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CR De Festival   

Mainsquare : La Citadelle du nord en folie


Depuis 2004, chaque été, la citadelle d’Arras est le lieu de réunion pour de nombreuses personnes, car ce lieu unique accueille le Mainsquare Festival. Évènement musical incontournable de l’hexagone, permettant de brasser large musicalement aussi bien dans la scène rock qu’électro. Un festival qui a déjà accueilli des noms bien connus tels que Placebo, Muse, Radiohead, System Of A Down, Kanye West, Coldplay, Linkin Park, Metallica, Prince, Indochine, Green Day ou encore Iron Maiden.

La réputation du festival n’est évidemment plus à faire et accueille chaque premier week-end de Juillet plus de 120 000 festivaliers. Cette année la programmation aura de quoi ramener du monde car la plupart des gros noms remplissent aisément les plus grosses salles parisiennes à leur venue : Nekfeu, Orelsan, Justice, Queens Of The Stone Age, Depeche Mode, Jamiroquai, IAM, tant de noms qu’on a déjà vus dans des arènes ou des stades affichants complets.

Evénement : Mainsquare
Date : 6-8 Juillet 2018
Ville : Arras (62000)

Pvris

La journée du vendredi commence doucement vers les environs de 17h avec un duo de rock français : Baasta ! Puis la scène qu’est la Greenroom enchainera avec les excellents américains Pvris avec la charismatique Lyndsey Gunnulfsen au chant. Puis on continuera sur la mainstage avec l’un des nombreux fils de Bob Marley : Damian « Jr Gong » Marley, nous ramenant évidemment une forte ambiance rasta sur le festival. Un show fort en bonnes énergies et en dreadlocks, avec un homme très agité qui brandit le drapeau jamaïcain durant tout le concert en sautant sur scène.

La vraie sensation se passe pourtant sur la Greenroom avec le rappeur Roméo Elvis. Un an après que Vald ait retourné la terre du festival sur la même scène bondée, le rappeur belge arrive devant de très nombreux fans. Véritable révélation rap de ces dernières années avec l’EP La Morale et l’album La Morale 2, son Bataclan de Paris était complet, son Olympia de Novembre l’est aussi des mois à l’avance, et le rappeur a annoncé il y a peu un Zénith de Paris. Mais n’oublions pas l’homme de l’ombre, offrant à Roméo Elvis le terreau idéal pour poser sa voix, le producteur répondant au nom du « Motel ». L’âme du concert est d’autant plus forte que Roméo passe pendant que l’équipe de football de Belgique joue sa place en demi-finale contre l’Angleterre. On sent de part son maillot de soutient envers son pays que le rappeur a très envie de regarder le match. Mais la victoire de la Belgique a évidemment donné un coup de boost. Et à chaque but marqué par l’équipe belge, le rappeur reviendra en sautant sur scène et criant sa joie. Coup de boost qui gagnera également le public dans son humeur, car en plus de voir l’un des meilleurs rappeurs de sa génération, on fête une victoire sportive.

Mais place à notre dose de metal du festival avec à la suite deux groupes aux énergies bien différentes. Tout d’abord c’est l’arrivée sur la mainstage de Gojira. Et même si dans le public ça manque cruellement de mouvement, le groupe est toujours fidèle à sa réputation. Des grands jets de fumées, de la pyrotechnie et des riffs déclenchants toujours autant la folie chez les fans qui se déchainent au premier rang. « Only Pain », « Backbone », « Vacuity », un enchainement de morceaux tous plus puissants les uns que les autres. Notons d’ailleurs les baleines en plastique volant sur le morceau « Flying Whales ». Ceux étant coutumiers des shows du groupe ne seront pas dépaysés. Gojira devra néanmoins ne pas lâcher l’affaire face à un public pas nécessairement habitué à un son si fort. Le charisme du groupe est toujours au plus haut et voir de tels musiciens force évidemment le respect. Mario Duplantier, épatant de précision derrière sa batterie. Christian Andreu est toujours la tête en arrière, les yeux fermés, concentré sur ses notes, comme en pleine transe. Jean-Michel Labadie est une boule d’énergie qui explose, souriant toujours à son public tout en martelant sa basse. Et évidemment Joe Duplantier est ce charismatique frontman au growl unique qui nous parlera durant les morceaux pour nous rassembler et partager l’histoire du groupe avec les terres du nord. Des visuels projetés durant les morceaux derrière le batteur, des fans toujours au premier rang, voir Gojira en concert est toujours un grand moment.

