens aujourd’hui nous disent : « On a l’impression que vous êtes perdus. » On lit des chroniques assez souvent où ça parle d’album schizophrénique. On a un morceau folk, un autre doom, un autre thrash, on a une base black… Mais en fait, c’est un peu fait exprès. C’est un peu pour déstabiliser pour finalement, à force d’écoute, se rendre compte qu’il y a une véritable cohérence dans l’album. Je pense qu’on s’en rend compte au fur et à mesure des écoutes. Mais dans tous les cas, on avait ce fil rouge qu’on n’a jamais perdu.

Du coup, au bout de sept ans, vous avez quand même l’impression d’avoir sorti l’album tel que vous l’aviez conçu à l’origine ?

C’est exactement ce qu’on voulait faire.

C’est vrai que c’est un album qu’on ne cerne pas immédiatement. A chaque morceau, on a de nouvelles choses qui arrivent et peuvent surprendre. Il faut arriver au dernier titre pour avoir une vision de l’album et encore, au fil des écoutes…

On est de gros fanatiques de musique avec un « replay value », comme on dit dans le monde du jeu vidéo. On aime bien, quand on achète un album – ce n’est quand même pas rien de claquer quinze euros pour un album –, pouvoir le réécouter une bonne centaine de fois, sans s’ennuyer. Après, effectivement, ce n’est pas le cas de tous les albums. Il y a des albums qu’on écoute cinq fois et on a compris. Mais nous, on voulait avoir une valeur ajoutée quant à la réécoute. On voulait que les gens, à chaque fois qu’ils réécoutent, ils découvrent quelque chose. Et on est très content, car ça marche même sur nous ! On l’écoute aujourd’hui et puis on se dit : « Ah ouais, c’est étonnant, je n’avais pas vu ça. » Encore aujourd’hui, à chaque fois que je l’écoute je me dis que je redécouvre des parties de notre album, même si finalement on le connaît par cœur. On est très influencé par un groupe qui est pour nous le groupe qui a changé notre façon de voir la musique, c’est Mournful Congregation. C’est un groupe qui a fait des albums extraordinaires. Leur premier album, je pense l’avoir écouté… J’avais calculé la dernière fois, quand j’étais avec le compositeur, je lui disais qu’entre 2005 et aujourd’hui j’avais dû l’écouter pas loin de huit-cent fois, à peu près ! J’aime bien ce genre d’album, on ne s’ennuie pas, on peut le réécouter à l’infini. Il y a quelques albums comme ça qui marquent vraiment les esprits et c’est ce qu’on voulait faire : quelque chose d’un peu différent qui donne envie d’être réécouté et permette de renouveler à chaque fois l’expérience.

Dans le black metal, il y a une certaine pensée traditionaliste et on a l’impression que vous êtes un peu un entre-deux. Vous aimez le black traditionnel mais en même temps vous avez envie d’ouvrir ça vers d’autres horizons…

Effectivement, quand on a fondé le groupe – et puis la première démo portait bien le nom -, on se moquait un peu, d’une certaine manière, de la scène black metal parce qu’on trouvait que les gens étaient assez fermés d’esprit – aujourd’hui en tout cas, je précise, parce qu’à mon sens ce n’était pas le cas il y a quelques années. Mais quand on a fait notre première démo, on voulait un peu se moquer de ce côté « il faut faire du true black et pas autre chose, on n’a pas le droit de faire des métissages et des mélanges avec le black. » Il y a eu plein de groupes qui se sont moqués du black metal, même des très vieux groupes. Le premier album de Bethlehem, Dark Metal, est sorti en 94, ils ont fait deux ou trois démos avant, et Bethlehem, ils ont choisi ce nom pour qu’il soit à l’opposé des idéologies du black metal, à savoir Satan, Lucifer, etc. Ils ont choisi Bethlehem parce que c’était complètement l’antithèse, c’était pour se moquer. Et je pense que d’une certaine manière, il y avait un peu ça de notre part avec la démo, on voulait montrer qu’effectivement on peut partir un peu plus loin, même si la première démo est typiquement black metal. Il y a quelques influences qu’on arrive à retrouver dans notre album mais la démo est quand même beaucoup plus black metal que ce qu’on fait aujourd’hui. A mon sens, on est tous de très, très gros fans de black metal à l’ancienne. Je parlais de « replay value », il y a des albums comme les quatre premiers Darkthrone, moi je les réécoute en boucle depuis des années, je n’arrive pas à m’en passer. A Blaze In The Northern Sky, je l’écoute en boucle, c’est extraordinaire, on arrive toujours à découvrir quelque chose. Pareil pour Under A Funeral Moon. A mon sens, on n’est pas obligé de faire quelque chose de non traditionnel, un peu rentre-dedans dans les idées, pour faire un album avec une « replay value ». Pareil, on aime beaucoup Craft. Craft je pourrais écouter les albums en boucle pendant des heures, il n’y a aucun problème. La musique qu’on fait, oui, elle est ancrée dans l’ancien et elle est ancrée dans le nouveau. D’ailleurs, c’est pour ça que la prod, en fin de compte, est assez organique. On voulait une prod organique. On ne voulait pas d’une prod trop studio mais il y a quand même un petit côté studio, c’est-à-dire que c’est suffisamment organique et suffisamment studio pour qu’on puisse entendre tout en ayant le grain de l’ampli.

