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Chronique   

Mass Hysteria – Matière Noire


Mass Hysteria - Matière NoireMass Hysteria est lancé, plus aucun doute là-dessus, et rien ne pourra arrêter la locomotive qui, surtout depuis Failles en 2009 – d’aucuns marqueront cette année comme celle de sa renaissance -, sans faiblir, défonce autant nos platines ou baladeurs mp3 que les planches. L’énergie déployée par le groupe, devenu un vrai phénomène de scène, après vingt ans de carrière force le respect. Et si L’L’Armée Des Ombres a été une belle confirmation, peut-être le moment est-il aujourd’hui venu de pousser le bouchon un peu plus loin, faire montrer la pression d’un cran. On sort de l’ombre pour carrément plonger dans la Matière Noire.

Visqueuse, collante, comme les masses qui s’amassent contre les barrières pour prendre part au spectacle ; une fois qu’on y est, on n’en sort plus. Mass Hysteria a le chic pour galvaniser à coups de riffs massifs, mordants voire acides, et Mouss, acharné sur ses mots, qui à coups de « je » éveille l’individu qui s’identifie et de « on » rassemble pour grossir les rangs de son armée. « Soyons tous ensemble, marchons tous ensemble, » assène-t-il dans la chanson éponyme. Mass Hysteria est remonté comme une pendule, imposant son urgence. Les « Chiens De La Casse » ouvrent la danse et déboulent telle une meute enragée, l’air de dire « faites place », et fonce dans le tas sans plus attendre, les guitares qui gonflent les muscles, la batterie qui mouline, tel un mur de son, consolidé une fois de plus par Fred Duquesne et Ted Jensen (au mastering). « Ré-vol-té », scande Mouss à la fin du titre sous des violons dramatiques, voilà l’esprit. Même lorsqu’ils ralentissent et alourdissent le pas (« Notre Complot », structuré de façon originale en « sandwich », l’intro coup de poing revenant en conclusion, ou les couplets de « L’Enfer Des Dieux », rythmés comme une marche militaire), ils maintiennent la tension omniprésente. Pendant cinquante minutes on retient son souffle. Et puis un brin d’émotion s’en mêle dans le refrain mélodique de « L’Enfer Des Dieux », une « Mère D’Iroise » qui rend groggy sous sa houle ou ce long passage envoûtant, joliment nappé de synthé, dans « Tout Est Poison ».

Mass Hysteria enclenche la vitesse supérieure, après avoir donné un coup de peinture fraîche à sa carrosserie : palette industrielle enrichie, son d’harmonica (« Vae Soli »), chœurs lyriques (« Vector Equilibrium »), sons de cordes (comme celles qui maintiennent un suspense dans « A Bout De Souffle »), etc. Tout participe à décupler l’emphase de la musique de Mass Hysteria. Et ces percussions qui viennent engraisser les rythmes (« Vae Soli », « Notre Complot », « L’Enfer Des Dieux », « A Bout De Souffle ») et donner une ampleur tribale à l’œuvre, appelant à la transe des instincts humains. Autrement, c’est le style épuré mais non moins solide et puissant de Raphael Mercier qui marque le temps comme une pulsation (« L’Espérance Et Le Refus »), un cœur qui bat et nous rappelle comme on est bien vivant.

« Plus Que Du Metal », Mass Hysteria l’est certainement. Il a cette volonté de fédérer et soulever les foules. Sûrement que cet hymne à la communauté des musiques extrêmes fera grincer quelques dents en raison de paroles qui n’usent pas beaucoup de subtilité – à contrario des autres chansons, dont de certaines répliques marquent immédiatement l’esprit. Il n’empêche qu’avec ce titre, où l’on retrouve des punchlines directement taillées pour le live (« Est-ce que vous êtes prêts pour un wall of death ? »), on voit déjà le groupe mettre à sac les salles de concerts et autres scènes de festival. Avec Matière Noire, Mass Hysteria frappe bien et frappe fort. Impact immédiat et ravageur.

Ecouter « Chiens De La Casse » :

Album Matière Noire, sorti le 23 octobre 2015 via Verycords.



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