Gojira

Sur la Greenroom s’enchaine Pleymo qui fait donc son grand comeback. Héritier d’un metal des années 90 / 2000, la vague nu-metal est présente. Des années sans nouvelles et pourtant le groupe attire toujours les foules, c’est ce que nous a prouvés leur performance au Hellfest avec un public connaissant toujours bien les paroles. Et même si l’énergie de la foule n’est pas aussi grande qu’au Hellfest, on observe de bons mouvements sur des morceaux comme « Nawak » ou « Ce Soir C’est Grand Soir ». Ce qui est toujours plaisant c’est de voir la totalité des membres du groupe d’origine depuis le premier album Keçkispasse ?, remontant à 1999. Mark Maggiori arrive sur scène en sautant avec le drapeau français dans les mains et les croix blanches servant de backdrops s’illuminent et les fans sautent partout. Même si cela fait douze ans que le groupe n’a pas sorti de nouveaux morceaux, on prend toujours du plaisir à assister à ce retour du groupe. On attend désormais de voir où tout cela va mener les français. Simple retour en live ou nouvel album studio en préparation ?

Pleymo

La tête d’affiche du soir aura tout pour contenter les fans de metal s’étant déplacés pour cette journée, car Josh Homme et ses Queens Of The Stone Age débarquent sur scène. Le son gras de ce combo de légende va enrober la citadelle d’Arras pour le plus grand plaisir des fans. Malgré tout on sent moins d’enthousiasme que d’habitude pour le groupe, étant donné que bon nombre de personnes sont déjà en place pour le show de Nekfeu arrivant juste après. Et même si les capacités vocales de Josh Homme ne sont plus comme avant et qu’on a beaucoup plus de chant clair sur les anciens titres, cela fait toujours beaucoup de bien de voir notre John Wayne du rock. Le groupe joue toujours très fort et les titres s’enchainent : « If I Had A Tail », « My God Is The Sun », « No One Knows », « Make It Wit Chu ». Le dernier très bon album du groupe ne sera pas oublié avec notamment les titres « The Way You Used To do » ou « Feet Don’t Fail Me ». Le concert se conclut sur un enchainement destructeur pour les cervicales : « Go With The Flow » et « A Song For The Dead ». Du grand son, du grand charisme, un grand concert. La foule en profitera même pour souhaiter son anniversaire à l’excellent bassiste du groupe : Michael Shuman.

La mainstage n’a pas de pause et enchainera par la suite sur le rappeur remplissant les arènes et dont personne ne peut passer à côté : Nekfeu. Que ce soit en solo avec les albums Feu et Cyborg, ou avec son groupe $-Crew, le rappeur de Paris ramène tous les publics, des plus larges aux plus spécialisés. Car on peut difficilement remettre en doute les performances vocales du rappeur. La variété de la setlist permet de confirmer davantage la légitimité de l’artiste. « Humanoïde » donne un ton bien plus calme et mélancolique pour démarrer ce set. Mais on entendra par la suite des titres comme « Nique Les Clones », bien plus dans la performance vocale. « Galatée » donne ce ton plus doux, et pour faire chanter tout le monde, la fin de cette mainstage se fait sur « Ma Dope », pour que l’on se quitte sur ces mots : « Prêt à foutre le bordel comme un Rolling Stone ».

Paul Kalkbrenner

Et pour finir la soirée c’est un grand nom de l’électro que la Greenroom accueil : Paul Kalkbrenner. Depuis les années 2000 le DJ allemand enchaîne les succès et est vite devenu un incontournable sur cette scène techno. Un artiste aussi bien à l’aise avec ses compositions bien à lui qu’aux remix. C’est d’ailleurs avec l’un d’eux qu’il démarre son set : l’envoutant « The Flute Song » (originellement faite par Kid Simius). Mais nous aurons aussi le droit à son remix du morceau de Stromae « Te Quiero ». Un set qui aura tout pour plaire aux fans, dans les meilleures conditions possibles. Et c’est toujours impressionnant de voir cet homme derrière ses machines à composer sous nos yeux la musique que l’on entend. D’autant plus que les caméras nous montreront grâce à l’écran derrière lui toutes ses actions. L’enchainement d’artistes ce vendredi soir aura été ravageur, et ce n’est que le début du festival…

Setlist Queens Of The Stone Age :

Regular John
If I Had a Tail
Monsters In The Parasol
My God Is The Sun
Feet Don’t Fail Me
The Way You Used To Do
You Think I Ain’t Worth A Dollar, But I Feel Like A Millionaire
No One Knows
The Evil Has Landed
Smooth Sailing
Domesticated Animals
Make It Wit Chu
Little Sister
Go With The Flow
A Song For The Dead

