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Interview   

Martin « Youth » Glover (Killing Joke) : bassiste, producteur, druide et psychologue


Killing Joke fait partie de ces groupes, piliers, précurseurs, sur lesquels le temps qui passe n’a aucune prise. Presque quarante ans après leur premier album, les britanniques sont toujours aussi pertinents, tranchants même, et le public ne les boude nullement.

L’an dernier, leur passage à l’Elysée Montmartre fut donc l’occasion de rencontrer Martin Glover alias Youth, bassiste du groupe, producteur, et même druide ! L’homme ne manque pas de ressources, et nous avons donc pu aborder divers sujets au cours de l’entretien qui suit, notamment les relations particulières des membres de Killing Joke aux caractères bien trempés, mais aussi sa vision du métier de producteur, assez psychologique et analytique.

Et comme il fallait s’y attendre avec ce genre de personnage, exit la classique interview dans un fauteuil quelque part dans les loges de l’Elysée Montmartre. Non, nous irons discuter dans un restaurant non loin de la salle, autour d’une bière… et d’un steak-frites !

« L’alchimie entre les membres est toujours très explosive, incendiaire, mais à la fois, nous avons appris des compétences pour mieux s’entendre, et certainement dans mon cas, avec la psychologie de la production. »

Ça fait trente-sept ans que le premier album de Killing Joke est sorti, et ce qui est remarquable est que les albums que vous sortez maintenant sont toujours très pertinents et au goût du jour, et figurent parmi les meilleurs albums de Killing Joke. Comment maintenez-vous cette flamme créative lorsque le pic créatif d’autres groupes de votre âge est loin derrière eux ?

Martin « Youth » Glover (basse) : Je pense que c’est en partie parce que nous étions très individuels et unique avec Killing Joke, non seulement avec le line-up originel mais aussi nous avons tous sauté du coq à l’âne et fait d’autres aventures, Jaz avec son œuvre symphonique, Big Paul avec sa fonderie, il est orfèvre, et il restaure des œuvres d’art anciennes, moi-même avec la production, je travaille avec d’autres artistes et groupes. Geordie ne fait rien d’autre, il ne fait que Killing Joke, mais les autres, nous apportons tous quelque chose à la fête, et ce n’est jamais ce qu’on attend mais nous nous sommes tous beaucoup engagés dans l’art, en gros, que ce soit la musique ou autre, nous avons tous des compétences maintenant que nous n’avions pas lorsque nous avons commencé. Néanmoins, certains de nos premiers albums sont parmi nos meilleurs albums, et nous n’avions pas beaucoup de compétences à l’époque. Donc ça s’explique pour beaucoup, je pense, par l’alchimie. L’alchimie entre les membres est toujours très explosive, incendiaire, mais à la fois, nous avons appris des compétences pour mieux s’entendre, et certainement dans mon cas, avec la psychologie de la production. L’une des plus grandes récompenses dans le fait d’être revenu dans Killing Joke avec le line-up originel est que je peux aller à l’intérieur de la dynamique que nous avions lorsque nous avions dix-sept ans, car elle n’a pas changé, et la voir sous ma perspective d’aujourd’hui, en détricotant un peu les ficelles, la déballer et la regarder de façon objective, et réussir à résoudre certains des aspects les plus violents de notre relation, trouver des solutions que je n’aurais jamais pu trouver avant, car je ne faisais que réagir. Maintenant je peux voir entre les lignes. Et ceci, en gros, permet, au moins pour ma part, de trouver l’expérience bien plus gratifiante, et c’est l’une des raisons pour lesquelles c’est si enrichissant, car en faisant ça, je comprends vraiment un peu plus qui je suis, aussi. C’est un grand privilège, un honneur de pouvoir faire ça. Peu de gens ont l’occasion dans leur cinquantaine de revenir à lorsqu’ils avaient dix-sept ans, de travailler avec les mêmes gens et défaire ce qu’étaient ces problèmes difficiles, mais aussi en retenant ce qui était bon.

Vous êtes tous de fortes personnalités dans ce groupe. Comment parvenez-vous à vous supporter ?