On a quand même un peu l’impression que c’est important pour le groupe de sortir de la caricature du black metal dans laquelle certains groupes se sont enfermés et s’enferment encore aujourd’hui. Ça vaut pour votre approche de la musique mais aussi ne serait-ce que dans les thématiques : vous faites référence à Socrate alors que c’est surtout à Nietzsche que beaucoup de groupes de black metal font référence. Est-ce que c’est quelque chose que vous essayez de contourner ?

Je ne pense pas qu’on a essayé de contourné quoi que ce soit, c’est juste que lorsqu’on a commencé le groupe, la première idée, c’était de se dire qu’on ne va pas refaire la même chose que tout le monde. Quel est l’intérêt ? Si ce n’est de refaire, peut-être, un bel hommage ? Après, il y a des gens qui le font très bien. Encore une fois, Craft, ils font du super Darkthrone, c’est génial ! Mais non, on voulait juste aller sur autre chose. Lorsqu’on a commencé le groupe, on s’est dit qu’on voulait faire du black metal un peu différent, et c’est tout. Et puis surtout, on ne voulait pas se cloisonner. On ne voulait pas se dire : « On est obligé de suivre une ligne directrice qui est très, très stricte et puis on a pas le droit d’y bouger. » On ne voulait tout simplement pas s’enfermer dans un carcan. On trouvait que c’était un peu triste et puis on s’était dit qu’on avait envie de faire ce qu’on voulait. On s’est même dit qu’il y a plein de gens qui le font. Blut Aus Nord le fait très bien, ils ont envie de parler de plein de choses, pourquoi nous on ne pourrait pas ? Après, c’est clair que oui, il y a des gens qui pensent que ce n’est pas bien [rire]. Pourquoi pas ? De toute façon, on pense bien ce qu’on a envie.

Maïeutiste, le nom en lui-même, fait référence à la maïeutique socratienne, l’art d’accoucher des idées à travers la dialectique, autrement dit le dialogue. Dans la biographie de l’album vous dites que vous illustrez « par les sons une dualité entre le moderne et l’antique » et que de cette dualité doit naître un dialogue. Mais de quelles idées accouche-t-il dans ce cas ?

[Longue respiration] Je peux difficilement répondre à cette question puisque c’est un peu le sujet de l’album, et on n’a pas tellement envie de répondre à ce genre de question. On veut surtout que ce soit vous qui trouviez une réponse.

Que l’auditeur accouche lui-même…

Oui, voilà.

Maïeutiste - Maïeutiste

« Lorsqu’on a commencé le groupe, la première idée, c’était de se dire qu’on ne va pas refaire la même chose que tout le monde. Quel est l’intérêt ? Si ce n’est de refaire, peut-être, un bel hommage ? »

D’ailleurs, par rapport à cette thématique, il semble qu’elle n’est pas si éloignée du black traditionnel que ça. Car avec les images de Satan, Lucifer, etc. il y avait quand même cette espèce d’idéal d’émancipation, de liberté d’esprit dans le black à la base. Est-ce que ce n’était pas comme si vous trouviez une autre manière d’arriver à ça, qui aurait d’ailleurs peut-être plus de sens maintenant que c’est devenu un poncif ?

