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Live Report   

Marduk révise la notion de culte


Quand il a été annoncé que Marduk partirait sur les routes européennes armé de son Panzer Division, autant dire que plus d’un metalhead a dû se retrouver en émoi en apprenant cette nouvelle. Car quand en prime les Suédois décident de partir écumer les routes avec un Those Of The Unlight aussi accroché à la cartouchière, plus quelques-uns de leurs compatriotes, dont l’un des darons du death suédois qu’est Grave, cette soirée du 10 décembre, au CCO de Villeurbanne, devenait subitement un petit rêve : deux groupes majeurs de la scène extrême suédoise lors d’une soirée autant extrême qu’empreinte de nostalgie pour les plus anciens, bien présents ce soir là.

Mais avant d’ouvrir les hostilités à grands coups de classiques, le CCO se chauffera, à moitié, grâce à Valkyrja, dans un premier temps, puis avec Death Wolf, alors que tout le monde n’attend qu’une chose : Marduk ! Mais c’est la loi et les premières parties devront faire patienter une audience qui, à 18h30, avait déjà fait le déplacement pour ne rien louper (ou presque) de cette belle affiche.

Artistes : MardukGraveDeath WolfValkyrja.
Date : 10 décembre 2013
Salle : CCO
Ville : Villeurbanne

Valkyrja, première formation de ce soir, est sur scène. La soirée n’a pas pris une minute de retard. Quatre formations à placer durant celle-ci, autant dire qu’il ne fallait pas être à la bourre pour pouvoir profiter de cette belle affiche qui démarre tambours battant avec cette formation, elle aussi, suédoise. Si la foule n’est certes pas très conséquente pour l’instant, elle est déjà bien tassée devant la scène du CCO. Et pour cause : Valkyrja offre un apéritif des plus agréables avec son black metal fichtrement bien pensé, efficace et qui, pour ne rien gâcher, jouit d’un son plus que correct (constat tendant à se généraliser dans ce CCO). Tout est réuni pour satisfaire ce public qui rentre très rapidement dans le show. Martelé par une grosse caisse qui déboule sans concession, hypnotisé par A.L., ce frontman baignant dans un jeu de lumière captivant. Tant par sa présence scénique que par l’atmosphère qui se dégage de cette scène, Valkyrja démontre une réelle maîtrise. Et malgré une faible discographie de trois albums (le dernier en date, The Antagonist’s Fire, sorti en novembre), le combo a de quoi faire jubiler les oreilles de plus d’un black métalleux avec ces reprises frontales, ces plans atmosphériques et ces sombres mélodies typiques du style.

En soit, Valkyrja ne bouleverse pas l’ordre des choses. Et bien qu’irréprochable, la formation ne sera pas de celles qui voleront la vedette à la tête d’affiche du soir (en même temps, Marduk qui joue l’intégralité de Those Of The Unlight et de Panzer Division, il fallait se lever tôt pour oser espérer leur voler la vedette). Toutefois, l’implication et l’application font que Valkyrja marque des points. Si quelques fans de la formation étaient bien présents, l’ensemble de la salle ne connaissait guère le groupe, si ce n’est de nom. Et le travail abattu sur scène intrigue. Un black metal classique mais accessible, bien fait et qui parvient à dégager un petit quelque chose en plus sur scène et voilà comment se retrouver embarqué dans le show pour sortir la tête de la brume quelques minutes plus tard, particulièrement convaincu par l’ensemble.

Valkyrja cède la place à ses compatriotes de Death Wolf (enfin, ce soir, tous les groupes présents viennent de Suède, donc bon ; d’ailleurs on y retrouve Morgan de Marduk). Le groupe évolue, pour sa part, dans un registre plus death que black. Les relents succins de punk, voire de thrash de sa musique marquent ainsi une scission entre lui et son prédécesseur. De quoi malheureusement conduire plus d’un spectateur au bar. Toujours peu nombreuse, la foule montre véritablement que Death Wolf, elle n’en a pas grand chose à faire. Mellström, chanteur aux allures de viking, aura beau tenter d’invectiver son auditoire, rien n’y fait. Le public applaudit, pour la forme (et encore) et au final, le chanteur en fait de même dès lors qu’il doit s’adresser à celui-ci. Le groupe appréciera cependant les deux, trois crinières au devant de la scène, brassant au rythme d’une grosse caisse qui marque chaque temps.