Nous sommes très forts. Avant que je ne revienne dans le groupe vers 2008, je suis tombé sur [Paul] Raven dans un club à Londres, et à l’époque, Raven, Jaz et Geordie vivaient tous à Prague, et j’ai dit : « Comment c’est de vivre à Prague ensemble ? » Et il a dit : « Nous ne nous voyons jamais. J’ai mis des pièges à rat. Je suis de l’autre côté de la rivière et si Jaz passe la rivière, les pièges commencent à faire du bruit de ferraille, alors je sais qu’il arrive et je pars. » Encore aujourd’hui, Geordie et Jaz vivent dans la même rue à Prague et ils ne se voient jamais en dehors de lorsqu’ils travaillent avec Killing Joke. C’est un café trop fort pour en boire tous les jours, peut-être. Néanmoins, lorsque nous travaillons vraiment ensemble maintenant, il y a plein de moments où nous apprécions vraiment ça. Cependant, après autant de temps, presque quarante ans, il y a encore beaucoup de rancœur, de jalousie, de plaies toujours ouvertes, qui s’irritent et éclatent occasionnellement.

Jaz Coleman incarne ce personnage dingue sur scène. Mais je me souviens qu’en 2012, vous étiez inquiets parce qu’il avait disparu ; il se trouve qu’il était parti s’isoler dans le désert du Sahara. Est-il aussi fou et imprévisible qu’on pourrait le penser ?

J’adore Jaz, énormément, et c’est une personnalité fascinante et complexe. Je ne crois pas que Jaz soit fou, non, mais je pense que c’est l’un des cerveaux les plus intelligents et affûtés de notre génération, en fait. Mais sa personnalité et son comportement sont toujours très dynamiques et éprouvants, surtout pour ceux qui doivent compter sur lui [rires]. Mais encore une fois, je pense qu’avec le temps, il a réussi à en savoir un peu plus sur lui-même, à gérer ses problèmes, tout du moins à en diagnostiquer certains et trouver une sorte d’équilibre. L’un des grands malentendus par rapport à Jaz est qu’il serait tout le temps mécontent et grincheux, ce qui n’est pas vrai. Même s’il peut être grincheux, il pense que je suis plus grincheux que lui généralement [rires], ce qui pourrait bien être vrai car je deviens grognon parfois, mais il est perçu comme étant constamment grincheux, alors que certainement pas. J’apprécie toujours beaucoup notre amitié. Parmi tous les membres du groupe, moi et Jaz sommes souvent les plus diamétralement opposés, mais nous nous accordons et partageons quand même plein de choses, si bien que ça en fait une amitié très gratifiante, et c’est gratifiant de jouer avec un frontman aussi génial en tant que musicien et d’être derrière lui, d’avoir quelqu’un qui a un tel pouvoir dans ce qu’il dit, qui a un engagement complet et une conviction dans ses mots, des mots qui ont énormément de sens, au moins pour lui et de nombreuses autres personnes, et qui a une paternité et une authenticité totales dans ce qu’il sort, c’est tellement rare. Donc, pour moi, travailler avec un artiste comme lui régulièrement, au jour le jour, est une énorme joie, vraiment, et ça fait qu’il est bien plus facile d’être dans ce groupe, grâce à cet incroyable frontman… Non seulement ça, mais il y a aussi cet incroyable guitariste et cet incroyable batteur. Musicalement, je suis probablement, académiquement, le plus faible, mais j’apporte une esthétique différente, qui fait que ça empêche que ce soit trop académique, et ça maintient, j’espère, une sorte de fraicheur. Mais c’est un vrai défi pour moi parce qu’ils sont si talentueux et ils sont très académiques. En fait, c’est un chaudron d’horreurs et de joies diamétralement opposées dans Killing Joke, mais c’est la vie, je pense, pour tout le monde, vraiment. Ce qui est super avec Killing Joke et des gens comme Jaz est qu’il y a une transparence de l’émotion. Il ne fait pas semblant de t’apprécier s’il ne t’apprécie pas, il ne fait pas semblant avec ces sortes de subtilités élaborées et bourgeoises de la société, il est ce qu’il est [petits rires].

« Je ne crois pas que Jaz [Coleman] soit fou, non, mais je pense que c’est l’un des cerveaux les plus intelligents et affûtés de notre génération. Mais sa personnalité et son comportement sont toujours très dynamiques et éprouvants, surtout pour ceux qui doivent compter sur lui [rires]. »

Jaz nous a dit par le passé que les membres de Killing Joke étaient profondément spirituels. Peux-tu nous parler de ta propre spiritualité ?

