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Live Report   

Mass Hysteria a mis le feu à l’Olympia


Pour leurs vingt ans de carrière, Mass Hysteria frappe fort. L’Olympia ! Un bel endroit prestigieux pour fêter dignement son anniversaire. Et décalé car il n’est pas si fréquent que cette salle accueille du metal. L’événement ferait presque oublier que le groupe vient quand même avec un nouvel album, L’Armée Des Ombres, premier opus depuis le départ du bassiste Stephan. Pour que la fête soit totale et histoire de se compliquer la tâche, le combo a invité en première partie deux formations très solides en concert : The Arrs qui ouvrira le bal avec un nouvel album en poche à présenter au public, et Punish Yourself, combo industriel et hautement bariolé.

Mass Hysteria, Punish Yourself et The Arrs, l’affiche a de quoi réjouir les amateurs de sensations fortes qui ne se sont pas trompés en venant en nombre souffler les vingt bougies de ce si beau gâteau.

Artistes : Mass HysteriaPunish YourselfThe Arrs
Date : 5 avril 2013
Salle : L’Olympia
Ville : Paris

The Arrs en apéritif pour une soirée mouvementée.

Trois ans après Héros Assassin, The Arrs est de retour avec un nouvel album, Soleil Noir, une nouvelle identité visuelle et surtout deux nouveaux membres dans le groupe. Stefo remplace Paskual à la guitare et Phil remplace Jérôme à la basse. Force est de constater que ces changements de personnel, certainement pas neutres pour le groupe – Paskual était là depuis le début de l’aventure – n’entament en rien l’impact scénique du combo. The Arrs reste un groupe live, mené par un Niko toujours aussi animal et physiquement imposant, posté en figure de proue sur le devant de la scène. Le reste du groupe, nouveaux membres inclus, participe évidemment à la percussion d’ensemble, mais en toute logique, le gros du boulot est effectué par le chanteur, véritable meneur, qui harangue le public, obtient le premier circle pit et le premier braveheart de la soirée… et qui n’oublie pas les aspects marketing en buvant de manière ostensible cette liqueur allemande alcoolisée à la tête de cerf.

Le public réagit bien et après un set court, 30 minutes seulement, essentiellement basé sur le dernier album – un titre est issu de Trinité, un autre de Et La Douleur Est La Même alors que Héros Assassin est mis de côté – la soirée démarre par conséquent sur d’excellents rails.

Punish Yourself : un show profondément visuel.

Changement radical d’univers musical et visuel, nous sautons du metalcore à l’industriel ultravisuel. L’ordre de passage des groupes répond aux préférences du public, en effet les réactions à la prestation de Punish Yourself sont nettement plus marquées. Un concert de Punish Yourself est évidemment spectaculaire. Les peintures corporelles fluo sont du plus bel effet, éminemment percutantes. Plusieurs rayons laser verts horizontaux courent devant la scène, formant une barrière ténue au travers de laquelle les musiciens passeront. Ce soir par contre, point de pyrotechnie supplémentaire côté Klodia. Nous n’avons droit qu’à la version cheerleader de base qui n’hésite pas néanmoins, avec la bassiste, à nous montrer son séant. La scène est habillée avec un portail ornementé de fleurs, assez kitch, derrière lequel le chanteur se postera parfois. VX 69 étanchera lui aussi sa soif avec une bouteille d’alcool. De la vodka a priori. Mais là, point de placement de produit, seuls les premiers rangs peuvent deviner la marque du breuvage.

Punish Yourself : une touche d’indolence un rien provocatrice.

Musicalement, c’est très efficace, le son est bon et nos oreilles en prennent plein les mirettes. Sur scène, les musiciens sont là, présents, avec une touche d’indolence un rien provocatrice. Difficile de ne pas succomber à cet univers visuel et musical très percutant et de qualité. Le public apprécie et là aussi, nous avons droit à un set assez court. Les deux premières parties font donc dans le condensé. 30 minutes c’est peu pour un groupe comme Punish Yourself qui a débuté il y a une quinzaine d’années. Les spectateurs en auraient sûrement repris une petite dose !

En attendant la tête d’affiche, le public manifeste sa présence en scandant des « Mass Hysteria !» ou encore de spontanés « Joyeux anniversaire ! ». Le groupe est prévenu, les fans sont là. En qualité comme ils viennent de le prouver et en quantité aussi : l’Olympia est complet.

Mass Hysteria : Mouss (chant) au plus proche de son public.