Je suis complètement d’accord avec toi ! Et c’est une question qui revient assez souvent. On peut très bien dire : « Oui mais Socrate ce sont plus des idées plus proches de celles du christianisme. » Bon, pourquoi pas. Mais, avant tout, pour moi, c’est quand même un style marginal, avec des idées marginales et ce sont des gens qui n’avaient pas envie d’être catégorisés – je ne le pense pas, en tout cas. D’une certaine manière, effectivement, on essaie de montrer aux gens, par l’intermédiaire de cette thématique, que même si aujourd’hui il y des écoles dans le black metal, finalement on n’est pas obligé d’être dans une école pour en faire.

Et si on parle de Socrate, il a été condamné à mort pour corruption de la jeunesse, pour n’avoir pas reconnu les Dieux officiels de la cité d’Athènes en son temps, etc. Donc, finalement, plus que toute autre figure Satanique ou Luciférienne, c’est peut-être ce personnage-là qui aurait dû inspirer le black metal depuis le début, dans le côté rebelle et non-reconnaissance des Dieux…

[Rires] Oui, certainement… Enfin, je ne sais pas. Le côté rebelle, oui, au sens littéraire. Maintenant, si on parle du côté rebelle au sens rock n’ roll, on en est quand même assez loin, finalement [rires].

On est assez loin, d’accord [rires], mais disons qu’il ne se pliait pas, en tout cas. Il y a cette idée-là dans le black metal qui est de ne pas faire plier ses convictions face au reste de la société, et c’était finalement ce qu’a fait Socrate.

Oui. Et c’est exactement, effectivement, là où on veut en venir.

On en vient à la pochette de l’album réalisé par Laurence Leonard-Sytnik. Vous l’aviez déjà dit, c’est encore là libre à interprétation, sans compter que cet artwork existait même avant l’album de Maïeustiste, puisque vous l’avez emprunté à un autre artiste. Mais on y voit un homme barbu – on pourrait y voir Socrate du coup -, il est cornu également – est-ce qu’on peut y voir un diable ? Moi personnellement, j’y vois le daïmon de Socrate, qui est cette espèce de médiateur entre l’homme et le divin éternel. Le daïmon est devenu le démon, donc finalement, on est face à quelque chose de beaucoup plus satanique avec Socrate, à force…

[Rires] Oui, je suis assez d’accord avec toi. Alors, par rapport à la pochette, elle est effectivement libre d’interprétation. Toi tu vois ça et c’est plaisant parce que c’est une très bonne remarque mais on peut y voir n’importe quoi. En fait, le but, c’est que le gens y voit ce qu’ils ont envie d’y voir. Encore une fois, c’est : on vous expose une image, une icône, et vous y voyez ce que vous voulez.

Il y a d’ailleurs la notion de miroir qu’on retrouve un peu dans l’album (« …In The Mirror… », « Reflect / Disappear ») et du coup qu’on peut retrouver dans la pochette. Tu disais qu’on voit ce qu’on a envie de voir dans la pochette, donc quelque part, on reflète nos propres idées dedans…

C’est bien ! [Rires] Je suis content d‘entendre ce genre de choses, ça me fait plaisir ! Oui, très bien. Effectivement, c’est exactement ça.

Est-ce que de la même manière, c’est aussi une raison pour l’épaisseur et la variété de la musique, pour que ce soit riche d’interprétations, car chacun peut accrocher sur des choses différentes ?

Oui, c’est le but. Le but, c’est de voyager. C’est un voyage. Après, toute musique est un voyage, à mon sens. C’est un autre voyage, on va dire.

Tu parles par rapport à l’auditeur, mais dans quelle mesure Maïeutiste est aussi une manière d’accoucher vos propres idées ?

Ah mais complètement. On se remet toujours en cause. Je pense que nous sommes un groupe assez libre à ce niveau-là. On n’hésite pas à dire ce que l’on pense. Tout le monde participe. Tout le monde peut avoir une opinion complètement différente des autres et apporter sa pierre à l’édifice. Donc oui, complètement.

De manière générale, ne serait-ce qu’avec le nom du groupe, Maïeutiste, on a l’impression qu’au-delà de la connotation philosophique, il y a aussi une dimension poétique. Hors la poésie n’est pas ce que les gens ont naturellement tendance à associer au black metal. Est-ce que tu crois que c’est beaucoup plus lié que ce que les gens peuvent penser ?