Je pense que la spiritualité est probablement là où nous nous rejoignons le plus, même si nous pouvons avoir des idées très différentes sur la façon de l’exprimer. Mais personnellement, mon cœur n’est pas, encore une fois, aussi académique que Jaz ou Paul ou Geordie. Paul est très expérimenté dans divers arts de l’école de la tradition du mystère spirituel. Mon expérience a été davantage chamanique, je dirais, et provient bien plus d’une tradition de ressenti intuitif. Le fait d’avoir été en Inde en 89 m’a ouvert à la spiritualité, ce qui m’a finalement amené à rejoindre un ordre druidique à la même époque en Angleterre et à aller dans une très profonde école de mystère avec l’Ordre des Bardes, Vates et Druides, pour laquelle je suis maintenant récompensé avec une cérémonie aux alentours du solstice d’hiver à Glastonbury cette année par cet ordre, et le chef m’offre un prix de Barde à titre honorifique pour ma contribution [à la musique, l’art et la poésie] ou peu importe, ce qui est un grand honneur. Mais pour moi, ouais, la combinaison de tout ça, ce que j’ai appris en Inde via le yoga, la méditation tantrique, toutes ces choses combinées m’ont permis de trouver mon ancrage, mon but, ma signification, et ça m’a donné beaucoup de force, y compris politiquement et dans ma façon de me conduire, comment nous faisons de la musique, comment je fais de la musique, comment je forme mes ingénieurs, comment je produis d’autres artistes, tout ceci est éclairé par mon expression spirituelle.

Tu as dit dans une interview : « Je ne n’ai jamais eu l’impression d’être né musicien doué, comme tant d’artistes avec lesquels je travaille. J’ai dû travailler encore plus pour être bassiste. » Qu’est-ce qui t’as fait dire que tu n’étais pas doué au départ ? Et à quel point as-tu durement travaillé pour devenir l’excellent musicien que tu es maintenant ?

Eh bien, c’est très gentil de ta part, merci ! Encore une fois, ce que je fais est assez intuitif, donc j’ai toujours été inquiet de rendre ça trop académique. Donc je n’ai jamais appris une seule gamme ou quoi que ce soit de ce genre. Néanmoins, je viens de finir de composer ma première symphonie, et j’ai accompli plein de choses avec la musique. Et la plupart de la musique que j’ai faite, j’en suis très fier et elle a supporté l’épreuve du temps. Je pense que mon don dans la musique est probablement mon oreille. Néanmoins, tout ce que j’ai appris, et pour une bonne part ça vient de Killing Joke, ce que ce n’est pas tant tout ce que tu peux jouer ou à quelle vitesse tu peux jouer, mais plus ce que tu ne joues pas et les espaces entre ce que tu joues et qui font que ça fonctionne. Je pense que l’aspect technique dans la création musicale est assez basique. Tu peux faire de la virtuosité mais je ne suis pas sûr que la virtuosité fasse partie du vocabulaire dont on a besoin aujourd’hui. J’essaie de m’en servir pour traduire ce que je veux exprimer mais je ne laisse pas la virtuosité faire barrage au groove. Bon nombre de mes musiques préférées sont assez basiques, c’est même de la musique primitive, que ce soit le punk ou la dub, il y a une économie de notes, mais il y a de l’espace pour l’intention. Vraiment, ce que je considérais comme les critères musicaux. Le vocabulaire de la musique change constamment parce qu’il reflète notre société, il est facilité ; ces critères changent constamment. Lorsque nous avons démarré au début, ce que nous tentions de faire était un peu avant-gardiste et difficile, et nous mélangions différents styles, mais maintenant, c’est plus commun.

Mais vous étiez les premiers à le faire !

Enfin, parmi les premiers, ouais. Donc c’est super d’être premier !

Tu as dit qu’ « il faut s’abandonner pour le plus grand bien du groupe, et réussir à résoudre tous nos différends. » Quels genres de différends avez-vous dû résoudre avec Killing Joke ?

