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Live Report   

Mass mène la charge


Artistes : Mass HysteriaHeadcharger
Salle : Théâtre Montansier
Ville : Versailles
Date : 22/05/2010
Public : 200 personnes environs

Photos : Lost


Headcharger avant la furia
Versailles, vous connaissez ? Bien sûr. Le château, le Roi, son potager, le lycée Hoche peut-être, et – à n’en pas douter – la réputation d’une ville de bourges un peu réactionnaire sur les bords. L’image standard en somme. Par forcément éloignée de la réalité, il faut bien le reconnaitre. Mais certains secouent cette image pleine de poussière et il faut les saluer bien bas. Le théâtre Montansier ? Le Potager du rock ? Cela vous cause ? Moins déjà…c’est normal à moins que vous n’habitiez dans le coin. Donc, le premier est un théâtre qui a été inauguré par Louis XVI en 1777 et qui accueille l’autre, un festival qui existe depuis quatre ans, pour la soirée finale d’une semaine de rock à tous les étages dans Versailles. Et cette année l’affiche de ce final fait plaisir à voir et à entendre : Mass Hysteria accompagné de Headcharger, rien que ça ! Merci donc à ceux qui ouvrent leurs portes à d’autres cultures. Assurément après cette déferlante, il n’y aura plus beaucoup de légumes pour ressortir de terre. Mais n’est-ce pas aussi une technique de tout brûler pour régénérer les sols ? Si tel est le cas, les Mass Hysteria sont des champions de l’agriculture !

Première impression, le lieu déconcerte. La salle est vraiment très belle et les fauteuils de théâtre ont été laissés. Des confortables, pas de ceux qui au bout de dix minutes vous donnent mal aux fesses. Les fans qui entrent ont d’ailleurs un moment d’arrêt face à cet endroit inhabituel. Il n’y a pas de fosse, pas de barrière photographes. Un espace de trois rangées de fauteuils forme l’orchestre, séparé du reste du parterre par une rambarde fixe. La sécurité veillera à ce qu’autant de personnes que de fauteuils occupent cet espace et les groupes rappelleront de respecter ces consignes. En fait, le plancher n’est pas franchement conçu pour contenir plus de monde que prévu et il y aurait dix mètres de vide en-dessous ! Adieu circle pit et autre braveheart mais heureusement un concert ne se résume pas uniquement à ces mouvements de foule.

Un mot côté sécu : tout se sera bien passé avec uniquement deux vigiles pour surveiller tout ce petit monde qui est venu pour profiter des artistes et de leur folie dans un très bon esprit. Peut-être n’en est-il pas de même côté financier car c’est devant une salle bien peu remplie que les Headcharger démarrent leur set peu aprés 20h. L’organisation indique 170 préventes pour une salle qui peut contenir 500 personnes.

Côté scène, ça bouge et les Caennais attaquent leur set avec quatre titres du dernier opus, The end starts here, sorti en janvier dernier, et enchaînent sans temps morts. Leur look colle à leur musique, au confluent de pas mal de trucs, mais dans un esprit rock n’roll assuré. Chacun des musiciens mouille sa chemise et les fans présents ne restent pas non plus les bras croisés. Seb, le chanteur, demandera au public de se lever dès le deuxième titre. En gros, cela le fait carrément chier de jouer devant des gens assis selon, à peu près, ses propres mots. Le leader bouge dans tous les sens, frénétiquement, pile électrique sous haute tension. Un vrai diablotin.

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La setlist fait effectivement la part belle à leur dernier album. Trois titres de Watch the Sun leur deuxième opus sorti en 2007 complète l’ensemble avec une reprise de « Communication Breakdown » de Led Zep un peu fouillis, il faut bien l’avouer. Le tout se termine vers 21h00 après un set énergique et une très belle entrée en matière pour ce samedi soir. Il faisait déjà chaud dehors. Il fait désormais chaud dedans et la soirée n’est pas terminée. Ce soir, Headcharger a assuré un bon concert avec une excellente attitude scénique et une musique grasse qui râpe, bastonne sans oublier les mélodies.


Un show énergique

Pendant le changement de combos, les quelques derniers réglages du son sont effectués. Le volume est clairement trop fort. A noter que l’histoire ne dit pas si la Montansier, people de l’époque pour la faire courte et qui est à l’origine de ce théâtre, pensait grosses guitares et gros son mais il faut reconnaître que côté puissance, cela le fait carrément. Vers 21h35, les Mass Hysteria débarquent… euh… prennent la scène d’assaut et le public à la gorge sans jamais rien lâcher. C’est enragé et engagé, jouissif et puissant. Et même avec son tout nouveau look beau gosse, cheveux courts et barbe rasée, Mouss reste un frontman d’enfer plein d’humour, d’ironie et de provocation. Et s’il n’y avait que lui ! Tous les musiciens vivent leur truc, sont au taquet et c’est peu de le dire. Ils envahissent la scène, virevoltent, montrent un bonheur évident d’être là. L’écrin dans lequel ils jouent ajoute un cachet supplémentaire à la soirée et l’absence de barrière assure une proximité avec le public qui donne presque l’impression que groupe et public ne font qu’un.