Wolf Alice

Si la journée du samedi commence très doucement avec le doux groupe qu’est Okay Monday, on se précipitera un peu plus vers la mainstage pour Wolf Alice ! Celle qui nous avait envoutés à la précédente édition du Download Festival revient avec son énergie et son équipe charismatique. Car si nos yeux ne sont pas sur la talentueuse Elie Rowsell, ils sont sur le non-moins doué Theo Ellis et sa basse bougeant dans tous les sens. De manière générale, ce groupe de Londres, malgré son étiquette de rock alternatif, a tout pour paraitre comme un groupe de punk, par son esprit, son esthétique, et certains morceaux tels que « Yuk Foo ». On se retrouve transporté par l’imagerie dans des films comme Trainspotting. La suite de la journée se fera plus calme avec Kid Francescoli qui aura du mal à nous faire oublier Wolf Alice. Un rock assez plat malheureusement, mais qui va bien avec le soleil et le vent frais qui nous caresse le visage, sous lesquels on danse comme la chanteuse, légèrement en se dandinant. On trouvera musicalement plus notre compte avec les BB Brunes. Ils auront marqué leur époque avec des tubes comme « Dis-Moi » ou « Lalalove You ». Même si leur carrière est loin de ne se résumer qu’à cela, une bonne partie du public est là pour chanter ces morceaux en chœur.

Liam Gallagher

Mais l’une des grosses têtes d’affiches du jour est un anglais légendaire, un créateur de tubes, et la moitié d’un des groupes anglais les plus iconiques de Manchester : Liam Gallagher. Il y a bien des années, lui et son frère ont lancé le groupe Oasis. Et la France se souvient de cette fameuse édition du Rock En Seine où, quelques instants avant de monter sur scène, un homme s’est mis derrière un micro et a annoncé à des milliers de spectateurs qu’Oasis n’était plus. On connait la relation houleuse qu’ont les frères Gallagher, mais depuis chacun à pu faire sa propre musique avec son propre groupe. C’est donc le chanteur d’Oasis, Liam Gallagher qui se présente devant nous, les mains dans le dos comme à son habitude, le corps penché vers l’avant et sa voix pincée. Mais toujours un grand charisme avec son imperméable et ses lunettes de soleil. La foule lui réserve un chaleureux accueil, et le chanteur n’en fera pas moins car il démarre son set avec les enceintes criant un chant de supporter de football de Manchester, puis les enceintes continueront avec « Fuckin’ In The Bushes » d’Oasis, avant que le chanteur n’arrive avec « Rock ‘n’Roll Star » puis « Morning Glory ». Mais même si la setlist du chanteur se compose avant tout de morceaux d’Oasis, n’oublions pas les excellents titres de son projet solo, avec notamment le très bon « Greedy Soul ». Mais après quelques titres de son album, c’est un enchainement de tubes : « Whatever », « Supersonic », « Cigarettes & Alcohol » et évidemment « Wonderwall » repris par toute la foule avant de conclure sur « Live Forever ».

BB Brunes

Après l’instant eau précieuse de la Greenroom avec Oscar & The Wolf, on se dirige vers la mainstage pour la tête d’affiche permettant au festival d’afficher complet aujourd’hui, et cela parait bien normal ! Depeche Mode est l’un des groupes phares de la scène anglaise, ayant influencé bon nombre d’autres formations. Après une tournée des stades et des arènes, le groupe vient faire sa tournée des festivals. Les fans attendent à la barrière depuis l’ouverture du festival et leur attente va être récompensée. Car comme d’habitude, Depeche Mode dégage une âme particulière et leurs morceaux font toujours autant sonner de nostalgie en nous. On retrouve des classiques comme « A Paint That I’m Used To », « World In My Eyes », « Stripped », « Never Let Me Down Again » et évidemment « Personal Jesus ». On n’oubliera tout de même pas les morceaux du nouvel album Spirit, comme « Going Backwards ». Le tout est évidemment accompagné d’éléments visuels sur les écrans, à l’instar d’un court métrage sur le titre « Walking In My Shoes », rajoutant un peu de diversité dans ce show. Et malgré les années, ce fin mélange de rock et d’électro n’a pas vieilli. Dave Gahan porte toujours aussi bien le groupe avec la même voix envoutante et ce charisme qui domine la mainstage. Et même si de son côté Martin L. Gore aura ses moments de gloires au chant, il reste en retrait, comme le reste des musiciens que l’on entendra très peu. Le duo de fin pour finir le concert sera redoutable avec un riff culte sur « Enjoy The Silence ». Et après un long moment de calme, où le groupe n’est pas sur scène, ce dernier nous joue un titre qui était absent de leur setlist des stades : « Just Can’t Get Enough », un titre bien dansant et sautillant, pour finir la soirée sur une note pétillante et joyeuse.

