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Interview   

Mark Jansen et son nouveau projet


Que représente Mayan pour Mark Jansen ? Un défi par rapport au succès médiatique d’Epica ? Un exutoire pour son background extrême ? L’opportunité de faire découvrir au public une intéressante civilisation ? Un simple side-project ou une ambition véritable ?

Toutes les réponses à ces questions sont dans la présente interview du sympathique leader Mark Jansen, qui ne se cache pas d’avoir utilisé le réseau d’Epica pour faire connaître son projet (et c’est son droit). Une honnêteté respectable. Mark nous parle aussi avec beaucoup de discernement de ses appréhensions : à propos du projet d’enchaîner des concerts de Mayan et d’Epica, à propos de la réaction des fans et à propos du succès potentiel de ce projet : « Je serais bien content qu’on arrive à ramener 100 ou 150 personnes par concert. […] Je pense que ça ne plaira pas à la moitié des fans d’Epica ».

« Je serais bien content qu’on arrive à ramener 100 ou 150 personnes par concerts »

Radio Metal : Quelle est ta relation avec la culture Maya qui donne son nom au groupe ?

Mark Jansen : La culture Maya m’intéresse vraiment car c’est une culture riche et pleine de savoir. Depuis que j’ai lu mon premier livre sur les Mayas je suis devenu passionné et j’ai ensuite lu beaucoup d’autres livres dessus. Je crois que les Mayas vivaient plus proches, en harmonie avec la nature et c’est quelque chose que nous avons tendance à oublier aujourd’hui. C’est pourquoi je pense que nous avons toujours beaucoup à apprendre des anciennes civilisations, comme les Mayas. Bien sûr, ils avaient aussi beaucoup d’autres connaissances, sur l’astrologie par exemple. On peut se demander comment ils pouvaient connaître des planètes qu’ils ne pouvaient même pas voir avec leurs instruments. Il est donc très intéressant de lire sur ce sujet.

Apparemment, Mayan n’était au début qu’un projet parallèle pour s’amuser, mais avec le temps, il est devenu de plus en plus important et est devenu très sérieux. Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis?

Oui, au début c’était juste pour s’amuser, de vieux potes qui faisaient de la musique ensemble. Au bout d’un moment, la musique a commencé à évoluer et nous avons envoyé des démos à Nuclear Blast et qu’ils ont vraiment apprécié. Nous avons alors pensé que nous tenions un projet sérieux. Dès que nous avons su qu’il y avait un vrai potentiel, nous nous sommes mis à travailler encore plus dur, nous voulions le meilleur résultat possible et partir en tournée. Tout est allé très vite. En – quoi ? – un an, nous avions écrit un album, signé un contrat avec Nuclear Blast et programmé une tournée. Tout a été extrêmement rapide.

Penses-tu que Mayan puisse devenir aussi gros qu’Epica ?

Je ne sais pas. Certaines personnes disent que c’est plus « extrême » et que ça peut en rebuter certains. D’autres disent que c’est quelque chose de complètement nouveau et espèrent que ça devienne plus gros qu’Epica. Je garde les pieds sur terre, je ne m’attends à rien de particulier et peu importe, c’est déjà génial ! Mais je serais bien content qu’on arrive à ramener 100 ou 150 personnes par concert, ma mission serait alors accomplie ! On verra bien. Si par exemple Mayan devient aussi important qu’Epica, nous allons devoir réfléchir à comment organiser des concerts avec les deux groupes. Mais tant que ce n’est pas le cas, il n’y a pas lieu d’y penser !

« L’expérience que j’ai acquise avec Mayan pourra être utilisée dans des chanson d’Epica. Il y aura peut-être même plus de parties extrêmes dans Epica. »

La plupart des gens qui ont des projets parallèles comme le tien essaient de changer d’environnement. Cependant il y a de nombreux membres d’Epica dans Mayan. Pourquoi ?