Car là est peut-être la faiblesse du groupe : sa linéarité. Si le début de performance pousse malgré tout le pied à battre la mesure, au fil des minutes, le combo n’arrive pas à donner plus d’impulsion à son show qui, de facto, perd considérablement en intensité. Et avec cette foule peu convaincue, l’atmosphère de la salle perd de sa densité et conduit, inévitablement, à s’intéresser aux faits et gestes du public plus qu’à ceux du groupe. La musique englobe la salle villeurbannaise pour prendre des allures de musique de fond. Mais il demeure évident qu’un public qui ne joue pas le jeu (ne serait-ce qu’un minimum) influe sur la perception du concert dans son intégralité. Quoi qu’il en soit, la prestation reste bien pâlotte et ne parvient pas à égaler celle de Valkyrja juste avant. Dommage mais compréhensible.

Quand Grave arrive sur scène, la foule apparaît enfin prête à en découdre pour de bon. En la matière, Grave et son death metal brut de décoffrage reste une référence du genre. Du made in Sweden, à nouveau, avec toute la nostalgie de cette époque où le death metal scandinave accouchait, sans relâche, d’albums plus culte les uns que les autres. Le show s’ouvre par une avalanche de décibels qui accaparent les oreilles, poussent à convulser et propulsent le public dans un mouvement de foule encore timide mais voué à croître tout au long du concert. La formation, montée en 1988, transpire la maîtrise et n’est pas dépourvue d’une certaine classe. Le spectateur est littéralement captivé.

Vindicative, incisive, la musique du combo est rondouillette (oui, c’est un néologisme, à vous de le comprendre), chaude et massive. Si certains se plaindront de ne pas avoir eu plus de vieux titres, la setlsit reste efficace à souhait. Ronnie Bergerståhl derrière sa batterie blaste à tout-va alors qu’Ola Lindgren, guitariste et chanteur se démènera avec une guitare capricieuse, poussant l’un des roadies à lui apporter une seconde guitare où, là aussi, il aura fallu se battre pour régler comme il se doit le son. D’ailleurs, ce dernier est particulièrement compact. Véritablement une réussite ce soir-là (même si pour Grave il aura fallu un ou deux titres pour peaufiner le tout). Ainsi, « Christi(ns)anity », « Dismembered Mind », « Winds Of Chains » ou encore l’incontournable « Into The Grave » comblent le public.

Mais dans une soirée avec quatre groupes il est inévitable de succomber à une certaine lassitude. Qui plus est quand la musique participe à ce ressenti. Car si Grave déroule tout son death metal avec brio, n’en demeure pas moins que ce dernier reste « linéaire ». Et arrivé au-delà des deux-tiers du show, certains et certaines décrochent quelque peu. En effet, sur scène, une certaine routine est instaurée. Le combo distribue ses compos à tour de bras, sans réellement aéré son set par des prises de paroles. Brut d’un bout à l’autre, mais peut-être trop. Mais ce léger point noir est bien le seul. Car quand Grave quitte la scène, le public le remercie pour ce show intense et qui aura secoué les têtes. Au sens propre, comme au figuré.

Après la déferlante de death, le CCO sombre peu à peu dans une atmosphère glaciale, solennelle et hypnotique. Alors que Marduk n’est toujours pas sur scène, une épais brouillard se diffuse sur scène. Les lumières aux tons froids plongent complétement la salle dans un état de tension quasi palpable. En effet, Panzer Division joué dans son intégralité annonce trente minutes de furie certaine. Alors, être bercé par cette ambiance obscure, accentuée par une boucle musicale qui tournera en fond sonore, avant d’être secoué par Mortuus et sa bande surexcite les neurones. L’impatience se fait grandissante, d’autant plus que le groupe met un certain temps à venir. Puis enfin, les lumières de la salle s’abaissent. Devo, Morgan et Fredrik Widigs arrivent sur les planches. Suivis par Mortuus. Les « Feuer » retentissent subitement, Marduk vient de dégainer avec le culte « Panzer Division Marduk ». Le groupe a pris la foule à la gorge, et ne la lâchera plus !