Feder

Ce sont deux aspects complètements différents de l’électro qu’on va enchainer sur les deux scènes. Tout d’abord un aspect bien plus populaire et festif pour danser et sauter : Feder. Bien plus impressionnant en live et beaucoup plus de moyens mis en œuvre. Avec Feder ce sont de grands jets de fumée ainsi qu’une grande diversité de lumières partout autour de lui, accompagnés de vidéos à l’écran nous transportant dans l’espace ou sur des buildings. Et par rapport à nos dernières expériences avec le DJ Français, notamment à la fête de l’Humanité, cette fois-ci ce dernier amène en sa compagnie plusieurs chanteurs afin de donner plus de vie à ses morceaux. Les chanteurs ne seront pas là durant tous les morceaux mais ça a le mérite d’offrir un show plus vivant (si jamais il en avait besoin…). Notons que le DJ français prendra le temps, à la fin de son set, de venir avec ses chanteurs pour parler au public pendant de longues minutes afin de remercier comme il faut le festival et les artistes qui auront collaboré avec lui. Et même si les morceaux de Feder sont principalement du repompé de ce que l’on entend un peu partout sur la scène éléctro, l’effort visuel est bien présent et rien que pour cela, le concert mérite que l’on s’y penche.

Boris Brejcha

Maintenant dirigeons nous sur la Greenroom pour davantage de recherche musicale. Un masque de bouffon apparait sur scène derrière les platines, sous les projecteurs. Il s’agit là de Boris Brejcha qui vient faire sa célèbre techno minimale. Si le DJ allemand joue moins sur la performance live comme Paul Kalkbrenner, l’aspect visuel est très important et le but de ce genre de musique est de nous faire réagir avec le moins d’éléments musicaux possible. Des loops répétitives, des sons dissonants et parfois inquiétants, on est ici plus dans la pratique du clubbing permettant au festivalier de passer une très agréable fin de soirée. Mention spéciale aux lumières du show assurant le spectacle en tournoyant tout autour de l’artiste.

Setlist Depeche Mode :

Going Backwards
It’s No Good
A Pain That I’m Used To
Precious
World In My Eyes
Cover Me
Somebody
In Your Room
Eveything Counts
Stripped
Personal Jesus
Never Let Me Down Again
Walking In My Shoes
Enjoy The Silence
Just Can’t Get Enough

Youngr

Il a gagné un tremplin pour accéder à la scène, Double T est un tout jeune rappeur français. Dans le style, il se rapproche de PNL, notamment via son flow. Et c’est peut-être ce manque d’originalité et cette trop grande assurance sur scène qu’on lui reprochera. Un certain manque de maturité chez lui l’empêche de réellement se démarquer. Toutefois, même si l’originalité n’est pas forcément là, les bonnes vibrations sont de la partie et les morceaux marchent très bien. En attendant que The Hunna joue devant une horde d’adolescentes remontées, on a un homme seul sur la mainstage. Youngr est seul derrière sa batterie, avec sa guitare, et son micro. Si le public ne réagit pas beaucoup en ce début d’après midi, on reconnait le talent de cette homme orchestre pour tenir sans l’aide de personne sa musique.

Loic Nottet

Loic Nottet sera surement le concert le plus atypique de ce festival. Ce gagnant de la version belge de The Voice a trouvé ses fans et ses concerts ramènent toujours du monde. Si musicalement l’homme et ses musiciens nous jouent quelque chose de pop assez classique, c’est la mise en scène qui fait tout. Car en plus d’assister à un concert c’est une performance de danse moderne à laquelle on a droit. Pendant que Loic Nottet danse et chante, il est rejoint par un danseur et une danseuse, et très vite on ne sait plus où donner de la tête. Entre les visuels constamment derrière les musiciens sur écran géant, Loic Nottet au chant et les danseurs qui l’accompagnent, tout est d’un dynamisme à toute épreuve avec les énergies positives de l’été. C’est un véritable opéra moderne qui a lieu sur cette mainstage du Mainsquare avec ces personnages, la musique et la chorégraphie.