Oui, tu as raison, c’est bien de changer d’environnement, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait. J’ai composé avec Frank et Jack, et ce fut une approche totalement différente. Mais je connaissais aussi des types géniaux pour travailler avec eux, comme Arien et Isaac. J’ai donc pensé : « pourquoi chercher d’autres personnes alors que ces gars conviennent ? ». Le truc c’est que quand il y a beaucoup de gens issus de groupes différents dans un même groupe, il peut être difficile de tous les faire venir pour un concert. Mais là, comme beaucoup jouent aussi dans Epica, il n’est pas compliqué de programmer quelques concerts de plus. C’est un des avantages. Aussi, quand on a un batteur comme Arien… Dès que j’ai joué avec lui, j’ai su que jamais je ne voudrais jouer avec quelqu’un d’autre ! C’est un type génial, sympa et aussi un batteur ayant un très bon niveau. Il a donc tout ce que l’on peut chercher chez un batteur. Il faudrait beaucoup de temps pour trouver quelqu’un d’autre comme lui, capable de faire ce qu’il peut faire.

La liste de musiciens ayant contribué à cet album est très impressionnante mais d’un autre côté, elle déçoit un peu car il n’y a pas vraiment de surprise. Ce sont des invités familiers, qui sont connus des fans d’Epica. Pourquoi as-tu fais ce choix ? Pourquoi n’as-tu pas saisi l’opportunité d’essayer des collaborations complétement nouvelles ?

Moi, je trouve qu’il y a beaucoup de surprises au niveau des invités. Par exemple, Jack chante, pousse quelques cris, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant. Arien a fait beaucoup de grunts, il en avait déjà fait sur quelques enregistrements d’Epica, mais jamais autant. Henning Basse de Sons Of Seasons est présent sur six chansons. Je crois que toutes ces contributions sont plutôt inattendues ! Il y a aussi la contribution de Lova, une Italienne et jeune talent encore inconnue, je pense qu’il s’agît aussi de quelque chose de surprenant ! Je pense que la seule chose qui te fait penser cela est que j’ai demandé à Floor et Simone de collaborer. La raison est que beaucoup de fans attendaient cette collaboration et ce, depuis de nombreuses années, sur un album d’Epica ou d’After Forever. Pour diverses raisons, cela ne s’était jamais produit, et avec ce groupe je me suis dit que c’était l’occasion de les réunir et d’enfin exaucer le souhait de nombreux fans ! Ça a été la raison principale de ce choix ; et je suis aussi un grand fan de leurs deux voix. C’était donc 1+1=2 !

Epica aide à la promotion de Mayan : il y a des news sur le site d’Epica, à propos de concerts de Mayan par exemple, etc. Vous avez tourné ensemble et il y a beaucoup de membres d’Epica dans Mayan. Voudrais-tu que Mayan soit plus indépendant pour que les gens ne pensent pas : « C’est juste le projet parallèle de Mark » ?

Eh bien, peu importe ce que je fais, il y aura toujours des avantages et des inconvénients. Je pense qu’au début d’un groupe, il vaut mieux faire la meilleure promotion possible, car personne ne le connaît encore. Nous avons donc utilisé le site et la page Facebook d’Epica pour ça. On n’aurait probablement pas attiré autant d’attention sur nous si nous ne l’avions pas fait ; c’était donc un choix conscient. Mais je pense que ce sera à l’avenir deux groupes bien distincts, vu que j’entends de la part de beaucoup de fans qui apprécient le côté soft d’Epica : « Je n’aime pas trop Mayan ». Arien et Isaac aussi, qui viennent de groupes de death, apprécient à fond le coté death metal de Mayan. Et même pour moi, dans Mayan je ne fais pas de guitare alors que j’en joue dans Epica. C’est donc un défi complétement nouveau et je ne vois pas pourquoi il faudrait rendre ces deux groupes encore plus différents qu’ils ne le sont déjà. Je suis content de l’état des choses actuel. Plus tard, lorsque Mayan aura sa propre base de fans, nous n’aurons plus à utiliser le site web d’Epica pour parler de Mayan. Mais je suis satisfait de ce que nous avons fait.

Tu as mentionné Opeth et Symphony X comme ayant été tes influences pour cet album. A l’écoute de l’album, il y a aussi un feeling très Dimmu Borgir pour les aspects symphoniques et progressifs. Es-tu d’accord ?