Un rideau rouge a été tendu, masquant ainsi les préparatifs de la scène au public. Par ailleurs, une des consignes données aux photographes est de pas photographier sur le premier morceau. Assurément, quelque chose de spécial se prépare ! Vers 22h00, les réponses tombent, le rideau s’ouvre sur un tableau très visuel et inattendu. Point de guitares, ni de gros son. Au milieu de la scène deux personnes se tiennent debout, immobiles. Ce sont les personnages de la pochette du dernier album de Mass Hysteria. Autour d’eux, d’énormes tambours martelés par des musiciens cagoulés. Derrière, un homme tape sur un gong. Efficace et soignée introduction pour un « Positif À Bloc » qui donne le ton. Dans ta face, comme d’habitude avec Mass Hysteria. « Tout Doit Disparaître » continue l’exploration du dernier opus du groupe tandis que le public saute, applaudit, ovationne. Les musiciens sont à fond dès cette entrée en matière et les fans aussi qui reprennent en chœur les paroles de « World On Fire », « Ne laissez pas la haine s’installer ». Mouss ne cache pas son étonnement et son bonheur face à la ferveur du public. Normal, même les premiers rangs du balcon sont debout. Le chanteur est au contact du public, au plus près de la scène. Avant d’attaquer « Babylone », il dira le plaisir de faire un Olympia complet, rappelant que Mass a mis vingt ans à en arriver là. On peut comprendre aisément la fierté du groupe de se produire dans cette salle mythique. Mouss citera d’ailleurs un peu plus tard dans la soirée quelques grands noms qui ont joué ici: Les Beatles, Hendrix, Brel, Léo Ferré… Avec « Babylone » sur laquelle une tenture flanquée du logo du groupe vient habiller le fond de scène, « Une Somme De Détails » continue la remontée chronologique des albums de Mass Hysteria.

Le combo a un impact indéniable. L’attitude des musiciens qui montent sur les retours, headbanguent, transpirent – Vincent Mercier le nouveau bassiste est clairement intégré -, les lumières élaborées dans une sobriété soignée, les stroboscopes, tout concourt à la force de cette formation. Sans oublier la musique évidemment. Engagée, efficace et qui prend toute sa dimension en concert « Les furieux et les furieuses, est-ce que vous êtes là ? » harangue Mouss, leader charismatique qui prend son premier bain de foule. Très heureux, très bavard, il rappelle que ce public les suit depuis vingt ans, que leur mouvement est positif, que les fans sont la poudre, la dynamite qui font tout. « J’avais préparé un discours », dit-il, « mais j’ai oublié et je m’en fous ! » L’excitation du moment et la spontanéité prennent naturellement le pas sur les éléments planifiés. Les titres continuent comme les discours et divers messages. « Quel putain de beau pays la France ! ». « Furieux de toute l’Europe, unissez-vous pour le metal ! » Nous ne sommes pas loin de la réunion politique ! D’ailleurs, Mouss invectivera « tous les politiciens pourris ».

« P4 » est l’occasion d’un énorme braveheart. Les fantômes des illustres artistes qui sont passés dans cette salle doivent se demander quel drôle de comportement a cette foule de…furieux. En introduction à « Donnez-Vous La Peine », Mouss citera une palanquée de groupe de metal français. The Arrs, Punish Yourself, Black Bomb A, Loudblast. A la fin du morceau, le public entonnera comme un seul homme de bien sympathiques et spontanés « Joyeux anniversaire ». Ce soir, sur scène comme dans le public, tout le monde est prêt à se faire entendre ! Côté scène justement, les musiciens headbanguent, tournoient, se donnent à fond, généreux jusqu’au bout des riffs. Mouss, le plus en vue naturellement par son statut de leader, assume pleinement son rôle, donnant l’impression de mettre ses tripes dans la bataille. L’habillage de la scène gardera tout au long du concert cette sobriété soignée et efficace avec ce grand aplat blanc qui habille parfois le fond de scène ou encore ces rectangles sur les côtés avec leurs visages bandés. C’est dépouillé et visuel. Efficace, comme la prestation.

Une prestation des plus efficaces.

La fête se poursuit, le public s’en donne à cœur joie lorsqu’il est invité au circle pit. Mouss est toujours aussi bavard. « Ici, c’est Paris ! Ici c’est la France ! Putain, ça fait plaisir. C’est votre concert ce soir » annonce t-il pêle-mêle avant d’aller slammer sur ce public aux anges. « L’Archipel Des Pensées » que Mouss dédiera à l’amitié, lui donnera aussi l’occasion de saluer ses proches. Au retour de son bain de foule, le chanteur invitera le public à faire du bruit pour la sécurité, initiative originale et bienvenue. Il est vrai qu’avec Mass, les gars de la sécurité ont du avoir du taf. Il enchaînera en remerciant Veryshow (le producteur du spectacle) et Verycords (le label du groupe) tandis que le public entonnera à nouveau de spontanés « Joyeux anniversaire ». Après le titre inédit en live « L’Esprit Du Temps » que le groupe a bossé seulement deux jours auparavant, dixit le chanteur lui-même, les figures de la pochette de l’album reviennent sur scène et l’introduction calme de « Même Si J’explose » offre un court moment de répit.