Tout dépend de ce que l’on veut faire comme œuvre finale. Je n’irais pas dire que Sarcofago fait des choses poétiques, je ne pense pas, pour moi ça n’a rien à voir. Par contre, effectivement, je pense que des groupes comme Gris font de la poésie ; pour moi, franchement, ce sont des poètes, pour de vrai. C’est sombre, et c’est juste la différence avec un poète qui serait peut-être un peu plus accessible, on va dire. Mais tout à fait. Encore une fois, tout dépend de ce que l’on veut faire en tant qu’artiste. Je pense que la poésie n’est pas à exclure du black metal et aujourd’hui elle est quand même très présente, à mon sens.

Et vous, vous vous considérez comme des poètes ?

[Soupir] Non, peut-être pas. On est des musiciens, nous. [Hésite] Je pense que s’il y a une analyse à faire sur les textes, effectivement il y a des choses à retenir. Mais on n’est peut-être pas… Lorsque j’entends « poète », si on parle de poètes en art sombre, je pense à Baudelaire et je ne pense pas qu’on soit à ce niveau-là aujourd’hui [rires]. Nous, on est des musiciens, avant d’être des poètes. On est des artistes, voilà, d’une certaine manière. Là, ça regroupe plein de choses. Même si on est plus des musiciens, on est capables, comme n’importe quelle personne qui a un attrait pour l’art, d’apprécier une œuvre graphique, une œuvre littéraire – on adore lire -, moi j’aime beaucoup la peinture… On est tous de gros fans de peinture. On aime beaucoup travailler avec des artistes. Là pour l’album on a travaillé avec une personne qui était très proche de nous mais on a travaillé avec d’autres personnes pendant un petit moment. Dans le groupe on a tous notre petite spécialité. Il y a des gens qui font, par exemple, de la photographie – et ça aussi c’est de l’art. Mais on reste avant tout des musiciens. Je ne pense pas qu’on puisse dire qu’on est des spécialistes de poésie mais en tant qu’artiste, effectivement, on touche un peu à tout

« Même si aujourd’hui il y des écoles dans le black metal, finalement on n’est pas obligé d’être dans une école pour en faire. »

Tu as parlé de peintures, de photos, etc. Et le cinéma ? Parce qu’il y a ces vidéos qui reprennent Faust de Murnau. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

Alors pour le coup, je vais avoir du mal à en parler, puisque la personne qui les as faites n’est pas là, c’est Keithan qui fait justement des études dans le cinéma. C’est un vrai passionné, pour le coup. Ça aurait été plus facile d’en discuter avec lui, avec moi ce sera un peu compliqué [rires]. Même si j’aime beaucoup le cinéma, je pense que je serais ridicule à côté de lui [rires].

Soit dit en passant, on peut ressentir comme une influence de David Lynch sur le passage au saxophone d’ « Absolution »…

Oui, Keithan est très, très fan des travaux de Lynch et particulièrement de Twin Peaks. Et ce passage est une référence à Twin Peaks, et on a été assez surpris de voir qu’il y avait quand même pas mal de gens qui l’avaient remarqué. Ça nous a vraiment fait plaisir !

Est-ce que Keithan est aussi fou que Lynch ?

Non… Bon, si, un peu. Mais on est tous un peu à la ramasse [rires].

Est-ce qu’il a pensé à envisager l’album comme une BO ?

Je pense qu’il a dû y penser. Là pour le coup, il faudra lui demander. Peut-être qu’il y a pensé mais qu’il n’a pas envie de le dire pour l’instant aussi, c’est bien possible [petits rires].

Comme vous êtes un peu touche-à-tout, est-ce que vous avez une volonté à l’avenir de mélanger votre musique à plus de formes d’art, que ce soit la photo, le cinéma, etc. ?

Carrément ! Tu sais, on est très, très fans d’Ulver qui est, pour nous, l’incarnation de ce que tu viens de dire dans le milieu du metal. Donc on a pour projet de faire des compositions en vidéo qui seraient projetées pendant nos concerts. Aujourd’hui, pendant nos concerts et par rapport à l’album, on essaie quand même de faire en sorte qu’il y ait un minimum de cohérence graphique globale, une sorte d’art total, pour pas que les gens voient juste une suite de morceaux. On veut vraiment une expérience mais on n’est pas encore au niveau d’Ulver aujourd’hui [rires] !