Oui, j’aime aussi beaucoup Dimmu Borgir. Surtout pour leur atmosphère, je crois. Ils ont une atmosphère très sombre avec leurs claviers aussi. Je crois que nous avons aussi une atmosphère sombre dans Mayan ; je peux comprendre ce que tu ressens. Mais je crois qu’Opeth est une influence encore plus importante car j’en écoute beaucoup, je pense que c’est un groupe des plus intéressants. Il faut écouter leurs albums de nombreuses fois avant de pouvoir les apprécier pleinement et je crois que c’est aussi ce que nous avons créé. J’ai aussi lu ça dans des chroniques, que les gens commençaient à aimer la musique seulement après cinq écoutes. Cela me fait aussi un peu peur car si des chroniqueurs n’écoutent l’album qu’une seule fois, ils écriront une chronique totalement différente de celle de quelqu’un qui l’aurait écouté dix fois. On verra bien !

Pourrais-tu dire que tu as lancé ce projet car tu n’étais pas pleinement satisfait du côté « extrême » d’Epica ? Est-ce que Mayan te permet d’exprimer tes influences plus extrêmes, ce que tu ne peux pas faire dans Epica ?

Oui, tout à fait. Je crois qu’avec Epica nous avons un certain style déterminé, même nous sommes devenus plus extrêmes avec le temps, il y a une ligne que nous ne pouvons pas dépasser. Si nous avions sorti cet album sous le nom d’Epica, beaucoup de gens auraient été déçus. Même Simone n’aurait plus eu un rôle très important. Elle est la chanteuse principale d’Epica et cela doit rester ainsi. Si nous voulons donc faire quelque chose de bien plus lourd, ce doit être avec un autre nom. Mais oui, j’aime beaucoup la musique extrême. J’ai passé quinze ans à jouer dans des groupes orientés plutôt metal gothique et j’ai pensé qu’il était temps de créer quelque chose de plus extrême.

« Le concert au Paradiso sera un bon test car nous allons jouer deux sets complets. Nous verrons. Si Arien est capable [de jouer deux concerts de suite], c’est que c’est possible ! Arien est la clef !(rires) « 

Dans ce cas, est-ce que le côté extrême d’Epica sera moins important ?

Non, sûrement pas ! Il y aura toujours des parties extrêmes dans Epica. Nous avons écrit quatorze chansons pour le prochain album et il y a beaucoup de parties heavy. Je crois que la direction d’Epica ne sera pas affectée par Mayan. Et même au contraire, l’expérience que j’ai acquise avec Mayan pourra être utilisée dans des chanson d’Epica. Il y aura peut-être même plus de parties extrêmes dans Epica, enfin, pas trop non plus !

Comment penses-tu que les fans d’Epica vont réagir à cet album?

Comme je te l’ai dit, j’espère que 50% vont vraiment l’apprécier. Ceux qui aiment le côté le plus lourd d’Epica. C’est aussi ce que j’ai remarqué avec les gens qui ont écouté l’album. Je crois que ce ne sera pas la tasse de thé de l’autre moitié des fans d’Epica, ceux qui préfèrent les parties plus calmes. Nous allons peut-être toucher un nouveau public, les gens qui pensent qu’Epica est trop soft pour eux pourraient aimer Mayan.

Tu as dit que tu voulais que Mayan tourne avec Epica. Penses-tu qu’Arien, Isaac et toi soyez en mesure de jouer deux concerts de suite pendant une tournée complète ? Les deux groupes sont physiquement éprouvants, surtout pour le batteur. Crois-tu que ce soit vraiment possible?

Si Arien en est capable, nous en sommes tous capables ! (rires) Le concert au Paradiso sera un bon test car nous allons jouer deux sets complets. Nous verrons. Si Arien est capable de faire ça, c’est que c’est possible ! Si Arien n’arrive pas à jouer ce soir-là – ce que je n’espère pas – nous devrions alors éviter de faire de grosses tournés avec les deux groupes. On verra. Avec Mayan, lors de la dernière tournée, nous avons parfois dû jouer seulement quarante-cinq minutes, nous n’avons pas non plus besoin d’une heure et demie ! Je crois donc que c’est envisageable.

C’est donc Arien qui est la clef.

(rires) Arien est la clef, absolument !

Quelle serait la durée d’un concert Epica + Mayan ?