Il y en a tellement… Je veux dire, à un niveau personnel, émotionnel, physique, intellectuel, musical, tu vois, tous les niveaux entrent en jeu avec Killing Joke. Mais je pense que nous sommes bien meilleurs maintenant dans le fait d’accepter ça. Si tout ce que j’avais était Killing Joke, je péterais un plomb. Parce que nous faisons tant d’autres choses, tout du moins pour ma part, je peux apprécier Killing Joke pour ce qu’il est, avec ses divergences. Je ne suis pas là à essayer de rendre tout le monde… Parfois, lorsque tu es dans un groupe, et c’est ce que je fais, tu essaies de pousser tout le monde à être comme toi, alors que je pense qu’avec Killing Joke, j’ai beaucoup chance dans le sens où je ne fais jamais ça, je suis content de les avoir comme ils sont et rebondir sur… En fait, c’est parfois un peu de la thérapie via la musique avec Killing Joke mais il y a aussi beaucoup d’auto-sabotage dans ce groupe. Nous jetons nos meilleures chansons pour chaque album, ce ne n’est pas que Jaz, c’est aussi Geordie. [Réfléchit] Je ne remets plus tellement ça en cause maintenant. Avant j’étais « c’est tout ou rien » mais maintenant, je suis… Quelqu’un a une idée au début de l’album, alors nous allons tous la suivre, si la personne qui l’amène est vraiment passionnée par cette idée, nous dirons « ok, on lui laisse sa chance », donc il y a une ouverture d’esprit par rapport à ça. Mais c’est presque comme si, si ça ne marche pas, ce n’est pas une question d’un individu, c’est juste autre chose, je ne sais pas, c’est très mystérieux.

Penses-tu que ce soit le fait de s’abandonner pour le plus grand bien du groupe qui rend la musique plus intéressante ?

N’importe qui dans un groupe peut se reconnaître là-dedans. Ouais, parfois la musique est plus intéressante si tu insistes plus fort pour aller dans ton sens, et parfois pas. Parfois, c’est plus intéressant lorsque tu cèdes pour laisser place à l’idée collective et que tu permets que ça se développe. Je ne sais pas. C’est pour ça que nous avons cette philosophie où nous poussons, et nous poussons aussi fort et intensément que nous le pouvons, jusqu’à ce qu’il devienne vraiment évident que nous ne pouvons plus pousser, et alors il faut lâcher prise.

Tu as aussi formé un duo qui s’appelle The Fireman avec Paul McCartney et a participé à son album Liverpool Sound Collage. Comment cette relation avec Paul a-t-elle démarré ? Comment était ton expérience à travailler avec Paul ?

Ça a commencé lorsqu’il m’a demandé de faire un remix et je lui ai suggéré que je fasse quelque chose d’un peu différent plutôt que de simplement remixer un morceau. J’ai utilisé le multipiste de son album comme palette sonore et j’ai samplé différentes choses de différentes pistes et j’ai créé un nouveau morceau, et Paul a ensuite rajouté des enregistrements additionnels par-dessus. Et c’est devenu le premier album, donc c’était inhabituel. Et puis nous avons eu une bonne entente. J’espère vraiment que nous allons en faire plus. Il y a eu une offre récemment avec l’idée que nous fassions un concert, ce dont nous avons déjà parlé auparavant et ce qui est encore possible.

« Si tout ce que j’avais était Killing Joke, je péterais un plomb. »

Les gens ont différentes visions de ce qu’est le boulot de producteur. Certains disent que c’est plus une question de psychologie qu’autre chose. Quelle est ton approche en tant que producteur ?

Suivant l’artiste, je vais endosser divers rôles, ce qui inclut celui que tu viens de mentionner, psychologue, encourageur, organisateur, parfois je vais venir ponctuellement, parfois je serais là tout le temps, parfois je vais coécrire la musique, parfois pas. Donc toutes les situations et contextes déterminent quelle approche je vais prendre, et il y en a plein, il n’y a pas de règle. Les artistes sont uniques, et pourtant ils ont tous les mêmes peurs. Et encore une fois, il faut qu’il y ait une alchimie entre nous, ce dont tu peux uniquement te rendre compte si tu y vas et que tu fais une session avec eux. Et j’ai beaucoup de chance qu’on m’offre de travailler avec un large éventail d’artistes différents aujourd’hui, ça me permet de rester affuté, je pense, et j’apprécie ça !

Tu viens de dire : « Toutes les situations et contextes déterminent quelle approche je vais prendre. » Est-ce important en tant que musicien et surtout producteur de ne jamais tomber dans une routine ?