Marduk martyrise les oreilles lyonnaises avec son Panzer Division, choisi pour ouvrir les hostilités de ce soir. Un album majeur de la scène black metal, évidemment connu quasi par cœur par l’ensemble de la salle qui énumère les titres joués, en chœur avec le frontman : « Christraping Black Metal », « Fistfucking God’s Planet ». La haine religieuse de Marduk coule tel un torrent déchaîné brisant digues et barrages et se déversant désormais sans retenues, sans entraves, sauvage et indomptable. Le groupe évolue dans un brouillard particulièrement épais, les lumières, principalement uniformes selon les titres, transforment la scène en une crypte accueillant les fidèles adorateurs du Malin. Indéniablement, ce show est culte. Le public, brassant diverses générations, répond en tous les cas présent. Sans pour autant être complet, le CCO reste joliment rempli. Marduk c’est un programme à lui tout seul. Mais quand ce dernier décide de jouer dans son intégralité l’un de ses albums majeurs, autant dire que le public sait où il met son argent. Qui plus est quand, lors de cette même soirée, les Suédois apportent avec eux leur autre excellent opus : Those Of The Unlight sorti en 1993. Car après les trente minutes toutes rondes d’un Panzer Division expédié sans concession, Marduk se retire de scène avant d’y revenir, ce coup-ci pour distribuer l’entièreté de son second album.

Plus calme est ce dernier. Changement de ton appréciable après la furie de Panzer Division. Et surtout, une belle redécouverte de cet opus, âgé de vingt ans et dont certains titres n’ont que rarement été joués sur scène ces dernières années. Un saut dans l’histoire, en quelque sorte. Moins percutant que l’album l’ayant précédé sur scène, Those Of The Unlight peine ainsi à combler tout le monde. Plus méconnu, certes, mais définitivement taillé pour la scène. « Burn My Coffin » ou encore ce break de basse sur « On Darkened Wings » sont particulièrement jouissifs pour les oreilles. Indéniablement, Those Of The Unlight se veut beaucoup plus mélodique, plus musical que Panzer Division. De quoi donner plus de relief au show, a contrario d’une première partie de set directe et sans détours. Un contraste qui permet d’en offrir un peu pour tout le monde.

Mais là encore, le combo enchaîne ses titres sans temps morts. Marduk récite littéralement ses albums, leur donnant sur scène le même sentiment d’empressement que sur disque. « Those Of The Unlight » ou encore « Wolves » donnent des spasmes au public. Même plus mélodique, Marduk reste un groupe foncièrement virulent. Tout tourne très vite. Et si cet opus reste légèrement plus long que Panzer Division, le show avance plus vite que le temps. Ainsi, le CCO se retrouve face au dernier titre de la soirée. Bien qu’avec un concert d’une heure il y avait de la place pour glisser peut-être deux, trois titres issus du reste de la discographie du groupe – et notamment du Serpent Sermon, son dernier en date – Marduk n’en fera rien. Après soixante-sept minutes, Marduk tire le rideau, remercie ses fans et s’en va. On ne les reverra plus. L’audience, circonspecte, reste ainsi quelques minutes de plus devant la scène, dans la doute. Mais non, la soirée est définitivement pliée. Les lumières se rallument et les esprits reviennent à la réalité. Le public sort et file se perdre dans la brume d’un soir lyonnais qui avait décidé de sortir son habit de circonstance.



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  • Dommage que le live report n’évoque pas le tout premier groupe Critical Solutions, ces norvégiens m’ont agréablement surpris avec leur thrash rappelant le bon Metallica de l’époque !
    Sinon concernant le reste, rien à redire, c’était excellent (sauf Death Wolf que j’ai trouvé chiant)

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  • juste pour exprimer mon désaccord avec le post de Nap , qui taille Mortuus, alors qu’il s’en sort très bien et est loin de pourrir l’album

    les gens d’à côté qui se demandent si c’est eux la tête d’affiche???? le concert a été une tuerie, j’ai pas vu le temps passer, le set de Marduk a été trop court et je fais partie de ceux qui attendaient un dernier rappel. Tant pis pour le rappel, cette soirée a été un vrai plaisir, Marduk passe souvent à Lyon et on ne va pas s’en plaindre :))

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  • j’y étais , j’aurais pensé que le cco serait archi bondé mais c’était loin d’etre le cas.ce fut quand meme une excellente soirée

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  • Panzer =Legion ,voila pourquoi l’album vieillit .Mortuus est juste capable de pourrir un chef d’oeuvre comme Panzer Division..

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  • j’étais à leur concert, un énorme fan de Marduk mais je n’aime pas Panzer que je trouve ultra linéaire, les derniers opus sont nettement meilleurs car plus variés. Cet album a mal vieilli, et ça c est ressenti dans le public, des personnnes autour de moi sont parties avant la fin ou ne bougeaientt presque plus (lassitude?, trop de groupes ce soir?), j’ai même entendu des gens à coté dire, c est eux la tête d’affiche???? Marduk, concert quelconque, Valkyrja a été ma claque, une tournée uniquement sur Panzer et sur leur 1er album fut une erreur, je reste fan de Marduk biensur, mais un concert sur les albums actuels m aurait beaucoup plus captivé.

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