Vous êtes chez Les Acteurs De L’Ombre, et on dirait que c’est un peu une des caractéristiques des groupes de label, d’avoir des ambitions assez englobantes – on peut penser à The Great Old Ones, Regarde Les Hommes Tomber, Déluge, etc. qui ont des concepts très larges qui vont au-delà de la musique et qui sont esthétiquement très englobants. Est-ce que c’est pour ça que vous vous y sentez à votre place ?

En fait, on a contacté Gérald parce qu’on estimait que c’était un des rares labels sur lesquels on avait envie d’être à l’heure actuelle, c’est tout. Et pour un premier album, on s’était dit que c’était une bonne idée. C’est moi qui me suis occupé de toute la partie label et à mon sens, aujourd’hui, Les Acteurs De L’Ombre fait partie des rares labels à ne pas sortir que son back-catalogue. Aujourd’hui – après, je peux peut-être me tromper -, c’est pour moi un des rares labels qui arrivent à sortir de l’ombre des nouveaux groupes. On est quand même très, très loin d’autres labels qui font du black metal et qui, en fin de compte, font des prods de leur back-catalogue pour récupérer de l’argent et faire de nouvelles prods qui, au final, marcheront un peu moins bien. Et puis, je connais bien Gérald depuis pas mal d’années, on a travaillé ensemble pendant un petit moment… Enfin, on ne se connaissait pas personnellement, on se connaissait par mail, on faisait de la correspondance, mais on va dire que je savais que c’était un des rares labels où derrière il y avait du répondant en terme de passion, de promo, etc. Ils ne font pas les choses à moitié. Ils font vraiment les choses à fond, ils sont nombreux et c’est vraiment très louable. Je suis très, très content qu’il ait accepté de nous sortir… Enfin, qu’ils aient accepté de nous sortir, parce qu’au final, ils ont tous apprécié notre album et il n’y a pas que Gérald qui donne son aval, ils ont tous leur mot à dire. Et c’est vrai que ça nous fait très plaisir aujourd’hui d’être chez eux.

Tu viens de parler d’Ulver, qui est classé comme expérimental mais qui est, à l’origine, du black metal. Dans votre biographie, vous parlez de dépasser les pensées classifiantes, or vous êtes quand même classés dans le black metal. Mais finalement, est-ce que le black metal n’est pas l’un des rares genres dans lequel on peut se permettre autant d’expérimentation aujourd’hui ?

C’est le cas, de toute façon. Je pense que 2015 a été une année où on en a eu la preuve ! Il n’y a pas longtemps à Lyon, il y avait Lychgate qui jouait et je pense que ce groupe a prouvé qu’en termes d’expérimentation, on pouvait faire assez fort quand même ! En expérimentation, il y a des tas de groupes, et je ne parle pas forcément que de 2015. Blut Aus Nord, ça fait, je ne sais pas, vingt ans qu’ils sont là et vingt ans qu’ils prouvent à chaque nouvel album qu’ils sont toujours incontestablement créatifs. 777 – Cosmosophy, c’est peut-être un des albums que j’aime le plus et pourtant, on est presque plus sur du metal, on est presque sur de la pop avec des relents indus, pas loin de Godflesh, un petit côté aussi doom qu’on peut retrouver dans Mournful Congregation… Et puis nous, on est tous très, très fans de Deathspell Omega qui ont quand même aussi inventé beaucoup de choses !

Et paradoxalement, on pense habituellement le black metal comme étant habité d’une communauté de fans très stricts dans la définition du black metal alors que cette communauté suit les groupes dans leurs expérimentations.