Non, je pense que tu as également besoin de routine, et ça devient évident lorsque tu te mets à faire un album, mais tu as aussi besoin de chambouler la routine. La routine est également importante parce que c’est un point d’ancrage. Autrement, tu peux n’être qu’un bateau qui part à la dérive sur une mer tempétueuse. Donc la routine t’offre un peu de discipline. La discipline va de paire avec la créativité, en fait, ça t’aide vraiment à la définir. Donc c’est un équilibre entre être strict et dur, et libre et ouvert.

Qu’apprécies-tu le plus en tant que producteur ?

Parfois j’orchestre en tant qu’ingénieur et ça impacte plus physiquement le son. Ce qui est super dans le fait de travailler avec des groupes est que tu travailles avec des gens dans la pièce, et l’intention là-dedans est de faire ressortir le meilleur d’eux et faire quelque chose de super, c’est toujours excitant. Néanmoins, c’est souvent, et même généralement, très difficile. Mais quoi que tu fasses ressortir d’eux, cela se refléchit, d’une certaine manière, et puis ça fait ressortir quelque chose de toi. Et donc c’est un peu une situation gagnant-gagnant, et c’est une façon de découvrir des choses sur moi-même autant que ça l’est pour eux, c’est incroyable !

Ton CV en tant que producteur est assez impressionnant et varié. Tu as récemment gagné le Music Producers Guild Award pour Contribution Exceptionnelle à la Musique Anglaise. Quelles sont tes contributions les plus importantes à la musique en tant que producteur ? Ou celles dont tu es le plus fier ?

Mes critères sont majoritairement artistiques, donc la plupart des suggestions que je fais en studio sont des suggestions basées sur des critères artistiques. Néanmoins, lorsque tu as un album numéro un dans les classements, c’est très gratifiant, et ça procure un super sentiment aussi. Et c’est une confirmation pour l’artiste, et son œuvre, et ses chansons. La plus grande récompense par rapport à ça est lorsque ça touche un artiste qui est inconnu, ou était inconnu, et qui ensuite récolte un énorme succès, et ceci est très satisfaisant, plus satisfaisant que de travailler avec des artistes bien établis, d’une certaine façon. Donc tu apprends tout le temps, peu importe ton niveau, tu vas toujours chercher à viser plus haut, et tu apprends et tu développes plus de choses. Pour moi, ça a été ça la grande récompense, c’est que ça n’a jamais arrêté de me nourrir et me récompenser en termes de technique et de connaissance de la psychologie de l’artiste et du processus. Mais c’est dur pour moi de dire que ce que je fais est super… D’autres gens me diront ce que j’apporte à la musique. Je ne sais pas ce que j’apporte ; je me contente d’arriver et faire de mon mieux, c’est mon truc principal. Si je fais ça, généralement de bonnes choses se produiront !

Pour finir, de façon générale, comment te sens-tu aujourd’hui en tant que bassiste et musicien ?

Je me sens bien. Je me sens comme un musicien plutôt bon désormais, et un super compositeur, et je sais ce qu’est un bon album. Mais je suppose que la plus grande récompense est que j’ai gagné mon courage, comme dans le Magicien d’Oz. Je peux être sans peur lorsque m’occupe de certains sujets qu’il y a des années je n’aurais pas osé mentionner, car ça aurait été trop difficile, ou j’aurais été trop comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je suis maintenant totalement transparent lorsqu’il s’agit de faire des commentaires et encourager et pousser des artistes hors de leur zone de confort, et les amener à… Même si c’est parfois difficile pour eux sous cette pression mais leur apporter des choses qu’ils n’auraient jamais découvertes autrement, et certaines de leurs meilleures œuvres. Tu sais, je suis très content de la façon dont je facilite les meilleures œuvres d’artistes significatifs. Je veux dire que je projet The Fireman avec Paul McCartney n’était pas le projet le plus commercial pour lui, mais Rolling Stones a dit que c’était le meilleur album qu’il avait fait au cours des dix dernières années, donc c’est très épanouissant de faciliter des artistes de ce calibre dans leurs meilleurs œuvres. Néanmoins, c’est également épanouissant de faire ça avec des artistes non signés qui viennent tout juste de commencer à composer, donc ça produit un plus grand buzz lorsqu’ils percent.

Interview réalisée en face à face le 9 novembre 2016 par Aline Meyer.
Fiche de questions : Nicolas Gricourt.
Retranscription : Matthis Van Der Meulen & Nicolas Gricourt
Traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Killing Joke : www.killingjoke.com



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