Nothing But Thieves

Une fois que Tom Walker nous ait enchantés par sa voix d’ange, notre oreille nous attire forcément devant la mainstage. Ils ont ouvert plusieurs fois pour Muse et c’est une grande sensation en Angleterre : Nothing But Thieves, dans la conquête de l’Europe. Et avant de le retrouver dans la capitale en novembre au Bataclan, c’est sur la mainstage qu’on a rendez-vous, sous les cris des nombreux fans. Les raisons du succès ne sont pas difficiles à comprendre. Le son et les arrangements des refrains ont tout pour faire sauter et danser, avec une production très moderne. Et certains morceaux ont tout pour nous rappeler ceux des films romantiques bas de gamme américains, avec une voix mièvre. Mais de l’autre côté on a au chant un flegme à la Joy Division, une basse à la The Cure et des refrains plus proche de Muse. Pas de doute sur le groupe qui finira par nous sortir un album mêlant tout cela parfaitement et qui permettra de remplir des zéniths (voir plus…). En tout cas le public est déjà là !

Par la suite on se retrouve sur la Greenroom pour Girls In Hawaii, qui ne nous présente ni gent féminine ni plage d’Hawaii, mais au moins ils ont mis leurs plus belles chemises à fleurs. Le groupe sent l’été et les longues balades sur la route où la mélancolie finit par nous prendre à un moment donné.

IAM

Des légendes du rap français débarquent en armure de samourais. Si Paris avait NTM pour faire sauter les consciences, Marseille avait IAM avec le duo de choc Shurik’n et Akhenaton. Et impossible d’oublier pour une bonne partie de cette génération ce fameux opus : L’École Du Micro d’Argent. Titre éponyme avec lequel le groupe va d’ailleurs démarrer son set du Mainsquare, le tout habillé d’armure japonaise. Après une tournée complète des arènes (dont deux Accorhotels Arena sold-out) c’est un grand plaisir que de voir le groupe en festival. Et le public chante en choeur les paroles de la formation de rap. De « Nés Sous La Même Etoile » à « Monnaie De Singe » où le groupe fera s’envoler une pluie de billets à l’effigie de singe. Des structures de fer sont sur la scène et rappellent directement l’architecture japonaise médiévale. Rajoutez à cela les écrans pour animer les morceaux, quatres chanteurs et trois DJ et vous avez un set de rap XXL.

Le début de set de Portugal.The Man est assez surprenant et peu en adéquation avec ce que l’on connaît du groupe. D’habitude plus calme, dans un indie rock assez dansant et à la voix douce, le groupe démarre son set sur deux reprises. Tout d’abord « For Whom The Bell Tolls » de Metallica puis « Another Brick In The Wall » (seconde partie) avant d’enchaîner sur leur titre « Purple Yellow Red and Blue ». Après avoir chauffé le public avec ces reprises, le groupe part dans des titres bien à eux. On note tout de même une forte différence d’attitude entre les musiciens, et surtout les deux chanteurs. Si le bassiste est tout souriant et avenant envers le public, le guitariste est derrière ses lunettes noires sans le moindre sourire. Mais que l’on se rassure, on est certain d’avoir du funk avec l’artiste d’après.

Jamiroquai

Jamiroquai est cette icône d’une génération, ayant toujours proposé un univers visuel unique. Surtout connu pour ses nombreux chapeaux, on se rappelle aussi évidemment du fameux clip de « Virtual Insanity ». Ce qui n’aide pas la performance de Jamiroquai est le fait qu’il joue sous un grand soleil. Si Jason Kay avait surement prévu un grand jeu de lumière pour aller avec tous ces musiciens et chanteurs présents sur scène, c’est bien dommage. Malheureusement, malgré tant de monde sur la scène, le groupe seul ne semble pas suffisant pour la tenir entièrement. Des mouvements de scène assez limités et un jogging blanc qui, bien qu’iconique, fait très étrange. Même les écrans derrière les artistes ne sont pas très convaincants ni très vivants. Si évidemment on aimerait bien se déhancher sur ces rythmes et cette musique dansante, ce n’est malheureusement pas ce qui ressort en premier.