Au moins trois heures ! C’est pour ça que c’est un véritable test pour Arien. Mais seulement pour le Paradiso. Si nous faisons une tournée complète et que Mayan devait seulement jouer quarante-cinq minutes, ce serait plutôt deux heures et demie au maximum. Il pourrait se reposer une demi-heure de plus !

« Je crois que quand un chanteur ne chante pas pendant 4 minutes, il vaut mieux qu’il quitte la scène. Parfois je vois des groupes ou le chanteur reste planté et ne sait pas quoi faire et je trouve ça merdique. »

Peux-tu nous parler de l’actualité d’Epica et de son futur ?

Nous allons entrer en studio cet été pour enregistrer notre nouvel album qui sortira probablement en mars 2012. Ensuite nous avons prévu de grosses tournées : Europe, Amérique du Nord et Amérique du Sud. Et nous ferons aussi les festivals estivaux. 2012 sera donc un année bien chargée pour Epica.

Avez-vous déjà quelque chose de prêt pour cet album ?

Oui, 14 chansons.

Que peux-tu me dire à leur sujet?

Qu’elles déchirent ! (rires) Je dirais qu’elles sont dans la lignée de Design The Universe car nous étions très satisfaits de notre style sur cet album. Beaucoup de fans nous ont aussi demandé de continuer dans cette direction car ils l’apprécient vraiment. Cependant, nous faisons toujours ce que nous senton. Mais, oui, les chansons seront dans la même veine que Design The Universe. Je ne pense pas que ce sera un grand pas vers une autre direction, par contre nous essayons toujours d’ajouter des éléments nouveaux !

L’année prochaine, le groupe célébrera ses dix ans d’existence. Qu’avez-vous prévu pour cet événement ? Un album joué intégralement en live, des invités, un DVD peut-être ?

Oui, bien sûr ! Nous voulons enregistrer un DVD de cet événement et nous aimerions avoir la possibilité de jouer aux Pays-Bas avec l’orchestre hongrois avec lequel nous avons joué là-bas. Nous voudrions faire un gros concert avec cet orchestre et en faire un DVD, celui que beaucoup de fans attendaient pour « The Classical Conspiracy » mais qu’ils n’ont jamais eu. Nous ferons un nouveau concert avec quelques nouvelles chansons classiques. Cette fois, avec un peu de chance, nous pourrons faire un DVD. Ce ne sont que des idées, nous devons encore en discuter et y travailler, mais c’est l’idée brute.

Simone Simons a récemment été critiquée sur la Toile pour son attitude sur scène, notamment le fait qu’elle quitte la scène lorsqu’elle ne chante pas. As-tu déjà entendu parler de ces critiques et qu’en penses-tu ?

C’est la première fois que j’entends ça ! Je crois que quand un chanteur ne chante pas pendant quatre minutes, il vaut mieux qu’il quitte la scène. Mais c’est mon opinion personnelle. Parfois je vois des groupes ou le chanteur reste planté et ne sait pas quoi faire et je trouve ça merdique. Personnellement, je ne comprends pas trop ces critiques car elle quitte la scène uniquement lorsque qu’elle ne doit pas chanter pendant plusieurs minutes. Et elle reste sur scène pour les autres parties, quand elle doit moins attendre. Tout le monde a le droit d’avoir son point de vue, et bien sûr nous l’écoutons, mais là personnellement, je ne suis pas d’accord.

OK, dernière question : sur ta page Facebook, l’administrateur a déclaré récemment : « Pour être clair : je ne suis pas Mark ». Est-ce que c’est parce qu’il recevait des messages d’amour de la part de ton public féminin ?

(rires) Ouais, ce gars à crée une page Facebook car la mienne avait déjà 5000 amis et que je ne pouvais plus ajouter personne. Il a donc créé celle-ci pour moi et que je me mette ensuite administrateur, ce qui fut impossible pour je ne sais quelle raison ! Je ne peux donc plus « aimer » d’autres pages ! Je ne sais pas ce qui coince avec Facebook mais le type qui a créé cette page est donc resté administrateur. (rires) C’est une drôle de situation !

Interview réalisée en mai 2011 par phoner

Traduction : Lucas

Site Internet Mayan : www.myspace.com/mayanofficial



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