Je vois ce que tu veux dire. Oui, je pense qu’il faut avoir une certaine cohérence dans ce que l’on dit et ce que l’on fait. Et c’est pour ça que, finalement, ça marche parce que faire du black metal, c’est très bien, faire du black metal avec des expérimentations, c’est très bien aussi, mais si les expérimentations ne sont pas cohérentes avec l’entité en elle-même, ça ne passe pas, à mon sens. Blut Aus Nord, depuis le début, ils expérimentent mais c’est toujours du Blut Aus Nord, on sent la patte, on n’a pas l’impression d’avoir à faire à un autre groupe. Deathspell Omega, même au début, tu écoutes Hirilorn (groupe qui a précédé Deathspell Omega, NDLR)… Il y a toujours une patte qu’on arrive à ressentir depuis les débuts d’Hirilorn jusqu’à aujourd’hui. Il y a toujours ce petit truc qui fait qu’on y revient et qu’on trouve ça cohérent.

Maïeutiste

« En France, on est quand même un peu précurseurs sur le metal. […] Même si on peut effectivement dire que la scène scandinave a eu son importance, la scène française a eu tout autant son importance. Et elle a peut-être encore plus d’importance aujourd’hui. »

Je ne sais pas si c’est juste de parler de « scène française » parce que ça ne veut pas dire grand-chose, mais j’ai l’impression qu’il y a vraiment la place, d’une manière ou d’une autre, pour l’expérimentation en France. Tu cites Blut Aus Nord et Deathspell Omega, et on a l’impression qu’il y a plein de groupes français qui tracent leur route et n’hésitent pas un incorporer des éléments d’autres formes artistiques. On dirait qu’il y a comme un vivier en France…

Ça me parait un peu logique. On oublie toujours un petit peu mais, en France, on est quand même un peu précurseurs sur le metal. On a quand même Osmose Productions qui est là depuis le début du black metal. On a eu Drakkar Productions qui a sorti des trucs qui sont aujourd’hui encensés par absolument tout le monde, que ce soit la première démo de Deathspell Omega, Peste Noire, Watain, j’en passe et des meilleurs, Alcest même… Il ne faut pas non plus oublier les origines. Il y a eu des gens qui étaient là à l’époque pour sortir des choses en France. Et d’une certaine manière, s’il y a eu des gens pour produire, c’est qu’il y a eu des gens pour jouer. Même d’ailleurs dans le traditionnel. Les débuts français du traditionnel, même encore aujourd’hui, sont très reconnus à l’international. Les Légions Noires, avec Mütiilation, etc. je pense qu’on peut difficilement dire aujourd’hui que ce n’est pas reconnu. Je pense que d’une certaine manière, même si on peut effectivement dire que la scène scandinave a eu son importance, la scène française a eu tout autant son importance. Et elle a peut-être encore plus d’importance aujourd’hui.

Quand on parle black metal, on parle souvent des Scandinaves, mais c’est vrai que ces dernières années la France semble avoir pris de l’importance parce que peut-être que les Scandinaves se sont moins renouvelés, là où en France ça a pas mal « bouillonné ». Et d’ailleurs à l’étranger, les gens quand on leur parle du black metal français, ils ont l’idée de quelque chose de très expérimental, très libre par rapport à ce que le genre peut avoir de stéréotypé.

C’est peut-être les lumières [rires]. Non mais il ne faut pas non plus oublier ça, on a quand même un passé en France, mine de rien. Même si, effectivement, on en est quand même assez loin, je ne pense pas qu’on puisse affirmer que ça n’a pas d’incidence aujourd’hui sur cette musique.

Sans aller aussi loin, dans la tradition rock, on a eu beaucoup d’expérimentateurs en France. Ne serait-ce que Christian Vander de Magma ou on peut citer un groupe qui peut avoir l’air un peu kitch aujourd’hui mais qui a un peu touché à tout depuis les années 70, c’était Ange…

[Rires] C’est chaud Ange ! [Rires] Moi j’aime bien Gong, même si ce n’est pas franchement français, c’est anglo-français, mais c’est vrai que c’est classe. Magma, je ne dirais pas que ce n’est pas classe mais moi je n’aime pas du tout. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui aiment pas mais il faut l’avouer, c’est fou Magma ! Il n’y a rien à dire à ce niveau-là. Sans aller jusqu’au siècle des lumières, effectivement, il y a eu également mai 68. Même si les idées n’ont rien à voir [petits rires] – on ne peut pas dire que les idées soient très, très proches -, il y a quand même eu cette volonté d’émancipation intellectuelle, ce rejet de la doxa.

