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Interview   

MARDUK : ENTRETIEN AVEC MORGAN


Radio Metal : Votre dernier album, ROM 512, est sans doute l’un des plus variés de votre discographie. Certains passages sont carrément rock’n’roll. Comment en es-tu arrivé là ?

Morgan :
Je n’en sais rien… Lorsqu’on prépare un album, on ne se dit jamais qu’on va avoir besoin de tant de chansons très rapides, ou tant de chansons heavy. On se concentre sur la musique et les paroles; pour nous, le plus important est d’obtenir une symbiose entre les deux. Quand on travaille pendant des années en tant que musicien, les choses viennent naturellement. Le résultat sera parfois plus heavy ou plus rapide. C’est une évolution naturelle.

Avez-vous reçu des retours du public ou des journalistes concernant la prestation live des nouveaux morceaux ?

Quelques-uns. Nous avons donné quelques concerts en Australie et en Russie. Et les retours ont été très positifs. En tant que musiciens, nous donnons toujours la priorité à ce qui nous plaît. Si le public et les journalistes aiment ce que nous faisons, c’est un plus. Mais ce qu’il y a de plus important pour nous est de faire ce qui nous plaît.

L’intégration et la personnalité de Mortuus peuvent-elles expliquer cette évolution, ou bien restes-tu le seul maître à bord ?

Je n’ai jamais été le seul maître à bord. D’accord, MARDUK est mon groupe…mais nous sommes une équipe. Chaque membre du groupe est libre d’apporter ses idées. Lorsque Mortuus nous a rejoints, il a bien sûr voulu prendre part à l’écriture des chansons. Nous avons travaillé en équipe. Comme d’habitude.

MARDUK a un nouveau batteur. Peux-tu nous le présenter ?

Il s’appelle Lars, et il nous a rejoints au mois de janvier, si je me souviens bien. Notre collaboration fonctionne très bien, il ne lui a fallu que quelques semaines pour s’habituer à travailler avec nous. Il est jeune, très motivé, et il se hisse facilement au niveau d’Emil. Nous nous entendons très bien. Nous avons des points de vue similaires sur la musique, nous n’avons donc aucun mal à travailler ensemble.

Est-il aujourd’hui un membre permanent du groupe ? Enregistra-t-il les prochains albums ?

Oui. Dès que nous en aurons fini avec cette tournée, nous rentrerons en Suède et commencerons à travailler sur le prochain album.

Concrètement, quelles sont les qualités techniques qu’un batteur doit posséder pour jouer dans MARDUK ?

Il ne doit pas seulement être bon batteur, il faut aussi que sa personnalité colle avec le groupe. Evidemment, savoir jouer de la batterie est primordial, mais nous étions également à la recherche de quelqu’un qui partage nos idées et avec qui on puisse travailler. Il nous fallait un batteur compétent, et Lars est le premier que nous ayons auditionné. A l’époque, personne ne savait que nous voulions changer de batteur. Lars l’a appris alors qu’il travaillait en tant que technicien dans nos studios, et il a voulu être le premier à auditionner. Ce qu’il a fait nous a beaucoup plu, et nous lui avons demandé de revenir quelques semaines plus tard pour jouer quelques chansons supplémentaires. Nous lui avons alors donné l’occasion de travailler avec nous, et après avoir donné les premiers concerts, nous avons décidé de faire de lui un membre permanent.

As-tu des habitudes lorsque tu composes ? Composes-tu tout le temps, ou te faut-il des conditions particulières, un certain état d’esprit ?

Non, je peux composer n’importe quand – sauf en tournée, parce qu’il est plus important de se concentrer sur ce qu’on va jouer. Mais en règle générale, je peux écrire à n’importe quel moment.

Quel est ton processus de création ?

Il change d’une chanson à l’autre. L’idée de base peut venir de quelques vers, d’un titre, d’un riff… C’est différent pour chaque chanson, il n’y a pas de règle générale. Je peux écrire une chanson en me basant sur un sentiment, sur un riff ou sur des paroles qui me sont venues à l’esprit. Après, le reste vient naturellement.

Le chant de Mortuus est malsain à la perfection, et sur scène, le personnage impressionne. Il correspond parfaitement à l’image de MARDUK. Y a-t-il encore des gens qui déplorent le départ de Legion et qui te « bassine » avec ça ?

Pas vraiment. Certaines personnes ont toujours du mal à supporter le départ d’un chanteur, mais c’est quelque chose qui nous est déjà arrivé il y a des années. Ça a été la même chose lorsqu’Iron Maiden s’est séparé de son premier chanteur pour engager Bruce Dickinson. Certaines personnes ont réussi à déplorer le changement. Il faut du temps pour s’adapter. De mon côté, je ne me suis jamais fait de souci : je savais que j’engageais un chanteur meilleur que le précédent, il n’y a donc eu aucun problème. Dans ce genre de cas, je fais toujours confiance à mes tripes.

Mortuus est réputé pour sa misanthropie. Son intégration dans un groupe comme MARDUK, qui donne énormément de concerts, avait suscité de la perplexité. Comment gère-t-il cela ?