Mouss passera le message concernant la fosse et demandera au public de laisser l’endroit aussi propre qu’au début de la soirée pour que d’autres initiatives de ce genre puissent se reproduire. C’est vrai dit-il, on ne va pas laisser la salle au théâtre et à la musique de merde ! Musique de merde, musique de merde, il y va fort le Mouss ! Bon, c’est dans l’ambiance, alors on pardonne. Côté setlist, évidemment le groupe joue des titres de son dernier opus Failles sorti en septembre 2009, dont « Failles » justement, « l’Archipel des Pensées » que Nico aurait composé bourré dixit Mouss ou « Get High », mais les Français n’oublient pas le passé avec « Donnez-vous la Peine » issu de leur premier album, Le Bien-être et la Paix sorti en 1997 (et oui, déjà) ou avec pas mal de titres de Contraddiction.

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Mass au théâtre

A propos de Contraddiction, le morceau « P4 » sera dédié à tous ceux qui en chient tous les jours pour y arriver. Et l’on en vient au discours engagé, peut-être un brin démago quand il fustige les politicards véreux, carrément intéressant quand Mouss ne cesse de répéter que leur message est positif, plutôt bienvenu quand le chanteur dit au public qu’il représente l’espoir car en ce samedi soir, il n’est pas devant sa télé. Mouss sait aussi se faire chambreur quand il dit que la banlieue, c’est pas mal finalement. Il faut dire qu’avec Versailles, il n’est pas dans la pire des zones. Ou encore quand il demande s’il y a des Versaillais dans la salle tout en disant qu’ils croyaient que les habitants de Versailles n’écoutaient que Phoenix et Daft Punk. Et puis, il rajoutera un mot sur leur embourgeoisement récent. Imaginez donc, ces messieurs passent à l’Assemblée, se produisent en récital à Versailles. Rassurez-vous, leur prestation ne souffre d’aucun embourgeoisement et Mass Hysteria reste du lourd, du gros son et de l’excellente musique à déguster live où que ce soit (au HellFest par exemple ?) ! A propos du passage à l’Assemblée, Mass Hysteria est définitivement politisé dans son discours (et l’était avant de passer à l’Assemblée) particulièrement quand Mouss nous dit que plus on s’amuse moins on passe de temps à lutter.

Côté public, la salle est à moitié remplie et ceux présents font l’ambiance prouvant que la qualité n’attend pas forcément la quantité, applaudissant avec le groupe, soutenant l’intermède solo de batterie. Un vrai public de metal dans un lieu royal, la classe. Il y aura même un fan qui montera sur scène et qui se fera porter par les premiers rangs. Peu après 22h40, le titre « Contraddiction » ouvre les rappels et Mouss s’excuse auprès de la sécurité de ne pas les avoir prévenus mais il va inviter le public, une dizaine de personnes à monter sur scène. Il se veut rassurant en disant que tout va bien se passer ce qui sera le cas pour le titre « dance » de Mass Hysteria qui conclura son show par le classique « Furia » et donnera rendez-vous aux stands pour boire un coup.


Mouss en mode beau gosse

Le chanteur remerciera évidemment Universailles Musiques, l’association qui gère le festival ainsi que le théâtre Montansier qui leur ont fait confiance. C’est vrai que sur le papier, ce n’était pas évident et pourtant tout s’est bien passé. Mass Hysteria a offert une prestation explosive, un truc jouissif, plus qu’un concert. Une claque assurément, quelque chose de total, sans concessions… sans failles… quoique quelques problèmes techniques soient apparus côté batterie semble-t-il. Rien de gênant, au contraire tout cela ajoute à l’ambiance live et aura donné l’occasion à Yann vêtu de son tee-shirt Slayer de nous balancer deux trois riffs d’AC/DC, toujours appréciés par un public metal.

Ville royale, concert royal, c’était bien le minimum et même si Mouss n’aura pas arrêté de citer les Headcharger, la prestation de Mass Hysteria, si puissante, si furieuse aura été plusieurs tons au-dessus de celle des Normands. Rendez-vous à Clisson pour les Mass Hysteria et au Sonisphere Madrilène pour Headcharger, que du lourd en somme.


See ya au Hellfest!



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