Vous avez apparemment déjà presque fini d’écrire le prochain album…

Effectivement ! En fait on a beaucoup travaillé en sept ans. C’est juste qu’à une certaine époque, on n’avait pas forcément les moyens de tout sortir, que ce soit financièrement ou même en termes de temps. On a tous fait des études, on va dire qu’on a tous été pauvres… Bon, maintenant, je suis très, très riche, donc… Non, je plaisante [rires]. Aujourd’hui, on a la possibilité de travailler sur ce que l’on a créé au cours de ces sept années, enfin presque dix ans d’ailleurs, puisque le groupe a été fondé en 2006, donc l’année prochaine ça fera dix ans qu’on fait de la musique. Donc on a beaucoup composé et notre prochain album, d’ailleurs, à la base, ne devait pas être un album, il devait sortir avant le premier album et ça devait être un EP. On avait commencé bien avant l’enregistrement de notre premier album de travailler sur cet enregistrement-là. Ça a été les premières expérimentations et là par contre ça été un échec cuisant, donc on a arrêté et on a fait autrement [rires].

Pourquoi c’était un échec ?

Parce qu’on a fait des tests. On ne savait pas enregistrer à l’époque, on n’avait pas de matériel, on a fait des tests et on s’est rendu compte qu’on ne savait pas faire. Et puis on a appris, comme tout le monde. Donc ça devait être un EP et puis finalement ce sera un album parce qu’entre temps, on a composé d’autres morceaux. Il y a quelques années (en 2008, NDLR) on avait également annoncé un split qui devait sortir avec Hyadningar qui aujourd’hui n’existe plus – c’est un groupe de black metal de Rouen avec des membres d’Ataraxie et Funeralium, et aujourd’hui ils ont fondé plusieurs groupes sur les cendres du groupe, comme Void Paradigm qui a sorti deux albums sur Apathia Records. Donc voilà, on devait faire à l’époque un split avec eux et puis le groupe s’est séparé, ils ont arrêté, et du coup on n’a rien fait. On a gardé le morceau de côté et il n’y a pas longtemps on s’est dit « Hey, en fait, il est quand même très similaire aux morceaux de l’EP ! Si on l’ajoute à l’EP, ça ferait un album parce qu’il est long. » [Rires] Et puis on a aussi retenu un peu la leçon de cet album : beaucoup de gens nous ont dit que l’album était très long, donc on s’est dit qu’on allait peut-être faire plus court.

Donc vous avez des restes…

Non, ce ne sont pas des restes. Ce sont les dernières compositions qu’on a faites, qui commencent déjà à dater, et on les estime suffisamment matures pour envisager de les sortir au format album.

Après ces sept années passées sur un seul album, j’imagine qu’il n’est plus question de passer autant de temps sur un album à l’avenir, surtout à vos âges [rires]…

Ouais, on est tous très vieux maintenant [rires]. Oui, effectivement, je pense qu’on va éviter de repasser autant de temps… Enfin, on passera le temps qu’il faut pour faire des albums. On passera le temps qu’il faut pour faire de la musique. Après tout, on n’est pas en train de parler d’industrialisation des process de création. On n’est pas là pour faire des choses chronométrées. On est là pour faire ce qu’on veut et on est là pour le faire bien. Donc on prendra le temps qu’il faudra. Et normalement, effectivement, le prochain devrait arriver assez rapidement.

Pour le live, vous préparez une tournée. Vous avez aussi été aux Black Arts Ceremony à Lyon le 17 octobre, et quand bien même vous ouvriez la deuxième journée, ce qui n’est pas nécessairement évident, la salle était bien pleine…

Je t’avouerais que moi aussi j’étais très surpris [rires]. J’avais un peu peur mais en fait, il y avait beaucoup de monde. On était agréablement surpris. Donc, oui ça se passe plutôt pas mal à ce niveau-là. Ensuite, effectivement, on nous a proposé une petite tournée de quelques jours dans le nord de la France – on verra dans quelques temps si c’est encore d’actualité. Et normalement, si tout se passe bien, on devrait faire une petite tournée européenne avec nos Dieux Mournful Congregation en août 2016, ainsi que Warship, le groupe allemand de funeral doom.

Interview réalisée en face à face le 8 décembre 2015 par Chloé Perrin, Arthur Nimal et Nicolas Gricourt.
Retranscription : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Maïeutiste : maieutiste.ovh.org.



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