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Live Report   

Mantar : un duo pour terrasser Paris


Imaginez-vous un groupe au son sludge alliant le punk, le doom et le black. Mantar est un jeune duo fêtant juste ses cinq ans et déjà fier détenteur de deux albums, dont Ode To The Flame qui a marqué les esprits l’an dernier. Ce projet d’une intensité inouïe et d’une passion folle, est la création de deux Hambourgeois, amis d’enfance, mettant toute leur énergie dans leur musique. Comme Inquisition, il est assez dingue à la première écoute de penser que le groupe est composé d’uniquement deux personnes. Et pourtant, faisant autant de bruit qu’un groupe entier, le duo arrive à Paris au Backstage, pour une soirée s’annonçant explosive.

Venant d’un univers plus sombre et crasseux encore que Mantar, Deathrite (également originaire d’Allemagne), ouvre violemment les hostilités. Pourtant le groupe pourrait avoir la stature d’une tête d’affiche, puisqu’il existe depuis plus longtemps et a plus d’albums à son actif que Mantar.

Artistes : MantarDeathrite
Date : 6 avril 2017
Salle : Backstage
Ville : Paris [75]

Deathrite

Mais la soirée ne démarre pas sous les meilleurs auspices. La salle est peu remplie et le guitariste oublie un branchement avec sa guitare, ce qui laisse en suspens le début du set. Malgré un démarrage assez bancal et peu encourageant, le groupe fini par trouver son public, avec un death puisant dans ses aspects les plus extrêmes et les plus sombres. Nombreuses seront les réactions dans la salle après le show, vantant l’énergie du groupe et sa puissance. Et ce malgré une forme somme toute classique du style qui ne révolutionne rien, mais demeurant plaisante à écouter et voir. Même si les lumières du groupe s’avèrent très classiques, la motivation des musiciens et l’énergie du chanteur rattrapent tout cela.

Setlist Deathrite :

Breathing Doom
The Golden Age
Predator
Circle of Destruction
Determinate to Rot
Revenge & Reperations
Toxic Hammer
Infernal Domination
Where Evil Arises
Into the Ever Black

Il est rare de pouvoir vivre un set de Mantar comme il se doit. Habitué des festivals en plein air ou en salle, c’est enfin l’occasion au duo d’avoir l’attention qu’il mérite. La batterie est placée de côté, tandis que les nombreuses pédales du guitariste sont installées en face. Lorsque le duo commence à jouer, la foule qui s’est agrandie prend de plus en plus son mal en patience, avant de se lâcher complètement durant une heure de concert. Il n’était pas bon d’être placé tout devant tellement le public offre à ses hôtes une participation légendaire. « C’est seulement la deuxième fois qu’on joue à Paris, mais la première fois nous a prouvé que vous étiez dingues, et pour le moment, c’est la meilleure date de la tournée, et de loin. » Sentiment évidemment partagé par la fosse en ébullition.

Mantar

Un set pourtant bien trop court, ou peut-être est-ce nous qui en demandons toujours trop. Mais la prestation aura tellement marquée qu’il est difficile de se contenter d’une maigre heure de musique en compagnie de Mantar. L’énergie déborde, notamment de la part d’Hanno qui ne cesse de s’agiter. Même lorsque son micro tombe à plusieurs reprises, il se contorsionne pour parvenir à chanter dedans. L’ambiguïté de la maîtrise est présente, tout comme l’expérimentation.

Cet aspect très bancal de la performance rajoute au côté rock ‘n roll, se conjuguant parfaitement au chaos de leur musique. Des pieds de micro qui tombent, une guitare qu’il faut rebrancher, un roadie un peu encombrant sur scène, des improvisations pour combler les vides… On sent vivre la prestation unique. Tel un one-man band avec ses nombreux effets présents à ses pieds, qu’il utilisera régulièrement, Hanno prouve qu’ils n’est pas nécessaire d’avoir une armada pour faire tant de bruit. Souvent, ce dernier vient appuyer son pied sur la grosse caisse d’Erinc, grattant les cordes avec ses doigts, pour carrément finir son set debout sur la batterie. Un batteur qui, lui, se donne tout autant, prêtant également sa voix au projet afin d’ajouter plus de profondeur.

Lorsque le set se termine, le duo quitte la scène très rapidement en laissant pendant un long moment tout leur matériel sur les planches, sans que personne ne s’en occupe. On attend un rappel mais tout ce que l’on a, ce sont les enceintes jouant « Fly Me To The Moon » de Sinatra. Alors on en redemande, on prie pour qu’un autre morceau soit joué, au moins un petit rappel, quelque chose pour que l’on se prépare à la séparation. Mais comme le début du concert, la fin violente nous frappe et choque. On se rend compte que l’on va devoir rentrer chez nous, mais avec la conviction d’avoir passé une grande soirée. Et c’est avec le sourire jusqu’aux oreilles qu’une partie du public ira directement converser avec le groupe disponible près de la sortie de la salle.

La musique de Mantar rentre en nous et ne nous lâche à aucun moment. Nous possédant comme un diable duquel nous sommes les marionnettes le temps d’un concert. Il ne fait aucun doute que l’on a assisté à l’un de nos meilleurs concerts de 2017.

Setlist Mantar :

Cult Witness
Spit
The Huntsmen
Cross the Cross
Schanenstein
Sundowning
Era Borealis
Astral Kannibal
White Nights

Texte et photos : Matthis Van Der Meulen



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