Il est 23h10 et la pause rappel intervient déjà, pause durant laquelle le public, toujours présent, manifeste, chante des « Mass Hysteria !» qui doivent faire du bien au groupe qui revient évidemment sur scène. Mouss tient un papier à la main, a priori une anti-sèche pour les remerciements. Il commence par la régie, Pascal Lardon auquel il rend un vibrant hommage, rappelant que l’homme s’occupe de Sting, AC/DC, Metallica et Mass Hysteria, qu’au début de leur carrière, il leur payait l’essence et les sandwichs et qu’ils sont heureux maintenant de lui rendre l’ascenseur en le payant pour ses services. Cet homme de l’ombre restera dans l’ombre malgré l’invitation de Mouss à le rejoindre sur scène, invitation appuyée par le public. La musique continue avec « Knowledge Is Power » sur laquelle Rapha loupe le début, aléa du direct qui n’entame en rien la fête. A propos de fête d’ailleurs, Mouss annoncera l’aftershow du groupe au Black Dog, annonce qui n’était pas forcément prévue, Mouss précisant qu’il n’était pas censé le dire. The Arrs avait quant à lui invité ses fans à le rejoindre après le concert au Dr FeelGood, autre bar metal de la capitale. Alors, les gars, on se tire la bourre ?

L’impressionnante force de frappe de Mass Hysteria, à l’image de son batteur.

Mais le concert n’est pas terminé et l’aftershow n’est pas pour tout de suite. Dans l’immédiat, le groupe lance le classique « Respect To The Dancefloor ». Ce qui est moins classique est que Mouss demande à Nicolas et Vincent de sortir de la scène. Étrange comportement dont on comprend mieux les raisons quand Stephan, le bassiste originel arrive sur scène, ovationné par la foule. Erwan Disez, le premier guitariste du groupe le rejoint ensuite. Le groupe originel de 1995 est reformé ! Pascal, le sampleur, arrive lui aussi, micro en main. Mais l’assemblée n’est pas tout à fait au complet. En effet, Mouss appelle tous les enfants de la bande Mass Hysteria. Une petite dizaine de garçons et de filles qui remplit bien la scène. « Est-ce que vous voulez danser ? » demande le chanteur au public. Évidemment ! Nicolas et Vincent reviennent et c’est un très festif morceau auquel l’Olympia assiste. Mouss toujours aussi disert et la langue bien pendue, un brin provocateur, rappelle en début du très percutant « Contraddiction » qu’il y a 2 500 personnes ce soir – qu’ils remercie d’ailleurs -, que pour le style de musique et dans le contexte actuel de crise du disque, la performance est excellente. D’autant, fera-t-il remarquer, que les gros médias ne se déplacent pas pour eux et qu’ils préfèrent les Victoires de la Musique. On sent le chanteur prêt à en balancer plus mais il semble s’astreindre à une certaine retenue. Il lancera quand même une pique, moins risquée manifestement, aux BB Brunes et à leur « rock à papa », selon les propres dires de Mouss. (Pour rappel des épisodes précédents, les BB Brunes étaient cités dans la catégorie Rock lors des dernières Victoires de la Musique et Skip The Use a raflé la mise).

En conclusion de cet anniversaire, débauche de son et d’énergie, évidemment il y a « Furia ». Cerise sur le gâteau, quatre danseuses brésiliennes avec parure à plumes viennent sur scène compléter le tableau. Les Mass Hysteria ont vraiment mis les petits plats dans les grands ce soir pour que la fête soit complète. Mission totalement accomplie, positive à bloc qui se termine vers 23h45 par une dernière photo pour la pochette du DVD. En effet, la prestation de ce soir était captée et quelle soirée, les amis ! Mass Hysteria est définitivement un groupe de scène, puissant, efficace, enthousiasmant, alors s’ils passent près de chez vous pendant les vingt prochaines années, ne les loupez pas et ruez-vous pour prendre une haute dose d’énergie positive.

Set List Mass Hysteria :

Introduction
Positif A Bloc
Tout Doit Disparaitre
World On Fire
Babylone
Une Somme De Détails
L’Homme S’Entête
P4
Sur La Brèche
Donnez-vous La Peine
Remède
Pulsion
Serum Barbare
Vertige Des Mondes
L’Archipel Des Pensées
L’Esprit Du Temps
Même Si J’Explose

Rappels :

Knowledge Is Power
Respect To The Dancefloor
Des Nouvelles Du Ciel
Contraddiction
Furia

Photos : Lost



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