Pour moi, être misanthrope et partir en tournée n’a rien de paradoxal. Nous le sommes tous – même le public l’est parfois. Mais la misanthropie s’exerce plutôt envers les gens qui n’appartiennent pas à notre univers.

Il y a deux ans, Mortuus ne s’adressait jamais à la foule, il donnait l’impression d’avoir peur. Aujourd’hui, il a l’air plus proche du public…

Mortuus n’a jamais eu de problème à monter sur scène, mais s’habituer à cette situation prend du temps, surtout lorsqu’on n’a pas fait beaucoup de scène auparavant.

Pourrait-il par exemple donner une interview, ou ce privilège t’est-il réservé ?

Il le fait parfois, mais ce n’est pas sa tasse de thé. Cela dit, ce n’est pas la mienne non plus !

Tu as quelques sujets de prédilection, comme l’Histoire, la guerre, la religion, le satanisme ou la mort. Peux-tu nous dire d’où te vient cet intérêt pour ces thèmes ? As-tu fait des études ?

Je n’ai pas fait de grande école, nous n’avons pas ce genre de chose en Suède. Mais je suis évidemment allé à l’école, et plus tard, j’ai étudié l’histoire à l’université. Malheureusement, je n’ai jamais fini mes études à cause de la musique. Je ne me pose pas de question, c’est juste un truc qui me botte. Vos centres d’intérêt reflètent souvent votre personnalité. Pour moi, l’Histoire est un hobby, rien d’autre.

Te considères-tu comme un sataniste ?

Je suis sataniste, oui.

Qu’est-ce que cela implique ?

Pour moi, c’est un vrai mode de vie. Je fais exactement ce que j’ai envie de faire, et je n’hésite pas à franchir les limites de ce que les gens normaux font.

Suis-tu la philosophie d’Anton LaVey ?

Je n’aime pas vraiment cette philosophie. Pour moi, ce n’est pas du satanisme, c’est simplement ce que tout le monde devrait penser. Ensuite, il est toujours possible d’aller plus loin et de se faire sa propre idée.

Parlons un peu de Jon Notveidt, le chanteur de DISSECTION. Que penses-tu de son suicide ?

Je n’en pense rien. Vouloir mourir est un droit.

Penses-tu que sa vision du satanisme ait été proche de la tienne ?

Pas sur tous les plans, mais en général, je dirais que oui. Il choisi sa voie et j’ai choisi la mienne. Manifestement, il a choisi de mourir.

Tu attaques sans ménagement la religion chrétienne, qui est une cible plutôt facile de nos jours. Pourquoi ne pas t’en prendre à d’autres religions comme l’islam par exemple ?

En Suède, nous n’avons aucun problème avec l’islam. Le christianisme nous a posé problème pendant des millénaires, mais pas l’islam. Je ne critique que ce je peux voir dans le pays où je vis. Je me tiens informé de ce qui se passe dans le monde, mais je ne connais pas la situation dans tous les pays. Chacun a ses propres problèmes, et l’Histoire ne cesse d’évoluer.

Depuis quelques albums, tu ne traites plus de sexe. Vieillirais-tu ?

Au contraire, j’ai l’impression d’être plus jeune, plus fort physiquement et psychologiquement que je ne l’ai jamais été. Pour l’instant, parler de sexe de m’intéresse pas. La philosophie de MARDUK a toujours été de parler de ce que nous ressentions au moment de composer.

Tant que nous en sommes à parler de sexe, peux-tu évoquer un peu la pochette de votre démo mythique, Fuck me Jesus ?

A l’époque, nous utilisions énormément de références religieuses, et la symbolique de cette pochette était très forte. Je trouvais simplement que cette image collait parfaitement à la démo et reflétait bien l’esprit du groupe.

Est-ce que tu ne te sens pas parfois enfermé dans l’image que doit donner MARDUK de par son statut sur la scène black metal ?

Pas du tout. Je sais exactement ce que je veux faire avec ce groupe, j’ai un plan bien défini pour les années à venir. Je travaille très dur, je suis totalement dévoué à ce que je fais. Si j’ai envie de changer radicalement de style, je vais m’investir dans un side-project, mais avec MARDUK, je sais précisément où je cherche à aller.

Peux-tu nous donner des nouvelles de ton side-project, DEVIL’S WOREHOUSE ?

J’ai l’intention d’enregistrer un deuxième album. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de répéter avant de partir en tournée, mais j’ai l’intention de me rattraper dès que j’aurai le temps. Pour l’instant, je suis très occupé avec MARDUK. Après cette partie de la tournée, nous allons rentrer en Suède pour le Nouvel An, puis nous nous lancerons dans une tournée en Europe de l’Est et dans les Balkans. Après quelques répétitions, nous partirons ensuite pour l’Amérique du Sud, puis nous donnerons peut-être quelques concerts aux Etats-Unis et lors de festivals. Quand tout ça sera fait, j’y penserai.

Arrives-tu à vivre de ta musique ?

Oui. Je n’ai pas d’emploi « normal » à côté.

Entretien réalisé le 4 décembre 2007 à Lyon

Traduction par Saff’

Site Internet MARDUK : www.marduk.nu



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