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Metalanalyse   

Marduk, la diversité au service de la noirceur


Il y a quelques jours, dans une interview qui sortira bientôt dans ces colonnes, Morgan évoquait le processus de composition de Marduk échappant à toute forme de réflexion préliminaire. A ce titre, l’évolution de Marduk a été très constante, sans rupture particulièrement polémique. « L’ère du blast ‘du début à la fin’ à la Panzer Division Marduk est belle et bien révolue depuis longtemps » écrivaient nos confrères de Nightfall In Metal Earth à propos de l’album Rom 5:12 de 2007 qui confirmait la démarche entamée par le groupe depuis quelques albums d’inclure de la diversité afin d’atteindre une forme d’équilibre. Ayant atteint des sommets de brutalité sur Panzer Division Marduk, le groupe a petit à petit intégré des parties mid-tempo et des atmosphères contrastant avec les rythmiques intenses et véloces habituelles, rendant ses albums plus digestes.

Ce nouvel album Serpent Sermon est plus que jamais l’incarnation de cette recherche d’équilibre.

Un équilibre tout d’abord au sein de l’album, organisé de manière à présenter des rebondissements et à lui donner une dimension épique dont « World Of Blades » serait l’épilogue. Placé en plein centre du disque, le très cérémonial et lent « Temple Of Decay » propose une pause marquante suite à quatre titres intenses. Ce titre propose une longue introduction où le riff principal est répété à l’envi, soutenu par un discret rythme de toms. Le final est volontairement répétitif, des chœurs masculins font leur apparition pour un résultat hypnotique. Toujours dans cette optique de rebondissement, le titre suivant, « Damnation’s Gold » représente le redémarrage en trombe de l’album. Dans une interview accordée à Music Legends, Morgan disait que ce disque avait tout ce que devrait avoir un album de Black. Tandis que la biographie promotionnelle fournie à la presse avec l’album nous décrit celui-ci comme revenant à « l’essence diabolique du black metal ». La diversité dans les styles que propose Serpent Sermon, proposant des titres intégralement rapides et intenses (« Messianic Pestilence », « M.A.M.M.O.N. », « Gospel Of The Worm »), des mid-tempos malsains ou encore des morceaux Black n’roll comme « Hail Mary (Piss Soaked Genuflexion) », lui donnerait presque une dimension d’hommage au Black Metal.

Un équilibre au sein de l’album donc, mais aussi au sein même des chansons. La grande majorité des titres présente une alternance entre rythmiques intenses à base de blasts et accalmies bien amenées. « Souls For Belial », qui a d’ailleurs fait l’objet d’un clip, est le plus représentatif de cet esprit de diversité avec ses différentes ruptures de débit. L’original « Into Second Death », à la rythmique de couplet presque punk, présente un refrain lent, lourd, soutenu par des toms martelés de manière martiale. Autant de subtilités de composition, mais aussi de jeu qui nécessite une écoute attentive d’un disque dont, par ailleurs, la production très brute à tendance à étouffer certaines de ces subtilités. Le jeu de ride sur « Into Second Death » est, à titre d’exemple, parfois masqué par des cymbales crash résonnant beaucoup.

Marduk a depuis toujours cherché à donner à son œuvre une dimension ultime, déclarant notamment avoir l’ambition d’être « le groupe le plus brutal et blasphématoire de tous les temps ». La biographie promotionnelle insiste sur le désir pour le groupe de devenir une référence en termes de noirceur et d’emmener l’auditeur « en enfer », dans l’univers le plus « violent, sanglant » possible. Le guitariste Morgan explique : « Quand le temps est venu, nous entrons [en studio] et essayons de dépeindre la fin de notre monde ». Serpent Sermon a par conséquent le même objectif : « Cet album annihile toute forme de beauté et ne laisse au monde que le tourment et l’obscurité ».

Cette diversité musicale évoquée plus haut est donc au service de la noirceur. Il faut la dépeindre sous toutes ses formes : la violence avec les titres les plus brutaux, la tristesse, le désespoir. Le désespoir étant la note finale de l’album, distillée par un « World Of Blades » introduit par une guitare clean puis présentant un riff répété à l’envi jusqu’à un fondu final, inspirant à l’auditeur une atmosphère post-apocalyptique où, après un intense déchaînement de violence, notre monde serait un paysage assombri, cabossé, et désertique et qui s’éteindrait à petit feu.

Serpent Sermon, sorti le 28 mai 2012 via Century Media Records.



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  • je ne comprends toujours pas pourquoi les « fans » réclament un nouveau Panzer, je trouve cet album tellement surévalué et tellement linaire…je préfère de loin les derniers opus.

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    King Asator

    c’est simple, bourrin, des paroles toujours sombre…voilà quoi

    micka

    lol…

  • King Asator dit :

    cet album est juste une tuerie, rien à jeter. par contre, je voudrais un nouvel album dans l’esprit d’un Opus Nocturne

    [Reply]

  • tout ça m’a bien donné envie d’y jeter une oreille!!

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  • Samlebassiste dit :

    Du Marduk à l’état pur .

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