À travers le monde, Justice est reconnu comme la grande référence d’électro french touch. Enchainant les festivals, les arènes, les clubs, Justice est sur le toit du monde. Avec trois albums, ce duo françai a redéfini le genre et est sur le point de finir toute cette tournée dédiée à leur dernier album Woman. Leur venue est toujours un évènement que ce soit juste pour danser sur « D.A.N.C.E » où se mettre en transe sur « Stress », il y en aura pour tout le monde. Et si l’on connait Justice en studio, c’est un tout autre univers en live où le duo refait entièrement ses morceaux pour proposer quelque chose de totalement inédit. C’est une manière de complètement redécouvrir la discographie du groupe et de voir se mêler des titres étant totalement à l’opposé. « Genesis » avec « Phantom », « Civilization » avec « Heavy Metal » et « DVNO », puis enchainé avec « Stress ». Même après leur fameux live All Acess Arena à Nîmes, le groupe arrive encore à nous surprendre. Et nul besoin de préciser que visuellement Justice est un spectacle incroyable. Des dizaines d’amplis Marshall mis les uns sur les autres, des lumières frappant en contre-jour les éléments de la scène et des spots tournoyants, ainsi que d’immenses panneaux suspendus dans le ciel. À ne pas louper, et à vite voir à Rock En Seine.

Orelsan

« Aurélien une chanson ! » voilà ce que crie le public pendant dix minutes, avant la grande attente du concert. Pour clôturer ce festival c’est un rappeur français qu’on ne présente plus. C’est le rappeur de Caen qui remplit toutes les salles sur son passage, et qui aura bercé l’adolescence de beaucoup de personnes présentes. Orelsan aura la charge de conclure trois journées de festival sous le soleil. Seul déception, Orelsan ne se plie pas à la tradition du festival qui veut que le dernier artiste fasse un set de 2h30 pour marquer les esprits, tel Radiohead l’an dernier. Mais ne boudons pas notre plaisir car même sans ces 2h30, Orelsan nous propose une série de morceaux qui sauront plaire au public (même si on regrette l’absence de titres venant de son album Perdu d’Avance). Le grand talent du rappeur est surtout d’offrir une setlist allant des morceaux qui vont déchirer le cœur des mélancoliques et tirer facilement les larmes par ses textes, mais aussi des titres bien plus dansants qui feront sauter toute la foule. Évidemment le rappeur est aidé par une brochette de musiciens ainsi que son backeur et manager : Ablaye. Derrière la batterie Manu Dyens, à la guitare et basse Eddiepurple, au clavier Phazz et évidemment au second clavier son beatmaker de toujours : Skread. En pagaille on peut citer des titres doux comme « Dans Ma ville », « Tout Va bien », « San » ou encore « Paradis ». Dans les titres plus dynamiques on a « Bonne Meuf », « Basique » (qui sera joué deux fois, « parce que vous êtes trop cons ») et aussi « Zone ». On regrette d’ailleurs pour ce dernier titre que Nekfeu ne soit pas venu pour prêter main forte à Orelsan, car ils partagent ce titre sur l’album La fête Est Finie. Tout le public balance sa main sur « La Terre Est Ronde », et Orelsan finit son set en rejouant « Basique » pour finir sur une note positive, sous une ovation du public qui aura chanté tout le long.

Ce Mainsquare festival fut une bonne bouffée d’air frais, avec de la musique respirant la joie de vivre. C’est ce qu’il y a de parfait pour démarrer l’été. Beaucoup de diversité en termes de nourriture et de boissons et le cadre assez unique de la citadelle d’Arras. Les seuls défauts que l’on pourra noter est tout d’abord le manque de place le soir pour circuler entre les scènes (problème inhérent à tout festival) ainsi que le running order. Ce dernier fait malheureusement chevaucher tous les artistes de 15min. Alors s’il n’est pas impossible de voir tous les artistes de l’affiche (comme il n’y a que deux scènes), il est cependant impossible de voir tous les concerts dans leur intégralité. Mais encore une fois, l’affiche du festival est l’une des plus belles de l’été. Alors on peut déjà essayer de s’avancer sur la prochaine édition et dire : à l’année prochaine !

Setlist Orelsan :

San
Basique
La Pluie
Zone
Dans ma ville
Bonne Meuf
Christophe
Défaite De Famille
Tout Va Bien
Quand est-ce que ça s’arrête
Raelsan
Paradis
Le Chant Des Sirènes
Note Pour Trop Tard
La Terre Est Ronde
La Fête Est Finie
Basique

Report et photos : Matthis Van der meulen



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  • Heuuu, même un poil ouvert d’esprit, à part pour le set de Gojira, quel est l’interêt de chroniquer ce festival et de faire des comptes rendus d’I Am d’Orelsan ou de BB Brunes ? C’est Radio Metal ou les Inrocks cette page ? ^_^

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